Syi'H y^'B'Zl^-^r^'î^'^"' s' LU DES HYBRIDES L'ÉTAT SAUVAGE ^_ PtEG-lSTE J^lSTZ:b/L A^T^ premier volume (Classe des Oiseaux) PAR , André SUCHETET Kassenililons des faits pour nous (loiiiier des idées... BUFFON. T^ LILLE IMPRIMERIE TYPOGRAPHIQUE ET LITHOCRAPlIKjUE LE BIGOT FRÈRES Cs, rue Nationale, et 2'i, rue Nieolas-Leblanc. 1896 A» LILLE — IMPRIMERIE LE BIGOT FRERES INTRODUCTION SOMMAIRE : Explications préliminaires; généralités, pp. III-V. — Pourquoi le titre donné à l'ouvrage? Raisons alléguées par l'auteur, pp. VI-XX. — Importance de l'étude deTliybridité; cette étude délaissée, pp. XXI-XXVI. — L'hybridation naturelle; historique de la question : vues des naturalistes, antiquité et temps modernes, pp. XXVII-XXXV. — De quelle nature doivent être les espèces pour se croiser avec fruit? Opinions diverses; lois physiologiques, pp. XXXVI-XLII. — Faits d'hybridité provoquée; résultats obtenus. Fertilité ou stérilité des hybri- des, pp. XLIII-LXIII. — Critérium de l'Espèce basé sur les phénomènes de reproduction ; e.xamen critique. DifTérence entre l'Espèce et la Race établie sur la génération ; races créées par croisement, pp. LXIV-CII. — Caractères des hybrides et des métis; comparaison entre les uns et les autres. — Autres phénomènes propres au.\ hybrides, pp. CllI-CXX. I. Nous réunissons dans cet ouvrage six études qui ont été publiées successivement : les quatre premières dans les Mémoires de la Société zoologique de France, pendant les années 1890, 1891, 1892 et 1893 ; la cinquième et la sixième étude, en librairie, pendant les années 1895 et 1896. — Ces travaux qui envisagent l'hybridité dans la nature, et d'une manière plus particulière « les Oiseaux hybrides observés à l'état sauvage », (dénomination sous laquelle ils ont paru), forment un ensemble dont la lecture sera plus aisée dans un volume qui les contiendra tous (1). Nous désirons, du reste, les faire précéder d'un Avant-propos, ou Préface générale, qui fera connaître le but que nous y poursuivons. (I) Très fréquemment dans nos premières Additions (5« partie), et nos nouvelles Additio7is {G' partie), nous renvoyons le lecteur à nos mémoires; les recherches se trouveront ainsi simplifiées. y IV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Si l'hybridité, c'est à-dire le croisement des formes animales, spécifiquemeut distinctes, ou pour mieux dire, celles que nous sommes convenus d'appeler « Espèces », se produit à l'état libre, ce phénomène mérite d'attirer l'attention du naturaliste ; il acquiére- rait même une importance considérable dans le cas où ces croise- ments seraient fréquents et suivis de postérité. Cette question, qui touche à la philosophie zoologique, est d'un intérêt très grand. Jusqu'ici, cependant, nous le verrons bientôt, l'étude des hybrides naturels a été négligée ; on s'est borné à émettre à leur sujet des notions générales sans connaître exactement le rôle qu'ils jouent dans la nature; de là, les appréciations les plus diverses. — Cela vient peut-être de ce que les observations faites sur eux ne sont pas encore assez nombreuses ou sont tellement disséminées dans les périodiques et les livres les plus divers que leur recherche pré- sente de sérieuses difficultés et demande une somme de temps considérable, un travail de longue haleine, pénible à entreprendre. Ces observations n'ont, en efïet, jamais été ni groupées ni considé- rées dans leur ensemble. Quoiqu'au témoignage d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, plus de quatre cents physiologistes, botanistes, naturalistes, aient parlé de la question de l'hybridité, (et ce nombre s'est notablement accru depuis la mort du grand savant), aucun auteur ne s'est occupé exclusivement de l'hybridité à l'état sauvage chez les ani- maux ; par conséquent aucun livre ne traite ex professa de cette matière dans laquelle les faits seuls sont à envisager. — Ce sont eux, ou peut le dire, qui sont la base de toute déduction scientifique sérieuse ; raisonner sans eux, c'est se condamner à une stérilité absolue. Malheureusement, comme l'a dit avant nous M. deQuatre- fages lorsqu'il a écrit quelques considérations (1) sur le sujet que nous abordons : « trop souvent ils manquent. » C'est pourquoi, dans notre désir de prendre connaissance de l'importante question des hybrides, nous nous sommes mis à la recherche des faits ; mais il nous a fallu des années pour eu rassem- bler un certain nombre. Quoique nous ayons été en correspondance avec la plupart des zoologistes répandus dans le monde ; quoique nous ayons fait fouiller les musées publics, les collections privées, les cabinets d'histoire naturelle ; quoique nous ayons interrogé les chasseurs, les préparateurs, les taxidermistes, les marchands de gibier, les oiseleurs, etc., tous ceux, eu un mot, qui pouvaient nous (1) In Rev. des Cours scienUtiques, 1867-68, p. G6. INTRODUCTION V être utiles en cette circonstance, nous n'avons découvert qu'un nombre d'hybrides naturels très restreint, par rapport au nombre Tmmëûse des espèces qui sont aujourd'hui connues (1). La rareté de l'hybridation à l'état sauvage est sans doute le vrai motif du silence qui s'est fait autour de ce grave sujet, plus encore que ne l'est la raison donnée tout à l'heure ; sans quoi, on ne s'expliquerait point une telle lacune dans la science zoologique, maintenant que la plupart des espèces existantes (au moins dans la classe des Oiseaux et dans celle des Mammifères) sont bien étudiées et que de nombreux ouvrages les ont classées avec méthode dans le rang, l'ordre, la famille, la tribu, le genre, auxquels elles appartiennent (2). L'ouvrage que nous présentons n'est en quelque sortejg[u]un_ catalogue _de_ faits; mais ces faits sont groupés, coordonnés, présentés dans leur ensemble comme dans toutes les circonstances où ils méritent d'être envisagés ; ils ont, en outre, été analysés, raisonnes et critiqués chaque fois que l'utilité s'en est montrée. Notre catalogue est aussi descriptif, car il fait connaître les caractères de toutes les pièces dont on parle ; il est surtout synthé- tique. — Dans la mesure où l'analyse détaillée des faits le permettait, nous avons tenu à descendre des principes aux consé- quences, c'est-à-dire à tirer des déductions sans lesquelles notre curiosité eût été vaine. Ce dernier point, le plus intéressant, a toujours été notre principal objectif ; à quoi bon tant de matériaux rassemblés si leur synthèse fût restée à faire ? (l)On verra, si on jette un coup d'œil sur notre tableau (pp. 8îî6 867) récapitulant les hybrides naturels obtenus à l'état sauvage, qu'un très petit cabinet d'Histoire naturelle serait ufTisant pour les renfermer tous, alors que les Musées les plus vastes contiendraient diiïicilement les types purs répandus à profusion sur le ^lobe terrestre. — Une remarque bien importante est à faire ici : depuis un nombre d'années assez restreint, le chifïre des hybrides naturels observés s'est notable- ment accru. Si cette progression est constante, dans un siècle les observations se seront multipliées ; néanmoins, nous en sommes convaincu, elles demeureront toujours fort rares, comparativement au nombre des observations que l'on pourra faire sur les espèces. ('2) Nous devons reconnaître avec justice que plusieurs auteurs ont essayé de grouper, dans des mémoires spéciaux ou des articles de revue, les hydrides dont ils ont pu obtenir des'exemples ; parmi ces exemples se trouvent des hybrides naturels, c'est-à-dire des hybrides observés à l'élat sauvage. Mais ces derniers se trouvent confondus avec les produits de l'hybridité provoquée; ils n'en sont point générale- ment distingués. Encore est-il que les mémoires les plus complets se bornent à citer un très petit nombre de faits. Nous nous proposons de publier ultérieurement un Index bibliographique de ces divers travaux. VI DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE II Notre intention première avait été de donner à notre travail le titre suivant : (( Du croisement à l'état libre d'espèces animales ». Par là, nous précisions trois choses : 1° Que l'hybridation se produit dans la nature chez des espèces sauvages ; 2° que non seulement nous connaissions la signification du mot espèce, mais aussi que nous savions quelles sont les formes qui méritent cette dénomination ; 3° qu'il existe encore sur le globe des habitats où l'animal s'est soustrait totalement à l'influence de l'homme. Ces assertions sont graves ; les faits que nous avons à citer ne nous ont pas permis une telle précision. Nous avons donc modifié les termes dont nous pensions pouvoir nous servir et nous avons pris un titre, on l'a vu, qui ne renferme aucune de ces affirmations, mais qui laisse seulement soupçonner la possibilité des faits que nous eussions énoncés d'une manière peut-être trop rigoureuse. Cependant, sans la crainte d'être trop long, nous aurions préféré intituler notre ouvrage de cette manière : DE LA RENCONTRE A l'État sauvage DE PARAISSANT ÊTRE DES Car c'est là le vrai titre, le titre seul, qui convienne à notre travail. Malheureusement il est beaucoup trop étendu pour que nous puissions nous en servir couramment. — Nous ne le ferons donc pas figurer sur la couverture de notre livre ; mais nous le maintiendrons en principe. — Voici nos raisons ; nous en pro- posons trois : I. Nous disons: « De la rencontre)) et non « du croisement ». En effet, quoique l'hybridation naturelle soit bien prouvée pour certaines espèces d'Oiseaux, le plus généralement l'appariage des espèces. INTRODUCTION VII supposées mères, n'a point été constaté de msu. Serait-on sur d'une double origine chez les hybrides que l'on rencontre, ce qui reste douteux dans nombre de cas, qu'il serait encore nécessaire, pour les déclarer sauvages de naissance, de savoir si les parents n'étaient point, au moment du croisement, retenus en captivité ou dans des conditions telles qu'ils ne jouissaient point complètement de leur liberté. On sait qu'un grand nombre d'espèces animales sont aujourd'hui transportées d'un lieu à un autre, déplacées du milieu qui leur convenait essentiellement, et qu'ainsi elles ont pu être amenées à contracter des mélanges qui ne se seraient point pro- duits dans un état de complète liberté. — Que dirions-nous de ces espèces retenues dans les parcs, les volières, les jardins d'accli- matation, d'où parfois elles, et leurs hybrides, parviennent à s'échapper? Nous citerons de ces genres d'hybridations; les exem- ples foisonnent et donnent lieu à de nombreuses méprises (1). Rieu donc d'absolument certain, de bien authentique dans les faits que nous avons à grande peine rassemblés. Nous avons dû nous livrer à de minutieuses enquêtes sur leur compte, et bien souvent l'incertitude à leur sujet demeure encore dans notre esprit. Cependant il est une catégorie d'espèces, chez les Oiseaux, qui n'ont point encore propagé leur race en captivité. On peut dire des hybrides de ces espèces, quand on les rencontre à l'état sauvage, qu'ils sont bien nés dans cet état. Pour eux, le doute n'est plus permis. Encore est-il que leurs caractères mélangés, si bons indices qu'ils puissent être de leur double origine, n'en sont point des garants infaillibles. Des anomalies se présentent de telle façon qu'elles sont souvent capables d'induire à erreur l'œil le plus exercé. — Une très grande prudence est donc de règle dans le sujet que nous traitons. On voit pourquoi, au lieu de nous servir d'un terme absolu commençant notre titre, nous préférons user d'expressions plus vagues, moins concises, et ne renfermant aucune affirmation du genre de celles que nous redoutons. II. Nous avons substitué les mots « formes animales » aux mots « espèces animales », parce que notre embarras a été grand lorsqu'il s'est agi de distinguer entre l'espèce et la race (ou pour mieux dire (d) Les ornithologistes qui ont écrit des ouvrages spéciaux sur la faune de cer- taines contrées ont parfois indiqué, dans leur classement, des Oiseaux absolument étrangers à la localité, et dont la présence fortuite n'était point due à des causes naturelles. Ces animaux s'étaient échappés de quelque navire qui les transportait en d'autres lieux ou avaient fui les lieux mêmes où ils avaient été importés. VIII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE entre l'espèce et la sotis-espèce comme on fait emploi de ce mot en zoologie). Cette distinction serait cependant importante à établir dans l'état de nos connaissances, car le croisement entre individus de race différente, mais appartenant à une même souche, ne présente pas, quant à présent, l'intérêt que nous attachons à l'appariage libre d'espèces bien distinctes. Il n'est point surprenant que deux individus appartenant à une même lignée se recherchent, s'apparient et produisent des métis lorsqu'ils se trouvent en pré- sence l'un de l'autre. La question du croisement nous paraît prendre une tout autre importance lorsque ce sont des espèces qui contractent des alliances étrangères; on le conçoit aisément. Il faut donc s'efforcer d'établir la distinction dont on parle. Mais là gît la diffîculté. — La même forme zoologique, qui est classée par tel naturaliste au rang d'espèce, est considérée comme sous-espèce ou variété par tel autre (1). Nous ne parlerons point des divergences d'opinions qui se produisent lorsque l'on cherche à découvrir le genre, et même la famille et l'ordre auxquels l'espèce appartient. La confusion devient alors inextricable. Notre méthode de classement n'est peut-être que conventionnelle ; on ne saurait dire si elle existe réellement dans la nature (2). (1) « Si nous ouvrons un traité de zoologie, dit le baron FA. de Selys-Longchamps (in Bull, de l'Acad. de Bruxelles, T. XIII, Ire partie, 184(i, pp. 385-5^6), nous y verrons que des êtres vivants actuellement, dont certains auteurs font plusieurs espèces, sont considérés par d'autres comme de simples variétés ». — « Autrefois, dit le Dict. de Déterville {Art. variété), on rangeait beaucoup de variétés parmi les espèces; puis on a rangé beaucoup d'espèces parmi les variétés w. — « 11 arrive, en pratique, écrit M. Mathias Duval (in Rev. Se, pp. 5 et 6), que faute delà possi- bilité d'établir sur les caractères anatomiques une règle absolue pour caractériser les bonnes espèces, et dans l'impossibilité d'employer comme pierre de touche les caractères physiologiques de la reproduction, les nalurdlistes demeureat hésitants sur la valeur de certains types classés comme espèces ». — L'importance des caractè- res, remarque encore Lecoq {Géographie botanique, p. 200), est presque impossi- ble à apprécier dans la séparation des espèces. On éprouve déjà de la dillicullé à reconnaître la valeur des caractères génésiques... Pour être rigoureux, il faudrait seulement décrire et adopter des formes sans leur donner de valeur ». (2) Voici ce que pense Flourens à ce sujet : « Tous ces rapprochements, tous ces groupes, combinaisons variées des espèces, peuvent n'être et ne sont peut-être, jusqu'à un certain point, que des créations de notre esprit ». Toutefois, en ce qui touche l'espèce, Flourens devient formel et dit sans hésitation : « L'espèce est de la nature ; l'espèce est un fait réel, constant, et de la réalité de ce fait dérive la force de toutes nos considérations abstraites et générales dont l'enchaînement forme nos méthodes ». {Observations sur les caractères constitutifs de l'espèce, in Annal, des se. naturelles, 2' série, T. IV. p. 306). Autre part, après avoir rappelé ces paroles de Linné, Nalurw opus semper est species et genus; culturas .^œpius varietas artis INTRODUCTION IX Qu'est-ce que l'espèce? Quel sens attachons-nous à ce mot en Histoire naturelle ? Nous ferons remarquer, avant de donner quelques explications à ce sujet, que l'homme reste en dehors de nos études; nous n'y envisageons que les animaux. L'espèce humaine, seule raisonnable parmi tous les êtres qui peuplent la Création, est mise hors de nos discussions. Demandons-nous d'abord si le mot espèce a toujours eu l'acception qu'on lui prête aujourd'hui en zoologie. Cette recherche ne sera pas vaine ; ce mot, dit justement Isidore Geoffroy Saint Hilaire, est (( le premier et le dernier mot de l'histoire naturelle » ; le jour où nous en serions complètement maîtres, ajoute ce savant, nous serions bien près de le devenir de la science entière (1). Or, les anciens ont-ils, comme cela a été dit, appelé l'èvoç ou Genus ce que nous appelons maintenant espèce ? Geoffroy Saint- Hilaire, qui s'est livré à de grandes recherches sur les sens divers de cette expression et sur ses synonymes (2), répond qu'Aristote et nntnrfe clas^is ac ordo, le même physiologiste s'exprime ainsi : « Kn effet, l'espèce et le genre sont toujours l'œuvre de lu nature : la variété est souvent l'œuvre de la culture ; et la classe et l'ordre sont à la fois l'œuvre de l'art et de la nature: de la nature qui donne aux espèces les ressemblances et les différences, et de l'art qui les juge et les apprécie ». Agassiz constate qu'il n'y a pas, à vrai dire, en Histoire naturelle, de sujet (la classification zoologique) à l'égard duquel l'incer- titude soit plus grande et le défaut de preuves plus absolu. «Je n'ai pu, dit-il, trouver nulle part une définition nette du caractère même des divisions les plus compréhensibles ». Le savant professe ur de l'Université de Cambridge croit cepen- dant, après des investigations les plus profondes, avoir trouvé le fil qui doit le guider dans ce labyrinthe. (Les principes ralionneU de la classification zoolo- gique, in Revue des Cours se, 86S-fi9, p. 146 et suiv.). — Faisons connaître incidemment comment les caractères du genre sont appréciés dans le Nouveau cours d'agriculture (T. VI, p. 353): ils doivent, d'après l'auteur de ce couis. être exclusivement pris des parties qui décident le plus puissamment de l'organisation et par suite des mœurs des animaux. Les dents et le bec, qui servent à manger, sont les organes qui influent le plus sur les quadrupèdes et les oiseaux ; aussi, dit-il, sont-ce ces parties qui servent île premier caractère pour l'établissement des genres qui les concernent. L'extrémité des pieds, qui décident si souvent de la manière d'être, est employée en second. — De son côté, Paul Gervais (dans son Traité de Zoologie, pp. 23 et 24) dit que: « la réunion des espèces qui se ressemblent le plus forment les genres, et l'association de ces genres, qui ont également des caractères communs et d'une valeur supérieure à ceux qui les constituent comme genres, forme des tribus, des familles, des ordres, suivant l'importance des particu- larités communes à ces nouvelles associations. Les genres de certaines familles, ajoute-t-il, se ressemblent habituellement par certaines de leurs propriétés ou de leurs aptitudes, et ces analogies servent plutôt à les définir ». (1) Pages 349 et3o0 du T. II de son Histoire générale des règnes organigues. (2) Voy. le chap. V de l'ouvrage que nous indiquons, chapitre très instructif. a X DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE s'est, en effet, servi de ylvoq dans le sens d'espèce. Mais le même mot prend parfois dans ses écrits un autre sens, « tantôt plus particulier, tantôt plus général». Le grand naturaliste de l'antiquité l'applique à des collections d'individus de même espèce ; ailleurs il l'étend à des genres, à des familles, à des ordres même, rivoç ne serait donc a ni l'espèce, ni le genre ; mais une réunion quelconque d'individus naturellement unis » ; ce serait, d'après le savant que nous suivons, le mot Groupe, qui, dans notre langue, répondrait à cette expression (1). Lorsqu'Aristote désire opposer à l'idée du genre une notion plus particulière, « il laisse le mot yèvoç pour un autre, slooç, qu'on a traduit par espèce, comme yâvoç par genus. Néanmoins sISoç ne serait l'espèce que dans le sens métaphysique et logique de ce terme (2). Pline le prend toujours dans son acception ordinaire, forme, apparence, beauté ; il n'en fait point un terme d'histoire naturelle (^3). Pour Geoffroy, l'espèce zoologique et botanique n'a donc pas eu de nom propre dans l'antiquité, et l'introduction du mot species, I dans ce sens particulier, ne date, d'après lui, que de la renaissance I scientifique (4). M. de Quatrefages est de cet avis ; pour le célèbre anthropologiste, Aristote n'avait et ne pouvait avoir l'idée de l'espèce, telle que nous cherchons à la définir ; les Romains ne sont point allés plus loin. Le moyen-âge et la renaissance n'ont rien ajouté (5). Le DiFrédault qui, suivant la règle de Pascal « de n'admettre aucun des termes un peu obscurs ou équivoques sans définition » a voulu, lui aussi, entendre le mot espèce (6), admet qu'Aristote « ne formula peut-être pas assez nettement ce qu'on doit entendre par genre et par espèce » (7). Un passage du Liv. x (ch. 9) de la Métaphi/sique serait cependant « philosophiquement décisif sur la notion de l'espèce)) (8). Le docteur considère que yévoç, genus, (du verbe y'.vo[xat), exprimait chez les Grecs et chez les Latins « un ensemble d'être parents, et pouvant engendrer ensemble, ou étant (1) Voy. pp. 351, 352 et 353, où Geoffroy cite des exemples. (îJ) « ElSoç, subdivision de yévoç est, dans le groupe principal, un groupe cir- conscrit », p. 333. (3) Voy. p. 355. (4) Se reporter à la p. 354, puis à la p. 355. (5) Voy. ses Cours professés au Muséum de 1867 à 68, publiés in Rev. des C. S., T. V, p. 454 et suiv. (6) Traité d'anthropologie physiologique et philosophique. Paris, J.-B. Bail- lièreel fils, 1863 (Voy. le l*"^ chapitre du Livre premier, pp. 17 et suiv.). (7) Dernières lignes de la page 23. (8) Ce passage est rapporté tout au long dans le Traité d'anthropologie. / INTRODUCTION XI alliés par la génération. Le mot gtenre avait alors la signification que nous donnons aujourd'hui au mot espèce » (1). Mais, selon lui, c'est Porphyre qui, dans Vhagoge, a attaché délinitivement au mot genre la signification scientifique qu'il a gardée depuis, et employa le mot slSoç, en latin species, pour désigner ce qu'on appelait autre- fois gmus (2). — Voyant ensuite ce que devint l'enseignement de Porphyre (3), héritier de la philosophie grecque, il remarque que c'est à tort qu'on « s'imagine beaucoup trop de notre temps que tout est moderne... et que la question de l'espèce ne commence qu'au xviii" siècle ». A l'appui de son dire, il cite Boëce, (dans lequel il faut lire Porphyre pour le bien comprendre), lequel consi- dère « l'homme comme une espèce ». Nous venons de dire que Geoffroy ne date l'introduction du mot species en histoire naturelle que de la renaissance scientifique. Y aurait il donc contradiction entre les deux écrivains ? Nous ne le pensons pas absolument, car Geoffroy a reconnu que l'introduc- tion en histoire naturelle du mot species s'est faite sous l'influence si longtemps prédominante en philosophie d'x\ristote et des scolas- tiques, et que c'est leur doctrine sur les universaux qui les a conduits à discerner partout, après le genre Févoç, l'espèce E'tSoç (4). Or, c'est précisément le livre de Porphyre qui posa la question des cinq universaux. La conciliation serait encore sans doute plus facile en disant que Porphyre ne parle qu'au sens métaphysique ; ce n'est pointée sens qui a été recherché par Geoffroy, naturaliste. Néanmoins, nous ne voulons point cacher tout ce que ces passages renferment d'obscur à nos yeux. Ce qui paraît bien évident, c'est que le mot «espèce», en passant de la philosophie en Histoire naturelle, n'eut point immédiatement, comme le remarque Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (5), le sens qu'on lui donne aujourd'hui. Souvent, dans les anciens livres zoologiques, il est l'équivalent de yÈvoç et de genus ; « on l'emploie pour traduire ces expressions dont on lui donne arbitrairement et confusément ,,^ tous les sens ; c'est l'e^spèce, mais c'est aussi le_gÊnre ; c'est encore \ avec une signification plus indéfinie, la sorte... On ne se fait point scrupule d'appliquer tour à tour et au même groupe, d'un passage à l'autre, les noms de genre, de sorte, d'espèce ». Sans citer les (1) Voy. p. 22. (2) Voy. p. 2o. (3) Voy. p. 27, (4) Hist. des règnes organisés, p. 355. (5) Voy, p. 356, même chapitre. XII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE ouvrages auxquels l'auteur, dont nous mettons les travaux à profit, a recours pour démontrer ce qu'il avance (1), nous n'en voulons pour preuve que le Commentaire littéral de la Genèse du savant bénédictin dom Calmet (2); celui-ci, suivant l'usage établi, emploie dans la même pbrase et dans le même verset, tantôt spccies, tantôt genus, qu'il traduit constamment par espèce (3), traduction employée, du reste, fréquemment dans les Bibles latines ou fran- çaises (4). — Tandis que dans le texte hébreu, l'écrivain sacré ne se sert que d'une seule expression, min, la Vulgate emploie tantôt genus, tantôt species, comme si ces deux mots étaient synonymes pour elle. Notons que le texte grec ne porte jamais que yévoç ; la bil)le anglaise (5) ne se sert aussi que de kind (genre). En employant cette seule expression, mm, Moïse a-t-il voulu signifier le genre ou plutôt l'espèce ? Le Pentateuque est la seule partie de la Bible où soit employé le mot min ; à part, paraît-il, un passage d'Ezéchiel (xlvii, 10) dans lequel le prophète parle des espèces de poissons. Assurément, les connaissances scientifiques n'étaient pas assez développées au temps où Saint Jérôme traduisait l'Hébreu en Latin, pour qu'il pût distinguer entre l'espèce et le genre : d'où les deux expressions genus et spccies qu'il emploie inditïéremment. Il sera bon, cependant, de remarquer qu'en cela il ne parait pas se trouver d'accord avec le texte hébreu et le texte grec qui, l'un et l'autre, on vient de le dire, n'ont toujours employé qu'un seul et même mot. Pourrait on prétendre que min renfermait un double sens, ou plutôt que les Hébreux n'avaient qu'un seul mot pour signifier ces deux choses, genre et espèce; que par conséquent Saint Jérôme était en droit de se servir pour le rendre en latin tantôt de genus, tantôt de specicsl — Cette question, à laquelle nous ne saurions répoudre, mérite d'être examinée (6). (1) L' Histoire entière des Poissons, par Rondelet et Guy de la Brosse, et De la Nature des Fiantes. (2) Coiitnienlaire littéral snr les Livres de l'ancien et du nouveau testament. Paris, MDccxv. (.3) Voy. les premières lignes de la p. 24- A la page 26 la même manière de s'ex- primer est reproduite. On nous objectera sans doute (et peut-être avec raison) que le Commentaire de dom Calmet n'est pas un traité d'Histoire naturelle. (4) Genèse, chap. 1, vers. ?1, 24, 25. ^ (o) imprimée à F^ondres en 1608, par Barker. (6) Nous avons consulté à ce sujet des hébraïsanls ; mais leurs réponses no nous ont pas satisfait pleinement. 11 résulterait cependant de la correspondance échan- gée avec l'un d'eux, que mîn est employé là où nous mettrions « espèce ». Suivant un autre, que nous croirions volontiers, il serait plus rationnel de traduire « ctivi INTRODUCTION XIII Il faut donc, comme le dit l'auteur de VHistoire des Règnes orga- niques (1), venir jusqu'aux dernières années du xvii" siècle pour trouver des naturalistes qui rompent définitivement avec les vieilles habitudes de classification et langage. Ne peut-OQ conclure, avec M. de Quatrelages, que « la science n'a fait que préciser ce dont le vulgaire a le pressentiment vague, et ce n'est môme qu'assez tard et après une oscillation assez curieuse, qu'elle y est parvenue » (2) ? Nous nous trouverions ainsi amenés à 1686, où Jean Ray regarde^ (( comme étant de même espèce les végétaux qui ont une origine commune et qui se reproduisent par semis » ; ou, un peu plus tard, en 1700, époque dans laquelle ïournefort, posant nettement \ la question, « appelle espèce la collection des plantes qui se distinguent par quelque caractère particulier ». Nous voici passés insensiblement à la définition de l'espèce, définition placée, suivant la parole d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, « au nombre des plus grands problèmes dont l'esprit humain ait à se préoccuper ». — Plus bas, en note, nous reproduisons plu- sieurs de ces définitions (3). simili suo ». On ne saurait d'ailleurs en tirer actuellement aucun argument. Citons ici uneplirase de M. Sanson, dans laquelle il dit que « le ternie espèce, s'il est ramené à son sens véritable, au sens qu'il a dans la Genèse, par exemple, ne cor- respond qu'à la notion de distinction entre les types, distinction qui est un fait mis en évidence par celui de la race même (C. R. de l'Acad. des Sciences, T. 64, p. 824). (1) Voy. p. 3o8. (2) L'Espèce humaine, chap. Il, pp. 25 et 26 de la 5' édit. Paris, 1879. Nous avons ouvert plusieurs dictionnaires des XYI», XVIP siècle, et, nous reportant aux mots Espèce et Genre, nous avons trouvé difïérentes déflnitions qui montrent que l'on n'atlachait pas vers cette époque à ces mots le sens actuel. (3) Suivant Bufïon, l'espèce est une succession constante d'individus semblables, capables de se reproduire. Jussieu s'est exprimé à peu près de la même manière, ainsi qu'Adanson. lUiger dit seulement que « l'espèce est l'ensemble des êtres qui donnent entre eux des produits féconds ». Elle est, d'après Cuvier, « la collection ou la réunion de tous les corps organisés, nés les uns des autres ou de parents communs, et de ceux qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux ». « L'espèce, dit Duméril, est pour nous un nom collectif d'individus qui peuvent se reproduire avec des qualités, une structure et des propriétés abso- lument semblables ». D'après Daubenton, elle n'est qu'un groupe dé classification artificielle comprenant ((tous les individus qui se ressemblent plus qu'aux autres». Henri Martin la définit ainsi : « L'ensemble des individus qui, ayant hérité d'une organisation semblable dans tous ses principaux détails, peuvent rémonter par propagation à des êtres propagateurs semblables à eux, postérieurement à la dernière révolution du globe, et dont les différences d'organisation, s'il y en a, peuvent par conséquent s'expliquer par l'action prolongée des causes actuelles, XIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE 11 ressort de la plupart d'entre elles que l'espèce a pour caractères essentiels « la ressemblance et principalement la succession cons- tante par voie de reproduction ». Le plus grand nombre des natura- listes ont adopté cette manière de voir. Il en est, cependant, même parmi les savants de l'école classique, qui pensent difïéremment. tant naturelles (ju'arlilicielles n. D'après Mgr Maupied, « l'espèce zoologique est l'animal muni d'organes réunis ou séparés à l'aide desquels il peut se perpétuer dans lé temps et dans l'espace avec les mêmes propriétés ou qualités plus ou moins développées dans un certain laxurn, ayant ses ininima et ses maxima déterminés par les circonstances et les milieux, mais qui ne peuvent être dépassés sans que l'animal périsse ». Les espèces, dit Pritchard, sont des ensembles de plantes ou d'animaux que l'on sait de science certaine, ou que l'on peut croire d'après de justes motifs, être des rejetons d'un même tronc, ou descendre de familles entièrement semblables et impossibles à distinguer les unes des autres ». Pour Flourens, « le caractère de l'espèce est la fécondité continue ; pour Marcel de Serres Tespèce est une sorte de type qui se perpétue par la génération et autour duquel oscillent certaines variations d'autant plus nombreuses que l'être chez lequel elles ont lieu est plus capable de supporter, sans en être sensiblement incom- modé, des changements extrêmes dans les circonstances extérieures ». Pour M. Cari Vogt « elle est la réunion des individus qui tirent leur origine des mômes parents et qui redeviennent par eux-mêmes ou par leurs descendants semblables à leurs premiers ancêtres ». Suivant Wagner, « l'ensemble de tous les individus qui peuvent produire entre eux une descendance féconde, indéfinie, continue, constitue l'espèce ». C'est là le signe essentiel. De CandoUe dit que l'espèce est « la collection de tous les individus qui se ressemblent entre eux plus qu'ils ne ressemblent à d'autres ; qui peuvent, par une fécondité réciproque, produire des individus fertiles ; et qui se reproduisent par la génération de telle sorte qu'on peut, par analogie, les supposer tous sortis originairement d'un seul individu ou d'un seul couple ». Mùllcr dit que « l'espèce est une forme de vie, représentée par des individus, qui reparaît dans les produits de la génération, avec certains caractères inaliénables, et qui se reproduit constamment par la procréation d'individus similaires. Cette dernière circonstance, ajoute-t-il, distingue Tespèce des formes hybrides ou bâtardes ». En somme, « la reproduction constante du même type, ou de la même forme de vie, par l'union avec son semblable, est le caractère essentiel et inaliénale de l'espèce ». Pour M. de Quatrefages, l'espèce est « l'ensem- l)le des individus plus ou moins semblables entre eux qui sont descendus ou qui peuvent être considérés comme descendus d'une paire primitive ». Lamark avait dit « qu'elle est la collection d'individus semblables que la génération perpétue dans le même état » ; mais il ajoutait : « tant que les circonstances de leur situation ne changent pas assez pour faire varier leurs habitudes, leurs caractères et leur forme ». Citons encore Isidore Geolïroy Saint-Hilaire qui délinit ainsi l'espèce : « Une collection ou une société d'individus plus ou moins semblables entre eux et qui sont descendus, ou qui peuvent être considérés comme descendus, d'une paire primitive par succession ininterrompue de famille». On trouve encore dans le Nouveau cours d'agriculture la définition suivante : « On appelle espèce dans les animaux et les végétaux la série des individus qui se ressemblent par le plus grand nombre de caractères essentiels et qui se propagent avec les mêmes caractères par la génération n. INTRODUCTION XV Agassiz est de ce nombre : pour lui, l'espèce est fondée « sur l'exacte détermination des rapports entre les individus et le monde ambiant, de leur parenté, de leurs proportions et des rapports des parties aussi bien que de l'ornement spécial des animaux (1) ». Avouons que, dans la pratique, il est difficile d'établir sur des caractères morphologiques une règle capable de caractériser l'espèce, N'arrive-t-il pas fréquemment que deux individus de même espèce diffèrent plus entre eux, au moins en apparence, que ne diffèrent d'autres individus spécifiquement distincts (2). Quelquefois ces dissemblances, tant extérieures qu'anatomiques, se présentent à un si haut degré entre animaux de même espèce, qu'on est tenté de classer ceux-ci dans des genres différents. « Les dernières o])servations auxquelles certaines espèces ont donné lieu ont montré, dit un savant zoologiste (3), que des individus dans plusieurs circonstances présentent des différences telles qu'on a souvent rapporté les diverses formes à des genres ou même à des ordres très distincts. Tantôt, au contraire, c'est l'opposé ; l'importance des caractères étant presque impossible à apprécier. Lorsque surtout on arrive dans le monde inférieur, le classement devient de plus en plus difficile. Aussi, peut-on dire en quelque sorte avec Lesson (4), sans être taxé d'exagération : « que les nuances qui peuvent servir à distinguer les espèces, dans quelques familles, sont si peu précises et si évasives qu'il est presque impossible de les rendre sensibles par une description (o) ». Que de fois, en présence des nombreux échantillons des collections (1) Nature et définition des espèces. Rev. des cours scientifiques, t. VI, pp. 16R, 167 et 169, 1868-69. Il est vrai que M. Agassiz n'est pas un monogéniste. (2) « II arrive souvent, dit Pritcliard (p. 12, np. cit.), que deux individus, (|ui appartiennent réellement à la même espèce, diiïèrent plus entre eux en apparence que des espèces distinctes ». u 11 est impossible de méconnaître, dit M. de Qualre- fages (in Darwin et ses Précurseurs, p. 230, cit. par Sicard, p. 128), que les dissemblances tant extérieures qu'anatomiques, exislant parfois entre animaux de même espèce, même de races différentes, sont telles que, rencontrées chez des individus sauvages, elles motiveraient l'établissement de genres distincts et parfaitement caractérisés ». c Tout le monde sait^ dit Agassiz (Les principes rationnels de la Class. Zool. R. de l'A. S., p. 150, T. 6) -■, que les métis et les femelles de quelques espèces diiïèrent entre eux beaucoup plus que certaines espèces ne diffèrent l'une de l'autre. (3J Paul Gervais. (4) Cit. p. Gérard. (Dict. dOrbigny, p. 436). (5) On doit, il nous semble, appliquer ce raisonnement, surtout à la description des individus de sexe femelle dont les caractères sont bien moins tranchés que chez les mâles. XVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE ornithologiques, nous sommes-nous demandé : Où commence l'espèce? où finit-elle? — Il est vraiment curieux de comparer entre elles les différentes appréciations des naturalistes dans la classifi- cation des êtres organisés ; sauf pour les grands embranchements et les classes, peu sont tombés d'accord, même pour la constitution des ordres ! Cela provient peut-être de notre ignorance sur la constitution des espèces (1). Les phénomènes de reproduction resteraient donc la base essen- tielle de la distinction des espèces. C'est du moins ainsi que les ont compris Buffon, Cuvier, Flourens et beaucoup d'autres éminents naturalistes. L'idée de ressemblance n'est qu'accessoire ; ce qui, à leurs yeux, constitue réellement l'espèce : « c'est la succession des individus qui se reproduisent et se perpétuent », c'est-à-dire la succession par la génération (2). En admettant que l'appréciation de ces savants soit juste, (1) Déjà nous avons fait cette remarque. Nous ne nions pas par là l'identité de l'espèce; nous reconnaissons seulement que, dans l'état actuel de nos connaissances, les moyens nous manquent pour la reconnaître et la définir. Cependant, M. Fernand Lataste est pleinement convaincu que les limites morphologiques de l'espèce existent et qu'elles sont nettement déterminées dans la majorité des cas. (Voy. Actes de la Soc. se. du Chili, t. 111, p. 108, 1893). M. Sanson va plus loin ; il croit avoir trouvé expérimentalement les bases osléographiques de la caracté- ristique anatomique de l'espèce chez les Mammifères. Cette caractéristique dépendrait essentiellement des formes du squelette dont les fondamentales sont tout à fait spécifiques. Ce sont celles-là, dit-il, qui se reproduisent invincible- ment, quelques efforts qu'on leur oppose par des artifices de sélection ou de génération croisée. Les variations obtenues ne touchent, paraît-il, que des attributs accessoires de l'individu, dépendants d'activités physiologiques suscep- tibles de plus et de moins et ne varient que dans les limites d'amplitude de leurs oscillations naturelles. (Voy. son article. Zoologie et Paléonlolugie in Ann. des sciences naturelles, t. XV, p. 3, 1872) — Nous avons demandé à M. Sanson si ses remarques s'appliquent aux Oiseaux et aux Poissons. (11 est bien certain qu'elles ne peuvent s'appliquer aux invertébrés, c'est-à-dire, par exemple, aux insectes ou aux mollusques). Il nous a répondu qu'il n'a point fait d'études crâniologiques particulières sur les Oiseaux, si ce n'est celles qui ont été sommairement indiquées dans l'examen critique des expériences de Darwin sur les Pigeons^ publiées dans le temps par la revue de M. Liltré. 11 n'en a pas moins la certitude que les caractères spécifiques, tirés des formes crâniennes, s'étendent à tons les vertébrés. Gérard (in Dictionnaire d'Orbigny, p. 43H) prétend cependant « qu'on trouve peu d'Oiseaux qui présentent des différences fondées sur d'autres caractères que le système de coloration ». Les vues de M. Sanson sont, d'ailleurs, vivement critiquées par M. Baron (in Bull, de la Soc. centrale de médecine vétérinaire, t. 5, de la nouvelle série, XLl, volume, p. 77). (2) Voy. Buffon, Histoire naturelle ; Georges Cuvier, Le règne animal, 1829 ; Flourens, Hist. des travaux de Cuvier, 1841, p. 215 et Annales des sciences naturelles, t. IX, 2, série, 1838. INTRODUCTION XVII leur théorie, (qui nous paraît rationnelle), ne peut guère néanmoins être vérifiée expérimentalement que pour un nombre très restreint d'espèces. La difiiculté de reconnaître l'espèce, difficulté que nous signalons, justifie notre volonté d'écarter le mot ((espèce» de notre titre et la substitution que nous avons faite de (( forme animale ». III. Il nous reste à donner notre troisième raison, pour laquelle nous avons préféré employer celte expression « état libre » à cette autre « état sauvage ». Partout sur le globe l'intluence de l'homme s'est depuis long- temps étendue; il n'en est point aujourd'hui une seule partie où son action, soit de loin, soit de près, ne soit ressentie. Tous les règnes en ont été profondément modifiés, et les corps organisés n'ont pas été moins remués que la matière qui a servi, comme eux, à toutes sortes d'usages. Si les sources, les torrents, les rivières se sont desséchés par suite du déboisement du sol, si l'atmosphère elle-même a subi de graves perturbations (1), les faunes et les flores se sont trouvées déplacées du milieu qui leur convenait, transportées sous d'autres climats, mises en contact avec d'autres formes, d'autres genres (2). (1) « Combien de régions, jadis d'une richesse merveilleuse, dont le sol nourrissait une population florissante, et qui, aiijoui-d'luii, subissent tantôt les ravages des torrents, tantôt les ardeurs du soleil ! D'où vient que la désolation a remplacé l'opulence".' Autrefois, les arbres aux racines puissantes et au feuillage toullu abritaient le sol de ces régions, et les forêts en couvraient les montagnes ; ces arbres et ces forêts retenaient à leur pied l'humidité bienfaisante et la laissaient écouler goutle à goutte, pendant tout le courant de l'année, vers les arbustes des coteaux et les herbes des champs. On a coupé les arbres, incendié les forêts ; à la chaleur féconde et à l'humidité constante, ont succédé les ardeurs du soleil et les caprices des torrents. » Ce passage est extrait d'un numéro de journal qui nous est tombé sous la main ; nous ignorons le nom de l'auteur. Il nous a paru que ce passage avait sa place ici). (2) On cite de nombreux exemples, particulièrement dans le Bulhtiu de la Société d'acclimatation (Bull, des se. nat. appliquées). Signalons entre autres : l'introduction des Colins (F. capensis) au Cap de Bonne-Espérance (n» du H, 7, 92, p. 2(J3) ; des AUoueltes provenant d'Angleterre dans la Uépubli(|uc Argentine (n^du 20 mars 1893); des Moineaux aux Etats-Unis et en Australie (année 1889, p. 8W) et n» du 20 juillet 1889, p. 690); cies grands Coqs de Bruyère dans le même état (n" du 20fév. 189i, p. 187) ; de gibier exotique en Bohême (n" du 10 avril 1893, p. 383) ; des Corbeaux à Zanzibar (n" du 20 décembre 189^, p. 574) ; des Dindons sauvages dans la forêt de Marly (année 1892, p. 237) ; des Paons en Hongrie (n» du o mars 1894, p. 426) ; des Mouflons dans le même pays à Talra-Loinnitz (n° du 20, novembre, 94, p. 473); des Grouses en Danemark {a" du 20 juillet 1893) ; des mêmes Oiseaux en Allemagne (d'après le Zoologist, n» de février 1894, p. oo) ; des Cerfs, des Gallinacés, des Passereaux, des Lapins, des Lièvres et d'autres espèces carnivores en Australie (Nouvelle-Zélande), (n» du 20 juillet 89, p. 696). Ce n'est point, toutefois, sans dommage que ces changements se sont accomplis dans la faune. Tout le monde sait que l'introduction du Lapin a été néfaste en Australie et a ruiné plusieurs districts agricoles. Le Lièvre a dévasté aussi nombre de plantations et le Moineau par endroits constitue un véritable fléau (p. 696, n" du 20 juillet 1889). Sur la Itabbit plague (plaie ou Iléau des Lapins en Australie), voir particu- lièrement le Zoologist, n» du 16 mars 1896, p. 90. Suchetet. — 2 XVllI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Que d'espèces même pourchassées, traquées de tous côtés se sont éteintes sans laisser de représentants (1) ? Où est-il maintenant le lieu naturel où la plante peut croître, où l'animal peut exister, en dehors de circonstances arlificielles ? Le cours d'eau où nage le poisson est empoisonné par les déjec- tions de l'usine (2) ; la rive marécageuse où le Palmipède et l'Echassier trouvaient une retraite pour pondre leurs œufs a été canalisée ; les chemins de fer sillonnent l'espace, ébranlent le sol ; les Gallinacés, comme les Passereaux, brisent leurs ailes sur les fils télégraphiques tendus en tous sens; l'habitation de l'homme est partout répandue, éloignant le gibier qui ne sait plus où fuir et qui disparaît. Les fleurs, les arbres, qui sont plantés en mille endroits, sont dus à l'acclimatation (3). La propriété qui se divise, le sol qui se cultive de plus en plus, la forêt surtout que l'on défriche, la navigation à vapeur qui parcourt les fleuves, les mers, et mille autres causes destructives, ou seulement moditicatrices (4), ont contribué : les premières à l'extinction des espèces (5), les secondes à leur éloignement. Le déboisement, entre autres causes, a été on ne peut plus préjudiciable à la gent emplumée; voyons ses pernicieux résultats (6). (1) Voy. à ce sujet : Bull, delà Soc. zoologique, nodc février 189.^, p. 41 ; aussi le Naturaliste, n° du 15 mars 1896, p 68, où l'on dit que VHoubara undulata va se trouver à l'élat de souvenir en Algérie. Voir encore « On Extinct birds, par Hartaub, Ibis, octobre 95, p. 493. (2) Voy. un e.xemple à ce sujet dans : Le Parc de Longchainps-sur-Geer, par M. Crahag, in Bull, de la Soc. cent, forestière de Belgique, aoùl 189i. p. 7'i4- (p. 3 du tirage à part,. Bruxelles, imprimerie van Bnggenhondt). (3) Le Parc de Longcliainps, qui renferme de nombreuses essences exotiques, est dans ce cas. (Voyez la brochure ci-dessus citée). Sur le même sujet : Etude siir l'acclimatation des plantes et des animaux, (L'Acclimatation illustrée, n" du 8 avril 1886, p. 317). (4) Consultez entre autres : Bird fatality along Nebraska Railroads, par Edwin Barbour, (The Auk, p. 187). (5) Voy. par exemple le Bull. Soc. zoologique de France, p. 41, n" de fer 95, où l'on dit qu'un comité de naturalistes et de sportmen anglais a fait des remon- trances à la compagnie 'anglaise du Sud africain en vue de protéger diverses espèces de grands animaux qui sont en danger d'extinction totale par suite de leur abatage. Parmi ces animaux, on doit mentionner spécialement la Girafe, le Zèbre, TElan, le (înou, le Koudon, l'Autruche et diverses petites Antilopes. On ne peut qu'approuver, ajoute-t-on, celte initiative et souhaiter ardemment qu'elle porte des fruits, quand on considère que nombre d'espèces animales se sont éteintes dans les temps modernes par suite de l'action de l'homme ». C'est un exemple entre mille que nous citons. (6) On pourra consulter très utilement : « Du déboisement des campagnes dans ses rapports avec la disparilion des Oiseaux utiles h l'agriculture, par M. A. Burger (brochure de 63 pages éditée à la librairie agricole de la Maison rustique). Nous avons mis ce travail à profit et nous lui avons fait des emprunts. Sans doute un Mémoire sur la destruclion des Forêts et siir les effets qui en résultent, par M. J. Doulcet (1821), fournirait d'utiles renseignements. Nous n'avons pu nous le procurer à la Librairie d'agriculture (Vvo Bertrand Huzard), où il avait été publié. INTRODUCTION XIX Dans la flore arborescente se trouvent des essences propres à tel genre d'Oiseaux ; tel autre genre ne saurait y vivre. Aux Oiseaux voraces, les arbres de haute futaie, les chênes séculaires, les sapins plantés sur les monts; aux Oise:iux de vol moindre, le taillis et l'arbre branchu ; aux petits Passereaux, le buisson et le fourré; dans la forêt même un certain mode de boisement est nécessaire à une espèce déterminée. Faites disparaître ces abris, et leurs hôt<'S fuiront ou contracteront d'autres habitudes. N'a-t-on pas vu les Veuves [Ploceinœ] qui habitaient les forêts touffues de l'Afrique australe aller, devant le déboisement qui s'accomplit, suspendre leurs nids aux poteaux télégraphiques; ou bien, eu Californie, le Pic Vert (Meknierpes formicivorus) installer sa demeure et ses innom- brables magasins d'approvisionnement à l'intérieur de ces mômes poteaux percés par lui pour la circonstance (1)? Citons encore les Moi- neaux, ces bêtes intelligentes, qui transportées aux Etats-Unis, ont mis à profit les wagons circulant sur les lignes de chemin de fer (2). L'enlèvement dans les plaines, la destruction dans les campa- gnes des derniers restes de la végétation arbustive, n'ont pas été moins préjudiciables à la reproduction des Oiseaux (3). Le socle de la charrue parcourt les champs où d'utiles retraites étaient autrefois ménagées de place en place ; les céréales qui poussent abondam- ment no sauraient les remplacer. Et du reste, là encore où des retraites subsistent, c'est-à-dire là encore où l'arbre et le buisson sont debout, l'enfant du village, le paysan lui-même ne sont-ils pas aux aguets pour tendre leurs pièges, enlever les nids, écraser les œufs, tandis que le chasseur ou le braconnier promènent la destruc- tion d'une manière non moins meurtrière. Que d'équilibres ainsi rompus ! Quand l'Oiseau migrateur passe à tire-d*aile dans une contrée où il se posera à peine, le traqueur est embusqué pour le détruire ; et, lorsque le volatile regagnera l'habitat qui lui est pro- pre, les couditions naturelles s'y seront modifiées : il trouvera peut être de ces nids artificiels, nouveau genre d'habitation où des espèces se sont, paraît-il, adaptées (4). (1) Voy. (^ Nids et végéUiux sur les lignes télégraphiques », in Hev. des se. naturelles appliquées, n" du 20 juillet 1890, p. 718. (2) Nous laissons la responsabilité de cette indication à celui qui la fait connaître dans la Revue des se. naturelles appliquées, n» du 20 septeuibre 1890, p. 88'J : « Le procès des Moineaux aux Etals-Unis », par M II. Brezol. (3) Voy. sur ce sujet, (in Bull. se. nat. appliquées, 1887. p. 392), une communication de M. G. Saint-Hilaire (4) Voyez un article fort intéressant publié dans la liev. des se. naturelles appli- quées (n" du 20 juillet 1890, pp. 89-9U). On y constate que l'exploitation forestière, telle qu'elle est piatquée aciuellemeni, diminue de plus en plus le nombre de^ XX DES HYBRIDES A L KTAT SAUVAGE Descendons plus bas, les marais ont été desséchés, les hautes herbes qui y poussaient brûlées, les petits arbrisseaux arrachés ; partout des pays cultivés. Où ira pour se reproduire l'Oisq^u nageur ? Les glaïeuls et les roseaux qui ont été coupés lui étaient indispensables pour abriter sa nichée et la protéger contre la bête de proie. L'eau, souvent reserrée entre deux quais, a été elle-même visitée ; le repeuplement des lacs, des grandes rivières, des étangs, des cours d'eau, des fleuves se fait aujourd'hui sur une très grande échelle. On y jette à profusion d'immenses quantités d'alevins d'où naîtront des poissons, espèces nouvelles qui se trouveront en contact avec les anciennes (1). On cherche même à empoissonner les cours d'eau avec des alevins hybrides, productions artificielles, instables, sans avenir, élevées sous des régimes variés et dont les habitudes se trouveront modifiées comme ont dû se modifier celles de ces espèces obligées de vivre dans les milieux habités et cultivés par l'homme (2). Que de changements sont certainement survenus dans l'animalité, liée intimement à la flore comme celle-ci lui est liée ; de telle sorte que ces deux choses ne sont jamais indépendantes l'une de l'autre! Mais aussi, que de modifications sans doute dont ou ne peut se rendre un compte exact ou que l'on ne peut apprécier à leur juste valeur, la création primitive recelant des harmonies diverses, maintenant brisées et dont les effets bien- faisants ne se produiront plus désormais. L'état libre, indépendant de toute circonstance artificielle, n'existe donc plus aujourd'hui pour l'animal sur le globe terrestre, et celui-ci, pourchassé de ses demeures, transporté dans d'autres milieux, se ressent à chaque instant de l'influence que l'homme exerce sur son habitat. Ces explications étant données, revenons d'une manière plus directe au sujet que nous traitons, et voyons tout d'abord qu'elle est l'importance de l'étude des hybrides. retraites de beaucoup d'Oiseaux de dilTérents ordres. La plupart des Oiseaux qui établissent leurs nids dans les trous d'arbres ne songent plus à recreuser leurs retraites disparues. On a donc essayé de remédier à cet état de choses en offrant à ces Oiseaux des nids artificiels. Au siècle dernier, peut être à une époque anté- rieure, on faisait déjà usage de nichoirs artificiels dans la Thuringe orientale, etc. (1) Les Bulletins de la Société d'acclimatation comme ceux de la Société centrale d'aquiculture, abondent en exemples de ce genre. {t) Consultez à ce sujet le Bull, de la Soc. d'accl., 29 novembre 94, p. 474 : nMélis de Salmonidés ». INTRODUCTION XXI III L'étude de l'hybridité, nous l'avons déjà dit, présente un très vif intérêt ; la plupart des zoologistes la regardent comme très impor- tante (1). On l'a liée intimement avec la question de l'espèce, à ce point, fait remarquer un zootechniste distingué (2), que cette der- nière question, « fondamentale eu zoologie générale », a été plus d'une fois abordée parcelle de l'hybridité. L'hybridité se rattache, en effet, aux phénomènes de reproduc- tion, phénomènes qui, aux yeux de Guvier (3), méritent au plus haut degré les observations du naturaliste, car ils sont pour ce grand homme, indépendamment de ce qu'il y a de mystérieux et d'admirable dans la génération, des plus importants pour l'histoire naturelle. Des maîtres incomparables en ont fait le critérium de l'espèce. C'est ainsi qu'on a établi les caractèi-es de l'espèce parla fécondité continue et les caractères du genre parla fécondité bornée {i). — Bufïon pensait qu'un des mystères profonds de la nature, la parenté d'espèce, ne pouvait être sondé qu'à force d'expériences de croise- ments et connue seulement par le résultat de l'union d'animaux d'espèce différente (5). S'il en est ainsi, il se cache vraiment derrière la question de l'hybridité « un problème en présence duquel aucun esprit sérieux ne peut rester indiiïérent ». Est-il besoin de rappeler l'importance exceptionnelle, mais probablement exagérée que les anthropolo- gistes ont attachée aux résultats fournis par le croisement des espèces animales (fJ)? Tout le monde sait que M. Quatrefages s'est (1) Voy. Broca, op. cit., pp. 329-330. (2) M. Sanson, in Bull. Soc. antliropol. (Séance du 17 décembre 1868), t. III, p. 730. « L'hybridité ». Voy aussi Zoologie et Paléontologie, in Annal se. nat., t. XV. p. 4, 1872. (3) Annales du Muséum, t. XII, p. 121 et autres pages. (4) Flourens : de Vlnstincl et de l'Intelligence, p. 149 de la 5" édit., 1870. Voy. aussi Examen du livre de M. Darwin sur Vorigine des espèces, p. 108 et p. 113, 1881. Voy. encore Ontologie naturelle ou Elude philosophique des êtres, p. 16, 1861, et [Jist. des Travaux de Cuvier, 3« édit., 1838, p. MG, ouvrages où la même idée est exprimée (o) Bufïon, t. IV, p. 210. est ici cité par Fiourens. in de Vlnslinct et de l'Intelli- gence, p. 138. « Comment disait BulTon, jtourrait-on connaître autrement que par les résultats de l'union mille et mille fois tentée des animaux d'espèce différente leur degré de parenté ? » (6) .Voy. Broca, Mém. d'Anthropologie, pp. 329 et 336. XXII DES HYBninE:^ A L E:TAT SAnVAfiK appuyé sur les phénomènes de reproduction pour fonder sa démonstration de l'unité de l'espèce humaine (1). En faisant cette remarque, notre intention n'est point cependant, de nous occuper des phénomènes de reproduction par rapport à l'homme, puisque nous les coniaidérons uniquement par rapport aux animaux. Nous nous sommes déjà expliqué à cet égard dans les pages qui précédent (2) mais nous appelons toute l'attention du lec teur sur cette observation que nous lui avons présentée intention- nellement au début de l'exposé de nos recherches (3). Sans rabaisser aucunement la question de l'hybridité, même envisagée, seulement comme nous le falsous, c'est à-dire au point de vue de l'animalité, nous nous permettions aussi quelques réserves sur les théories classiques et déjà rappelées. L'indifférence, ou pour mieux dire la répugnance instinctive que les espèces ditïé- rentes éprouvent les unes pour les autres, à ce point, comme on l'a justement écrit, (( qu'il faille souvent la ruse et la puissance de l'homme pour leur faire contracter les unions hybrides », est bien suffisante sans doute pour les caractériser, et nous permettre de les séparer les unes des autres puisque cetlf iivcrsioii est un obs- K ^tacle à leur confusion. •r^' C'est pourquoi nous nous demandons s'il est absolument néces- saire, comme on le fait, de refuser en outre aux produits qui résul- tent de \euv union accidentelle ou forcée la fécondité continue, carac- tère naturel et essentiel de l'espèce, surtout lorsque l'on sait que la fusion des caractères des deux espèces mères, ne pouvant s'accom- plir, l'hybride fait inévitablement retour à l'un des types ances- traux (4) ? Les essais de croisement, tentés jusqu'alors, n'ont pas été suivis pendant assez de temps et ne se sont point assez généralisés pour être proclamés définitifs et pour permettre d'aborder franchement le sujet perplexe en posant des règles invariables. Il est des savants pour lesquels il est même faux « que la fécon- dité de deux sujets prouve qu'ils appartiennent à la même espèce ». Et pour eux a soutenir la thèse de la fécondité des hybrides n'est noiut donner un appui au système de la descendance transfor- (1) D'abord dans ses Cours professés au Muséum d'Histoire naturelle pendant les années 18(37-1808 ; puis dans son ouvi'age connu de tous, l'Espèce humaine, édité pour la première fois en 1877. (2) Page IX, :i' ligne. (3) Disons en passant (s'il en était besoin) que nous considérons comme trop variables les systèmes scientifiques pour soumelire le dogme à leur critique. Nous attachons donc peu d'importance aux démonstrations scientifiques lorsqu'elles ont pour but de prouver dts vérités révélées. (4) Nous nous expliquerons de nouveau sur ce sujet. INTRODUCTION XXIII miste «. Ils pensent que le contraire est la vérité ; a la raison en est, disent-ils qu'il y a une distinction possible enire parenté phylo- génique ou de descendance, et alïinité physiologique concordant avec la ressemblance. Celte distinction, qui est, selon eux, inatta quable, suffit pour écarter la thèse transformiste ; car il faudrait prouver, pour maintenir cette thèse, que Va/linité physiolofiique est due à la descendance ou à l'origine commune : or cette preuve n'a jamais été faite (1) ». Nous avons vu tout à l'heure que d'autres savants aussi, pour qui « l'espèce, est fondée sur l'exacte détermi- nation des rapports entre les individus et le monde ambiant, etc.,» n'acceptent pas pour ses caractères essentiels la succession constante par voie de reproduction. Ces réserves ne sont points formulées dans le but de nier la fixité de l'espèce, ce fait dont Flourens a dit : « pour qui sait en avoir la beauté, l'histoire naturelle n'a rien de plus beau. » Nous sommes bien loin aussi de prétendre que la fécondité illimitée soit l'attri- but de l'hybride, comme elle l'est du produit de l'espèce : des réserves n'impliquent pas l'obligation, pour qui les fait prudem- ment d'admettre que le cas que l'on considère comme possible se soit jamais réalisé. — Tout au contraire, on l'a vu, nous considérons la question de l'hybridité comme très importante et méritant, à plus d'un titre, une étude spéciale. Il est à remarquer cependant que, ni en physiologie, ni en ana- tomie, ni en zoologie, les hybrides, même artificiels (2), n'ont été étudiés d'une manière suivie; cette négligence est telle que l'on pourrait encore redire aujourd'hui ce qu'on lit dans une note de l'ouvrage du physiologiste Mueller, ouvrage écrit il y a déjà plusieurs années : « L'acquisition des faits d'hybridation a presque toujours été abandonnée au hasard et rarement elle a été le sujet d'expérimentations directes, ni moins encore suivies (8) ». Ce n'est point que des regrets ou des desiderata n'aient été expri- més au sujet du délaissement d'une question aussi intéressante. On en rencontre l'expression chez les anciens naturalistes comme chez les modernes. Au siècle dernier Bufïon regrettait que l'union d'es- (1) Le l{. P. Hcude, in Mémoires concernant l'Histoire naturelle de l'Empire chinois, par des pères de la Compagnie de Jésus ; Ciiang-IIaï, imprimerie de la Mission catholique, à l'orphelinat de Tuu-si-Wé ; dépôt à Paris, rue Barbet-de- Jouz, 17, chez M. H. Viguier. (2) C'est-à dire ceux qui proviennent d'unions provoquées. (3) Note du traducteur, le D' Jourdan, p. 2G8. Nous n'ignorons point les expé- riences de Fr. Cuvier et parliculièiement celles de Flourens, faites au Muséum. Mais Flourens reconnaissait lui-même que les faits, qu'il avait pu rassendjler, se réduisaient à peu de chose. Voy. de l'Instinct, 6' édit., 1870, et l'édition 1840. XXIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE pèces différentes n'eût pas été assez tentée (1) ; le baron de Glei- chen montrait combien il était regrettable « que tant d'obs- curité régnât encore dans cette importante partie de Tbistoire naturelle (2). Giorna s'étonnait « que Tboinme toujours inventif, toujours curieux, instruit et encouragé surtout par les avantages qu'il tire du Mulet, du Bardeau, n'ait pas tenté d'obtenir de nou- veaux métis en unissant d'autres espèces voisines d'animaux utiles (3). — Après ces auteurs, et plus récemment, Rudolpb Wagner, indiquait l'utilité qu'il y aurait à réunir « une collection complète de tous les faits d'bistoire naturelle se rapportant aux animaux dont on a obtenu jusqu'alors des hybrides », collection qui aurait un grand intérêt physiologique si elle était accompagnée de réflexions et de discussions (4). Encore au milieu de ce siècle, Chevreul espérait que le Muséum obiendrait des Chambres un terrain « dont la portion serait réser- vée à l'étude des hybrides (3) ». Vers la môme époque, la Société d'acclimation, nouvellement instituée, considérant que les croise- ments des races et des espèces seraient extrêmement importants à étudier dans toutes leurs circonstances, faisait savoir qu'elle enre- gistrerait avec le plus vif intérêt toutes les expériences faites dans ce but et recevrait avec grande reconnaissance tous les documents relatifs aux hybrides que les voyageurs pouraient se procurer ((>). Plusieurs fois, elle a renouvelé son désir ainsi manifesté (7) et a même proposé des prix pour récompenser les recherches que l'on entreprendrait dans cette voie (8). De nos jours V Encyclopédie britannique s'élouue « que l'on ait fait jusqu'ici si peu d'essais sur l'hybridité des animaux ». Dans un autre ouvrage (9) on regrette « que l'on n'ait pas tenté plus souvent des expériences scientifiques pures et que (dans les croisements) la zoologie expérimentale se réduise presque toujours à la zoote- chnie elle-même ». Enfin, suivant l'opinion du traducteur de Millier (10), ■« l'importante question des hybrides, surtout dans le règne animal, a été beaucoup trop négligée jusqu'ici par les phy- siologistes et les anatomistes ». (1) T. IV, p. 211. (2) Les découvertes les plus récentes dans le monde végétal, p. 49 et 50. (3) Observations sur un Zèbre métis, ch. XI et XII. Mém. acad. de Turin. (4) Lehrbuch der Physiologie, Leipzig, 1839, p. 24-26 ; erste abllieilunt; (5) Journal des savants, p. 358. année 1846 (4° article). (6) Bull, de la Soc, année 1855, p. 255 et suiv. (7) Voy. le Bull, de 18(i3. p. 730, et aussi les pages précédentes. (8) Bull, de 1887, n" de juillet, p. 17. (9) M. Baron, Méthodes de reproduction en zootechnie. (10) Manuel de physiologie, p. 628, t. II, INTRODUCTION XXV Reconnaissons que dans le monde végétal, les lacunes sont peut- être moins grandes, car depuis les savants travaux de Ciodron, et plus particulièrement ceux de Naudin, les phénomènes physiolo- giques de l'hybridité chez les végétaux sont assez bien connus. Mais, son titre l'indique, le but du présent ouvrage est moins d'étu- dier les particularités physiologiques auxquelles l'hybridité provo- quée peut donner lieu, que de rechercher si les hybrides naturels naissent et se propagent dans la création, si non complètement à l'état libre — aujourd'hui presque introuvable, — du moins à l'état sauvage parmi les animaux qui ne sont point encore asservis au joug de la domesticité. Nous ne pourrons cependant nous dispenser, dans ce discours préliminaire qui envisage les hybrides en général, d'en- trer dans quelques considérations à leur sujet. Si quelque lumière était projetée sur un tel sujet, encore très obscur, peut être aper- cevrions-nous mieux, comprendrions-nous davantage la perpétuité des formes zoologiques actuellement existantes, et quelque coin du rideau épais qui voile à nos yeux le redoutable problème de leur fixité, quant à leur génération, se trouverait-il légèrement soulevé. Nous ne nourrissons point le fol espoir d'obtenir une solution sur le mode qui a présidé à leur formation ; il est encore et restera peut-être toujours caché aux investigations de la science expéri- mentale. Notre curiosité sur ce point serait vaine sans doute et, quant à présent, nous ne pouvons que nous poser ce problème : le Créateur les a-t-il formées de toutes pièces dans l'état où nous les admirons aujourd'hui ; ou bien, après avoir tiré du limon de la terre quelques types initiaux, très rudimentaires, auxquels son Esprit, répandu sur le monde, a communiqué le souffle de vie, a l-il, par l'effet des causes secondes, laissé aux siècles à venir le soin de les amener lentement au degré de perfection dans lequel ils s'épanouis- sent aujourd'hui? Question presqu'aussi mystérieuse que la création encore beaucoup plus étonnante de la matière sortie du néant ! Nous craindrions, en faisant intervenir \j^ Créateur, par un acte séparé, dans chaque création de variétés, et même d'espèces, (comme les zoologistes entendent ce mot maintenant), de res- treindre sa puissance illimitée et de rabaisser en quelque sorte son œavre majestueuse. Eh! quoi, faudrait-il donc que pour une simple variation de plumage, de coloration, de forme ou de dessin, de différenciation quelconque, Dieu, dans son éternité infinie, soit obligé de descendre lui-même jusque-là et doive, de ses propres mains, former jusqu'au moindre détail? N'a-t il pu, Lui qui peut XXVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE tout, disposer, pour arriver à ce résultat, de mille moyens, ceux par exemple que nous appelons les causes secondes dont il a su, dans sa prescience, diriger très sûrement à l'avance tous les effets, eiïets dont pas un seul ne se produira sans son ordre ou sa permis- sion souverains? La nature, une fois créée, ne peut-elle, sous le regard de l'Eternel, auquel elle obéira toujours, évoluer par les propres forces qui lui ont été communiquées ab iniiio. En un mot, limite- rons-nous la puissance de Celui à qui tout appartient, à qui tout obéit, puissance qui paraît beaucoup plus étendue, beaucoup plus prodigieuse et beaucoup plus majestueuse quand elle prescrit, ordonne, dispose à l'avance que lorsciue nous la bornons à une intervention directe, continuelle, indispensable et sans cesse renou- velée. Dans le premier cas, elle est sans bornes, sans limites; elle convient essentiellement à la nature infinie de Dieu; car, avoir su dans le chaos, combiner toutes les causes dont les effets se produi- ront dans la suite des siècles avec une régularité parfaite de manière à aboutii-, dans une harmonie exellenle, aux formes gra- cieuses de la vie, à leur entretien quoditien, à leur conservation, à suffii-e à tous leurs besoins, à contenter leurs désirs, nous semble, répétons le, l'acte couvenant le mieux à Celui qui est tout par lui- même et qui n'emprunte à aucune force, hors de lui, la puissance avec laquelle il se meut dans son éternité. Ainsi l'évolution, mais non le transformisme aveugle, incons- cient, sins causes linales, devient-elle, en quelque sorte, plus accep table que le système des créations indépendantes. Elle semble, du reste, plus en rapport avec l'esprit des Livres saints qui ne parlent point de fdasieurs créations animales successives, mais d'une seule création unique. Or, ne l'oublions pas, les formes animales actuelles ne sont point celles des premiers jours. D'autres formes zoologiques, />^>/i différentes, les ont certainement précédées. Si l'on veut donc qu'elles aient été toutes crées par des actes séparés, la création s'est i-enou- velée incessamment et à des intervalles très éloignés (1). Les considérations, dans lesquelles nous sommes entré presque involontairement, nous ont éloigné de notre sujet. Examinons plu- tôt comment les auteurs, qui ont déjà parlé des hybrides naturels, ont envisagé cette question. (1) Le n. F. Zahm, professeur à l'Universilé de Notre-Dame (Indiuna), vient de publier un volume « résumantadinirahlenient, dit M. le Man[nis de .Nadaillac (in Uev. des Questions scientiliques, juillet 189K), tout ce qui a été écrit depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours sur une question (|ui agile singulièrement les esprils )>. Le volume du P. Zaliin est intitulé : « Evolution and Uogiua », Chicago, 1890. INTRODUCTION XXVII IV De quelques citations que nous ont laissées les savants de l'antiquité, il senijjle que l'on soit autorisé à penser que l'hybri- dation naturelle était appelée à jouer un rôle dans la production de certaines espèces. Tout au moins x\ristote dit qu'en Lybie, où il ne pleut point, les animaux se rencontrent dans le petit nombre (Tëndroits où il se trouve de l'eau. Là, les mâles s'accouplent avec des femelles d'espèce ditïérente. 11 ajoute que si ces animaux ne sont pas de taille trop disproportionnée et si le temps de la gestation est à peu près le même dans les deux espèces, ils produisent (1). Le grand naturaliste a en vue les Carnivores (2). Pline précise les espèces qui contractent des mélanges, car il cite la Lionne d'Ethiopie comme capable de s'accoupler avec l'Hyène, d'où naît la_Çrocute (3). Solinus paraît avoir accepté cette manière de voir (4). Cependant, d'après Ctésias, auteur beaucoup plus ancien (o), la Crocotte (sans doute le même animal) provien- drait du Loup et du Chien (6). Oppien prétendait que le Thoûs (Chacal) est le produit du Loup et de la Panthère (7). Hesychion (8), un néo-latin, faisait descendre le même animal du Loup et de l'Hyène. Les xvii« et xviiie siècle ont propagé ces erreurs; aucune limite n'est même assignée aux accouplements féconds entre bêtes sau- vages, car, si l'on écrit que les Lions et les Léopards engendrent l'Alphiel (9), que les Léopards viennent eux-mêmes de la Pan- (l) Hisloire des animaux dWrinLole, avec la trailiiclion française, par M. Camus. Paris, 178:$, Liv. VIII, Cliap. XXVlll. {±) l'ensons-noHS. (:$) Pline, VIII, XLV. (4) Solinus est cilé par Nieremherg, Hisl. nul. tnax., Anvers, 1G3.T, chap. XXIV. Solinus a été appelé le singe de Pline qu'il copiait souvent. (5) Ctésias, de Guide, élait du nombre de ceux qui suivirent le jeune Cyrus dans son expéililion cnnlre son père Artaxercès Mnéiion (Feller). (6) Ctésias est précisément cité par Pline ! VllI, XXX. Cardan {de subtilil. Liber decimus, p. 315) appelle, au contraire, Lyciscas, les produits issus du Chien et du Loup. (7) Oppien est cité par Nieremberg, op. cil., ch. XXIX. (8) Cit. par Bochart, Commentaires snr la Genèse, 1, p. 832. (9) Rist. nat. max., XXIV. XXVIII DES HYBRIDES A l'eTAT SAUVAGE thère (1) et de la Lionne, on dit aussi que la Marmotte descend du Blaireau et du Singe (2) et que le Tatou est produit par l'union de ce dernier avec la Tortue (3). On parle même de croisements entre Renards et Lièvres (4), entre Chameaux et Sangliers (5). La Girafe devrait encore sa naissance à un croisement (6) ! Qu'aurons-nous à dire lorsque nous signalerons les croisements soi-disant obtenus entre espèces domestiques ou captives? Les exemples les plus bizarres, les plus absurdes sont cités sans réserve. Nonobstant ce, les hybrides étaient considérés comme des monstres, et par conséquent comme des raretés. Dans son Thésaurus ornitholocfùe (7),Giebel ne fait qu'un seul article pour «les monstres, les anormaux et les hybrides (8) ». Le Dictionnaire de Valmont de Bomare indique le Mulet comme une espèce de « monstre quadrupède ». Charles Bonnet se sert de cette expression (9) pour qualifier le même animal que M. J. Sperling considère comme un prodige (10). — Rappelons ici que Démocrite avait écrit que le Mulet est un produit « non de la nature, mais de l'audace et de l'industrie humaine et, pour ainsi dire, un mensonge et un vol commis par l'adultère (11) ». Il y a, en quelque sorte, contradiction entre ces appellations et ce qui vient d'être dit. Comment, admettant que les espèces les plus disproportionnées puissent se croiser, donner même naissance à d'autres espèces connues, peut-on appeler leurs produits des (') Nous traduisons le mol Pardus par Panthère. La phrase de Bocharl {Hiern- zoicon sice bi pertiluin opus de animaiibus s. cripluru', M. D. C. LX.XNII) est ainsi conçue : « Leopardi vox composila significat animal ex Pardo et Leœna natum. » (V) Alhanasius Kircherus, cit. pir Hyrtl (in Comptes rendus de l'Académie des sciences de Vienne), p. lo'J. (■V) Même source. (4) Kalm, Wàslgotha resa etc., p. 236 (D'après Haller, Elementa physiologiœ, I, p. 106, 1766). Nous n'avons pas vérifié l'exactitude de ce dire. (o) Dyclimus (cit. par Niéremberg, op. cit., chap. XXIX). (6) Voy. Brevis historia anninialiuin (grœcie), manuscrit publié à Moscou en 1811, par Matthœi, cit. par I. G. Saint-Hiiaire, in Hist. nal. gén. des règnes organisas, t. III, p. 141. (7; Leipzig, 1772. Erster Halband, p. 212. (8) Art. XXVI I. Aves monslrosœ, abniorimv, hybridœ. (9) Considéralion sur les corps 07-ganisés, p. 10:î, XXXII, Des Mulets. Œuvres d'Hist. nat. et de Philosophie, t. V, Neufchàtel, M. D. GC. LXXiX. (10) Zoologia. Phys. Posth. Lipsiœ, 1661, p. 366. (11) Démocrite est ici cité par Elien in NaU animal (t. lib. XII, cap. 16). INTRODUCTION XXIX monstres ou des prodiges ? Ceci se comprend d'autant moins que l'infécondité des hybrides, on le verra bientôt, était à bon droit reconnue et professée. V.oici encore quelques passages d'auteurs du siècle dernier se rapportant à l'hybridation naturelle ; ils pourront servir à éclairer le sujet que nous étudions. (( En général, dit (lauthier, c'est tout à fait gratuitement qu'on attribue à beaucoup de monstres d'Afrique la faculté d'engendrer. Il peut arriver, et il arrive sans doute que des espèces différentes d'animaux féroces se mélangent ; mais les nouveaux êtres qui en résultent ne sauraient procréer sans un écart de nature d'autres animaux qui leur ressemljlent, ni même en procréer aucun (I) ». (( Quand la nature agit seule sous l'œil de Dieu, dit au contraire Ballhasar Sprenger, de nouvelles espèces naissent de l'union d'êtres et d'espèces différentes ; c'est ainsi que l'on voit apparaître de nouvelles plantes quand le vent dirigé par la divine Providence transporte le pollen prolifique d'une plante dans le pistil d'une autre plante (2) ». « Qui sait, écrivait Buffon (3), tout ce qui se passe en amour au fond des bois ? Qui peut nombrer les jouissances illégitimes entre espèces ditïérentes? Qui pourra jamais séparer toutes les branches bâtardes des tiges illégitimes, assigner le temps de leur première origine, déterminer, en un mot, tous les effets des puissances de la nature pour la multiplication, toutes ses ressources dans le besoin, tous les suppléments qui en résultent et qu'elle sait employer pour augmenter le nombre des espèces, en multipliant les intervalles qui les séparent ? » Hebenstreint dit bien que « parmi les animaux de nos contrées, il se fait divers mélanges avec les Chardonnerets qui produisent des créatures d'une espèce incertaine et dont aucune ne se multiplie (4) » ; mais il ne dit point positivement que ces croise- ments se trouvent produits à l'état sauvage. Pour Rudolphi «beaucoup de va.riétés que l'on remarque chez les Oiseaux dérivent certainement de mélanges (5) ». (1) Observations sur la physique, ou Journal des sciences et des arts, par Toussaint. Paris, 3 vol. in-4°, p. 80, 1756. (2) Oj'uscula Pliynico-matlieiiiaticL Hanoverie, 17J3, in-8 (p. 2o à 48) : « De avium hybridarum virtnte generandi usque ad terliuiu generationem o.bservutio ». (3) Cit. par l'abbé Bonaterre, Tableau encyclopédique, Oiseaux, 1823, ]>. X et Xj. (4) Journal encyclopédique, mars 1762 (2' partie de mars). (o) Beytràge zu Anthropologie, p. 162. XXX DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE « On ne peut douter, écrit Bonnet (I;, que les espèces, qui exis- taient au commencement du monde, ne fussent moins nombreuses que celles qui existent aujourd'hui. La divei-sité et la multitude des conjonctions, peut-être même encore la diversité des climats et des nourritures, ont ils donné naissance à de nouvelles espèces, ou à des individus intermédiaires? — Ces individus s'étant unis à leur tour, ajoute t-il, les nuances se sont multipliées et, en se multipliant, elles sont devenues moins sensibles ». Bonnet entend-il par l'expression « conjonctions » des croisements ? nous le supposons. 11 paraît du reste envisager plutôt les races. Linné (2) avait pensé qu'à l'origine il pouvait n'avoir existé' qu'une espèce dans chaque famille naturelle et que ces espèces, en se croisant, avaient produit les genres, lesquels, parleurs fécon- dations réciproques, avaient donné naissance aux espèces et aux variétés. Il avait cru, dit Guillemin (3), à la formation d'espèces nouvelles par hybridation entre espèces de familles différentes. Il en était même venu à rattacher toutes les espèces actuelles à un petit nombre de types primitifs ». — Une manière de penser, qui paraît très différente, est cependant exprimée par Hartmann, dans une thèse où celui ci développe les idées de son maître (4). Hart- mann enseigne « que les Animaux s'unissent très rarement en dehors de leur race ». De Haller (o) s'appuie aussi sur Linné pour dire que les hybrides sont le plus souvent stériles (6). Le baron de Gleichen (7), en manifestant l'espoir qu'on obtien- drait des éclaircissements sur l'existence de beaucoup d'animaux qui se trouvent dans les climats chauds, si on instituait dans les ménageries des expériences de croisement, semble indiquer par là que des animaux des climats chauds doivent leur naissance à des croisements. (1) Considérations sur les corps organisés, t. V de ses œuvres complètes, p. 230. (2) D'après Guillemin. {Dictionnaire classique dllisl. nat., de Bory de Saint- Vincent, édit. de 182o, l. VIII, p. 403). (3) Op. cit. (4) Thèse s%ir les Plantes hybrides, Caroli Linnœi amœnitales AcademiccV, Holmiœ, 1756. Nous pensons que Linné a développé sa théorie sur les hybrides dans sa dissertation sur le Peloria {Amoen. Acad , vol. I, p. 71), ouvrage que nous n'avons pu consulte.'. (3) FAementa physiologiœ, t. VIII, p. 104. (G) iNous ne comprenons donc pas comment M. Malhias Duval a ]ui dire (Rev. Se. L'hybridité, 1884, p. 98) « qu'à l'époque de Linné on ne pensait guère à proclamer la stérililé des croisements entre esi>èces dillérentes. » lit cependant, cette asserlion paraît conforme au.\ vues de Linné. (7) Découvertes les plus récentes dans le monde végétal, p. 49 et 50. INTRODUCTION XXXI Cilons encore Lacépède, dont les écrits scientifiques datent plus particulièrement de la fin du siècle dernier: « La force productrice, non seulement réunit dans ses alierratious des formes que l'on ne trouve pas communément ensemble, mais encore peut souvent dans sa marche réi^nlière, et surtout lorsqu'elle est aidée par l'art, rapprocher des espèces dilïérentes, les combiner, et de leur mélange faire naître des individus différents de l'un et de l'autre (1) ». (( Les métis, ces aberrations des espèces, disait le citoyen (iiorna qui écrit en l'an xii (2), sont très fréquents dans les petits animaux ; elles le sont moins parmi les grands. Leur somme est en raison directe du nombre que les animaux produisent; aussi, voit-on plusieurs variétés dans les Insectes, moins dans les Oiseaux et beaucoup moins dans les Mammifères (3) ». Ces citations disent peu de chose ; on remarque, cependant, dans certaines une tendance à accepter l'hybridité naturelle comme probable, quoique rare. Des opinions, plus nettes et plus précises, se forment au commen- cement de ce siècle. — Non seulement, comme nous le verrons bientôt, on restreint considérablement la possibilité des féconda- tions hybrides, mais on veut aussi, (à part quelques auteurs qui font exception), que les croisements ne se produisent point à l'état sauvage, tout au moins qu'ils ne s'opèrent que lorsqu'une des espèces qui contractent les mélanges est u privée ou captivé )). C'est ce qu'écrit en 1824 Frédéric Cuvier dans le Dictionnaire des sciences naturelles (4) et ce que, la même année, Desmarets répète presque mot à mot dans le même dictionnaire (5), en ajoutant (6) que « les animaux sauvages d'espèces différentes ne s'accou[)lent pas entre eux )). (1) Discours sur la nalure des Poissons (Histoire naturelle des Poissons, 1798-1803). Voy. p. 483 de l;i nouvelle édilion, t. I. Paris MDCCC XLIV. (2) Ici Gioi-na ne parle pl.is d'après lui, mais d'après un naturaliste qu'il ne nomme pas. Nous nous demandons ([uel peut être cet auteur, car nous retrouvons la même idée, exprimée à peu pi'ès dans les mêmes termes, d ins le Traité d'Ana- toiiiique de Meckel, paru lr)n|,'temps après le travail dcGiorni. (Voir p. 40.o, T. I de la trad. franc, de Rister. Paris, 1828). (3) Méni. acad. des se. litl. et b.-arts de Turin, années X et XI an XII « Obser- rations sur un Zèbre métis ». (4) A l'article Métis, t. XXX, p. 480. {lî) A l'article Mulet, t. XXX 111, p. 293. (0) Dans les Ann. des se nat.. t. XXVII, p. 138. Paris, is:{2. XXXII DKS HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Au même moment (1), Georges Cuvier dictait cette phrase que maiuts auteurs ont depuis reproduite : « La nature a soin d'empê- cher l'altération des espèces qui pourrait résulter de leur mélange, par l'aversion naturelle qu'elle leur a donnée; il faut toutes les ruses, toute la puissance de l'homme pour faire contracter ces unions, même aux espèces qui se ressemblent le plus ». L'hybridation dans la nature serait donc nulle aux yeux du grand naturaliste. 11 a soin du reste de préciser sa pensée dans la phrase suivante : « x'Vussi ne voyons-nous pas dans nos bois d'individus intermédiaires entre le Lièvre et le Lapin, entre le Cerf et le Daim, entre la Marte et la Fouine (2) », En 1835, acceptant ces théories, Marcel de Serres s'exprime ainsi dans la Revue du Midi (3) : « Nous sommes parvenus, par suite de notre action sur les animaux, à faire accoupler plusieurs espèces différentes. Ces accouplements n'ont jamais eu lieu dans les espèces livrées à elles-mêmes. Il faut qu'un des sexes au moins soit dans l'état de domesticité. Si la domesticité, continue- t-il, n'est pas une condition absolue sans laquelle deux espèces différentes ne peuvent s'accoupler, il faut au moins qu'elles soient toutes les deux privées de leur liberté ». « C'est un fait prouvé dans l'histoire de la nature, écrit quatre ans 4:)lus tard Rudolph Wagner (4), que les animaux d'une même espèce s'accouplent librement et produisent des petits féconds. Ce n'est que sous une influence artificielle, sous l'action de l'homme, très rarement dans l'état de nature libre, que des animaux d'une espèce différente s'accouplent entre eux » ; Wagner ne laisse place que pour quelques exemples. Duvernoy (5) est beaucoup plus restrictif. Aucune observation bien positive et incontestable parmi les animaux na démontré jusqu'à présent, dit cet auteur, que des espèces différentes, libres et abandonnées à leur instinct, se mêlassent dans la nature ; et qu'il naquît de ces mélanges des espèces hybrides, pouvant se propager avec leurs caractères distiuctifs, et produire une succession de générations fécondes, comme les espèces dont elles sont origi- naires ». Pour lui, on peut conclure légitimement à priori, (comme (1) Ou plutôt quelques années au|iaravant : Recherches des ossements fossiles, 1821, p. 59. Discours préliminaire. (2) Même ouvrage. (3) T. IX, p 347. Toulouse. (4) Lebrbuch der Physiologie, Leipzig, 1839. Erste abtheilung (examen du sperme des Oiseaux, p. 24-26, § 12). (5) Diclionnaire d'Orbigny (art. Propagation), p. 345, 1847. INTRODUCTION XXXllI il pense l'avoir énoncé à posteriori (1), que les espèces ne se mêlent pas dans leur état de complète liberté ». Blith corrobore cette manière de voir lorsqu'il nous apprend (2) (( qu'il n'a pu se trouver en présence d'un seul exemple satisfaisant où le mélange des espèces ne soit dû à l'intervention de l'homme ». On peut encore mentionner le D^' J. B. Jaubert (3) qui regarde le rapprochement de deux espèces distinctes comme un fait à peu près impossible en pleine liberté ; puis Frisch (4j qui ne paraît pas croire à la possibilité des rapprochements chez les animaux sauvages et les considère comme essentiellement artificiels et contre nature; enfin Frédéric Cuvier, qui, vingt ans plus tard, revenant dans son Histoire des Mammifères (5) sur le sujet déjà traité dans le « Dictionnaire des sciences naturelles », écrit que « les Mulets ne sont point, à proprement parler, des êtres naturels ; mais qu'ils sont essentiellement le produit de l'art », et que « sans artifices ou sans désordres dans les voies de la Providence, jamais leur existence n'aurait été connue (6) ». Ces nouvelles citations nous ont amené jusqu'à la moitié de ce siècle et même au delà. Des théories analogues se retrouvent chez des auteurs plus récents, comme Godron, de Quatrefages, Ernest Faivre qui disent, (i) Lisez son article. (2) The magazine of natural iiistory, conducted by Edward Charles worthen, London, 18:i7, t. I, p. 80. « On Ihe psyslwlogical distinction belicen nian and ail others animais ; and the conséquent diversity of human influence over the inferiors ranks of création ». (3) Rev. et mag. de zoologie, mars 18o3, p. 114. (4) Naturforscher, Vil, p. 56. (5) T. vil, 1842. (6) 11 paraît cependant reconnaître que les insectes se mélangent. Voy. le mot Hybride dans le Dict. des se. nat., t. XXII, 1821. Nous avons dit que quelques auteurs du commencement de ce siècle ne partageaient pas la même manière de voir. En effet, l'abbé Bonaterre {Tableaux encyclopédiques, 1823), s'exprime ainsi au sujet des alliances entre espèces voisines : « Ce que nous faisons par art peut se faire mille fois par la nature. Les métis qui résultent de ces alliances fortuites peuvent, en s'unissant, produire d'autres individus semblables à eux et former de nouvelles espèces. (Oiseaux, p. 41). Meckel (in Traité d'Anatomie, 1828, p. 405 et 406, trad. de l'Allemand) écrit ce passage : « Les métis sont plus fréquents et pins féconds dans les espèces inférieures que dans les espèces élevées; sans doute pour la raison que la force organique est plus rigoureusement bornée aux phénomènes de formation, et est, pour cela même, plus énergique. C'est à cette cause (ju'il faut attribuer la fréquence plus habituelle de la bâtardise parmi les Oiseaux que parmi les Mammifères. Tous ces phénomènes rendent fort vraisemblable l'opinion émise ci-dessus, qu'un grand nombre d'Insectes peuvent aussi naître de cette manière ». Suchelet. — 3 XXXIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE le premier « que l'hybridité est un phénomène très rare parmi les animaux sauvages (1) » ; le second « que Tliomnie a une peine infinie à découvrir quelques hybrides naturels (2) ; le troisième « que l'on ne connaît aucun exemple probant d'hybridité natu- relle (3) )). On vient du reste d'écrire tout dernièrement que les croisements d'espèces « n'ont jamais lieu dans la nature sau- • vage (4) )). Cependant des naturalistes, dont les vues se trouvent en oppo- sition avec celles des auteurs que nous mentionnous, semblent vouloir accorder maintenant à l'hybridation ud rôle plus consi- dérable. (( Il n'est pas douteux, écrit M. Cari Vogt (5), que, même à l'état sauvage, les animaux appartenant à des espèces voisines s'accouplent ou cherchent à s'accoupler entre eux. » M. Michel Menzbier (6) prétend que l'étude des Oiseaux de la région paléarc- tique lui a prouvé (( que certaines espèces se croisent avec des espèces voisines et forment un grand nombre d'hybrides, lesquels, de leur côté, se croisent entre eux et avec les formes typiques qui leur donnent naissance. Ce croisement, ajoute le professeur, peut contribuer à ce que deux formes fixées se confondent en une seule aux caractères combinés; parfois il arrive qu'une espèce est absorbée par une autre, n « Les cas où les individus de chaque vallée s'unissent avec leurs voisins immédiats ne sont pas une exception, » écrit de son côté M. Henri Seebohm (7). Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dit lui-même (8) : que l'on peut affirmer que les croisements hybrides ne sont pas très rares entre espèces sauvages du même genre, mais que les métis qui en résultent échappent le plus souvent à notre observation. Avant lui, Hamilton Smith avait fait savoir que l'on connaissait des Mammi- fères sauvages ayant produit des hybrides en liberté (7). (1) De Vesphe, 1872, p. 180. (2) Rev. des cours scientifiques, t. V, p. 738 (années 1867- années, t. XXII, |). 111 et suiv. Pans, 1821). Rafinesque trouve néanmoins la chose singulière. Hyrtll (op. cit.) a réfuté ce fait. Les annales des sciences naturelles, 1.37, Paris, 1832, classent le même fait «au nombre des assertions souvent répétées, jamais constatées ». (13) Voy. Philosophical Transactions of the Hoyal Society of London, 1813, part. l. vol. 31, p. 38 et suiv. XXXVIII DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE Ferrussac publie au même moment l'extrait d'une lettre datée de Berlin, 27 février 1827, où de nouveau on parle d'un Mulet de Cerf et de Jument (1). Hamilton Smith (2), qui a si bien réfuté l'exis- tence des Jumarts, accepte et propose cette idée que le Cerf axis produit, avec une espèce de Porc, leaHog-deer» (3). Mais Guillemain et Dumas, Frédéric Cuvier, Marcel de Serres, Rudolph Wagner, et bien d'autres naturalistes de renom, réagissent contre ces exagéra- tions. Pour eux, la fécondité des croisements ne peut même être obtenue qu'entre espèces d'un même genre (4) : Pour que la femelle d'une espèce soit fécondée par le mâle d'une autre espèce, disent plusieurs d'entre eux, il faut que les deux espèces appartiennent au même genre, à un même genre naturel (5). C'est la doc- trine qui a prévalu dans notre siècle. Elle a été professée par Flourens (6), acceptée par Duvernoy (7), par Godron (8), et même par Morton (9). (1) Fait dont on avait déjà parlé au siècle dernier et accepté encore dans quel- ques ouvrages modernes, tels que : (Dict. d'HippntKjue, 1841, p 149); Journal des Haras, 1848 (t. XLV. p. 136). — Hyrtll ne l'a pas admis (voy. Comptes rendus de l'Acad. des se. de Vienne, p. 175, 1854. I. G. Saint-Hilaire (op. cit., t. III) partage la même manière de voir. Du reste, déjà au siècle dernier on niait l'existence de cet hybride, (voy. Journal encyclopédique de 1762, mars, 2' part.). (2) Naturalist's Library, p. 340. (3) Le Cerf importé en France appartient à une bonne espèce qui se reproduit naturellement. (4) Voici ce que l'on lit dans leurs ouvrages : « Dans le règne animal, il n'y a que les espèces voisines d'un même genre, ou d une famille si naturelle qu'elle ne forme qu'un véritable genre, qui puissent se croiser. . . Nous ne sachions pas qu'on ait d'exemple de métis de genres essentiellement divers, ni mêmes d'espèces un peu éloignées. » (Observations sur l'hybridité des plantes en général et parti- culièrement sur celles de quelques Gentianes alpines, par Guillemin et Dumas, in Mém de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, t 1, p. 89-90, 1823, séance du 3 août 1821. Ce n'est que chez les animaux du même genre que l'accouplement produit des résultats, dit Wagner, in Lehrbuch der Physiologie, p. 24, 25 et 26; Leipzig, 1839 (1'^ partie); ou bien : « On ne connaît de faits certains que parmi les animaux qui appartiennent au même genre ». 11 cite des exemples ». (5) Fr. Cuvier, Dict. des se. nalurelles, édité par Levrault, 1824, t. XXX, p. 468 et 469 {Art. métis). — « Pour que l'accouplement de deux espèces dilïérentes puisse avoir lieu et produire d'autres individus, il faut qu'elles appartiennent à un même genre naturel m, dit aussi Marcel de Serres, in Rev. du Midi, t. IX, p. 349. (6) Les espèces seules du même genre produisent, « Flourens, De l'instinct et de l'Intelligence, 5° édit., 1870, p. 149). La l" édit. de son ouvrage date de 1841. (7) Qui cite les paroles de Fr. Cuvier (in Dictionnaire universel d'Histoire naturelle de Dorbigny). Voy. ait. Propagation, t. X, 1847, p. 546. (8) De l'espèce, etc., p. 212, t. I, 2' édit., 1872. — Que pensait Milne-Edwards ? Godron (même vol., même page) le cite comme partisan de cette manière de voir et renvoie au t. XL, p. 754 des Comptes rendus de l'Acad. des se. de Paris. — Nous sommes loin de contredire l'appréciation de Godron. Néanmoins, dans le tome en question, Milne-Edwards ne fait point précisément connaître son opinion : (peut- êtie l'a-t-il fait ailleurs) ? Il dit seulement ceci, en rapportant le fait cité par Gray sur l'accouplement du Mouton et de la Chèvre : « Ce fait conduira peut-être les zoologistes à ne voir, dans les Chèvres et les Moutons, que des espèces dilTérenles d'un seul et même genre naturel, conformément aux vues sur la délimitation des groupes génériques présentés il y a quelques années par M. Flourens w. (9) Types of Manking, Nolt et Gliddon, 1854, p. 81-375. Cependant Morton n'aurait INTRODUCTION XXXIX Isidore Geoffroy Sainl-Hilaire s'est cru cependant en droit de reculer les limites assignées par ses prédécesseurs à la fécondation des unions hybrides. La possibilité de l'hybridation ne lui a pas paru devoir être renfermée dans les étroites limites qu'on lui avait assignées. « Si une femelle ne peut être fécondée par un mâle d'une autre classe; s'il est au moins douteux qu'elle puisse l'être par un individu d'un ordre différent ; si l'on n'a pas un exemple irrécusable de fécondation par un animal d'une autre famille, l'existence d'hybrides bigénères est pour lui aussi certaine, quoique plus rare, que celle des métis congénères (1). Disons que Hirtl et Paul Gervais ont admis que l'hybridation peut réussir entre espèces de deux genres différents, mais très rapprochés (2). M. de Quatrefages a lui-même reconnu l'hybri- dation bigénère possible, quoique très rarement. Parmi les auteurs qui ont tenté d'établir des règles permettant de connaître les espèces qui, physiologiquement, sont aptes à se croiser, nous citerons le D' Broca. Pour lui, comme pour beaucoup d'autres savants, parmi les conditions qui favoriseraient l'hybridité, l'une d'elles qui permettrait de préciser avec plus de probabilité le résultat d'une tentative de croisement serait « l'analogie ou la dissemblance des deux espèces considérées sous le rapport de la gestation pour les Mammifères, de l'incubation pour les Oiseaux. » Le docteur ignore même s'il existe un seul exemple d'hybridité entre deux espèces très difïérentes sous ce rapport. Toutefois, à ses yeux, « il n'est point nécessaire que la similitude soit parfaite pour que la fécondation soit possible » (3). Il pense aussi qu'il y a une certaine relation entre la facilité avec laquelle le croisement s'effectue et l'état de perfection ou d'imperfection de l'hybride qui en résulte. » Mais ce n'est point une règle absolue « parce que la fécondité du premier croisement ne dépend pas seulement de point toujours pensé ainsi. Voy. ; I. G. Saint-Hilaire, t. III, p. 14'J et 150, Hist. g. nuiurelle des règnes organiques). — Aristote aurait été déjà de cet avis. Godron rappelle (in De l'espèce, t. II, p. 20'J) la phrase suivante du célèbre philosophe : « Coeunt animalia generis (dans le sens d'espèce) ejusdem secundum naturam, sed ea etiam quorum genus divcrsum quidera, sed natura non multuni distat )i. Godron renvoie à VHistoriie a7iiiiiaUuiii,\ib. II, cap. 5. Nous nous sommes reporté au livre et au chapitre indiqués par Godron ; mais nous n'avons rien trouvé de semblable. Sans aucun doute l'indication est mal donnée. (1) Op. cit., p. 168 et 169. (2) Voir j)our le premier Berich des Herrn Professors Ilyrll an die Kaiseriiche Akademie (Vienne, 1854, p. 143). Pour le second, son Hist. nat. des Mammifères, p. l'.y.i. (3) Op. cit., p. 425. XL DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE l'homœogénésie : elle dépend aussi en partie de la fécondité absolue de chacune des deux espèces mères (1). Pour lui encore «ni le degré de proximité des espèces, ni la nature de leurs instincts, ou de leur genre de vie, ni la comparai- son de leur fécondité, ni même la durée de leur gestation, ne permettent de prévoir avec certitude le résultat de leurs alliances. La méthode a priori doit donc céder le pas à la méthode a poste- riori ôans l'étude de l'hybridité. L'homœogénésie ne se devine pas, elle ne se découvre que par l'expérience. » L'expérience seule, dit de même M. Oscar Hertwig, peut nous fournir une certitude à cet égard et nous apprend que les diverses espèces animales et végétales ne se comportent pas toujours de la même façon vis-à- vis de la fécondation hybride; que certains individus qui se res- semblent par les moindres détails dans leur forme ne peuvent se croiser, tandis que le croisement est possible entre d'autres individus moins semblables. » (2), Il ne faudrait pas conclure de là que la fécondation s'opère entre animaux appartenant à des espèces éloignées; c'est tout l'opposé qui se produit, nous le verrons bientôt. Le grand obstacle physique ou organique au mélange fécond des espèces semble, pour d'Orbigny (3), exister dans les sperma- tozoïdes et dans les différences, appréciables ou non, dans la forme, les dimensions et la composition intime de ces machines qui portent à l'ovule la part du mâle pour la formation du germe. Selon Rousseau, la fécondation ne se produit que parmi les espèces chez lesquelles « les spermatozoïdes ont une sympathie réelle et réciproque pour se greffer utilement sur les ovules pro- venant de la vésicule de Graaf » (4). C'est, il nous semble, ce qu'on désigne aujourd'hui sous le nom « d'affinité sexuelle » (5). Quelque (1) Même page. (2) La cellule et les tissus. Eléments d'anatomie et de p h tjsinlogie générales (traduit de l'allemand par Charles Julien), p. 291 et 292. Paris, 1894. (3) Dict. d'Hist. nat., p. 540. (4) Rev. de zoologie, « Des châtaignes ». (5) Voy. Hertwig déjà cité, p. 292, à l'article « Affinité sexuelle ». « Sous le nom d'affinité sexuelle, je désigne, dit l'auteur, les actions réciproques qui exercent les unes sur les autres les cellules fécondables apparentées, de telle sorte que, placées à une distance déterminée les unes des autres, ces cellules s'attirent, s'unissent et se fusionnent, comme le font deux substances chimiques entre lesquelles existent des affinités chimiques non saturées ». (Selon Peeffer, les anthé- rozoïdes sont attirés vers la cellule-œuf par des solutions chimiques, sécrétées par cette dernière). — Nous ne voyons donc pas pour quelle raison Isidore Geollroy Saint-llilaire a critiqué d'une manière très acerbe la conception de Rousseau (dans sa note de la p. 150 du t. 111 de VHist. générale des règnes organiques). INTRODUCTION XLI chose d'analogue avait été exprimé dans les Comptes rendus de l'Académie de Turin (1). « Pour que l'union de deux animaux de différentes espèces, y disait-on, soit féconde, il faut qu'il y ait un certain degré d'affinité entre la liqueur séminale du mâle et le germe de la femelle (2) ». On prétend généralement que le croisement peut s'opérer dans les deux sens, c'est-à dire dans le i-enversement des termes père et mère; c'est ce qu'on appelle « hybridité bil atéral e, . » Mais, dans plu- sieurs exemples, la fécondation ne se produit que dans un sens; elle manquerait dans l'autre. L'hybridité devient ainsi «MtdLdMLQii^^^' / • Vraisemblablement, lorsque les organes générateurs des deux espèces que l'on mélange sont bien conformés et susceptibles d'adaptation, le principal obstacle physique au mélange ne saurait résider que dans l'incompatibilité de l'élément mâle et de l'élément femelle. On sait aujourd'hui par des expériences (entreprises sur des œufs d'animaux inférieurs dont le développement s'opère extérieurement) que la fécondation n'a lieu que lorsque le sper- matozoïde a pu traverser la couche muqueuse qui enveloppe l'œuf. Il faut, en outre, que celui-ci, rencontrant le pronucleus femelle, puisse se fusionner pour former le noyau de l'œuf (3). Or, tous les spermatozoïdes ont-ils cette faculté? A leur arrivée près de l'enveloppe ou membrane vitelline, ils peuvent se heurter à un obstacle qu'ils ne sauraient franchir et se trouver ainsi dans l'impossibilité de se mettre en contact avec l'élément femelle. Seraient ils capables de franchir cet obstacle, que leur union avec cet élément pourrait encore, sous des iniluences diverses, ne point s'accomplir, surtout si le facteur décisif réside dans l'organisation (1) An .\ii. (2) M. Mathias Duval (in Revue scientifique, n° du 2 février 1884, p 146, art. De V hybridilé) parle du même sujet. (3) Voy. à ce sujet l'intéressant article de M. Kœhler sur « Les phénomènes intimes de la fécondation », dans la Revue générale des se. pures et appliquées, (n" du 15 août 1892, p ;i:W) notamment la p. !)41 où M. Kœhler rapporte ce que lit Fol en 187;i, et montre par des li^;ures la copulation de l'œuf et du spermatozoïde. « Qu'on mélanj^e dans l'oau de mer les œufs et les spermatozoïdes d'un Echinodorme ou d'un Oursin, pour observer, sous le microscope, les phases principales de la fécondation, on verra alors, dit M. Kœhler, le spermatozoïde pénétrer dans la coucha muqueuse qui enveloppe l'œuf, dont le vitellus se soulève en une petite saillie dirigée vers le spermatozoïde. Celui-ci vient s'y appliquer et, dès que le contact est opéré, la couche périphérique de Tœuf se gonfle el s'épaissit de manière à s'opposer à l'entrée d'un deu.xième zoospcrnie Le corps du spermaozoïde pénètre alors dans l'œuf où il prendra l'apparence d'un petit noyau clair entouié de stries railiaires : c'est le pronjicleus màlc qui marche vers le proniiclrvs femelle auquel il ne tardera pas à s'unir pour former un noyau unicjue, le noyau de l'œuf, qui entrera immédiatement en division » Mais voy. surtout M. 0, Hertwig, sur le même sujet. XLII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE (Je l'œuf (1). C'est uue hypothèse; citons cependant quelques faits d'expérimentation. Falkemberg (2) ayant mêlé des œufs de Culteria aspersa (3), capables d'être fécoudés avec des anthérozoïdes en mouvement actif d'une espèce très voisine, Culteria multifida, remarqua sous le microscope que les anthérozoïdes tournoyaient sans cesse et finalement mouraient sans avoir fécondé les œufs de l'espèce parente. Lorsque des anthérozoïdes venaient à toucher par hasard un œuf, ils s'appliquaient momentanément contre lui, mais s'en séparaient immédiatement. Le spectacle était bien différent si, dans une préparation semblable contenant des anthérozoïdes, on ajoutait des œufs de leur espèce. En quelques instants, les anthé- rozoïdes se rassemblaient autour de l'œuf (4). Lors des croisements entrepris par les frères Herlwig entre Strongylocentrotus lividus et Spkerechinus cjranularis, il y avait toujours, parmi des centaines d'œufs, un nombre plus ou moins considérable qui étaient fécondés par le sperme étranger, tandis que la grande majorité d'entre eux ne réagissaient pas. 0. Hertwig en conclut que les œufs étaient différents les uns des autres (5). Ainsi les œufs d'un même animal montreraient un degré différent d'affinité sexuelle, lequel, comme il s'en est aperçu, peut être influencé et modifié par les circonstances extérieures. (1) Consultez sur ce sujet 0. Herwitg (^^op. cit.), dernière ligne de la paf^'c 29'( . (2) « Die befrucfitung und der génération sicchsel von culteria», in Milt. aus derzool, station zu Neape), 1879. (3) Genre d'Algues inférieures. (4) Falkenberg est cité par Hertwig. (5) P. 295, INTRODUCTION XLIII VI. Afin de nous rendre compte des résultats obtenus dans les croi- sements d'espèces animales, nous avons essayé, dans un mémoire présenté au Congrès des Sociétés savantes (1), de grouper les faits d'hybridité provoquée, c'est-à-dire les divers exemples de croise- ments réalisés sous les yeux de l'homme. Nous ferons connaître très sommairement cette étude et les conclusions que nous avons tirées des faits qui y ont été cités; (nous ne nous sommes encore occupé de la recherche des hybrides que dans deux classes, la classe des Mammifères et la classe des Oiseaux, dans lesquelles, du reste, le plus grand nombre d'expé- riences de croisement a été entrepris). Quoique le travail ait été rédigé assez rapidement, à l'aide de matériaux rassemblés pendant les années précédentes, trois cent cinquante-cinq croisements environ, suivis de fécondité, ont pu être énumérés dans ces deux classes, soit, pour la première classe: quatre-vingt-treize croise- ments et, pour la seconde : deux cent soixante-deux, dont voici le détail : Classe des Mammifères Ordre des Ruminants Ordre des Pachyderafes (et S. -Ordre des Porcins) Famille des Cervidés. . Famille des Bovidés . . Famille des Antilopidés Famille des Ovidés. . . Famille des Camélidés . Famille des Equidés. . Famille des Porcidés . Ordre des Marsupiaux — Famille des Macropidés Famille des Léporidés . Ordre des Rongeurs Ordre des Quadrumanes Ordre des Carnivores Famille des Cavidés Famille des Muridés. . Famille des Hystriadés ( Famille des Simiadés . \ Famille des Lémuridés . Famille des Viverridés. Famille des Ursidés . . Famille des Mustélidés. Famille des Canidés . . Famille des Félidés . . 18 7 ti o 4 3 12 4 6 1 2 1 1 12 1 2 2 1 9 4 35 16 ( 13 18 93 (1) Héuni à la Sorboane en 1894. Ce Mémoire n'a point encore été publié; une très courte analyse a seulement été faite par M. Oustalet, dans la Reime des Travaux scientifiques, t. XI, n" 8, 1894, p. 591. XLIV DÉS HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE Classe des Oiseaux Famille des Fringillidés . (i8 ^ Ordre des Passereaux < Famille des Stiirnidés . . Famille des Turdidés. . . Famille des Motacillidés . 1 ( > 72 Ordre des Perroquets - - Famille des Psittacidés. . 6 6 Ordre des Palmipèdes [ Famille des Anatidés . . Famille des Lanidés . . . Famille des Tantalidés. . 74 2 9 , 7n Ordre des Echassiers < Famille des Rallidés. . . Famille des Scolopacidés . 1 1 > 4 Ordre des Struthions - - Fam des Struthiodicidés . 1 1 Ordre des Colomhes ; Famille des Gouridés. . . Famille des Colombidés . 1 20 21 Ordre des Gallinacés - - Appartenant à 8 familles. Total général. . . . 82 82 • 262 * 355 Si nous nous étions borné à la simple énumération de ces croisements, le travail que nous croyons devoir rappeler dans cette préface n'aurait qu'un intérêt médiocre; mais, en précisant avec soin les espèces qui ont contracté des mélanges, nous les avons classées par catégories, considérant : 1° les espèces d'un même genre; 2° les espèces appartenant à deux genres; 3° celles qui appartienneut à deux familles ou au moins à des genres éloignés. Or, le résultat de ce classement dans la classe des Mammifères, (animaux très supérieurs, qu'il faut séparer des Oiseaux), montre, PREMIÈREMENT : qu'ou ue vencontre aucun croisement réellement autheii- tique dans la troisième catégorie, c'est-à-dire entre des espèces appar- tenant à des familles différentes, encore moins à des ordres différents; DEUXIÈMEMENT : quc U's croisemeMs féconds entre espèces de genre distinct sont, non-seulement très peu nombreux, mais aussi fort suspects; troi- sièmement : que le plus grand nombre des croisements cités appar- tiennent donc aux espèces a d'un même genre, » assez souvent même à des espèces si voisines qu'on pourrait les ranger au nombre des variétés. Ces chiffres sont du reste les suivants : Première catégorie, 82 croisements. Deuxième catégorie, 11 croisements (douteux) (1). Troisième catégorie, 0. (1) Co\in(Traité de Physiologie comparée dei^ animaux, t. II, p. 9i2. Paris, 1838), a eu bien raison de dire qu' « Hucnn fnit ne prouve (chez les Matuniifères) que l'hybridilé soit possible entre espèces de genres différents ». INTRODUCTION XLV Dans la classe des Oiseaux, nous ne sommes point arrivé tout à fait au même résultat; quoique ce soient les croisements d'espèces appartenant au mkme genre qui soient incomparablement les plus nombreux, nous avons trouvé un certain nombre de croisements féconds (quelques-uns bien authentiques) ciUre espèces de genres très distincts, ceux auxquels les zoologistes donnent même quel- quefois le nom de famille. Ces mélanges se décomposent comme suit : Première catégorie, 178. Deuxième catégorie, 68. Troisième catégorie, 16, dont plusieurs sont douteux. On voit que ce sont les espèces qui se ressemblent le plus qui sont davantage aptes aux mélanges. On voit aussi que les croise- ments d'espèces éloignées ne réussissent guère, même chez les Oiseaux, animaux d'une organisation inférieure à celle des Mam- mifères. Nous avons dit qu'ils sont sans résultat chez ces derniers. Ce n'est point, ajoutons-le, que des expériences n'aient été entre- prises dans le but de croiser des espèces bien distinctes; des rapprochements physiques ont même été constatés, mais ils n'ont donné suite à aucune progéniture. Nous pourrions citer de nombreux exemples. Quelques fécondations artificielles, tentées par de savants physiologistes, n'ont pas davantage donné de résultats. Dans notre travail, nous avons aussi voulu connaître le pouvoir générateur des hybrides obtenus, c'est-à-dire savoir s'ils se montrent prolifiques entre eux, ou seulement avec l'une des espèces mères, et jusqu'à quelle limite s'étend ce pouvoir. Malheureusement, les croisements qui ont été suivis d'effet n'ont point été, pour la plupart, surveillés. Le plus souvent, entre- pris par des amateurs, on ne les a point poursuivis jusqu'à leurs dernières limites; ils étaient sans but scientifique. En outre, beau- coup de mélanges se sont faits accidentellement et leurs produits n'ont été l'objet d'aucune étude. On peut mettre toutefois à profit ce que l'on connaît; or, parmi le grand nombre d'exemples qui ont été rassemblés, quelques faits sont très instructifs. Avant d'exposer le résultat de nos recherches, nous examinerons rapidement les opinions qui ont été professées soit sur la stérilité, soit sur la fécondité des hybrides. XLVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Remontons d'abord dans l'antiquité. Déniocrite, disant que les méats des Mulets sont altérés, « parce que le principe qui leur a donné le jour ne vient pas d'espèces semblables, » semble affirmer par là la stérilité des produits qui résultent des croisements. Empédocle, donnant, pour raison de la stérilité des Mulets « le mélange des semences, » professait peut être la même opinion (1). Nous ne saurions en dire autant d'Aristote. Le grand philosophe a contesté la valeur des arguments développés par ses devanciers. Qu'on lise un long passage du vi-^ chapitre du second livre qu'il a écrit sur la génération des animaux, on se convaincra qu'il admet- tait comme possible la fécondité chez des hybrides autres que les Mulets (2). Mais Pline, plu î précis, dit que : « tout hybride est impropre à la génération (3) ». Cette opinion a certainement prévalu aux xvi^, xvii^ et xviii= siècle. Cela ressort d'un passage de la Nova Atlantis, que cite Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (4) et où Bacon imagine des hybrides non stériles, « malgré l'opinion commune » (prout coiiimunis fert opinio). On en a encore une preuve dans ce vieil argument cité par Sprenger : « Deuin subjecisse animalia hybrida evsecrationi, ut nequeant se propagare (5). Le célèbre médecin suisse Cardan (quoi- qu'il admette la fécondité chez certains hybrides nés de parents rapprochés), parle des causes générales de la stérilité des produits nés de deux espèces distinctes (6i, De Haller, s'appuyant sur Frish (7), x\ristote (8), Valisneri (9), Linné (10), Klein (11), dit aussi que les hybrides sont le plus souvent stériles. (1) Ce ne sont toutefois que des suppositions que nous émettons, car nous n'avons point lu les fragments des écrits d'Empedocle (réunis par Sturz), où le passage que nous citons ne se trouve du reste peut-être pas rapporté; encore moins avons- nous pris connaissance des ouvrages de Démocrite dont aucun ne subsiste. C'est dans Aristote {De generatione, lib II, cap. VI) que nous avons trouvé les passages que nous citons. Ces passages sont aussi reproduits par Conrad Gesuer, in « De quadrupedis viviparis, de Mulo)\. Lib. I, p. 795. (2) Cependant de Haller {Elementa physiologisB, t. VIII, p. 104) s'appuie, nous le verrons bientôt, sur Aristote pour dire les hybrides inféconds le plus géné- ralement. (3) Liv. VIII, chap. LXIX (XLIV). (4) Hist. générale des règnes organiques. {î>) Opusculaphysico iiialhematica. Hanovre, 1753. (6) De suhtililate, Lib. X. (7) De avibus et in universum. (8) Gêner, anima, L, IL C. 7. (9) Wasigolha resa. (10) C. 20. N. 17. (11; De avibus. INTRODUCTION XLVII Cependant des auteurs, assez nombreux dès le milieu du siècle dernier, peut-être même antérieurement à ce siècle, car Conrad Gesner, le Pline de l'Allemagne, traitait en 1553 « de balivernes » les raisons données par Empédocle et Démocrite (1), ne partagent plus complètement l'avis des anciens. Sprenger (2), entre autres, prétend que ces paroles de la (^icnèse « crescite et mulliplicamini » s'adressent à tous les animaux. Bufïon, lui-même, qui avait écrit que (( des espèces diiïérentes ne peuvent, au moyen de la copula- tion, rien produire ensemble (3) )), revient dans ses ((Supplément^)) sur ce qu'il avait écrit précédemment et trouve qu'on a eu tort d'avancer que c tous les animaux d'espèces mélangées sont hors d'état de produire (4). » Cette manière de voir a dû être celle de Pallas. Nous pensons que lîonnet n'était point non plus convaincu de la stérilité absolue des Mulets, au moins de ceux de certains Oiseaux (5). Le baron de Gleichen est très vif sur ce sujet : « Le préjugé de la stérilité des Mulets qui a régné parmi les savants et les ignorants n'est, pour lui, établi sur aucune expérience (6) ». Plus avant dans notre siècle, Etienne Geofïroy Saint-llilaire croit avoir remarqué « qu'il n'y ait que les Mulets nés de père et de mère bien différents qui soient hors d'état d'engendrer (7) ». Citons encore d'Omalius d'Halloy qui dit que ceux qui parlent de la stérilité des hybrides « ressemblent assez à des cornacs indiens qui diraient que les Eléphants sont stériles parce qu'on ne les a point encore vus se reproduire en domesticité (8) ». Nommons (t) Nous disons « peut-être», parce que il est loisible de traiter de « iialivernes » les expliciilions des deux philosophes que nous nommons, sans pour cela admettre la fécondité des hybrides. Empédocle et Démocrite ont pu, aux yeux de Gesner, donner une mauvaise explication sur la cause de la stérilité du Mulet, mais la stérilité de cet animal n'en est pas moins bien étal)lie. Nous avouons, du reste, bien peu connaître le gros m-folio du grand naturaliste qui a été surnommé le Pline de l'Allemagne. Cet in-folio est : « Historix animaliunt », et le livre auquel nous faisons allusion est le premier, dans lequel l'auteur traite : « de Qiuidrupedibus viviparis », voy. la p. 793. (2) Op. cit. (3) Hist. nat. des Animaux, t. II, chap. I (édit. de 1749). (4) Supp. à l'Hist. nal., t. 111, p. 19. (5) Voy. : Œuvres d'Rist. nal. et de Philosophie, t. VI, MDCCLXXIX (Consi- dérations sur les corps organisés, p. 184j. (6) Voy. : Dissertation sur la génération et les animalcules spermatiques et ceux d'infusion. Paris, an VII, p. 47. (7) Annales du Muséum, VII, p. 226 (Description d'un Mulet venant du Canard milouin, etc.). (8) Bull, de l'Acad. de Belgique, t. XIII, 1'" partie, 1846, p. 587. XLVllI DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE enfin Chevreiil qui admet qu'il peut y avoir des hybrides féconds indéfiniment (1). Malgré ces vues, on peut dire que la croyance générale à la stérilité des hybrides, (mais non dans ce qu'elle avait de trop excessif et de trop rigoureux), s'est maintenue jusqu'à nos jours. Que l'on jette un coup d'œil sur les auteurs récents qui parlent de la question, on verra qu'ils limitent la reproduction des hybrides; les uns vout même très loin et leur refusent toute faculté de se reproduire. Voici quelques phrases détachées, empruntées à divers ouvrages : « La plupart des hybrides ne sont pas féconds (2) ; » On peut considérer comme une règle générale la stérilité de leur progéniture (3) ; )) Les hybrides sont généralement des êtres complètement stériles ; » La plupart des bâtards d'espèces sont tout à faits impuissants, au moins ils ne peuvent se reproduire entre eux (4) ; » La fécondité des hybrides existe; mais, bien différente de la propagation normale, elle ni complète, ni régulière, ni naturelle (o); )) Les métis peuveut engendrer, mais leur postérité devient stérile (6) ; » Quelques rares exemples de fécondité ont démontré d'une manière péremptoire que ce n'était là qu'une exception qui ne dépassait pas une première génération (7) ; » Des espèces voisines peuvent donner des métis d'une fécondité plus ou moins bornée, mais qui jamais ne constituent des races subsistant par elles-mêmes (8) ». Autre part, nous l'avons dit, on ne paraît même pas croire à la fécondité des hybrides et on doute qu'il puisse s'en présenter de féconds (9). Ajoutons que certains auteurs leur accordent le pouvoir de se reproduire pendant quatre ou cinq générations tout (1) Journal des Savants, 1846, p. 357. (2) Dict. de LevrauU (art. Hybride). (3) Lyell, Principes de géologie, 4° part., p. [)[). (4) Op. cit., 1888, pp. 52(>527. (5) Falvre, op. cit., p. 36. (6) A'ouv. Dicl. d'Hist. nat., t. XX. Paris, 1818, p. 491. Hybrides, par Virey (Celui-ci envisage les Oiseaux). (7) J.-B. Jaubert, Rev. et Magasin de zoologie, p. 164, mai 1853, Description de deux Oiseaux hybrides. (8) Traité d'anthropologie physiologique et philosophique, par le D' Fredauit, p. 42. Paris, 1863. (•J) Westood, in Trans. ot Ihe entoraological Society, p. 295 (1841-1843). INTRODUCTION XLIX au plus ; d'autres diseul n'avoir ])U eu obtenir que quatre (1). En somme, on le voit, la production des êtres, nés d'un croisement d'espèces, est considérée comme très limitée (2). Nous n'avons point cependant voulu, dans nos citations, dépasser les deux premiers tiers de ce siècle, parce que, depuis un certain nomijre d'années, il se produit une nouvelle tendance à étendre les limites de la fécondité des produits hybrides. Si nous en croyons Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, (jui publia en 1862, son (( Histoire naturelle générale des êtres organisés » (3), le démenti est venu et a aucun argument véritablement scieutilique ne s'élève plus, d'une manière générale, contre l'aptitude des hybrides à la reproduction ». Il demeurerait établi, d'après ce savant, « que l'hybridité (la vraie hybridilé, suivant les termes qu'il emploie), n'exclut pas la fécondité (4) ». Kref, il va jusqu'à dire que « l'existence de races hybrides indéfiniment fécondes a pris place dans la science (5)». M. Sanson, qui écrit dix ans plus tard (6), est de ce sentiment : « Le nombre est grand à présent, dit-il, des observations qui prouvent que l'union sexuelle de sujets appartenant à un môme genre naturel peut avoir des suites indéfiniment fécondes, ijien que ces sujets ne soient point de la même espèce (7) ». Ces cas sont même très fré- quents, pour M. Cari Vogt: « Les cas où les métis sont féconds entre eux et produisent une espèce mixte constante sont fréquents», écrit-il dans ses Leçons sur l'homme (8) et, « aussi loin, ajoute-t il, que les observations ont pu être suivies, il ne paraît pas qu'on ait remarqué chez les descendants aucune diminution de la faculté reproductive ». Citons encore cette phrase du l)"" Broca (9) : (1) Flourens, Hist. des Travanx de Cnvier, p. 252. (2) Il nous eût été possible de citer encore Godron qui fait savoir que « les produits d'un mélange de deux espèces légitimes sont toujours stériles entre eux ou le deviennent après un petit nombre de générations ; et qu'on ne peut les faire procréer dune manière continue qu'en alliant leurs femelles à l'un des deux types primitifs». (De /'ejîpèce, p. 217). (3) T. m, p. 230 de cet ouvrage. (4) Même vol., p. 233. (o) Id., p. 229. (6) Annales des se. nat., t. XV, p. 1, 1872. (7) M. Sanson exprimait la même pensée dès 1S()8, à la Société d'anthropologie de Paris (séance du 17 décembie 18t)8). Voy. t. 111, p. 730, 2' série. (8) P. oo8 de la Trad. française de .l.-J. Mouliné (2" édit. revue par Ed. Barbier). Paris, 1878. (9) Mémoire sur l'hybridité (Journal du D' Brown-Séquart, p. 42()-427). Suchetet. — 4 L DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE « L'iiybride le plus parfait possède une organisation aussi complète que celle des animaux d'espèce pure ; il est cnpable, comme eux, de prendre racine dans le présent et dans l'avenir, de subsister, sans secours étrangers et de perpétuer sa race. Aucun caractère anatomique ou dynamique ne permet de le considérer comme inférieur aux créations primitives de la nature ; il peut même, à certains égards, être supérieur aux deux individus qui l'ont engendré (1) ». M. de Quatrefages, quoique beaucoup plus réservé, admet que l'on connaît a deux espèces, mais deux espèces seulement, dont le croisement soit à peu près toujours et partout régulier et fécond (2) )). — Cela ne veut point dire, toutefois, qu'une nouvelle espèce durable ait jamais été créée par le croisement de deux autres espèces, remarquons-le. Voici les observations que nous sommes à môme de présenter : Chez les Mammifères, parmi les quatre-vingt-deux croisements énumérés dans notre mémoire entre deux espèces appartenant au même genre, (espèces si rapprochées qu'on pourrait quelquefois les considérer comme variétés d'une même souche), nous avons remarqué que, dans la plupart des cas, (soit dans soixante-deux mélanges), les produits nont point laissé de descendance; ils se sont éteints sans postérité (3). Nous avons remarqué aussi que dans douze croisements environ les produits se sont montrés fertiles avec l'un de leurs parents d'espèce pure ou avec une troisième espèce étrangère ; et que dans sept ou huit autres croisements ils se sont reproduits inter se, tantôt donnant naissance à trois ou quatre générations, mais tantôt, a-ton dit, à une suite plus nomjjreuse. Notre attention se portera sur ces derniers faits. Nous nous trou- vons ainsi obligé d'entrer dans quelques considérations, et de désigner même avec précision les espèces qui, en se croisant, ont donné naissance aux produits fertiles. (1) Broca a toutefois soin d'ajouter ceci : de ligne. (3) Mueller, {Manuel de Physiologie] rapporte brièvement les expériences de Wagner, voy. p. (i28 du T. IL Trad. de Jourdan, 1851. LXII DES HYBRIDES A L ÉTAT SAUVAGE ces corps auraient été à l'état de bâtonnets. Toutefois, nous n'oserions afTinner que la préparation microscopique fût dans de bonnes conditions. En efïet, chez plusieurs autres hybrides Columha livia X Turtnr risorius qui n'avaient jamais pu, comme le dernier Oiseau, féconder de femelles, M. Dareste rencontra des sperma- tozoïdes bien conformés (ou bien dans les testicules ou dans les canaux déférents) (1). Nous avons fait nous même une consta- tation semblable chez un produit des mêmes espèces, lequel s'était montré infécond. Nous avons observé chez lui de nombreux spermatozoïdes, plusieurs se remuant et ne différant en rien de ceux que l'on rencontre chez Columha ou chez Turtur. Nous ne sommes point certain, cependant, que les deux canaux déférents existassent; nous n'avons pu nous rendre compte que de l'existence d'un seul, le droit, qui a pu être examiné sufTisamment (2). Depuis ces observations, nous avons constaté la fécondité chez un de ces hybrides T. risorius X C. livia déjà âgé ; deux fois, il féconda un des œufs de la femelle T. risorius avec laquelle il était accouplé. Le seul jeune qui parvint à l'âge adulte, (le premier œuf fécondé avait été brisé), vit encore aujourd'hui ; mais il se montre constamment infécond avec les T. risoria que nous lui avons données, quoique, remarque curieuse , celles-ci soient de pure espèce; il possède lui-même trois quarts de sang pur ! Les examens d'Hebenstreit, de Ch. Bonnet, du baron de Gleichen, de Prévost et Dumas, de Gerber et Winkler, et d'autres physiolo- gistes, entrepris sur les organes générateurs des Mulets, ont été souvent cités. Nous nous bornerons à rappeler que ces expérimen- tateurs ne trouvèrent point d'animalcules spermatiques (sperma- tozoïdes) dans la liqueur séminale des Mulets mâles, ou bien les spermatozoïdes qu'ils y découvrirent étaient ou réduits ou défor- més, c'est-à-dire imparfaits, remplacés même par de petits corps arrondis et brillants. Mais Brugnone et Gerber trouvèrent des corps jaunes dans les ovaires de la Mule, indiquant l'existence d'œufs plus ou moins bien conformés ; M. Colin a vu dans la collection de M. Coste un ovaire de Mule portant un corps jaune bien caractérisé. -7- D'autres anatomistes ont cru reconnaître que le conduit de l'urine était (1) Ces examens sonl mentionnés dans la Revue de Biologie « Sur ihybridiié chez les Oiseaux, par M. Dareste » (Note présentée par M. Cliarrin). Par erreur, M. Dareste dit, dans cette note, que nous lui avons aflirmé que les hybrides mâles, qu'il a examinés, étaient féconds avec les femelles d'espèces parentes; c'est le contraire que nous avons observé. (2) Notre préparation laissait peut-être à désirer. INTRODUCTION LXIII placé chez les Mules d'une manière cliiïérente de celle qui a lieu dans les autres animaux, conformation vicieuse sufïisant.e pour les rendre stériles ; au reste, Hebenstreit n'aurait point découvert de vésicules transparentes (d'œufs) dans l'ovaire (1). La stérilité du Mulet ne le prive pas de désirs ; il en est particu- lièrement tourmenté au printemps, à ce point qu'on est obligé de le soumettre à la castration (2). Celte ardeur génésique est très visible chez les hybrides de Colombe et de Pigeon; mais nous la croyons nulle chez les produits de la Poule et du Faisan (3). On a prétendu que la stérilité des hybrides provient de ce que ceux ci sont généralement retenus dans d'étroits réduits (4) ou appariés entre proches parents (5j. Nous l'avions cru aussi; nous avons voulu nous rendre compte de cette assertion. Nous avons fait construire de très vastes volières représentant de petits jardins couverts de grillages, oïi nous avons lâché maintes fois de nom- breux hybrides d'Oiseaux de diverses provenances. Quoique les femelles nichassent dans les arbustes, comme en pleine nature, leurs œufs n'ont jamais donné de jeunes. Le résultat a été abso- lument celui que l'on obtient en cage, c'est-à-dire négatif. La stérilité chez l'hybride est donc produite par des causes qui tiennent à l'organisation même de son être. (1) Colin, dont nous allons ciler roiivraiîe, dit cependant que les Mules n"ont rien d"anormal dans la disposition et la structure de l'appareil génital. — Au sujet des examens qui viennent d'être cités, voyez : G. Co\[n,T7ailé de Physiologie comparée, p. 944. T. H, ,3" édit., 1888; M. de Qnatrefages, Rev. des Cours scientifiques (IBGS- 1869), p. 124 et Bull, de la Soc. d'Accl. de Paris, 1885, p. 382 (Procès-verbaux); le D"' Hebenstent (cit. par Valmont de Bomare, DicL. p. 189); Pagenstecher, Algenieine zoologie, 187o, p. 214; Gazette médicale de Paris, 37" année, 3° série, 1. 21, 1866; Bory de St-Vincent. Dict. d'flist. nat., T. X, p. 120; Valmont de Bomare. {Dict. p. 189); Burdah, Traité d'anatomie, p. 257, 1828 (lequel cite Bechstein, T. I, p. 293 et Gleicben, p. 25); d'Orbigny. Dict. univ. d'Hist. nat. 1846, art. Fropaga- tion par Duvernoy ; Hausmann, Uber den Maugel der staainenthierchen bei Maul- llîieren 1844 ; Prichard's, Naturgeschit des Menschengeschlechte, etc. (2) Encyclopédie pratique de iagriciUlure, p. 655. T. X, Paris, 1865. (3) Voy. les faits que nous citons dans notre article : Hybride de la Poule domes- tique et du Faisan. L'Éleveur, n"» 236, 237 et 238, de juillet 1889. Il existe un tirage à part de cet article. (4) GeolTroy-Saint-Hilaire. Bull. Soc. accl., n" 3, mars 1887, p. 179. Voy. aussi Broca et autres. (5) Darwin, Origine des espèces, p. 271, et aussi Emile Ferrière, le Darwinisme, p. 86. LXIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Vil. Nous uous sommes étendu sur la question de la fécondité ou de la stérilité des hybrides parce que, nous l'avons déjà dit, on a voulu faire des phénomènes de reproduction le critérium de l'es- pèce (1) auquel on a attaché une importante excessive. Si les hybri- des sont féconds, a-ton dit, c'est que leurs parents appartienuent à la même espèce ; s'ils sont inféconds, c'est que leurs parents sont d'espèce distincte. Ainsi, sont de la même espèce : tous les individus qui, en s'unissant, donnent des produits féconds, et vice-versâ. Buffon avait établi cette règle ; il a été suivi par Cuvier, par Flourens et par un nombre considérable d'illustres naturalistes. Sans doute, a-t-on raison ;mais alors, pour être logique, il faut supposer que les individus d'une même espèce seront toujours aptes à donner entre eux des produits féconds et que ce pouvoir ne sera jamais interrompu par aucune cause. Nous avons créé dans nos races domestiques, (à force de sélection et de volonté réfléchie, il est vrai), des formes tellement disparates les unes des autres que leur union est devenue physiquement impos sible. — Conservent-elles virtuellement le pouvoir de se repro- duire entre elles? Il faut le supposer (et uous le croyons sans peine) (2j, sans quoi le critérium que l'on a donné pour base de la définition de l'espèce serait à rejeter. (1) Et même du Genre al de l'Ordre. Ecoutons Flourens : « (jue deux individus mâle et femelle, semblables entre eux, se mêlent, produisent et que leur produit soit susceptible à son tour de se reproduire, et voilà l'espèce, la succession des intlividus qui se reproduisent et se pei'pétuent. .\ cùté de ce premier fait, que deux individus mâle et femelle, moins semblables entre eux que n'étaient les précédents, se mêlent, produisent, et que leur produit soit infécond, ou immédiatement, ou après quelques générations, et voilà le genre. Le caractère de l'espèce est la fécondité, se perpétuant avec les générations ; le caractère du genre est la fécon- dité bornée à quelques générations. Enfin que deux individus mâle et femelle, moins semblables encore entre eux que n'étaient les tlerniers, se mêlent et ne produisent plus, et voilà les genres divers, les ordres. La génération donne donc ainsi les espèces par la fécondité perpétuée, les genres par la fécondité bornée et les genres divers, les ordres, par la non fécondité, (Ann. des se. nat., 2" série, t. IX, p. 305 et 306). (2) Voir notre communication aux Assises de Caumont. Congrès de 1896. Rouen, imprimerie Lapierre. D'ailleurs ce mémoire est reproduit en substance aux pages suivantes, notamment L.XIX à XCIX. INTRODUCTION LXV Mais, pour sauvegarder l'identité de l'espèce, est-il absolument indispensable que deux individus appartenant à des espèces dis- tinctes ne puissent donner naissance par leur union à des individus doués à leur tour du pouvoir de se reproduire? Est-il nécessaire de borner ainsi les facultés du pouvoir générateur et de lui assi- gner des limites ? L'aversion que les animaux d'espèce différente éprouvent les uns pour les autres n'est-elle point très suffisante pour obvier à leur mélange si, comme il y a lieu de le croire, par ce que nous voyons, les mélanges ne rentrent point dans le plan de la création (1)? La véritable cause de la fixité de l'espèce ne réside- t-elle pas ailleurs que dans l'infécondité plus ou moins absolue des hybrides? N'est-elle pas plutôt dans cette répugnance instinctive, naturelle, qui, à l'état libre, constitue un obstacle continu etinfran- chissablé à l'union des formes spécifiquement distinctes ? Admettant, la chose arrive parfois, que deux espèces peu éloignées (deux formes du moins que nous considérons comme telles) se rapprochent par suite d'un défaut d'équilibre passager dans les sexes, et que de ce rapprochement naissent des produits capables de se perpétuer à leur tour, la fLxité de l'espèce ne serait point pour cela atteinte. Les individus, nés de croisements, ne tarderont point à faire retour à l'un des ancêtres en se mêlant promptement avec les types purs, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus répandus qu'ils ne le sont eux-mêmes. Ainsi, se trouveront ils absorbés sans laisser subsister aucune trace de leurs caractères mélangés. Si les phénomènes de reproduction sont seuls capables de servir de critérium certain pour la distinction des espèces, si, par exemple, comme le dit Miieller (2), « la reproduction constante du même type, par l'accouplement avec son semblable, est le caractère essentiel de l'espèce », comment distinguera- t-on celle-ci chez les êtres où (1) u La non confusion [jossible entre deux espèces données est une nécessité pour maintenir l'ordre dans l'univers, dans la création vivante ». {De Quatrefages, Réponse a M. A. Geoffroy SainL-Hilaire. Séance générale de la Soc. d'acclimatation du 13 janvier 1882 ; voir p. 120 du Bulletin, procès-verbaux).— « La nécessité d'une telle loi (la non confusion des espèces) est presque évidente d'elle-même, ou le devient dès que l'on passe en revue, même d'une manière très générale, même d'une manière très superficielle, les pliénomènes du monde vivant ; car si ce principe ne présidait pas à toute reproduction, comment serait-il possible que l'ordre et la variété se conservassent à la fois dans la création animale et végétale '? n (Prichard, op. cit., t. 1, p. 17). (2) Manuel de Physiologie, t. 11, trad. de Jourdan. Suchetet. — 5 LXVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE le concours des sexes n'est pas nécessaire pour la reproduction ? Comment même la distinguerait-on chez des individus pourvus à la fois des deux sexes et qui se fécondent eux-mêmes : chez beaucoup d'hermaphrodites, par exemple? — Il faut au moins qu'on ait soin d'ajouter que le critérium, dont il s'agit, n'est établi que pour les animaux qui se reproduisent par le concours des sexes séparés. Car la multiplicité, par fait de l'accroissement de la forme existante dans le germe, n'est pas seulement, comme le remarque lui-même le physiologiste que nous venons de citer, une propriété exclusive des végétaux : «elle appartient aussi aux animaux, qui paraissent même en jouir tous. IJ y a la multiplication par division ou scission: il y a aussi la propagation par germination, c'est-à-dire la formation d'un nouvel être par bourgeons (1) ». Remarquons, incidemment, que M. Agassiz admet le rapproche- ment sexuel comme le résultat ou plutôt l'expression la plus frap- pante de l'alliance étroite établie à l'origine entre les individus de la même espèce; mais ce rapprochement n'est pour lui, en aucune façon, la cause de leur identité dans la suite des générations qui se succèdent. « L'espèce existait pleinement avant que le premier individu, provenant de leur union, ne fût venu au monde » (2). On a craint peut-être de favoriser la thèse transformiste, si l'on admet la fécondité illimitée des hybrides. « La limitation des phénomènes de l'hybridité à un très petit nombre de cas a paru, dit Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, une conséquence presque nécessaire de la hxité, de l'immutabilité de l'espèce (3) ». Cependant, tant que les individus d'espèce distincte ne se rechercheront point naturellement et tant que leurs produits retourneront aux types ancestraux, la fécondité des hybrides ne pourra être invoquée en faveur de l'évolution. La fécondité des hybrides appuierait si peu le système de la descendance transformiste que certains partisans de la fixité de l'espèce disent même, nous l'avons déjà vu (4), que le contraire est (1) P. 576. (2) Il est vrai, nous l'avons déjà dit, que M. Agassiz n'est pas un monogéniste. — D'ailleurs, s'il venait à être prouvé que nos variétés domestiques telles que celles de moutons, ou de porcs, ou de loups, descendent d'une souche unique, M. "Agassiz accepterait les phénomènes de reproduction comme le critérium physiologique de l'espèce. (Cela nous paraît ressortir d'un passage de la p. 1(16, de Vop. cit.). (3) I. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire générale des règnes organiques, t. III, p. 147. (4) In Etude sur les Suilliens, critérium de la fécondité. {Mémoires concernant l'Hist. nat. de l'empire Chinois, par des pères de la Compagnie de Jésus, t. II ; second cahier, p. 109. Chang-IIaï, 1892; imprimerie de la Mission catholique, à l'or- phelinat de ïou-sc-wé. Dépôt à Paris, rue Barbetde-Jouy, 17, chez M. H. Viguier). INTRODUCTION LXVII la vérité. — M. Mathias Duval, un transformiste, pense comme le savant auquel nous faisons allusion : (i) a A priori, dit-il, dégagée de ses rapports historiques, cette question de la possibilité et de la fécondité ou infécondité des croisements, parait tout à fait étran- gère à la discussion entre les partisans de la fixité et les partisans de la variabilité des espèces. Que des individus de types très diffé- rents ne puissent se reproduire entre eux, cela doit résulter préci- sément de leurs ditîérences d'organisation (2) ». On sera peut être satisfait de savoir comment l'auteur des Mémoires sur r histoire naturelle de la Chine prévoit l'objection qu'on peut lui faire, à savoir que (suivant sa théorie) les espèces ne sont plus fixes, indépendantes les unes des autres. Voici comment il y répond : « C'est une erreur, car il ne faut pas oubliei- plusieurs faits très probants. Premièrement, les hybrides naturels sont très rares ; secondement, l'hybridation n'alîecte pas profondément les notes spécifiques ; troisièmement, le retour est inévitable dans les milieux libres ; il est à la disposition de l'éleveur dans la domes- ticité. Les naturalistes conviennent du premier fait. Le second est vrai aussi, puisqu'il est toujours possible de reconnaître les espèces hybridantes. Le troisième, étant démontré pour les races, est vrai à plus forte raison pour les espèces (3) ». Quoiqu'il soit de ces diverses appréciations, que d'ailleurs nous ne faisons pas nôtres, et que nous ne soutenons point sans réser- ves (4), un fait considérable semble se dégager des études sur l'hybridité, et, lorsqu'un fait est bien avéré, il est difficile de n'en point accepter les conséquences : c'est que l'infécondité est la règle générale à laquelle obéissent presque tous les produits provenant de croisements contractés entre individus appartenant à des espèces bien distinctes. Nous avons vu que les individus hybrides, doués d'une fécondité relative, ne prennent, en général, naissance que dans les croisements de types rapprochés appartenant à un même genre. Après les recherches très étendues, les travaux, les examens auxquels nous nous sommes livré depuis des années, (puisque nous avons fait de l'hybridité l'objet constant de nos études), nous ne trouvons nulle part des hybrides ayant perpétué leur race. Qu'on cherche, parmi tous les croisements que l'on a cités, cette espèce hybride se perpétuant avec des caractères constants et fixes, (1) Le p. Heude. Ci) Revue scientiaqiie, 1884, p. 160. (3) Mémoires déjà cités. (4) Dans tout ce que nous venons de dire, nous ne nous sommes posé que des «luestions ; nous n'avons voulu les résoudre par aucune alTirniation. LXVIll DES HYBRIDE A l'ÉTAT SAUVAGE difléraot de ceux des espèces pures d'où elle provient, nulle part on ne la découvrira. On rencontrera bien cà et là des générations d'hybrides; mais nous avons vu que l'une des espèces mères a été, à un moment donné, redemandée pour régénérer le sang et les caractères mixtes prêts à disparaître. Il est encore absolument vrai, comme le proclamait naguère un grand savant (1), que « les hybrides, mélange imparfait de deux natures diverses, tendent sans cesse à se démêler et à revenir, par un retour forcé, à une nature propre et exclusive (2) )). En présence de ce fait, on ne peut méconnaître le rôle important que les phénomènes de reproduction ont à jouer dans la question de l'espèce. — Jusqu'où néanmoins ce rôle peut-il s'étendre? Nous ne saurions le dire. Il est des questions d'un grand intérêt dont la solution n'est malheureusement pas possible. Ce qui constitue la distinction spécifique, c'est assurément la différence d'origine entre les individus. Cela a déjà été dit (3) '■> mais cette assertion ne nous donne aucun moyen de contrôler la validité de l'espèce dans certains cas douteux où les formes et les nuances sont très rapprochées. Peut-on dire que « toutes les fois que deux êtres ne diffèrent l'un de l'autre que par des traits qu'il sera possible de rapporter à l'action d'une cause modificatrice, ces deux êtres seront de la même espèce, et réciproquement ces êtres, que séparent des différences si essentielles qu'elles ne sauraient s'expliquer par les causes que nous voyons agir, sont d'espèce différente (4) ». Ce raisonnement paraît juste et l'expli- (1) Flourens, in Journal des Savants, p. 274, mai 1863 (cit. par Naudinj. (2) Mais on doit constater que les métis, dans leurs premières générations se com- portent de la même manière. — Broca lui-même a écrit ces lignes : <> La nature conservatrice, jalouse de maintenir dans les espèces qu'elle a créées, sinon la pureté du sang, du moins l'inviolabilité des formes, oblige promptement la race hybride à revêtir tous les caractères de l'espèce primitive la plus voisine et à se confondre entièrement avec elle. » A ce propos, rappelons quelques paroles de M. de Quatrefages : « On dira peut-être qu'on parviendra, dans un temps plus ou moins éloigné, à fixer quelques-unes de ces suites épliémères, de manière à cons- tituer une race hybride ; cela n'est pas impossible, et je suis de ceux qui n'assi- gnent aucune limite aux progrès de l'industrie humaine. J'ajoute cependant que ce n'est pas probable. Aussi loin que remontent les souvenirs de l'humanité sur toutes les espèces, le fait ne s'est jamais produit! La loi du retour, en effet, est là qui paraît s'opposer d'une manière absolue à la fixation d'un type hybride quelconque ». R. d. C. S., 1868-1869, p. 186. (3) Magazin of Natural History, vol. IX, 1836. (4) llombron (d'après Blumenbach), Do V homme et des races hitni aines, p. 332. INTRODUCTION LXIX cation ingénieuse; mais son application serait très difficile (1). Cette question, la distinction des espèces, n'est pas neuve ; Jean Locke prétendait déjà de son temps qu'elle ne pouvait se faire au moyen de la génération (2). C'est ce que disent aujourd'hui tous les naturalistes qui n'appartiennent point à l'école classique, c'est- à-dire ceux qui n'admettent point la fixité de l'espèce. Pour nous, cette fixité, qu'elle existe ou non, ne sera jamais compromise par les croisements naturels. Broca a bien dit qu'il suffirait « qu'un seul croisement d'espèces donnât lieu à un type nouveau et durable, pour que la permanence des espèces cessât d'être une loi, pour qu'elle ne fût plus qu'une règle (3) » ; mais ce croisement ne s'est point encore réalisé, même par l'industrie humaine ; c'est en vain que nous l'avons cherché parmi le grand nombre de croise- ments que nous avons signalés, a Le plus grand fait de l'histoire naturelle, a dit Flourens, est celui de la fixité de l'espèce (4) ». Le dire de l'éminent physiologiste n'a pas encore été contredit. Le sera-t-il dans la suite ? On vient d'étudier quels sont les phénomènes de la génération (fécondation et reproduction) dans les croisements d'espèce et dans les produits qui résultent de ces croisements. Il sera bon d'envi- sager les mêmes phénomènes dans les mélanges de races et de variétés comme dans les produits de ces alliances. Ils sont très différents : les croisements de races sont toujours féconds ainsi que les produits qui en résultent ; les races les plus disparates au point de vue de la forme et des couleurs, s'allient entre elles avec fruit, lorsque toutefois le rapprochement n'est point devenu physiquement impossible. On ne connaît point de descendants de races croisées, (ce que nous appellerons les Métis), se faisant (1) Revenant sur le sujet déjà traité dans la note de la page xvi, nous rappelons que M.Sanson prétend que chez les Mammifères les os de la tète ont des proportions et des formes tout à fait spécifiques. « Chaque espèce naturelle, dit-il, a un type céré- bral et un type facial qui lui sont propres et qu'aucune inlluence de milieu ne peut faire varier d'une façon durable. L'étude approfondie des animaux domestiques, soumis depuis si loni;temps à des tentatives de modification si souvent renouvelées, nous Ta expérimentalement démontré d'une manière surabondante. Tels étaient à cet égard ceux dont nous possédons des restes fossiles, tels nous les retrouvons encore aujourd'hui. Le type craniologiepie, conclue-t-il, est donc absolument fixe ou permanent dans l'étendue de temps que nos observations peuvent embrasser n. Il en serait de même, d'après le même auteur, pour les autres parties fondamentales du squelette, nous l'avons vu. (2) P. 330. De l' entendement (trad. franc.). (3) Op. Cit. Pages 438 et 439. (4) Journal des Savants, mai 1863. LXX DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE remarquer par leur stérilité ; au contraire, souvent le croisement entre races accroît la fécondité. « Le métissage, a dit avec beaucoup de raison M, de Quatrefages (1), est partout et toujours facile. Il entraîne une fécondité régulière, indéfinie, égale et parfois supé- rieure à celle des individus de même race, quelque différentes que soient les races ; souvent il est accompagné de superfétation ». Des éleveurs nous ont fait connaître des exemples où les métis sont plus prolifiques que les espèces dont ils dérivent (2). Aucun cas bien constaté de stérilité dans les croisements de races domes- tiques animales n'est venu à la connaissance de Darwin, « ce qui contraste, a remarqué le naturaliste anglais (3), avec la stérilité si fréquente chez les espèces, mêmes voisines, lorsqu'on les croise ». Il cite MM. Boitard et Corbie (4) qui, après quarante-cinq ans d'expériences, recommandent aux éleveurs de croiser les races : a attendu que les métis sont toujours plus féconds que les individus de race pure (3) ». Godron a aussi reconnu (6) que la fécondité est augmentée par le croisement des races. Mais, si nous croyons certains auteurs, de même que chez les hybrides, les métis ne conserveraient que difficilement leurs caractères mélangés; ils feraient retour au type de l'un des ancêtres. C'est là une importante question à envisager. Avant de l'aborder, il sera bon d'établir un point : que les races s'allient sans répul- sion. Il serait presque superflu de rappeler ce qui se passe dans nos rues où les Chiens, de quelque variété qu'ils proviennent, se recherchent et se marient entre eux. a Tous les Chiens, a dit Ray, se mêlent dans la génération, et la race qui provient de ce mélange est prolifique (7) ». De même pour les Chevaux dans nos écuries, les Bestiaux dans nos étables, les Poules dans les basses-cours, les Lapins dans leurs clapiers, les Pigeons dans les colombiers. Tout le monde sait que dans les lieux où l'on tient en parquets séparés (1) Rev. des Cours scient., t. 5, 1867-1868. (2) M. X., de Fragmoreaii (Vendée) qui, ayant croisé le Serin hollandais avec la race de Saxe, a obtenu trois et quatre générations de métis, croit s'être aperçu que les œufs clairs sont plus rares que lorsque les espèces pures reproduisent entre elles. — On remarque (dans le Bull, de la Soc. d'accl., p. 71o, 1864) qu'une Brebis d'Astrakan, croisée avec un Bélier Tiyang, donna deux jeunes, alors qu'ordinai- rement celte race ne produit qu'un seul jeune, etc. (3) Variations, etc., t. II, p. 111. (4) in Variations, etc., t. II, p. 134. (5) Les Pigeons, 1822, p. 33. (6) De l'Espèce, t. II, p. 217. (7) Wisdom of God in the création, London, p. 31. INTRODUCTION LXXI les diverses races de Volailles, les Coqs ardents passent au-dessus des grillages et se rapprochent des Poules voisines ; celles-ci recherchent de la même manière les mâles étrangers à leur race. Ainsi se conduisent dans les colombiers les grands Boulants qui, tout en étant accouplés, s'approchent de toutes les femelles à quelque race qu'elles appartiennent (1). Le même fait s'observe dans les cages où l'on renferme diverses variétés de Serins (2). Darwin (3) constate que les Moutons, qui ne sont point gardés dans certaines parties de l'Aûgieterre^ sont loin d'être uniformes par suite du mélange que leurs diverses races contractent entre elles. Les Chinois varient leurs Carpes dorées de mille manières en séquestrant leurs variétés dans les rivières où celles-ci se croisent par la propagation naturelle (4). Les Lapins qui habitent la Sicile et les îles voisines ont une race à demi-sauvage qui s'accouple volontiers avec la race domestique (5). Les Lapins indigènes des montagnes de Quito se mélangent aussi avec les Lapins importés d'Europe (6). Les croisements des Abeilles italiennes et de nos Abeilles se produisent, si naturellement qu'ils deviennent beaucoup trop fréquents pour les apiculteurs (7). S'il fallait cataloguer les croisements qui ont été obtenus sans l'intervention de l'homme parmi les races animales qui vivent côte à côte, nous n'en finirions pas. Ils sont si faciles que, suivant la juste remarque d'un éminent anthropologiste (8), « l'art de l'éleveur consiste moins à les obtenir qu'à les empêcher ». Si, de même on devait dresser la liste de tous les produits issus de races par sélection, c'est-à-dire tous les mélanges provoqués, la nomen- clature n'en serait pas moins longue. Les races sont cependant, parmi nos animaux domestiques, infiniment moins nombreuses que les espèces répandues sur la surface du globe au nombre, dit- on, de trois cent mille. (1) Ces renseignements nous sont fournis par M. La Perre de Roo, l'auteur du Guide illustré de l'Eleveur. (2) M. Villermet, de Chambéry, nous cite des exemples de ce genre, (3) Variation des Animaux et des Plantes, trad. franc., t. II, p. 92. (4) Coste, Introduction à la Pisciculture, p. 31. (5) Communication qui nous a été adressée par M. le prof. Doderlin, de Palerme. (6) M. G. Gantjotana, de cette ville, veut bien nous écrire que, tout au moins, on a obtenu des croiseriicnls entre ces deux races. (7) Communication de M. L. de Marcé, de la Vendée. (8) M . l'abbé Hamard, Deux objections contre le monogénisme. — La permanence des caractères, les phi'nomènes de la génération. Mémoires présentés au Congrès scientifique international des catholiques de 1888. (Voy. le compte rendu, t. II, Paris 1889, p. 617). Sixième section; sciences anthropologiques. LXXir DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Voici, en passant, les noms de quelques-unes de ces variétés dont le croisement s'accomplit sous nos yeux, et donne le plus souvent d'heureux résultats. (Nous n'en parlons, personne ne l'oublie, qu'au point de vue de la génération) : Race ovine. — Tzigaye X Mérinos (1) ; Ovis steatopygos X douze races dilîérentes ; la $ X Ovis aries hispanicus (2) ; Moutons de Tartarie à grosse queue X Moutons d'Espagne (3) ; Ti-yang cT X Brebis ord. (4) ; Ong-Ti X Romanow (5) ; Bélier anglais sans cornes X Brebis suédoise (6) ; Bélier du Sénégal X Brebis Bomar- sand(7); Brebis mérinos mauchamp X Béliers South-down; Brebis écossaise X ce dernier (8) ; Ti-yang X Brebis d'Astrakan (9) ; Ti-yang X Brebis Romanow (10) ; Ong-Ti X Brebis du Naz (il) ; Brebis chinoise demi-sang X Bélier Gotswald (12) ; Moutons chinois X Brebis mérinos Moutons; Bomanowski avec races françaises (13); Brebis mérinos X New-Leicester (14), etc. Race caprine. — Chèvre anglaise X Chèvre de Nubie (lo) ; Chèvre du Thibet X Race ordinaire (16) ; Capra depreMaX Capra reversa (17); Chèvre de Nubie X Bouc ordinaire (18); Chèvre Angora X Chèvre du Mont-Dore (19) ; Capra hircus vulgaris X reversus (20) ; Chèvre Angora X Chèvre ord. (21) et de Cachemire (22); Chèvre des (1) Bull. Soc. acclimatation, 1868, p. 66. (2) Hyrtl., in C. R. Acad. de Vienne, p. 147, (3) Prichard, op. cit., t. I, p. 60 et p. 57. (4) Bull. Soc. accl., 1867, t. IV, p. 29, p. 746. 1868, p. 350. (5) Bull. Soc. accl., 1864, p. 237. Der zoologische Garten, Frankfurt, 1864, p. 77, p. 258. (6) Caroli a Linné (Amœnitatis academicœ, etc. 1873). (7) Bull. Soc. accl. 1865, p. 133. (8) Bull. Soc. accl. 1858, p. 623. (9) Bull. Soc. accl. 1864, p. 715. (10) Bull. Soc. accl., 1864, p. 715. (11) Bull. Soc accl., p. 74. (Rappelé in Zoolische Garten, 1864. p. 198). (12) Bull. Soc. accl., 1866, p. 44. (13) Bull. Soc. accl. 1865, p. XXVII. Voy. aussi t. IV, 1887, p. XLI. (14) Bull. Soc. accl-, 1862, p. 465. (15) Chez M. John Wiggines de Market-Harbon (communication de celui-ci). (16) Bibliothèque universelle des Se, Belles lettres et Arts. Genève, 1832, t. 1. p. 43. (17) Linné, in Sysl. nat., t. XII, p. 96; et Blumenbach, p. 10. (18) Godron. De l'Espèce, t. I, pp. 213 et 214. (19) Bull. Soc. accl.. 1881, p. 654. (20) Jardin de s'Gravenhague. (21) Bull. Soc. accl., 1867, p. 178. (22) Bull. Soc. accl., 1862, t, 9, p. 87, et 1864, p. 66 INTRODUCTION LXXIII Pyrénéesx Bouc d'Egypte (1); Chèvre de Natoliex Chèvre blanche de Suède (2) ; Capra œgaros X C. megaceros (3) ; Chèvre de race africainex Race indigène de Païenne (4); CtiprahircusxC. ibcx{^); Bouc d'Angora X Chèvres indigènes, maltaises et exotiques (6) ; enfin, croisements divers de Chèvres à la British Goat Society de New Malden (Surrey) (7). Race bovine; race porcine. — Race écossaise sans cornes X Vaches à cornes (8) ; Biuh-Thuan X Vaches de Londres (9) ; Races bovines indigènes de la province d'Udine X Races suisses de Simmenthal et de Fribourg (10) ; Race hollandaise X Race suisse (M); Bœufs de Berne X Bœufs de Hongrie ; de Hongrie x Durham; de Berne X Zitterthal (12). — Porcs indigènes X Races anglaises (13); Verrat Yorkshire X Truie craounaise (14); Cochon dom. X Sanglier (15); Race porcine d'Essex X Race de la Chine (16), etc. Rongeurs. — Lapin argenté x Lapin des Flandres (17) ; Lapin Angora X ord. (18); Angora X Cachemire (19) ; Lapin russe X Lapin de garenne (20); Lapin domestique im])orté d'Europe X Lapin indigène des montagnes de Quito (21) ; Souris gi-ise x Souris (1) Bull. Soc. accl., 1873, p. 343. (2) Der Koniglick Schwedische Akademie Wissenschaften, 1740, p. 224. (3) Zoological Gardens, 1868, p. 1.o2. (4) Comm. du prof. Doderlin. (5) Faune des Vertèbres de la Suisse. 1882, p. 273; voir aussi Hyrtl {op. cit., p. 146) qui cite Brown, p. 166, voir encore Brand. Oicl. of scien (6) Bull. Soc. accl. 1838, p. 171, et 1869, p. 19, voy. aussi Caroli a Linné, Amœ- mitatis, etc., et Bose, De generationc liy brida. (7) Communication de M. Paul Tlîomas. Voy. aussi Bull. Soc. accl., 5 août 1889, p. 7U7. (8) Grognier, Maison rustique, p. 430. (9) Bull. Soc. accl. 1886, p. 393. (10) Communication de M, Domenico Pœcile, d'Udine. (11) Bull. Soc. accl., 1862, p. 462. (12) Comm. du D'' VVilliens de Vienne. (13) A Udine(Soc. d'Agricull. ) communication de M. Dominico Pœcile. (14) Chez M. Ti.xier, à Sallon (Loir-et-Cher). (13) Très connu et très commun. Voy. Pline VIII, LXXIX ; Journal des llara», 1848, t. XLV; Bull. Soc. accl. 188:i, p. 383, etc. (16) Chez iM. Ch. de Belleyme. (17) Chez M. Gipoulon aîné, de Sauveture. (18) Bull. Soc. accl., 1864, p. 66. (19) Bull. Soc. accl., 1862, t. IX, p. 87. (20) Chez M. Courant, à Créteil (Seine). (21) Comm. de M. G. Gangotana. LXXIV DES HYBRIDES A l'eTAT SAUVAGE blanche : Rat noir X Rat blanc; Ecureuil roux X blanc, etc. (1). Carnassiers. — Chien danois X le Ulmer dogue (2) ; ce dernier X Chien danois (3); Chienne setter (couchant) X Chien d'arrêt (4); Canis africanus X Chienne couchante (5) ; Dingo X Chien ord. (6); Barbet X Lévrier (7) ; Chien mâtin X Levrette; Epagneul X Barbet (8) ; Braque X Epagneul (9; ; toutes les races de Chiens en général, comme toutesles races de Chats ; et même Chat sauvage X Chat domestique (10). Race galline; race colombine. — Poules indigènes X races françaises, de Houdan et de Crèvecœur ; aussi races anglaises de Dorking X races asiatiques deLangshara etautres(ll); Coq phénix X Poules de Houdan (12); Crèvecœur X Race commune (13); Padoue cf X Issoudum 9 ; Poules Bantam X Cochinchinois cT (14) ; Poule de race commune X Barbezieux noir (15) ; Poule négresse X Nanga- saki noir cT (16) ; Coq de Cochinchine X Poule de la campagne ; Coq d'Italie X Poule cochinchinoise (et vice-versâ) ; Coq d'Italie X Poule Livo Cha]o(17); Coq Brahmapootra X petite Poule anglaise(18); Plymouk rock(common) 9 X Langsham croadcT; Coq sans queue X Poule ord. (19); Coq Irisé X Poule ord. (20); Langsham X Poule cochinchinoise (21); Padoue (var. holl. bleue) à huppe blanche cf X Cayenne 9 (22); Langsham xPlyniouth; Bantam rosster X grande (1) Voy. Coladon; Darwin. Je;in de Fischer, etc. (2) Au zoolngisl^ Hâve de Copenhague. (3) Au même jardin. (4) Principes of. Huinan physiology . London, 177(i. (5) Derzool. Garten, p. 430, 18G5. (6) Jardin d'acclimatation et ailleurs. (7i Broca, op. cit., p. 421, 422. (8) Chez le comle Gherards Frajelin de Ramysillo (fiUdine). (9) De la génération, 1828, p. 123. (10) De la générulion, pp. 121, 122, 1878. (11) Soc. d'Agricul. d'Udine; communication de M. Domenico Pœcile, de cette ville, (12) Chez M. Bourguet, de Tournai. (13) La Perre de Roo, op. cit., p. 17. (14) Id., pp. 32 et 33. (13) Chez M. Salle, de Barbezieux. (16) Chez M. Salle de Barbezieux. (17) Elevage de Klawieter, d'Anklam. (18) Bull. Soc. accl., 1867, 1863. (19) De la génération, 1826, pp. 120 et 121. (20) Même ouvrage, mêmes pages. (21) Chez IV! . Gipombon, de Sauveterre. (22) A Antiville. INTRODUCTION LXX'V vnriéf.é de la Poule (1); Pigeons bagadais X Grands boulants (2) ; le Long faced Buld-head X le Trumbler (3) ; et quantité d'autres. Anatidés. — Canard labrador X Pingouin (4) ; Canard ord. X Canard du Labrador (5) ; ce dernier X Canard de Pékin (6); ce dernier X Canard ord. (7) ; Canard ord. du Rbin X Canard cendré de Durham (8) ; Canard d'Aylesbury X Canard du Labrador (-9); Canard de Buenos-Ayres et Canard d'Aylesbury (10); Canard de Rouen X Canard du Labrador (11). Il nous paraît inutile de prolonger ces citations ; ne serait il pas tout à fait fastidieux de citer, par exemple, parmi les petits Oiseaux de cage, les croisements du Serin de Saxe et du Serin hollandais, du Serin ord. jaune et du Serin panaché, du Serin huppé et du Serin ord., ou de ce dernier avec le Serin de Saxe. C'est aussi pour mémoire que nous rappelons, parmi les Insectes, les croisements de diverses races de Vers à soie, ou de différentes variétés d'Abeilles. Que l'on ne croie pas que ces croisements soient dus à l'influence qu'exercent sur les animaux la captivité et surtout la domesticité, laquelle, suivant la chaude expression de Butïon, « rend l'animal lascif ». A l'état sauvage, à l'état de nature, lorsque deux races distinctes se rencontrent, on constate aussitôt des rapproche- ments. — En veut-on des exemples? On en trouvera de nombreux cités dans le cours de cet ouvrage; rappelons-les sommairement : Cotvrnix coturnix X Coturnix japonica : Phasiamis torquatus X Ph- versicolor ; Ph. mongoliens X Ph. ^enn-torquatus ; Ph. decollatus x Ph. miUjaris ; Ph. mongoliens X Ph. chrysomclas ; Ph. rersicolor X Ph. colchicus ; Ph. tot^quatus X Ph. nwngolicus ; Phalacrorax africamis X Ph. pygmœus; Limosa lapponicax L. uropyglalis ; Spizella pallidaX Spizella var. breweri; Passer italùe X Passer domestiens ; Passer italiœ X P. salicieolea ; Cyanestes flavipectus X C. e. var. Tian-schanicus ; Acredula caudata X A. irbyi ; Acredula rosea X A. irhyi ; MotaciUa (1) Forestand Slream, New- York, vol. I, p. 342. (2) Bull. Soc. accl., 1887, p. 653. (3) La Perre de Roo, op. cit. (4) Darwin, Variations, l. H, p. 104. (5) Comte Arrigoni degli Oddi de Padoue (Ateneo Veneto, 1887) et Journal l'Accli- mata lion, n" du 20 fév. 1887, (6) Bull. Soc. d'accl., 1887, p. 333. ^7) Chron. de la Soc. d'accl., 20 fév. 1887. (8) Bull. Soc. d'accl., 1873, p. GO. (9) Variation des Auimau.x et des Plantes, t. II, p. 42. (10) Bull. Soc. accl., 1867, p. 174. (11) Bull. Soc. accl., 10 août 1860, p. 422. LXXVI DES HYBRIDES A l'i^.TAT SAUVAGE alba X M- luguhris ; Budytes flava X H. campestris ; Budytes flava X B. boreatis; Cyanecula wolfi X Cy. leucocyanea ; Cyanecula suecica X Cy. leucocyanea ; Cyanecula woifiXCy. suecica; PhUomela luscinia X Ph. major; Cinclus cashmiriensis X C. leucogaster ; Cinclus cashmi- riensis X C. sordidus ; Lanius major X L. excubitor ; L. leucopterns X L. excubitor; Corvus coronex C. cornix; Sitta europea X S. caesia; Qiiiscala œneus ; X Q. quiscala; Coracias indica X C.ajjlnis; Aquila nobiiis X A. daphnea; Falco [eldeggi X F. tanypterus, etc. (1). La liste de croisements, qui vient d'être donnée, montrant nom- bre de races fort diverses s'alliant entre elles, laisserait supposer qu'il n'existe, entre variétés d'une même espèce, aucune répulsion pour les mélanines. — Cependant, si nous en croyons Agassiz, les éleveurs sauraient depuis longtemps a que les races diverses d'une même espèce ont moins de disposition à s'unir que les individus de la môme race ». Si aussi nous nous en rapportons au « Nouveau Cours d'agriculture » de Déterville, les races domestiques, très oppo- sées, répugneraient à s'accoupler ensemble; les mères (?) refuse- raient même de reconnaître leur progéniture (2). A cela, Isidore Geoffroy Saint Hilaire a déjà répondu qu'il n'a jamais rien observé de semblable (3). Lorsque des individus de races très opposées ont été rapprochés en temps opportun, il les vit s'unir et se féconder sans difficulté. C'est surtout sur les races ovines que le savant zoologiste a constaté ces faits ; mais il possède, en outre, des observations relatives aux races canines, caprines, porcines et gallines. — Un éleveur de la Somme nous a affirmé qu'il a vu chez lui des Pigeons grands Boulants s'accoupler avec de petites espèces et donner des produits. — A l'appui de son dire, Déterville avait cité le Barbet et la Levrette comme répugnant à s'accoupler (4). Quoique Cuvier ait reconnu leurs métis féconds (5), se rencontre-t-il, cependant, quelques cas dans lesquels la race (1) Tous ces croisements figurenl dans notre 'tableau récapitulalif. (Voy. pp. 357 et sniv.); on indique dans ce tableau les pages où ils sont cités, décrits et criti- qués. Il peut toutefois arriver souvent que les Oiseaux que nous con- sidérons comme métis soient de simples intermédiaires dus à des influences climatériques ou de milieu, comme nous avons soin de le faire remarquer, p. 872 (dernières lignes). [1) Voy. p. 29, art. Cliien. Voy. aussi t. iV. p. 374 (même article), t. I.X, p. 14. (3) Voy. son « Hist. nat. générale des règnes organiques n, t. III. (4) Voy. t. XI, p. 14 (op. cil.]. (5) Cuvier est cité par Broca [op. cil.), pp. 421, 422 et 423. INTRODUCTION LXXVII agit, comme le fait l'espèce ? Examinons les faits qui favoriseraient celte manière de voir : I. Vieillot a possédé pendant longtemps des Oiseaux des Canaries, non domestiqués, lesquels ont toujours refusé de s'allier aux Serins de cage (1). '2. Dans un district où se trouvaient ensemble de gros Moutons du Lincolnshire et de légers Norfolks, ces deux variétés, bien qu'élevées ensemble, se séparaient prompteinent aussitôt qu'on les mettait en liberté. 3. Le Cbien Alco du Mexique a, dit-on, de l'antipathie pour les Chiens d'autres races. 4. Le Chien sans poils, appelé par Desmarest « Caribou », ne se croise pas volontiers avec les Chiens européens (2). 5. Dans le Paraguay, on a observé que les Chevaux indigènes, de même manteau et de même taille, s'unissent entre eux de préfé- rence, et qu'il en est de même des Cbevaux importés de l'Entre- Rios et du Banda oriental dans cette contrée. 6. On prétend que, dans le même pays, le Chat domestique, importé d'Europe, aujourd'hui sensiblement modifié, montre une aversion très décidée contre la forme européenne (3). 7. Dans les îles de Feroë, les Moutons indigènes noirs à demi- sauvages ne se sont pas mélangés volontiers avec les Moutons blancs importés. 8. Les Moutons Ancons (race monstrueuse moderne qui a vite disparu), réunis avec d'autres Moutons dans un même enclos, se rassemblaient entre eux, dit Darwin, en se séparant du reste du troupeau. 9. En Gircassie, où se rencontrent six races de Chevaux, on assure que les Chevaux de trois de ces races refusent, lorsqu'ils sont mis en liberté, de se mêler les uns aux autres ; ils s'attaquent même avec fureur. 10. Les troupeaux de Daims foncés et clairs, tenus ensemble dans la forêt de Deau et dans la Nevv-Forest, ne se sont jamais mêlés. II. On a essayé inutilement d'apparier, au Jardin zoologique de (1) Voy. l'art. Fringillés du Nouveau Dict. d'Hist. nat. de Déterville. t. XII, p. 188. MDCCXVIl. (2) Types of Manking, p. 385, où on renvoie à Nat. history of Paraguay, p. 151. (3) Cet exemple est cité d après Rengger par nombre d'auteurs : Cari. Vogf, {Leçons sur l'Homme, p. 565); Mathias Duval (Rev. se, 2 fév. 1884, p. 145); Hàèckel {Bist. création naturelle, trad. Letourneaii, 1877, p. 130); Claus {Traité de zoologie, p. 6, 1878). LXXVllI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Londres, avec des Lapins apprivoisés, deux Lapines cT que Darwin avait importées de l'île de Porlo-Santo, et qui ditl'éraient sensible- ment des Lapins communs. 12. Lorsque pour ses expériences sur les croisements de races de Pigeons, le naturaliste anglais crut devoir apparier des formes très distinctes, il lui sembla souvent que les sujets conservaient quelque préférence pour leur propre race. 13. M. Wicking, le plus grand éleveur de races variées en Angleterre, est convaincu que les Pigeons préfèrent s'apparier avec leurs semblables (1). 14. Le Pigeon de colombier aurait de l'aversion pour les races de fantaisie. 15. Le rév. W. D. Fox possédait des troupeaux d'Oies chinoises blanches et d'Oies communes se maintenant séparées (2). 16. Enfin, on dit que le Cochon d'Inde ne s'accouple plus avec son ancêtre du Brésil (3). La plupart de ces exemples sont empruntés à Darwin (4); plu- sieurs ne prouvent rien, nous allons le voir. — C'est en vain que nous nous sommes mis à la recherche de nouveaux faits. Au sujet du premier, il ne sera pas oiseux de faire remarquer que les Canaries sauvages, qui ne voulurent point accepter les races domestiques, avaient tout aussi bien refusé de s'allier entre eux (5). Leur captivité n'avait point sans doute été d'une assez longue durée pour les familiariser avec le nouveau genre de vie qui leur était offert et pour leur permettre d'en accepter les condi- tions. Au sujet du deuxième exemple, Darwin tient à faire remarquer que si les Moutons du Lincolnshire et les Moutons du Norfolk se séparaient après leur mise en lil^erté, cela tenait probablement à ce que les Lincolnshire recherchent les sols riches, taudis que les autres préfèrent les sols légers et secs. (J) Communication de M. Wicking à Darwin. (2) Communication faite à Darwin par le révérend. (3) Nous trouvons cet exemple cité par MM. Hiccliel, Maliiias Duval et Claus. Nous ignorons à quelle source ils l'ont puisé. (4) Ce sont les exemples désignés sous les n"" 2, 3, 5, 7, 8, 9, 11 et 12 {VmHat. des Animmix, t. II, p. 109). Darwin cite l'exemple n" 5, d'après Rengger (p. 330); l'exemple n» 2, d'après Marschall (Rural econoniy o( Norfolk, vol. II, p. 13G; l'exemple n» 7, d'après le rév. Landti {Description o[ Faroë, p. 66); l'exemple 8, d'après les Philosophical transactions, 1853, p. 90; l'exemple 10, d'après White's Nal. hist. of Melbourne, p. 39 (édit. Bennett); enfin l'exemple n« 14, d'après E. Dixon ( The Devecole, p. 155) et Bechstein, Nalurg Deutschands, vol. IV, 1795, p. 17. (5) Nouv. Dict. d'H/st. naturelle (déjà cité), même tome, même page. INTRODUCTION LXXIX Au sujet du quatrième exemple, on ne paraît pas absolument fixé sur la nature du Chien Caribou. Voici, en effet, ce qu'on lit dans les Types of Manking, où cet exemple est cité : « Desmarest a donné le nom de Caribou au Chien sans poils qui, d'après Humholdt, fut trouvé par Colomb aux Antilles, par Cortès au Mexique et par Pizarre au Pérou. Desmarest, si nous ne nous trompons pas, suppose que ce Chien descend du C. caiicriDorus, espèce qui, suivant Blainville, appartient à la classe des vrais Loups. Mais Rengger, qui a pu trancher la question, le regarde comme un Chien sauvage arborigène que les Indiens ont réduit à l'état domestique ». — 11 paraît cependant être plutôt une race qu'une espèce. Au sujet du seizième exemple que nous fournit l'Aperera du Brésil, il n'est point sûr que cet animal soit l'ancêtre de notre Cochon d'Inde (1) ; du reste, M. le prof. A. Nehring vient d'obtenir un certain nombre d'hybrides de ces deux types (2), qui s'accouplent dans les deux sens, dit le Bulletin de la Société d'acclimatation (3). Ces expériences, instituées dans un but scientifique, démentent tout à fait l'assertion de M. Hàickel (4). Au sujet du onzième exemple, le Lapin de Porto-Santo, (exemple devenu classique et cité par tous les évolutionnistes), Darwin a lui-même fait observer que le refus, fait par ses deux Lapins mâles, de se rapprocher des Lapines ordinaires dans les jardins de la Société zoologique de Londres, pouvait être dû à leur excessive sauvagerie, ou, comme cela arrive quelquefois, à leur stérilité déterminée par la captivité subite (5). Mais, quoiqu'il ait été dit et répété avec assurance, que ces deux Lapins proviennent de la souche européenne, on n'est nullement certain du fait. — Darwin avait cru, tout d'abord, qu'ils provenaient d'une Lapine ordinaire qui, embarquée en 1418 ou 1419 à bord du vaisseau de Gonzalès Zarco, avait été lâchée dans l'ile avec une portée obtenue pendant le voyage. — M. Fernand Lataste vient de (1) D'après M. Fernand Lataste : A propos d'une noie de M. Remy St-Loup, (in Actes de la Soc. scientifique du Chili, t. 111, p. 10a et suiv. 189!}). — M. iNéliring; aurait démontré ([ue le Coijaye est originaire du Pérou et a pour souche une autre espèce que le Cavia aperera (voy. Recherches de zootechnie, p. 491). (2) Rev. des Se. nat. appliquées, 1893, p. 523 (n° du o décembre). (3) P. 473 (même année). (4) Disons tout de suite que la race appelée Cochon d'Inde angora provient d'un Cobaye mâle à long poil du Pérou (le C.culteri), croisé avec des femelles du Cobaye ordinaire (C. cobaya). Voy . Rev. des Se. nat. appliquées. 1891, p. 446. (o) Ces cas sont très fréquents; nous pourrions en citer plusieurs. LXXX DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE traiter ce récit de légende (1) ; le Lepus kuxleyi (nom donné à la prétendue nouvelle race) a, d'après le savant de Santiago, toutes les apparences d'une espèce insulaire, autochtone des archipels qu'il habite. On ne l'a jamais connu sous d'autres traits que ceux qu'il présente actuellement. Or, dit M. Lataste, pour être autorisé à le rattacher génétiquement à la fameuse Lapine de Gonzalès Zarco, il faudrait des documents plus circonstanciés, plus précis, plus décisifs que ceux qui ont été produits (2). . En ce qui concerne les autres exemples, nous n'avons aucune réponse à fournir; nous ignorons s'il est possible de les contredire; nous avons répondu aux plus sérieux. Du reste, il ne faut point être surpris d'apprendre que les animaux d'une même race marquent des préférences pour s'unir avec les individus qui leur ressemblent le plus, quoiqu'une masse de faits vienne contredire cette manière de voir. On ne saurait conclure de ces préférences, si elles existent, qu'ils ne descendent point tous d'une même souche. Un fait plus grave, beaucoup jjIus intéressant, serait la stérilité de l'union entre individus appartenant à deux races distinctes. — On cite quelques exemples dans lesquels la fécondité se trouve diminuée par de telles alliances, deviendrait même nulle quel- quefois ; ces faits sont à examiner. M. Edmond Perrier dit (3) que « les grands éleveurs de volailles ont observé que le croisement des races différentes donne souvent des œufs clairs, comme si ces races étaient vraiment des espèces (4) ». Semblant confirmer ce dire, Darwin a écrit que les Bantams de Sebright, qui proviennent de croisements, sont moins féconds qu'aucune race galline (o). On lit dans le Bulletin de la Société d'acclimatalion (6) qu'un jeune Coq Bantam fut tenu pendant huit mois dans un parquet (1) Voy. Actes de la Société scientifique du Ciiili, t. III, 1893 (dernière livraison, pp. 108 et 109 (A propos d'une noie de M. Remy St-Loup intitulée la modifica- tion de l'espèce, par b'ernand Lataste), note qui vient detre citée. (2) On se rappelle que l'exemple des Lapins de Porto S.into avait été cité avec beaucoup d'emphase comme un fait décisif en faveur de la formation récente d'une espèce nouvelle. (;3) Anatomie et Physiologie, Paris, 1884, p. 8. (4) Cela a été répété presque textuellement par M. Mathias Duval, in Rev. scient., no du 2 fév. 1884, p. 7. (5) Variations des Animaux et des Plantes, I. 2, p. 108. (G) 18(i4, I). 639. INTRODUCTION LXXXI avec des Poules do Houdan, de Padoiie et de Cochinchine ; trente- six œufs recueillis fureut trouvés clairs. On lit encore dans la même revue qu'un Coq cochinchinois, retenu dans un parquet avec des Poules Bautam et de Java, les écrasait de son poids sans les faire pondre. La correspondance d'un éleveur nous fait savoir que, dans le croisement du Serin ordinaire avec le Serin hollan- dais, il peut se trouver plus d'œufs clairs que dans les pontes ordinaires, surtout lorsque le mâle est de la dernière variété. Nous avons nous-môme croisé deux Coqs de Padoue (variété bleue à huppe blanche) (i) avec des Poules de Cochinchine de très forte taille (pure race); une grande partie des œufs ne se trouva point fécondée. Parmi les Mammifères on a recueilli les exemples suivants : M. Quoy fit accoupler un Dingo de l'Australie occidentale avec un Chien français dont la race n'est pas indiquée. Cette union fut stérile (2). M. le chevalier Louis Pétri, de l'Ecole pratique d'agriculture de Pozzulo del Friuli (Udine), obtint d'un Bouc angora et d'une Chèvre commune (C. hircus) un produit femelle qui ne donna point de rejetons, après avoir été accouplée à son père pendant deux ans (3). Youatt assure que les croisements opérés autrefois dans le Lancashire entre le bétail à longues cornes et le bétail à courtes cornes donnèrent des produits excellents ; mais que chez ceux-ci, la conception était devenue fort incertaine dès la troisième ou quatrième génération. M. John Wiggins, de la British goat Society, nous écrit qu'il possède une Chèvre femelle descendant du mélange de la Chèvre de Nubie et de la Chèvre anglaise ; que cette Chèvre est restée stérile quoiqu'elle soit âgée de quatre ans. Elle entre partiellement en folie, mais n'accepte point le mâle avec lequel elle habite. Examinons quelle est la valeur de ces faits. Premier cas (4) : les œufs non fécondés provenant du croisement de races distinctes. — On ne donne point le nom des races croisées; on ne précise aucun fait. Nous le regrettons, car la discussion (1) Variélé très rare et peu stable, paraît-il. (2) Voy. Broca (op. cit.), p. 487, en note. Broca cite cet exemple d'après le Dicl. classique d'Hist. nat. de Bory de Saint-Vincent, Paris 1823, in-S», t. IV, p. 15 (art. Chien). (3) Communication du clievalier l'etri. (4) Cit. par M. Ed. Perriejr. Suclietet. — 6 LXXXII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE devient difficile. Tout le monde sait qu'il existe des races de Poules très différentes par leurs dimensions ; or, on l'a dit, là où le rappro- chement physique est devenu presqu'impossible, on ne saurait s'attendre à un accouplement fécond. — Mais peut-être M. Ed. Perrier (et M. Mathias Duval qui répète son assertion) entendeut-ils par (( croisement de races » le produit métis? Le D^' Knelland fait savoir, en effet, que les fermiers de sa contrée ont à se plaindre des «/i/^/;/?/- bred varieties of fowls » au point de vue de la ponte (1). — Pour discuter convenablement ces faits, nous aurions besoin d'être renseigné sur la formation de ces (( liiglilijbred varieties )) se repro- duisant « in and in ». Deuxième fait : la stérilité des Bantams. Darwin observe qu'il serait très téméraire de conclure que la fécondité moindre de celte race soit en connexion avec son origine croisée, car on peut, d'après lui, avec plus de probabilité, l'attribuer à une reproduction « en dedans » trop longtemps prolongée, ou à une tendance innée à la stérilité en corrélation avec l'absence des plumes séti formes et des pennes en forme de faucille de la queue (2). Troisième fait. Cet exemple est un de ceux où les races mises en présence sont de dimensions trop disproportionnées pour que le rapprochement, très insuflisant, puisse produire un résultat (3). En ce qui concerne le quatrième : le croisement du Serin hollan- (1) Voy. D'' Knelland «A paper on tlie slerilUy of many of varieties of tlie domestic Forvls, tic. ». Proceed. Boston Nat. liist., 18o4-18o6, p. 222. (2) Voy. p. 108 de Yop. cil. A la page 132 du même ouvrage, Darwin rappelleque le Bantam a été obtenu par des unions consanguines à un degré très rapproché. Il pense que la reproduction consanguine prolongée pendant un très grand nombre de générations peut avoir les conséquences les plus nuisibles. Il fait savoir (d'après Wright) que les Coqs de combat, si célèbres, de M. Clark, ont lini, à force de ne se reproduire qu'entre eux, par perdre leurs dispositions belliqueuses; ils se laissent bâcher sur place sans faire de résistance — Les effets de la consanguinité sont cependant très débattus; certains disent, comme c'est l'exemple ici, qu'ils sont funestes; d'autres prétendent le contraire. Nous n'avons pas à discuter, d'ailleurs, cette question qui ne rentre pas dans le sujet que .nous traitons. On pourra con- sulter C. Colin (Traité de Physiologie comparée, t. 11, pp. 937 et 938 de la 2* édit., Paris, 1888) lequel donne de bonnes explications pour concilier les opinions con- traires. On pourra consulter encore Sanson [de l'Hérédité, op. cit.). (3) 11 ne faut pas toutefois croire que toute fécondation devient impossible, même dans ce cas. Nous avons obtenu des œufs fécondés et des jeunes normaux d'une petite Poule cayenne cochée par un très jeune Coq cochinchinois; l'un de ces Poulets, que nous avons élevé, était un superbe sujet. La disproportion de taille entre les deux parents était telle, que nous n'aurions pu supposer la fécondation possible. Du reste, M. Battey fait savoir (in Forest and Stream, vol. I, p. 342) que le petit Bantam rossfer (qui perche) s'est croisé avec la grande variété de la Poule, comme avec la variété de la Cochinchine. INTRODUCTION LXXXIII dais avec le Séria ordinaire, dans lequel les œufs se montreraient clairs en plus grand nombre que dans les unions de deux Serins de même variété, le fait mérite confirmation ; d'autant plus que la personne qui nous le cite ajoute que ce croisement est d'ailleurs très facile (1). Cinquième fait observé par nous-mème. Nous répondrons que les métis, provenant du croisement que nous indiquons, se montrent très prolifiques. Ils sont arrivés à sept générations actuellement. L'infécondité de beaucoup d'oeufs des parents pouvait provenir de rapprochements incomplets entre les deux races bien différentes par leur taille (2). Faits se rapportant aux Mammifères. Qu'on nous laisse, tout d'abord, rappeler qu'Isidore Geotïroy Saint-Hilaire a écrit que (( rien ne justifiait la croyance des agriculteurs qui attribuent une fécondité bornée aux produits de deux races très éloignées ». Cela dit, on peut affirmer que le croisement du Dingo et du Chien, tenté par M. Quoy, et qui demeura stérile, est une exception, un fait isolé, duquel on ne peut tirer de conséquences. Broca, qui le cite, dit lui-même que cette expérience ne prouve rien (3). Quant à la Chèvre, métisse de Bouc angora et de C. hiirus, demeurée stérile avec son père, c'est là encore un cas isolé, car Linné parle déjà d'une race créée par ces deux types de Chèvres (4), et le Bulletin delà Société d'acclimatation indique plusieurs autres générations de ces métis (5). Du reste, le chevalier Pétri, ayant ensuite donné sa Chèvre, soi-disant stérile, à un Bouc commua, il en obtint deux Chevreaux. En ce qui concerne la conception devenue incertaine chez les Vaches croisées du Lancashire, se reportant à l'explication donnée (i) Nous avons vu p. LXIX (en note), que M. X.,cle Fragmoreau (Vendée), ayant obtenu 3 ou 4 générations de métis de Serin hollandais et la race de Saxe, croit s"ètre aperçu (|ue les œufs clairs sont plus rares que lorsque les espèces pures se reproduisent entre elles. (2) Nous avons conservé le squelette du Coq cochinchinois, père des Poules qui nous ont servi pour nos expériences, et aussi le squelette d'un des Coqs de Padoue. On croirait volontiers que ces squelettes ont appartenu à des Oiseaux d'espèces dis- tinctes ; toutefois la dillérence de taille entre Poule de Cochinchine et de Padoue est bien moins considérable qu'entre Coqs des deux races. (3) La fécondité illimitée des métis qui en proviennent parait cependant avoir été mise en doute par le savant anthropologiste. (Voy. pp. 487 et 488 en note). (4) Carnli a Linné Amœnitaies academicie, vol. VI. Ilolmiaî 17G0. (Generatio ambigiui, pp. 12 et 13). (5) Année 1862, t. IX, p. 87. Voy. aussi année 18o8, p. 569, où on parle de six générations. LXXXIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE par Darwin sur la fécondité moindre des Poules Bantam, on peut répondre que cela provient peut-être d'une reproduction en dedans. Enlîn, la stérilité supposée de la Chèvre, mi-nubienne, mi-anglaise, obtenue par M. Wiggins, est encore exceptionnelle, car, dans la nomenclature des croisements de Chèvres que nous citons, se trou vent nombre de métis féconds, quoique provenant de races très opposées. Ce n'est pas sans raison que Darwin a pu écrire, après les recherches auxquelles il s'est livré, qu'il ne connaissait « aucun cas bien constaté de stérilité dans les croisements de races dômes tiques animales.», fait, a-t-il ajouté, d'un contraste extraordinaire, avec la stérilité qui est si fréquente chez les espèces naturelles, même voisines, lorsqu'on les croise (1). Nous avons maintenant à examiner si des races métisses ont pu être constituées, c'est-à-dire si, dans la suite des temps, le type, nouvellement créé, se conserve par la génération. Cette question est très débattue ; M. Sanson considère que, tôt ou tard, la race la plus ancienne prévaut, si on n'a soin de recourir à de nouveaux croisements avec la race mère la plus faible dont les traits s'altèrent peu à peu dans la génération croisée. Générale- ment, on reconnaît qu'il est loisible à l'éleveur de constituer un nouveau type durable à l'aide du métissage. Nous passerons en revue les auteurs qui ont adopté cette manière de voir. — Grognier (2) est de ce nombre; il dit qu'un croisement poussé assez loin produit une race intermédiaire (3). Pritchard partage cette opinion (4) ; c'était celle de Flourens qui a écrit que le croisement des races donne toujours des races nouvelles (5). L'Encyclopédie pratique de f agriculture a accepté aussi « la méti- (1) Variations des Animaux et des Plantes, t. II, p. 111. Nous avons déjà fait cette citation. L'auteur de l'Origine des Espèces a encore reconnu dans son ouvrage que « les diverses races de nos difïéi'ents animaux domestiqués sont très fertiles lorsqu'on les croise ». Voy. p. 272 de la traduction française que nous suivons. (2) in Maison riislique, 1, p. 463. (3) La même opinion est encore exprimée à la p. 4'i6 du même ouvrage. (4) Il n'est pas rare dans nos pays, dit-il, de voir former de nouvelles races de Moutons. Cela ee fait de deux manières : d'une part, en croisant des races déjà établies et bien connues; de l'autre, et c'est plus fréquemment le cas, en choisissant les reproducteurs II, pp. 60 et 61. (o) De l'Instinct et de l'Intelligence des animaux, 3» édit., p. 127, cit. par Godron. Il, 4o. INTRODUCTION LXXXV sation » comme formation possible de races à caractères nou- veaux (1). Godron observe « que toutes nos races de Chevaux, de Chiens, de Moutons, etc., peuvent, parleur union, donner naissance à des races nouvelles ». Presque toutes les contrées de l'Europe, ajoute-t-il, possèdent des races particulières qui sont dues à cette cause (2). G. Coliu (3), se demandant si le croisement peut former des races nouvelles, répond par l'affirmative et ajoute : « Le croise- ment ou l'alliance de deux variétés, de deux races, dès l'instant qu'il donne un produit mixte, une variété individuelle, donne à celle-ci la faculté de s'étendre à un plus grand nombre d'indi- vidus ». D'après MûUer, « uoe race née du mélange de deux races » est capable de se propager « par son union avec son semblable (4) »; il croit à une race « persistante par croisement (5) ». (( Il ne peut y avoir de doute, a dit Darwin, que le croisement, joint à une sélection rigoureusement continuée pendant plusieurs générations, n'ait été un moyen puissant de modifier d anciennes races et d'en créer de nouvelles (6) ». Darwin s'élève même contre ceux qui croient qu'il n'est pas possible de créer une race nouvelle par croisement à cause des difficultés du commencement (7). 11 cite M. Spooner (8) qui, après avoir étudié tous les cas qui on été enregistrés avec suffisamment de soin, est arrivé à cette conclusion : « qu'on peut établir une nouvelle race par un appariage judicieux d'animaux croisés (9) ». (1) Voy. t. X, p 283, 284 et 288. Paris, 18G5. (2| De l'Espèce, t. II, p. 40. Les produits d'un croisement de deux races anciennes, fait-il oljserver, d'abord un peu variables, finissent par se fixer après quelques générations, si on n'allie entre eux que les métis du même degré. (3) Traité de Physiologie comparée, t. Il, p. 938, 3« édit. (4) Op. cit.. P. 762, (5) Op. cit. P. 764. (6) Variations des Animaux et des Plantes, t. II, p. 102 (Irad. franc.). (7) P. 104 du même ouvrage où on lit : « L'éleveur se désespère et conclut à l'impossibilité de faire une nouvelle race. Mais, d'après les cas que nous avons cités, et un grand nombre d'autres connus, il paraît que ce n'est (lu'une affaire de patience ». (8) VV, C. Spooner, Sur les croisements. Journal Roy. agr. soc, vol. XX, part. 11. Ch. Howard Gardener's Chronicle, 1860, p. 320. (9) Cependant, dans VOrigine des Espèces, on trouve ces deux phrases: « J'ai peine à croire qu'on puisse obtenir une race presque intermédiaire entre deux autres » ; puis : « je ne saurais trouver un seul cas reconnu où une race perma- nente se soit formée de celte manière ». Voy. 2' édit., p. 28 (trad. de Clément lloyer), cit. par Sanson. \j'Hér6dilé normale et pathologique, p. 173. LXXXVI des hybrides a L ETAT SAUVAGE M. de Quatrefages est de cet avis : « Lorsque l'industrie de l'homme intervient, dit-il (1), elle peut, avec des soins, régulariser le croisement entre deux races et obtenir ainsi une race métisse. Après quelques oscillations du côté des types paternel et maternel, celle-ci se consolide et s'asseoit ». M. Hamard trouve « qu'il est inutile de rappeler les nombreux cas de métissage obtenus par nos éleveurs », parce qu'on ne compte plus aujourd'hui les races ou variétés obtenues de la sorte. « Sou- mises au début, dit-il, à certaines fluctuations qui les rapprochent momentanément de l'un bu de l'autre type ancestral, elles finissent par acquérir assez de fixité pour se conserver avec leurs caractèi-es particuliers. Cette fixité est telle que, rendues à la liberté, croisées même avec des individus d'un type différent, elles conservent toujours quelque chose de leurs traits artificiellement acquis (2) ». M. Paul Mégnin, le directeur de V Eleveur, que nous avons consulté, pense aussi « qu'il y a moyen de former des races nouvelles par le métissage ». Dans une courte réponse qu'il a bien voulu nous faire par l'intermédiaire de son journal (3), il dit ceci : « Le croise ment de deux races distinctes donne, en règle générale, des indi- vidus d'un type intermédiaire se reproduisant avec tous leurs caractères sans retour à un des types procréateurs. C'est même par ces croisements que les races améliorées d'animaux domes- tiques, qu'il s'agisse du Cheval, du Bœuf ou du Mouton, ont été créées ». Citons encore, s'il eu était besoin, Moll, de la Maison rustique, qui écrit, tout en faisant des réserves, « qu'au moyen des croise- ments on peut, non seulement fondre une race dans une autre, mais encore en créer une nouvelle qui participe en même temps des deux races dont elle provient (4) ». On met toutefois pour condition, ne l'oublions pas, « que les métis aient le même habitat que celui de leurs parents et soient soumis au même régime alimentaire », chose fort naturelle (3) ; (1) L'Espèce /ittnmme, chap.VIlI. « Croisement des races et des espèces, etc. ■», p. 52 de la "à" édit., Paris, 1879. (-2) Op. cit., pp. 618 et 619. (3) No du 20 fév. 1887. (4) P. 376. (o) On sait que les races les plus pures, changées de climat, subissent les influences du milieu, se transforment en d'autres types; mises en liberté elles se revêtent de caractères uniformes. Voy. des exemples dans : Dureau de la Malle, Compte rendus Acad. des Se, t. 41, p. 688; la Volière, n» du 1"^ septembre 18b6, p. 114; et autres auteurs. Citons, d'après M. de Qualrefages (R. des C. Se. 1867-68, INTRODUCTION LXXXVII on doit aussi éviter les croisements avec d'autres races (1). — Peut- on citer des exemples ? Oui, sans doute, et d'abord parmi les races ovine, bovine et porcine, nous nommerons : 1° Le Mouton Dishley-Mérinos des Trappes, obtenu par M. Pluchet* en quelques années avec des caractères entièrement différents de ceux de leurs descendants (2) ; La sous-race de M. Yvart, créée par le métissage combiné des Mérinos Mauchamp, de ceux de Rambouillet et de la race anij;Iaise (3) ; La race des Moutons de la Charmoise, obtenue par M. Malingre (4), « race suflisaminent assise, dit Godron (5), pour exercer à son tour une influence modificatrice très beureuse » ; La race des Mérinos provenant, pense-ton, du croisement des races de Moutons indigènes des environs "de Cadix avec les Béliers à laine fine de Mauritanie (6) ; La race bâtarde provenant de Béliers de l'Inde et de Brebis du pays, existant dans les environs de Lille vers 1799 (7) ; Une autre race entre Brebis françaises et Béliers anglais vivant à la même époque (8) ; Les Moutons Oxfordshire Downs, comptant aujourd'hui comme race fixée (9) ; p. 709), le Bœuf suisse, qui, transporté en Lonibardie. se transforme en deux {géné- rations; les Abeilles bourguignonnes, petites et brunes, qui deviennent en Bresse, après deux générations aussi, des Abeilles grosses et jaunes comme la race du pays. Ce qui a fait dire à l'éminent anthropologiste qu' « à moins de soins très spéciaux et tout à fait incessants, les races les mieux assises subissent à la longue racllon d'un milieu nouveau .-.—Tout tentative écbouera, a dit encore Colin {Traité de Phys. comp. des animaux dum., t. M, p. o36, cit. par Darwin, t. II, p. 104 (op. cit.), « si les conditions extérieures se trouvent être décidément défavorables aux caractères de l'une et de l'autre des races parentes ». (I) Voy. M. l'abbé Ilaniard (op. cit.) p. 618. {2) Hist. de la création des Dishley -mérinos. (.Journal d'agriculture pratique, . Barrai, 1875, t. I, p. 213). —De tcmpsà autre cependant l'éleveur a introduit du sang pur Dishley. (3) Bullet. Soc. accl. 18;», p. 162 et p. 132. (4) Considérations sur les bêtes a laines au milieu du XIX.^ siècle, ISol, in-8, par Malingre. (5) ne l'Espèce, t. II, pp. 40-41. (6) Feller, Biographie universelle, t. 111, p. !)63. C'est l'oncle de Columelle qui aurait introduit cette race en Espagne. (7) Voy. Tratado sobre la cria y propagacion de ganados, par H. Dogle Madrid 1799, in-8, 2 vol., p. 115. (8) Même ouvrage, p. 145. (9) D'après Darwin ; Variât, t. Il, p. 1U2. Ils ont été produits, en 1830, dit cet auteur, par des croisements de Brebis de Hampshire et, dans quelques cas, de Brebis Southdowns, avec des Béliers de Cotswold. Le Bélier Hampshire était lui- même le produit de croisements répétés entre les Hampshire et les Southdowns. LXXXVIII DES HVBRIDKS A L ÉTAT SAUVAGE Les Moutons de Leicester, paraissant provenir de croisements entre plusieurs Moutons à longue laine (1) ; Le croisement de Béliers Chinois avec des Brebis mérinos qui valut, eu 1866, une médaille à MM. Garnot et Tyssier (2}. Le nouveau type de Chèvre, formé il y a vingt ans, par le mélange de la Chèvre commune et le Bouc de Nubie ou d'Abyssinie (3) ; La nouvelle race de Bétail provenant du croisement d'une race suisse avec une race hollandaise, créée par le roi de Wurtem- berg (4) ; Le croisement du Cochon du Cap, du Porc chinois et du Porc de Siam avec notre Porc, ayant produit en Angleterre plusieurs variétés importantes (5) ; Les Porcs de Boulogne et de Montreuil, d'une création moderne (6), et peut-être aussi la race napolitaine (7). 2° Nous nommerons ensuite, parmi les races chevaline et canine : les Chevaux de course anglais, produits par le mélange d'anciens Chevaux du pays avec des Chevaux bardes, persans, turcs et arabes (8) ; (1) Variations (même page). (2) Au moins, cette médaille était-elle offerte pour la création d'une race prolifi- que de Moutons par le croisement de ces deux types, (Voy. Bull. Soc. Acclima- tation 1866, p. LXXIV). (3) Communication de M. Pegler, auteur de l'article « The nubian Goût », publié in « the Bazar, Exchange, and Marliet», n" du 4 février 188t. Ces animaux se repro- duiraient inter se. (4) Darwin. Variations. Quelques autres races encore rentrent dans cette combinaison. (5) A. Dixio, in Maison rustique, p. 491. (6) Ils proviennent d'une race locale profondément abâtardie qu'on a relevée par le croisement avec les York shires. Les Métis ainsi obtenus ont été mariés ensem- ble et il s'est ainsi formé une race supérieure. Godron, t. 11, p. 41 {op. cit) d'après •de Quatrefages, (Revue des Deux-Mondes, renseignements de M. Lavergne, p. 2, t. Vil, p. 161). (7) Nathusius a démontré que par le croisement du Sussrofa et du Stis indiens on obtient cette race (voy. Rev. des Cours scient., p. 566, 1867-1868, de Quatre- fages) . (8) D'après Godron, « On y a aidé, ajoute cet auteur, en dirigeant vers le même but son traitement, sa nourriture, son éducation, et c'est par la continuation des mêmes soins qu'on est parvenu à conserver et fixer cette race ». — D'après le Nou- veau Cours d'agriculture, « le Cheval anglais est 1j résultat du croisement du Cheval arabe avec des Chevaux d'une race existant depuis longtemps en Angle- terre et fort peu différente de celle de Normandie, si ce n'est li même » (voy. t. IV, Mncccix. p. 392). — Nous citons ces opinions pour ce qu'elles valent, car M. de Quatrefages dit positivement que c'est une erreur généralement répandue qui fait du pur sang anglais un métis du Cheval arabe croisé avec les races locales. INTRODUCTION LXXXIX Le Cheval anglo-normand, né du mélange du Cheval pur sang anglais avec la race devenue indigène à la Manche, au Calvados et à l'Orne (1) ; Les races cauines anglaises obtenues (2) par des croisements judicieux et réfléchis ; Le Chien de Saint-Germain, produit du Pointer et du Braque français (3) ; Les Bassets de Caux qui auraient été créés avec un Basset allemand et une Chienne bassette d'Artois (4) ; Puis diverses autres races du Chien bien caractérisées, formées pfîr John Sebright (5). 3° Parmi les races galline et colombine (qui offrent de nombreux exemples) : la race de la Bresse provenant (6) de très anciens croisements entre la Poule noire commune et la race espagnole (7); La race des Poules Wyandotte, résultat (8) du croisement du Coq Bantam argenté avec la Poule cochinchinoise blanche (9) ; Gayot l'aurait réfutée victorieusement dans un travail intitulé : « Etudes hippolo- giques n. Nous n'avons point consulté cet ouvrage. 11 paraît que M. Gayot et le comte Wilheim, après avoir étudié des registres généalogiques olticiels, le Raing calandar, le Tui-f Register, le Wealher leg's gênerai Stud bonk, arrivent à celte conclusion : que le pur sang anglais descend direclenient de Chevaux et de Juments arabes (Rev. des Cours scient. 1867-68, p. 709). —Nous trouvons cependant dans l'Encyclopédie de l'Agricullure (p. 291, t. X, 1865) celte assertion que ce Cheval, (I la création chevaline la plus importante de notre temps, » est né du mélange bien entendu des deux races pures arabe et anglaise. — G. Col n est d'avis que la race anglaise de course a été créée par croisement, quoiqu'on ait prétendu qu'elle résultait de la substitution du Cheval oriental à une race britannique indéterminée {op. cit. p. 938, t. 11, ',i' édit, Paris, 1888).— Nous n'avons point consulté l'ouvrage de M. Mégnin : le Cheval et ses races. Très probablement nous y aurions trouvé des indications utiles sur les croisements et des éclaircissements sur ceu.x que nous avons signalés avec plus ou moins de raison. (1) Encyclopédie pratique d'agriculture, t. X, 186o, p. 29o : «Comme toute création solide et fixe, dit l'Encyclopédie, ce Cheval a acquis le pouvoir hérédi- taire ». (2) Au dire de « l'Eleveur », n" du 7 août 1887, p. 382. (3) Cit. par l'Eleveur, mais avec peu d'assurance. (4) L'Eleveur, 1887, p. 344. (5) D'après Godron, t, II, op. cit., p. 37, Godron ne précise pas toutefois si c'est par croisement; il renvoie à .lohn Sinclar : L'Agriculture pratique rai- sonnée (trad. de Doinbasle), t. I, p. 198. — On pourra encore consulter BulTon : Mammifères, (Table des matières : Races provenues de races métisses. Roquets, p. 3, t. V) (G) Pour M. E. Bouvet, de Sainl-Servan. (7) Cette race est très rare aujourd'hui à l'état i)ur. (8) Dit-on. (9) L'Eleveur, n" d'août 1890, Jean Jacques, p. 369. XC DES HYBFUDES A L ETAT SAUVAGE Les Plymouth rocks, fruit d'un croisement (1) ; La race de Polverava (Padoue), obtenue par le croisement d'un Coq de Cochinchine avec des Poules de Padoue (2) ; La race française de Caux provenant, sans doute, du mélange de Crèvecœurs avec des Fléchoises (3) ; La race de Houdan, mélisse de Crèvecœurs et de Dorkings (4); La race de Bréda qui paraît être (5) le résultat d'un métissage entre deux races, l'une indigène et l'autre exotique ; La Poule de Biot fou de Belliot) (6) qui doit son existence au mélange de la Poule de Crèvecœur et de la Poule de Caumont (7) ; Le Bantam Sebright, formé il y a environ soixante ans, par un croisement complexe (8) ; Les Brahmas foncés, nés récemment aux Etats-Unis, d'un croise- ment entre les Chittagourgs et les Cochinchinois (9j ; Les produits de la race delà Bresse avec celle de Crèvecœur (10) ; La race Essex améliorée, qui doit sa valeur à des croisements répétés avec la race napolitaine etprobablement à quelque infusion de sang chinois (H) ; Le cavalier qui semble être le résultat à la Grosse-Gorge et du Runt (12) ; L'élégant Pigeon dragon, provenant de divers croisements entre (t) Suppose-t-on, in Rev. des Se. nat. appliquées, 1889, p. 820. (2) Même Revue, 1889, p. 610. — Cette race a été créée par le D' Mazzony, un agriculteur expérinn'nlé. (3) M. Paul Letrone ne craint pas de raOlrmer, in Bull. Soc Acclim. 18o9, p. 316. Voir aussi la p. 303. (4) Tous les caractères extérieurs sont trop significatifs, dit M. Paul Letrone. in Bull. Soc. Accl. 18d9, p. 311, (voy. aussi p. 30o), pour que l'on puis'se conserver le moindre doute à cet égard. (5) Pour M. Paul Letrone. (Même Bulletin, p. 184. Monograph. des Gallinacés). (6) Ancien marché placé à la limite des deu.x communes de Saint-Martin et de Saint-Julien de Fresnay. dans Tarrond. de Lisieux. (7) Bull. Soc. Accl., p. 305, 1839. (8) Race, aussi fixe, dit Darwin [Variations, t. II, p. 102) qu'aucune autre. (9) PouUry Bnok, p. 38 (^cit. par Darwin, qui dit que quelques éleveurs consi- dèrent à tort cette race comme espèce distincte). (10) Qui paraissent de nature à se perpétuer indéfiniment. (L'Eleveur, p. 277, 1887). — L'éditeur du Poultry Chouiclea obtenu du croisement d'un Coq espagnol et d'une Poule malaise quelques Oiseaux jjleuàtres qui demeurèrent de génération en génération constants pour la couleur. Voy. vol. 1, p. 10, 1854 (cit. par Darwin, Variations, t. Il, p. 104). (11) Darwin (Variations, t II, p. 102), lequel cite Richardson, Pigeons, 1847, pp. 37, 42. Eid. Sidney de Gouatt, ou Ihe Ftg., 1860, p. 30. (12) Si nous en croyons MM. Boitard et Corbie (cit. par Darwin. Vnr., t. Il, p. 104). Lorsque l'on croise ces deux races, ou obtient, en effet, un cavalier. INTRODUCTION XCI le Pigeon carrier, le Pigeon voyageur et le Pigeon culbutant ou Monte-au-Ciel (1) ; Le Bald-Head à courte face, amélioré à l'aide de croisements avec le Tumbler allemand (2) ; Le Pouter anglais à bavette, le Pigeon Gazzi de Modène, le Domino, paraissant encore être le résultat de croisements (3) ; Les Tumber et les Barbes, qui ont aussi reru du sang étranger (4) ; 4° Enfin parmi diverses races : la race Himalayenne, formée par le croisement de deux variétés du Lapin gris argenté (5) ; et la race Cora (Vers à soie), descendant du métissage des races de Turin et de Loudun (6). Ajoutons que Darwin, après avoir croisé des Canards Labrador et Pingouins et croisé leurs produits avec des Pingouins, pensait qu'en choisissant les reproducteurs on aurait pu facilement former une nouvelle race des produits métis, car ceux qu'il obtint pendant trois générations demeurèrent presque uniformes (7). (1) D'après M. La Perre de Roo, op. cit., pp. 17, 18. (2) Même ouvrage. (3) Même ouvrage. (4) Même ouvrage. ^ (5) Darwin : Varialions, t. Il, p. 104. Le docteur Dannecy a, du reste, formé un grand nombre de variétés et de races dans l'espèce du Lapin, (d'après Godron, cité par Lucas, Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle, etc. Pans 1847, in-S", t. I, p. 203). On ne spécifie pas toutefois si c'est par croisement. Nous n'avons point consulté l'ouvrage de M. Lucas. (6) Godron iop . cit.) d'après Robinet, Manuel de l'Education d%t Ver a soie, p. 312. (7) Variations, t. II, p. 104. Oserions-nous nommer des races, créées naturellement par métissage? Le Musée de Bruxelles possède un Faisan (n°1781 du catalogue), qui ressemble en tous points au Ph. formosanus figuré dans la Monographie des Phasianidés d'Elliot. Or cet Oiseau n'est cependant qu'un simple hybride, né au Jardin zoologique de Bruxelles, ayant eu pour père un Ph. torquatus et pour mère un Ph. versicolor. Y a-t-il donc lieu de croire, tomme le dit M. Dubois, qu'à l'île de Formose, située non loin de la Chine et du Japon, on ail introduit primitivement des Ph. torquatus et des Ph. versicolor, propres à ces deux pays? Les métis nés dans cette île auraient fini par remplacer les types dont ils dérivent et à produire la race nouvelle connue aujourd'liui sous le nom de Ph. formosanus. Pour vérifier cette assertion (disons- nous, p. 85j dans laquelle nous parlons de ce fait), il faudrait étudier les métis pro- duits en si grand nombre à l'état sauvage en Angleterre et voir s'ils ont le type du formosanus. Encore, cette constatation serait-elle de quelque valeur? Du croi- sement de V Euplocamus nycthemerus X ^- nielanotus, on obtient des Faisans ayant de fortes analogies avec \'E. raynaudii. Aucun naturaliste n'a eu cependant la pensée de faire de cette espèce, ou de cette race, un produit hybride ou métis. XCII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Malgré ces exemples nombreux de races fixées, provenant de croisements, des auteurs s'accordent à dire que les caractères nouveaux, que ces races présentent, ne sont que transitoires; il faudrait, selon eux, avoir recours, pour les maintenir, soit à l'infu- sion du sang primitif, soit à de nouveaux croisements avec celle des deux espèces pures dont les caractères s'effacent. Pour certains même, nous l'avons dit, les races n'ont point en elles-mêmes le pouvoir de se perpétuer ; l'homme ne crée pas de races propre- ment dites, à quelques procédés qu'il ait recours, tl ne façonne donc que des collections qui doivent retourner au type primitif, œuvre seule de la création (1). On connaît les théories de M. Sanson sur ce sujet ; il ne croit pas que les races nouvelles, mixtes ou intermédiaires entre celles qui ont servi à les former, soient désormais fixées. Pour lui, la loi du métissage est la même dans tous les cas : « les groupes d'individus que l'on prend pour races nouvelles n'arrivent à l'homogénéité qu'à la condition de faire retour complet à l'un des types qui ont contribué à les former et à ce type seulement ». L'erreur des éleveurs et des zootechnistes, qui considèrent ces groupes de métis comme étant constitués en race, tient, dit toujours M. Sanson, à ce qu'ils ne les envisagent qu'au point de vue de l'aptitude, laquelle est, en effet, commune à tous et forme le seul objet de l'exploitation. Mais il est à peine besoin de faire remarquer, ajoute-t-il, que cette aptitude, se rencontrant au même degré dans deux races notoirement distinctes, ne peut, en aucune façon, servir pour la caractéristique de la race. Poiir montrer d'une manière bien évidente l'inanité des préten- dues races nouvelles, M. Sanson a pris comme exemple la race Dishley-mérinos, laquelle, au dire de savants, se reproduisait depuis trente ans (2) par elle-même avec les caractères mixtes qui lui ont été communiqués. Il a fait dessiner, dans un concours où Egalement, Elliot a remarqué (en parlant de deux exemplaires cr^ de Ph. elegans envoyés de Sechuen en Angleterre) que celte espèce semble être dans sa distri- bution géographique intermédiaire entre le /'. decollatus et le Faisan de Junan. On pourrait, dit-il, supposer un hybride entre Pli. colchicus et Ph. veraicolor, si ces deux Oiseaux avaient le même liabitat, ce qui n'est pas. — Celle remarque montre donc (comme nous le faisons observer, p. 609) qu'un Oiseau peut pré- senter des caractères intermédiaires entre deux types sans pour cela être leur hybride. (1) Perrier, in Bull, de la Soc. d'Anthropologie, 1863, p. 250 : Essai sur les croi- sements ethniques. (2) Au moment où M. Sanson faisait connaître sa manière de voir. INTRODUCTION XCIII étaient exposés uu grand nombre d'individus de la prétendue race, d'abord la tète de quatre individus choisis par le jury comme étant les plus remarquables représentants de la catégorie ; puis celle de quatre autres appartenant aux races pures. Or, deux de ces têtes ressemblaient aux Dishley, deux autres aux Mérinos, trois étaient retournées aux types primitifs. Ce qui est ici mis en évidence pour la prétendue race Dishley- mérinos le serait, afTirme-t-il, pour toutes les autres races ayant une origine analogue, attendu que pour lui les formes typiques de la tête sont indélébiles, « ce qui assure, à travers les siècles, leur conservation (1) ». M. Sanson croit du reste donner une nouvelle preuve de ce qu'il avance dans un autre examen, fait par lui, des métis de la Charmoise, race également reconnue comme mixte et fixée. Les types crâniens diffèrent à ce point qu'il est impossible de les confondre ; ils se rattachent à deux types distincts nettement tranchés. — Ainsi ce groupe manque t il encore du caractère indis- pensable pour constituer une race : l'homogénéité (2). Nous devons rappeler ici que M. Sanson se prononce pour la permanence de la race. Les naturalistes ont considéré la race comme une variété accidentelle, produite par l'influence du milieu, par la domestication ou la culture, par l'industrie de l'homme. Il n'en est rien, d'après tui; on ne connaît pas plus l'origine d'une race que celle d'aucune espèce (3). Ainsi, d'après le professeur de l'Ecole de Grignon, il ne serait au pouvoir d'aucune méthode zootechnique de créer des races nouvelles. L'habileté des expérimentateurs s'exercera seulement sur des aptitudes physiologiques n'ayant rien de commun avec la caractéristique de la race, a On peut faire osciller, pour ainsi dire, les formes typiques de races par le croisement ; elles reviennent toujours infailliblement à leur type primitif, lorsque les métis se reproduisent entre eux. On peut agir sur leur étendue absolue, l'augmenter ou la diminuer par la gymnastique, et fixer ces formes dans les nouvelles dimensions par la sélection : les lignes et les rapports n'en demeurent pas moins les mêmes ; le (1) Voy. pour ce que nous rapportons : les Comptes rendus Ac. des Se. de Paris, t. 61, p. 74, et Zootechnie, t. II, pp, 5G et suiv. (2) Voy. Deuxième note sur la variabilité des métis. Comptes rendus de l'Acad. des Se, t. 61, p. 636. {'.i) Mêmes comptes rendus : « Proposition sur la constitution de l'espèce et de la race », par A. Sanson, t. 62, p. 1070, année 1866. XCIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE plan n'a point changé, et c'est ce plan précisément qui constitue le type (1) )). Nous ne pensons point que les théories de M. Sanson soient généralement acceptées ; tout au contraire, elles semblent n'avoir converti personne (2). L'espèce est susceptible de modifications morphologiques ; il suffit que certains individus se détachent du tronc, habitent d'autres milieux, pour subir les influences de leur nouvel habitat. Ils sont parfois atteints très sensiblement, cela est connu de tout le monde. Mais nous ne voudrions pas par là affirmer l'existence actuelle de races absolument fixes et invariables dues à des croisements, quoique nous croyons l'existence de ces races possible. Le plus souvent, en elïet, les éleveurs sont obligés de redemander à l'un des parents du sang pur pour régénérer le métis; puis, souvent, dans la confection des races croisées, la sélection joue un rôle aussi grand, sinon plus grand, que celui du croisement. Le retour à un des ancêtres par atavisme, auquel les races croisées sont sujettes, est encore un obstacle à leur fixité. « Le cultivateur, dit M. Elisée Lefebvre (3), qui se laisserait séduire par la facilité du métissage et par ses prompts résultats et qui conserverait l'espoir de pouvoir, par ce moyen, entretenir un troupeau de prix sans être obligé de renouveler sans cesse l'achat de reproducteurs, courrait le risque de voir tout d'un coup ses espérances déçues par la tendance que conservent les animaux à redescendre sans cesse vers le type paternel Ce n'est point, ajoute l'écrivain, ({ue nous regardions comme une chose impossible de parvenir à fixer dans une race quelconque le caractère d'une autre race au moyen du croisement; mais nous voulons seulement dire que l'opération est douteuse, en ce sens qu'on ne peut calculer.le temps nécessaire pour arriver au but, et que l'on ne sait jamais si on y est arrivé ». Ces paroles nous paraissent très justes. (1) Ib. id. Toutes les objections qui ont pu se produire contre la théorie de la race telle que M. Sanson l'a définie sont mentionnées et réfutées dans la 3" édit. de son Traité de zootechnie, publié en 18G6. On trouve dans cet ouvrage la dernière expres- sion des idées de l'auteur sur les sujets dont il s'est occupé ainsi que toutes les considérations bibliographiques dont on pourrait avoir besoin (comm. de M. Sanson). (2) Si nous en croyons un vétérinaire très distingué, membre de l'Académie de Médecine.— M. Baron a, du reste, nous l'avons déjà dit, pris M. Sansonà partie et 1 a réfuté à la Société centrale vétérinaire de Paris. (Voy. BuUet. de la Soc. centrale vétérinaire, t. V, de la nouvelle série, XLI, p. 70). La Raca Nata. (3) In Maison ruslique, p. 520. INTRODUCTION XCV « L'expérience a démontré, dit de son côté M. la Perre de Roo (1), que lorsqu'on mêle deux races distinctes, l'une indigène ou d'origine ancienne, l'autre le plus souvent exotique ou d'origine nouvelle, cette dernière s'eflace graduellement au fureta mesure que les générations s'accumulent ; tandis que la première, c'est à- dire celle qui était eu possession de l'indigénat, persiste presque exclusivement dans ses produits. Si les métis qu'on veut faire reproduire entre eux, en vue de fixer et de maintenir la race, sont placés dans les mêmes conditions hygiéniques et climatériques auxquelles la race primitive ou indigène doit son sang, ses formes et ses aptitudes, la progression vers la prépondérance incontestée et définitive de la vieille race indigène est certaine et s'établit d'une n)anière régulière, mathématique et progressive, de génération en génération ». En outre, dans une lettre (|ue l'auteur du Guide illustré de tElereur nous écrit, nous trouvons cette phrase : « Les animaux issus de deux races distinctes transmettent accideutelle- nieut, mais jamais avec constance, leurs caractères propres à leur descendance (2) ». . Dans le Dictionnaire de Chimie et d'Hygiène de Bouley et Reynal, on lit encore ceci : «Ceux qui ont la prétention" d'être les plus intelligents et les plus éclairés, se rangent parmi ceux qui ne croient et ceux qui ne se confient qu'au pur sang ; ils repoussent obstinément, et d'une manière absolue, l'emploi des métis comme reproducteurs ». Et le motif que l'on invoque est le suivant : c'est que (( les métis n'ont point d'hérédité stable (3) ». Godron, qui soutient qu'il est loisible de créer de nouvelles races par croisement, reconnaît lui-même que (4) « si l'on veut maintenir une race, soit ancienne, soit hybride, il est nécessaire d'éloigner les individus qui n'ont pas les qualités requises pour la monte ». 11 rappelle qu'en Espagne « ou ne conserve les bonnes races de Mérinos que par le choix intelligent des Béliers (5) ». (1) Op. cit. pp. 14 et 1d. (2) La même idée est exprimée pp. l'J et 20 de son Traité. ('3) Le fait suivant, que nous trouvons dans le Guide iilastré, appuie ce dire : H M. le comte X. possède cinquante-sept couples de Pigeons Gazgi ou de Modène, les plus beaux d'Italie. Pendant toute l'année qui vient de s'écouler, il n'a réussi à élever que trois jeunes à peu près irréprochables comme disposition correcte des couleurs du plumage ». Cette communication est faite à M. la Perre de Roo par le chevalier J.-B. de Sella, de Bioglio. (4) De l'Espèce, t. II, [). 42. (o) Mém. de la Soc. d'Agr. du département de là Seine, t. Il, p. 264 (cit. par (iodron). XCVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE (( Si l'on abandonnait une race croisée, dit V Encyclopédie d'Agri- culture (que nous avons cependant citée comme favorable à la création de races par croisements), si l'on négligeait de la retremper par intervalles dans le sang de la race de perfectionnement, où la verrait déchoir peu à peu et retomber à la fin en l'état d'infériorité relative (1) ». « L'expérience a démontré ce fait, dit le même ouvrage (2), que le croisement interrompu dans ses effets ne donne rien de complet, rien de stable >;. M. de Quatrefages écrit lui-même que, « quelque constance qu'une race métisse ait acquise dans son ensemble, il arrive presque toujours que certains individus reproduisent à des degrés divers les caractères de l'un des types primitivement croisés ». C'est l'atavisme qui apparaît sans cesse, cet atavisme qui empêche la fixité complète de la race créée par croisement et vient, suivant la pensée heureuse du maître, « attester le lien physiologique qui unit tous les métis (3) ». Citons aussi M. Richard, du Cantal, lequel fait savoir, dans un rapport adressé à la Société d'acclimatation de Paris (4), qu'il n'a pas confiance dans le croisement, la nature ne perdant jamais ses droits d'une manière absolue. On peut encore rappeler cette phrase d'un article de la Volière : « Dans aucune espèce les métis issus de deux races différentes ne sauraient transmettre avec constance à leur progéniture les caractères qui les font diflérer de leurs parents; sous les infiuences de la loi de la rétrogradation, il se manifestera toujours chez leurs produits une tendance de retour à l'un des types primitifs, à l'un des types des deux races, qui ont contribué à créer la race métisse, et cette tendance s'accen- tuera de plus en plus énergiquement au fur et à mesure que les générations s'accumuleront ou se succéderont (5) ». Enfin, il faut mentionner MoU, de la Maison rustique, qui, tout en ayant écrit qu'au (1) P. 894 du t. V. Paris, 1861. (2) P. 287 du t. X. Paris, ISfô. (3) L'Espèce humaine, p. 52. — M. de Quatrefages (p. oO) cite un exemple bien frappant de ce retour à l'ancêtre. Il l'emprunte à Girou de Buzareingues. Il s'agit d'une généalogie de Chiens qui étaient des métis de i)raqiie et d'épagneul. «Or, un mâle, braque par tous ses caractères, uni à une femelle de race braque pure engendra des épagneuls. Ce dernier sang n'avait donc nullement été éliminé ». — C'est le cas de répéter avec M. de la Perre de Roo que celui qui ne connaît pas la provenance des reproducteurs, dont il dispose, se ménage bien des déceptions et des mécomptes (p. 136 de \'op. cit.) ». (4) Voy. p. 386, année 1857. (5) Les Secrets de la liasse-Cotir, par Narcisse Masson. p. 271, 1" février 1887. (L'auteur parle de Poules). INTRODUCTION XCVII (( moyen de croisements on peut créer une nouvelle race », observe néanmoins « que les produits des métis tendent en général à se rapprocher de celle des deux races composantes qui a le plus de constance et qui est le plus en harmonie avec les circonstances naturelles etartilicielles de la localité (1) ». Nous nous sommes permis toutes ces citations, quelque longues qu'elles lussent, afin de montrer les difficultés réelles et l'incer- titude que présentent les croisements. S'il était nécessaire de recourir à un argument encore plus décisif, nous ne saurions mieux faire que de rappeler le passage suivant que nous trouvons dans un ouvrage destiné aux éleveurs; il fera voir ce que ceux-ci pensent des métis. Un amateur de Pigeons envoyant deux couples de ces volatiles à un de ses amis, lui écrit : « il ne faut pas vous attendre à ce qu'ils reproduisent pareils à eux-mêmes » ; et la raison qu'il donne est « que ce sont des individus provenant de croisements ». Nous avons nous-même essayé de former une race galline à l'aide de croisements ; nous avons en 1889 accouplé la race Padoue (variété bleue à huppe blanche) avec la race de Cochiuchine, donnant à la première le rôle du mâle. Depuis, chaque année, nous obtejions une nouvelle génération ; les métis se montrent très pro- lifiques. On est donc en présence de sept générations successives provenant de métis vraiment demi-sang et se reproduisant inter se. Or, chaque année, apparaissent les formes et les plumages les plus divers. Quelques types montrent une certaine uniformité ; leur altitude, leur forme, leur plumage tiennent, pour ainsi dire, des deux races mères ; mais aucun type nouveau, constant, n'est encore sorti du mélange que nous indiquons. — H y a beaucoup de jeunes se rapprochant, soit d'une espèce, soit de l'autre ; l'année du mélange, il y avait aussi des Coqs dont le plumage rappelait celui du Coq hankiva, souche probable de nos Poules domestiques (2); il y avait surtout, (si nos souvenirs sont bien exacts)., des jeunes montrant beaucoup d'analogie avec le Cochinchinois. Les mêmes phénomènes se reproduisent du reste chaque année; peut-être le type Cochinchinois tend-il à s'efïacer? Nous remarquions en 1895, comme pendant les années précédentes, un grand nombre de Poules représentant la rAcé Padoue, (mais non la variété récente, (1) Voy. p. 377. {!) Cet efTet du croisement qui consiste à ramener deux races au type primitif est très curieux et bien établi. Suclietet. — 7 XCVHI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Padoue bleue à huppe bianche, qui avait, servi dans le mélange (1). — 11 serait bien difficile de préciser rigoureusement à quelle race les jeunes ressemblent le plus, car à chaque ponte, on constate cette « variation désordonnée » dont parle M. Naudin et dont M. de Quatrefages semble, en quelque sorte, faire l'attriljut des croise- ments d'espèce (2). Il est vrai que nous n'avons point pris soin de réunir, dans un môme parquet, les individus qui se ressemblaient le plus ; inten- tionnellement nous avons laissé les jeunes se reproduire en toute liberté, quoique les mâles, se trouvant toujours trop nombreux, nous ayons de préférence éliminé les Coqs les plus disparates. Nous sommes persuadé que, si une sélection attentive ne survient, jamais ces gallinacés, demi-sang et croisés entre eux, ne formeront une variété ou race à caractères constants et bien définis. Il faudrait, pour obtenir une reproduction de formes inter- médiaires, n'allier entre eux que les rares Coqs et Poules qui présentent une forme et des caractères mixtes, ou bien encore croiser de nouveau les métis, qui se rapprochent trop d'un seul type, avec celle des races pures qu'ils ne rappellent que peu. — Si on faisait chaque année un choix judicieux des reproducteurs, pourrait-on peut-être arriver, à la longue, à fixer une forme nouvelle que l'atavisme cependant frapperait fréquemment d'un retour vers l'un ou l'autre type ancestral (3). Une remarque très importante s'impose ici. Dans la plupart des races, soi-disant fixées, et dont il vient d'être fait mention, nous sommes porté à croire qu'on ne compte qu'un fort petit nombre provenant directement d'un seul et premier croisement opéré entre deux races pures. Généralement, la première génération de métis, et les générations suivantes, olîrant une grande variation ou plutôt une prédominance marquée vers un type, on a eu soin, alin de donner aux métis des caractères intermédiaires, de les croiser, non entre eux, mais avec le type pur dont les traits étaient le (1) Cette variété est trop récente pour persister dans les croisements. Dans cet exemple on peut reconnaître toute la justesse d'une observation de M. de Quatrefages qui est la suivante : u Des caractères récents, observe-t-il (in Hev. des C. Se., t. V, 1867-1868, p. 734) s'elïacent aisément lorsque deux êtres mettent en présence, au moment de leur union, des traits et des qualités nouvellement acquis et qui n'ont pas eu le temps de se stabiliser et de s'équilibrer. » (2) Voy. p. 53 de l'Espèce humaine, 5' édit., le chap. VIII : Croisement des races et des espèces. (3) Citons ici l'exemple de cet éleveur qui, ayant croisé des Poules avec les races malaises, n'était pas encore parvenu à les débarrasser de ce sang après quarante ans d'efforts, (exemple emprunté à Darwin). INTRODUCTION XGIX moins apparents (1). Eu sorte que la plupart des races métisses ne sont pas à proprement parler des races demi-sang ; ce sont des races qui possèdent plus de sang d'une race que d'une autre, si nous admettons toutefois (comme il est convenu en pratique) que le produit représente « la demi-somme des puissances héréditaires de chacun de ses procréateurs (2) ». On se trouverait ainsi avoir des races 3/4 sang, 5/8, 7/8, etc. ; cela à l'inlini. Nous ne parlons point des métis qui ont, tout à la fois, du sang de trois, quatre et même cinq races ; ce sont peut-être les plus* communs. Ainsi, même avec des mélanges variés, des combinaisons dues à une sélection très attentive, on n'arrive que très difficilement à créer un nouveau type durable, lequel est sans cesse, si une sélection attentive ne survient, sujet à retourner au type paternel ou au type maternel. Nous aurions désiré rencontrer une race authentique née d'un premier et unique croisement entre deux races pures. Sans nier assurément qu'il en existe dans les exemples cités, nous n'oserions non plus affirmer qu'elle s'y trouve. Quoiqu'il en soit, les croisements de race à race sont bien différents de ceux d'espèce à espèce. Si l'on peut facilement citer des races métisses (plus ou moins constantes, nous l'admettons), il est impossible de nommer des races hybrides ; on n'en connaît aucune. Serait-il possible d'en créer? Nous ne voudrions cepen- dant pas répondre par la négative car, puisque l'on rencontre des hybrides prolifiques (3), pourquoi n'arriverait-on pas, par un choix judicieux des reproducteurs ou avec des infusions nouvelles du sang des espèces mères, à former un type nouveau dont la durée, cela va sans dire, serait limitée au temps pendant lequel la sélection durerait? — En principe, nous ne voyons aucune impossi- bilité à cela ; mais nous ne disons pas non plus que la chose soit. Nous avons fait des essais nombreux pour résoudre la question; nous devons avouer que nous ne l'avons pas résolue pratiquement, pas plus parmi les Oiseaux que parmi les Mammifères. Il nous serait impossible de raconter ici, même très brièvement, les croisements que nous avons tentés. Leur nombre est très étendu, (1) On pourra se renseigner sur cette manière de procéder, dans la notice sur les troupeaux Disliley-mérinos de Trappes. (Journal d'Agriculture pratique Barrai, 1875, t. I, p. 213). (2) C'est là toutefois une hypothèse toute gratuite, comme le fait remarquer, avec beaucoup de raison, M. Sanson, in L'hérédité normale et pathologique, p. 160. (3) 11 en existe, nous le savons par expérience. G DES HYBRIDES a'l'rTAT SAUVAGE puisque nous avons pu expérimenter sur des centaines, nous dirions presque, des milliers de sujets. C'est en 1885 que nous bâtissions, dans notre parc d'Antiville, le premier parquet où devaient commencer nos expériences. Les débuts de la première année avaient été très modestes; mais, dès la deuxième et la troisième année, nous donnions une grande exten- sion à nos essais, nous associant en France, et même à l'étranger, beaucoup d'éleveurs et d'amateurs qui acceptaient d'expérimenter pour notre compte et sous leurs yeux. Nous éprouverions une grande satisfaction à raconter en détail ces croisements, entrepris dans un but purement scientifique; mais un gros volume y suffirait à peine. Si nous n'en étions point l'auteur, nous dirions qu'ils présentent tous un intérêt très grand. Bornons-nous à faire savoir que, parmi tant de mélanges, un seul, bien connu des éleveurs, le croisement de la Thaumaka picta X T. amherstiœ (1) a réussi à nous donner cinq générations d'hybrides provenant d'un croisement direct, c'est-à dire que les hybrides se sont reproduits quatre fois entre eux. Certaines circonstances malheureuses, dans l'incubation des œufs ou dans l'élevage des jeunes, nous ont privé d'amener tous les ans une nouvelle génération dans les autres croisements entrepris; quel- quefois, souvent même, la cause de l'insuccès a été la stérilité des l^roduits ou l'infécondité des parents croisés; mais non le mélange des espèces. Nous supposons donc que les Oiseaux qui proviennent du croi- sement qu'on vient de citer sont indéfiniment féconds, puisque chaque fois la ponte est normale et leurs œufs fécondés en quan- tité suffisante. Mais ce que nous n'avons point dit, c'est que les individus de cinquième génération sont exactement les mêmes que les individus provenant du croisement direct: les mâles sont près que entièrement du type picta, les femelles se rapprochent géné- ralement de Vamherstiœ. En sorte que, quoique certains sujets soient quelque peu intermédiaires, nous n'avons obtenu aucun type réellement nouveau ou race hybride. Afin d'éviter ce retour aux ancêtres, nous avions pensé qu'il serait bon d'apparier entre eux des produits nés de croisements où le rôle des facteurs se trouverait interverti. Cela, fait sur une très large échelle, a été peine inutile. Evidemment, pour o])tenir une forme intermédiaire, il faudrait infuser aux hybrides du sang de l'espèce pure dont les caractères ne sont pas assez apparents. flj P. «7. INTRODUCTION CI Mais alors on arriverait, comme dans la formation de beaucoup de races du reste, à ne posséder que des sujets ayant plus d'infu- sion de sang d'une espèce que l'autre, ce qu'il aurait fallu éviter (1). Parmi les exemples de croisements que nous avons éuumérés, dans le mémoire présenté à la Sorbonne, il a encore été rappelé qu'à la Ménagerie du Muséum de Pjaris on croit être parvenu à obtenir six générations d'Euplocomes du Nepaul (ou Leucomèles) croisés d'Euplocomes nycthemerus. Plusieurs de ces produits nous ont été envoyés en écbange; ils appartenaient à une deuxième et à une troisième génération. Nous avons cru constater que leur plumage était sujet à des variations. En outre nous répétons que nous ne sommes aucunement sûr que six générations de métis demi-sang aient été obtenues; il y a même lieu d'en douter d'après les renseignements dont nous nous sommes entouré. Nous ne mentionnons pas ici les autres exemples d'hybrides, non stériles, signalés dans le même travail; car ces hybrides, quoique jouissant de la fécondité, n'ont point encore formé une race se per- pétuant sans le secours d'infusion de sang des espèces pures. Les phénomènes de reproduction chez les hybrides et chez les métis viennent d'être étudiés; on peut se demander si ces phéno- mènes, qui s'établissent très différemment dans la génération des uns et des autres permettent d'en faire le critérium physiologique de l'espèce ? Beaucoup sont tentés de répondre par l'alFirmative ; nous pen- cherions aussi de ce côté. On doit, cependant, compter avec les exceptions. Or, dans notre communication faite à la Sorbonne, nous avons remarqué que certains hybrides sont doués de fécondité, même entre eux. S'ils sont capables de se reproduire normalement pendant un certain nombre de générations, on ne voit pas pour quelle cause cette fécondité réelle cesserait tout à coup (2). — Nous serions-nous trompé sur la nature des parents qui les ont engen- drés; ceux-ci ne méritent-ils point d'être classés parmi les bonnes espèces zoologiques? La chose est très possible. Aussi, dans l'ignorance où nous sommes de ce sujet, (tout aussi obscur qu'il est profondément mystérieux), nous nous bornerons aux constatations faites sans tirer de conclusions. (1) Si on peut juger par un ou deux exemples isolés, nous avons remarqué avec intérêt (|ue les Coqs à caractère? mixtes (fort rares) se montraient inféconds ; l'un d'eux cependant devint prolifique au bout d'un certain nombre d'années. (2) On le dit cependant dans beaucoup d'ouvr;iges. cil DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Un esprit qui voudrait aller au-delà, voir plus loin que nous essayons de le faire, ne manquerait pas de remarquer que les faits, tels que nous les avons exposés, mènent cependant à une conclu- sion. S'il existe, en général, une différence très importante entre l'hybride et le métis, au point de vue des phénomènes de reproduc- tion, (puisque le premier est presque toujours stérile, le second toujours fécond), il est néanmoins possible de rencontrer des cas où l'un et l'autre sont prolifiques. En outre, tandis que l'existence de races métisses, absolument et invariablement fixes, n'est peut- être pas suffisamment établie, l'impossibilité de créer une race hybride n'est point non plus démontrée scientifiquement. Il y a donc des cas où. la distinction génédque de l'hybride et du métis n'est guère possible; ces cas sont très rares certainement, tout à - fait exceptionnels dans l'état actuel de nos connaissances, mais se manifestent parfois. Nous ne voudrions point nous soustraire à cette critique ; nous l'acceptons avec ses conséquences et nous en reconnaissons toute la valeur. C'est pourquoi, dans certains cas, au lieu de nous servir des phénomènes de reproduction comme critérium de l'espèce, serions-nous presque tenté de proposer comme signe tout spéciale- ment distinctif, l'indifférence ou aversion qui se manifeste entre sexes d'espèces différentes au moment même de la reproduction, lorsque l'animal jouit de sa liberté ; cette aversion étant si vive qu'elle met obstacle à tout rapprochement. — Cette proposition n'est faite que pour le cas où le classement de parents d'hybrides féconds, au rang d'espèces ou de variétés, serait bien établi ; car il peut arriver, nous le répétons, que de tels parents soient mal classés. Mais d'autres phénomènes accompagnent la naissance des hybrides et des métis. Les uns et les autres revêtent des caractères nouveaux propres à leurnature mixte. — L'étude de ces caractères n'est peut-être pas d'une moindre importance que celle de leur fécondité ou de leur stérilité. La manière dont le mélange s'opère dans le produit peut jeter, en effet, quelque jour sur la fécon- dation croisée. Nous étudierons donc maintenant ce sujet. INTRODUCTION ClII VIII. Y a-t-il fusion réelle des caractères des parents constituant dans ce cas des traits très moijensl ou plutôt le uiélange n'aboulit-il qu'à une juxtaposition donnant à certaines parties du corps l'aspect d'une espèce, à certaines autres l'aspect de l'autre espèce ? Quelle est la part revenant à chaque facteur ? Le mélange s'opère-t-il de la même manière chez les hybrides et chez les métis ? — Telles sont les questions qu'il est nécessaire de résoudre. Leur solution peut être d'un grand avantage dans les cas douteux d'hybridisme ou de métissage observés à l'état sauvage, c'est-à-dire dans les cas où l'on ignore si les caractères mélangés que présentent des individus sont dus à un croisement ou à des influences climatériques (1). Nous verrons, dans le cours de cet ouvrage, que des Oiseaux, observés à l'état sauvage, sont intermédiaires entre deux types purs dont, à première vue, ils paraissent provenir ; que les carac- tères de ces deux types se fondent chez eux dans une harmonie parfaite ; qu'une progression constante s'établit lorsqu'ils tendent à se rapprocher vers l'un ou vers l'autre de ces types. D'autres Oiseaux représentent aussi sur eux les caractères des deux espèces, mais ces caractères ne sont pas fusionnés : des parties du plumage ou du corps appartiennent presque complètement à une espèce; les autres parties à la seconde espèce. — Dans le premier cas, il s'agit très probablement d'intermédiaires non métis entre deux races ou deux variétés, dans le second cas on a presque toujours affaire à des produits de croisements. Ce sont encore les faits, les faits seuls qui peuvent nous instruire ; il est utile d'en grouper un grand nombre pour établir des règles de quelque valeur. Ayant rassemblé une foule d'observations, nous serions en mesure de procéder à ce travail ; malheureu- sement nous ne pouvons y songer dans cette courte préface ; il (1) D'après la disposition des caractères que revêtent les produits, des auteurs ont cru pouvoir découvrir leur provenance. Voy. entre autres : Gloger, dans le Journal fiir Ornilh., 18o4 (à propos de la Fuligiila homeyeri); Severtzovv, in Bull, des Naturalistes de Moscou, p. 352 et suiv., à propos d'un Canard qu'il croyait issu de la Sarcelle et du Canard snuvage ; Th. Lorenz, in Journal fiir Ornithologie, 1894, (pp. 416 et suiv.), Einiges ùber Rackelwild und Halinenfedrigkeit. CIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE y a ici matière à un volume. Nous ne ferons donc, tout en laissant connaître notre sentiment, que passer en revue les auteurs qui ont parlé du sujet. — Ils sont nombreux, plus nombreux peut-être que les observations sur lesquelles ils s'appuient pour exposer leur manière de voir. Et d'abord quel est leur enseignement sur les caractères des liybrides? Pline prétendait que le produit de deux espèces n'est semblable ni à l'une ni à l'autre, mais forme une troisième espèce (1). Il est à peu près lé seul naturaliste qui se soit exprimé ainsi. Les auteurs sont unanimes à dire que Tbybride tient de l'un et de l'autre de ses auteurs. On pourra consulter Willu^^hbei (2), de Haller (3), Meyer (4), Blumenbach (5), Bronn (6), Westood (7), et une quantité d'autres qui sont très explicites sur cette matière. Mais si les bybrides sont mixtes, sont-ils pour cela moyens (8)? Godron, qui a étudié la question, semble pencher pour cette opi- nion (9), partagée en quelque sorte par les auteurs du Nouveau Dict. d'Hist. naturelle (10) et par M. Cari Vogt (11). Isidore Geofïroy-Saint-Hilaire, qui n'est point étranger à ce genre d'études, est moins affirmatif. Pour lui les hybrides ne sont pas toujours moyens; toutefois ils sont toujours mixtes et (1) Lib. VIII, LXIX. Willughbeii, London. (2) Ornithologias, p. 10. (3) Elenienta physiologie corporis humani. Berne 1766. t. 8, p. 99. [^] Mag . filr Tliiergeschichle. Ersten bandes, erstes Stùck, Gœltingen, 1790. (5) Manuel d'Hist. naturelle, p. 27. (Trad. de l'allemand par Soulange Artaud), t. I, pp. 118-119, 1803. (6) Naturgeschiehle, etc., 1843, p. 172. (7) 'llie transactions of the Entomogical Society of London, vol. III, 1841-43, p. 195; Voir encore le Dict. de Bory de St-Vincent, t. X, p. 120. (8) Bescherelie (Dict. national) donne ainsi la justification de ces deux mots : « Mixte, qui est mélangé, qui est composé de plusieurs choses, qui participe de la nature des uns et des autres «; « Moyen, qui tient le milieu entre deux extré- mités, entre deux choses. » (9) Voici ce qu'il écrit : « Le mélange des formes est-il réparti dans une pro- portion égale, et les hybrides de même origine oITrent-ils toujours des caractères constants? 11 est d'observation que les hybrides (il parle de certains genres déter- minés) sont réellement des êtres intermédiaires entre leurs parents, et tiennent à peu près autant de l'un que de l'autre. Ils ont généralement une ressemblance assez grande, mais qui n'est pas cependant aussi complète que celle que présen- tent les espèces appartenant à une même espèce légitime, etc. » (pp. 197 et 198 de ['op. cit.). Plus loin (p. 200) il dit : « Les hybrides, nés de deux espèces dis- tinctes, participent presque également des caractères de chacun de leurs parents ». (10) T. XX, Paris 1818, p. 489. (11) Leçons sur l'homme, 1878, p. 355. INTHODUCTION CV forment môme de véritables intermédiaires (1). D'après Marcel de Serres, (2) c'est seulement quelquefois qu'ils tiennent le milieu entre les deux espèces mères. Si nous en croyons Gloger (3), Lyell (4), Chevreul (5), ils ne sont point rigoureusement intermé- diaires. L'influence des parents ne se répartirait donc pas chez eux d'une manière égale. — Tiendraient-ils plus d'une espèce que de l'autre? Oui, répondent les uns. D'après Athénée (0), ils tiennent plus de la mère que du père ; cette opinion est partagée par Nieremberg (7), Zacchias (8), Mérat (9), Cardini (10). Tel n'est pas l'avis du Dr Gloger (M), du baron de Gleicben (12) et de M. Victor Fatio (13); d'après ces derniers, les hybrides ressemblent presque toujours davantage à leur père. Les produits hybrides peuvent ils aussi se rapprocher complète- ment de l'un des parents, c'est-à-dire posséder tous les caractères d'une espèce à l'exclusion de l'autre? Isidore Geoffroy Saint Hilaire répond catégoriquement à cette question par la négative; il résulte pour lui, de tous les faits observés, que jamais ils ne ressemblent à un seul type complètement. M. de Qualrefages approuve cette opinion (14). La même manière de voir est exprimée dans le Dictionnaire de Bory de Saint-Vincent. Quant à savoir s'il y a fusion ou juxtaposition dans le mélange des types, l'auteur de l'Histoire des règnes organiques admet que les deux cas peuvent se présenter. « II peut y avoir fanion plus ou moins intime des deux types originels ; ou, au contraire, simple (i) Hist. générale elpariiculière des Anomalies de l organisaiion chez l'homme el les animaux, etc., ou Traité de tératologie, 1. 1, Paris 18.32. Part. II, liv. III, chap 1, p. 306 (en noie). Voy. aussi: Hist. générale des Règnes organiques, t. III, p. 200. (2) Revue du Midi. Toulouse, 1835, t. IX, p. 347. (3) Journal fur Ornithologie, n" de septemlire 1834. Ï-' heft., Sur l'hybridation, etc., p. 404. (4) Princi'pe.<. de Géologie. 4'' part., p. 102, 1830. (5) Journal des Savants, pp. 3oo et 3.o6, 1840. {(i) Cit. par Galien. De semine, lilj. secundus, f» 330, verso 30° ligne. (7) Hist. nat. ma.v. Anvers 1633, chap. XXIX. (8) Questions médico-légales, Avenion 1637, p. 533. (9) Dict. des Se. médicales, t. XXII, p 138, 1818, (10) Dict. d'Hippatique, 1848, p. 149. (11) Boustanding, etc., p. 313. (12) Op. cit., an Vil, p. 96. (13) Quelques observations sur deux Tétras des .Musées de Neufchûlel et de Lausanne. (Bul. Soc. Vaudoise des Se. nat. IX, n» 38, 1868). (14) Voy. Hev. des C. scientifKjues, 1867-18r8, p. 732, CVl DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE mélange de ces types, par juxtaposition des caractères empruntés à chacun d'eux. Dans le premier cas, les deux types, partout altérés l'un par l'autre, ne se montrent plus nulle part. Ailleurs, au contraire, chaque type est séparément empreint sur l'hybride : telle région ou tel ordre de caractères est comme chez le père, tel autre comme chez la mère (1). Darwin était porté à croire que la fusion des caractères ne s'accomplit que très rarement, dans des cas tout à fait excep- tionnels (^). x\u contraire, William B. Carpenter (3) parle de celte fusion comme d'une chose ordinaire. M. de Quatrefages admet qu'il peut y avoir fusion et juxtaposition (4). Voici ce que nous sommes enclin à croire : Rarement l'hybride appartient à une seule espèce : ses caractères sont, non moyens, mais intermédiaires ou mixtes, c'est à-dire qu'il possède sur lui les caractères des deux facteurs mélangés en diverses proportions ; le plus souvent les parties qui sont atteintes par le mélange laissent voir facilement l'influence prépondérante d'une des espèces mères, en sorte qu'il y a juxtaposition effusion. La fusion intime, dans des proportions égales, nous paraît rare ou plutôt ne point exister. — La plupart des hybrides, nés de deux espèces bien pures, non altérées par la captivité ou la domesticité, doivent se ressembler entre eux, non pas autant cependant, comme l'observe Godron avec raison (5), que se ressemblent les animaux nés d'espèces sauvages et libres. Il en est tout autrement lorsque les espèces que l'on marie sont domestiquées et altérées : la variabilité de leurs produits est alors la grande règle ; on peut leur appliquer l'expression caractéris- tique employée par M. de Quatrefages : « variation désordonnée '). Mais n'y a t-il aucune règle constante et fixe permettant de pré- voir de quelle manière s'étaljlissent les caractères des hybrides? M. Edmond Perrier (6) et le D»" Broca pensent qu'il n'en existe point : « Aucune loi générale, dit Broca, ne préside à la réparti- tion des caractères du père et de la mère chez les animaux hybrides. Il y aurait même, suivant les cas, des différences considérables qu'aucune donnée théorique ne permet de prévoir avant l'expé- (1) T. III, p. 203. (2) Variations des animaux et des Plantes, t. 2. p. 101. (3) Principles o( Human physiology, p. 986. London, 187G. ('i) Voy. R. des C. scient., 1867-68, p. 757. (5) Op. cit., p. 200. (6) Essai sur les croisements ethniques. (Bull. Soc. anlhrop. 1804, p. 244). INTRODUCTION CVII rience (1) ». Ce que confirme peut-être M. de Selys-Longchamps lorsqu'il dit que dans une même couvée, « il est rare que les hybri- des soient tout à fait semblables les uns aux autres (2) ». Mauper- tuis (3) pensait que l'incertitude des caractères s'accroît à mesure que les espèces hybrides croisées sont plus éloignées. — Ces diverses théories seraient à examiner de plus près. Les choses se passent-elles de même chez les métis, nous voulons dire chez les individus provenant du mélange de deux races ou de variétés (4)? On reconnaît qu'ils participent, comme les hybrides, de l'un et de l'autre de leurs auteurs (5). Dit-on qu'ils sont moyens? D'après Girou de Buzareingues (6), on obtient souvent un médium. Mau- pertuis (7) aurait aussi admis que le produit est mi-partie. Kant (8) le considère comme toujours et nécessairement moyen. M. de Qua- trefages (9) pense qu'il est ainsi quelquefois, mais non le plus souvent. D'après Godron (10), il n'est pas réellement intermédiaire. Beaucoup d'éleveurs attribueraient cependant des qualités moyennes aux métis (11). Ceux-ci tiennent-ils plus de leur père que de leur mère, ou est-ce l'inverse? Peu d'auteurs, à notre connaissance, ont fait connaître leur sentiment sur ce point. Mais d'après Godron (12), tous les (1) Op. cit., p. 574. (2) Bull. AcHd. des Se. de Bruxelles, 1845, t. 2. (3) Cil. par de Quatrefages. U. C. S. 1867-1868, p. 752. (4) Il nous est impossible, à notre regret, de distinguer ici entre les produits de variétés et les produits de races croisées. Ce sont là cependant des êtres dilîé- rents. La variété étant une création très récenle, de faible importance; la race étant établie plus anciennement, avec des caractères plus tranchés, plus marquants, il peut se faire que les mêmes phénomènes ne se produisent pas dans les caractères des produits des unes et dans les caractères des produits des autres. —Mais une telle distinction, très subtile d'ailleurs, nous entraînerait beaucoup trop loin, e' nous ne disposons point d'assez nombreux exemples à citer. (5) Voy. Hist. gén. des anomalies, p. 306, 1832; Races humaines (Des carac- tères), par Edwards, 1829, p. 25; le Dict. de Deterville, 1838, t. XXIII: les Méni. de la Soc. d'Ethnologie de Paris, 1841, in-8», t. 1, p. 21 {Lettre à M. Amédée Thierry, p. M. Edwards), t. II, p. 21, etc. (6) Cité par de Quatrefages. R. C. S., p. 752. (7) Cit. par le même auteur. (8) Cit. aussi par M. de Quatrefages (même ouvrage). (9) Même ouvrage. (10) De l Espèce, p. 212 et 213, (11) Si nous en croyons le Bull, de la Soc. d'Acclim., t. VIII, année 1861, p. 3:16. (12) De l'Espèce, pp. 212-213. CVIII DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE oliservateurs seraient unanimes à reconnaître que ce sont les caractères du père qui dominent le plus généralement. Les métis peuvent-ils être entièrement semblables à une seule des espèces qui ont contribué à leur formation? Broca dit que (( dans les alliances qui s'effectuent entre les variétés d'uni; même espèce le produit est quelquefois entièrement semblable à l'un des parenis ». Toutefois cette observation ne lui étant point personnelle, il cède la parole à Isidore Geoffroy Saint-Hilaire qui, dit-il, a découvert ce iait(l). — Geoffroy a écrit, en effet i!2), que sou- vent les métis ressemblent à l'un des individus qui leur ont donné naissance. Godron reconnaît l'exactitude de cette observation ; (( il arrive, écrit-il, que la variété revient d'emblée, soit à l'une des deux origines, soit à un ascendant plus ou moins éloigné ». M. de Quatrefages (3) n'admet ce cas qu'exceptionnellement ; il i-emarque, à l'appui de son dire, que pour qu'il y ait ressem- blance unilatérale, lorsque deux races se croisent, il faudrait que cbez l'une tous les caractères aient uue ténacité supérieure ; ce concours de conditions ne se produira que bien rarement (4). Arrivons aux questions de fusion et de juxtaposition, quoique peu d'auteurs paraissent avoir abordé ce sujet. — « En général, dit M. Mathias Duval (5), lorsqu'on croise deux races, leurs caractères tendent à se fusionner d'une manière intime ; mais il en est qui semblent se refuser à se concilier ainsi et se transmettent de l'un des parents ou de tous deux sans modification au produit du croisement (6) ». M. de Quatrefages admet que le croisement des races de la même espèce est suivi, tour à tour, des phénomènes de fusion et de juxtaposition (7). Dans le Bulletin de la Société d'acclimata- tion (8), on parle aussi du mélange égal comme [)Ossible, non comme continuel. — Mais contrairement à ce qui se passe chez l'hybride, la variabilité serait l'attribut essentiel des métis et principalement des métis provenant de variétés. Geoffroy a accepté (1) Il renvoie au Dict. classique d'Hisl. nal., t. X, p. l^l (art. Mammifères), Paris, 1825, in-8°, (2) In Hist. gén. des Règnes organiques, p. 300, 1832. (3) R. C S., 1867-68, p. 752. (4) R. des Cours scientifiques, 1867-68, p. 755. (.5) Revue scientifique 1884, n» de fév. (6) L'auteur fait ici allusion aux expériences de Darwin sur le croisement des Souris grises et des Souris blanches dont les produits, on le sait, ne sont ni pie ni d'une nuance intermédiaire. Mais c'est là un cas spécial. (7) H. .les C. Se, 1867-1868, p. 7;i7. (8) Année 1861, t. Vlll, p. 257. INTRODUCTION CIX en quelque sorte cette manière de voir ; Goclrou a reconnu que les métis sont plus variables que les hybrides. Il y aurait donc lieu de" distinguer, d'après ce que nous venons de voir, le métis de l'hybride par plusieurs points qui sont princi- palement : 1" la ressemblance unilatérale ; 2° leur variabilité. En outre, le métis peut emprunter ses caractères à l'un de ses ancêtres, différent des races dont il provient. Il est à peine besoin de faire remarquer que si la distinction par les deux premiers points n'est pas absolue, elle l'est par ce dernier caractère. 11 est de (ait impos- sible que le croisement de deux espèces pures, c'est-à-dire origi- nellement constituées, telles qu'elles se présentent aujourd'hui à nos yeux, puissent donner naissance à un atavisme quelconque. La distinction absolue entre l'hybridation et le métissage, par les caractères que i-evêt le produit, réside donc dans l'impossibilité, chez la première, de ce retour vers un autre ancêtre; la possibilité, chez la seconde, de cette ressemblance ancestrale, très fréquente en effet, sinon totalement, au moins partiellement. Nous parlons du métissage de races domestiquées et de l'hybrida- tion d'espèces sauvages, car les mêmes phénomènes ne se reprodui- raient plus dans le cas opposé. — Si deux races, naturellement cons- tituées, s'alliaient entre elles, nous sommes persuadé que les pro- duits qui en naîtraient offriraient une grande régularité dans leurs caractères. Au contraire, nous l'avons remarqué, dans l'alliance de deux espèces domestiquées on obtient des produits dépareillés, parce que ces espèces domestiquées n'offrent point par elles-mêmes de caractères stables. Vraisemblablement les contradictions, qu'on observe dans les appréciations qui ont été rappelées, viennent de ce que la distinction que nous signalons n'a point été observée. Que l'on marie un de nos Chiens domestiques avec un Loup ou un Chacal, il ne faudra pas être surpris de rencontrer dans la même portée des jeunes de types différents, le Chien ayant subi de nombreuses transforma- tions. De même si l'on accouple des Anes et des Chevaux, on devra s'attendre à obtenir des Mulets disparates, l'espèce Cheval et l'espèce Ane ayant subi de grandes modifications dans leur forme et leur couleur primitive. Dira-t-on pour cela que les produits d'espèces sont variables? Non certainement, car il en serait tout autremeat si on alliait deux espèces dont les caractères n'ont point été altérés par la captivité ou la domesticité. xNous sommes donc enclin à penser, on le voit tout de suite, qu'à ex DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE l'exception des phénomènes d'atavisme et de grande variabilité, propres au croisement des races, les autres phénomènes sont à peu près les mêmes dans les caractères des hybrides comme dans ceux des métis. On sera peut-être satisfait de savoir ce qu'ont pensé à cet égard les auteurs qui se sont occupés de la question. — Voici comment s'exprime M. de Quatrefages : « Il est impossible, dit-il (1), de formuler une conclusion générale qui permette de regarder l'hybridation et le métissage comme caractérisés par l'un ou l'autre de ces modes de transmission )) (il parle des phénomènes de fusion et de juxtaposition). « On avait dit, ajoute-t il, que la ressemblance unilatérale était propre au croisement des variétés ou de races entre elles, tandis que l'on caractérisait les unions hybrides par la ressemblance bilatérale des produits. Nous avons vu qu'il importait d'écarter ces conclusions absolues. On avait voulu rattacher exclusivement, dit-il encore, les faits de fusion aux produits hybrides et les faits de juxtaposition aux métis. Nous avons vu qu'en y regardant de près, il n'y avait rien d'exact dans ces assertions et que l'observation des phénomènes de cette nature ne nous conduirait nullement à poser une règle générale ». Darwin a écrit ceci (2) : « Quelques auteurs ont beaucoup insisté sur le fait supposé qu'il n'y a que les métis qui ne soient pas intermédiaires par leurs caractères entre leurs parents, mais res- semblent beaucoup plus à l'un d'eux. Le fait arrive aussi aux hybrides, mais je dois reconnaître qu'il est moins fréquent chez eux que chez les métis )>. On se rappelle que Geoffroy Saint-Hilaire avait au contraire écrit que les hybrides sont toujours mixtes. 11 n'admettait donc pas pour eux la ressemblance unilatérale comme possible et trouvait là, sans doute, une distinction entre l'hybride et le métis. On doit sagement remarquer ici avec Grognier (3) que l'état cons- titutionnel ou accidentel des reproducteurs contribue puissamment à leur influence réciproque. La prépondérance naturelle du mâle est augmentée quand il appartient à une race plus ancienne que celle de la femelle, quand il est plus fort, d'un âge plus nourri, mieux soigné. M. de Quatrefages dit aussi avec beaucoup de raison que « dans la lutte des actions héréditaires portant souvent sur des caractères opposés, la moindre ditïérence d'énergie de part (1) Rev. des Cours scientifiques, 1867-68, p. 757 (2) Origine des Etfpèces, ïrad. française, p. 301. (3) Maison rustique, p. 453. INTRODUCTION CXI et d'autre suffît pour dormer une victoire complète à l'un des deux termes et pour exclure le plus faible d'une manière plus ou moins absolue (1) ». De là certainement ces diiïérences dans les caractères des pro- duits que nous ne pouvons prévoir à l'avance, « l'inégalité d'action », suivant l'expression de Darwin (2), modifiant « le résul- tat du croisement ». Rapprochons maintenant les phénomènes qui ont lieu dans les croisements de races et d'espèces de ceux que l'on oljserve dans les unions ordinaires. Ce rapprochement ou parallèle pourra être de(iuelque intérêt. — Nous indiquerons ensuite, d'après les auteurs, quelles sont les parties des produits (hybrides, métis, ou ordinaires) que l'on suppose soumises à l'influence particulière de chaque parent. De même que dans les unions croisées, hybrides ou métisses, on reconnaît, dans les unions ordinaires, (c'est-à-dire celles qui ont lieu entre individus appartenant à une même race ou à une même variété), que le produit tient de ses deux auteurs. Souvent cependant, si nous en croyons J. Geofïroy-St-Hilaire, il se trouve être, dans ce dernier cas, exclusivement sembia])le soit au père, soit à la mère. Cela arrive, dit-il, lorsque les parents sont de couleur différente (3). Réservant ce dernier cas (4), nous croyons que l'on peut enseigner que les produits sont très variables et qu'il est impossible de préjuger de leurs caractères avant l'expérience. Péuvent-ils être moyens ? Vraisemblablement oui ; mais ce sera l'exception. On constaterait donc chez eux la ressemblance unilatérale et la ressemblance bilatérale, la variahUité et aussi le retour à l'ancêtre ; en quoi ces phénomènes se rapprochent sans doute beaucoup de ceux que \\m observe dans le croisement des races. ■ Voici maintenant comment, dans les cas de juxtaposition, on répartit les parts revenant à chaque parent. — On dit généralement que la forme et les dimensions de la tête, des oreilles, des membres, de la queue, des extrémités en un mot, sont fournies par le père ; tandis que le volume et les dimensions du corps, la forme du (1) Rev. des C. scient. 1867-68. t. 5, p. 754. (2) Variations, t. II, p. 95. (3) H parle d'Oiseaux, de Gallinacés. (Essais de zoologie, p. 516). (4) Que nous traiterons plus loin, p. cxiu. CXII DES HYBRIDES A L ETAT SAl VAGE tronc, la taille, la grandeur, la forme du bassin, etc., tiennent de la mère. Nous avons consulté Bonnet (1), Block (2), Scheid- Aveller (3), Carpenter (4), Lucas (5), La Perre de Roo (6), Godron (7), Broca (8), Meckel (9), qui enseigneut eo tout ou partie cette règle que Bufïon (10) paraît avoir le premier établie ; Linné (11), Girou de Buzaraignes (12),Valmont de Bomare (13), Hofacker (14), Koiglit, Grognier (15), Burdach (10), Frisch (17), émettent la même manière de voir sur plusieurs points. L'apparence ou la partie extérieure, la peau, la couleur, le poil, les cornes, les nerfs, les ligaments, les tendons, la voix, les organes sensoriels, le cerveau, toutes les parties destinées à la vie de rela- tion, le tempérament aussi, ainsi que la durée et la sobriété, tien- draient du père. L'organisme, les fonctions, la structure et la disposition des organes intérieurs, les fonctions de nutrition, d'accroissement et de sécrétion, tous les viscères et les parties de l'être se rattachant à la vie organique, môme l'énergie, la vivacité, le caractère, tiendraient de la mère. On pourra consulter sur ce sujet : Linné (18), de Haller (19), Bufïon (20), Orton (21), Garpen- (1) Considérations sur les corps organisés, p. 103, XXXU. Des Itlulels, in Œuvres d'Hist. naturelle, 1779. (2) Op. cit., p. 126. (3) Journal des Haras, t. XLV. (4) Principles of Hunian physiulogy, p. tt86. (o) Traité phylosopliique et physiologique de i hérédité naturelle. Pans, Ib'iJO, il, 5. (G) Op. cit., pp. 32 et 33. (7) De l'Espèce, p. 199 (8) Op. cit., pp. 573 et 574. (9) Traité général d'Anatoinie comparée pp. 407 et 408, 1828. (10) Mammifères, des Mulets, t. Il, p. 6o6, et Oiseaux. Du Serin, t. , p. 40u. (11) Cil. par Meckfl. Mickel le cite d'après Knigth. (12) De la génération, cliap. Vlll, pp. 122-123 (cit. par Lucas, p. o). (13) LHct. d'Histoire naturelle, p. 95, cil. p. Lucas, p. .H. (14) Veber die Eigerschajten, etc., p. 90 (cit. p. Godron, p. 199). (15) Cours de multiplication et dé perfectionnement des animaux domesti- ques, p. 82 el p. 234 (cil. par Godron, p. 199). (IG) Traité de Physiologie, etc., 1838, t. II, p. 185, in-S», cit. p. Godron, p. 199, et par Lucas, p. 5. (17) Cit. in Nouv. Dict. d'Hist. naturelle, t. XX. Paris, 1818. (18) Gêner, ambig., p. 15; alinéa 7. Voy. aussi le Nouveau Dict. d'Hist. nat. (l. XV, Paris, 1818), où on fait connaître les vues de Linné. (19j Oit. in Amœni. academi. VoL G. Générât, ambig. (20) Du Serin. (21) On the physiology of breeding (cil. par Broca, op. cit., pp. ilTU. 574). INTRODUCTION CXIII ter (1), Broca (2), VEncydopédie pratique d'agriculture (3) et les auteurs des Crania britannica (4). Quant à la peau, à la couleur et aux poils, ou ue paraît pas d'accord. — Nous lisons daus Bufïon (3) que le poil et les couleurs (qu'on doit regarder comme faisant partie extérieure du corps) tiennent plus du côté paternel que du côté maternel ; Lucas (6) et Godron (7) font à peu près les mêmes remarques. Mais Bonnet (8) écrit au contraire que le Mulet tient sa couleur et son poil du Cheval (qui est sa mère) ; Gauthier (9) dit de même que la peau, la plume ou le poil (et même la voix), sont de la mère ; ces diverses remarques étant applicables aux Oiseaux comme aux Quadru- pèdes. Il y a donc là contradiction. Peut-être pourrait-on, en ce qui concerne le poil seulement, concilier les deux opinions opposées en disant, avec Scheidweller (10), que la furme des poils est du mâle, tandis que leur longueur est de la femelle. Encore dit-on positivement que le père influe sur la longueur de la toison (11); Moll prétend du reste que les deux parents influent également sur la robe. Enfin chez les Mammifères on a écrit que les femelles tiennent en général plus de leur père que de leur mère (12) ; le contraire se produiraitchez lesOiseaux (13). — Nous ne saurions nous prononcer. Il sera bon de faire remarquer que ceux qui adoptent les diverses règles ({ui viennent d'être énoncées ont- soin d'ajouter, avec raison, qu'elles sont sujettes « à de nombreuses et à de fréquentes exceptions ». (1) Op. cil. (2) Op. cit., PI). o7;i, 574). (3) T. X. Paris, 1865, p. 64o. (4) Cit. p. Broca {op. cit., pp. 573, 574). (5) Du Serin, p. 405, t. I. (P) Traité philosophique de Vhcrédité, vol. Ji, p. 5. (7) De l'E.yjèce, p. 213, t. II. (8) Op. cit., p. 103. (9) Observation sur la physique, Journal tles Sciences et des Aris, par Tous- saint. Pans, 3 vol., in-4», 1756, p. 8(). (10) Journal tics Haras, p. 137. (11) De VEspèce, t. 1, p. 213. (12) Pour hi race chevaline, voy. Henri do Purville, in Journal des Débats, à l'art. Rev. des Sciences. (13) Voy.Gmelin. — C'est cependant tout l'opposé que nous constatons dans notre élevage de Poules Cochinchinoises 2 et Padoue, var. à liuppe bleue o'' '• pi'esque lous les produits femelles ont une tendance marquée à rappeler le type de l'ancêtre paternel. L'assertion de Gmelin se trouve répétée dans le AVxu'. Dict. d'Hisl. nul. t. XX, p. 401. Paris, 1818. Suchetel. — 8 ex IV DES HYBRIbES A l'ÉTAÎ SAUVAGE Nous n'avons rien dit des croisemeots entre animaux albinos et animaux de couleur; il serait de règle que le produit, auquel ces croisements donnent naissance, soit ou albinos ou de couleur. Il ne serait point mi-partie, du moins lorsqu'il s'agit de races. On cite principalement, en faveur de cette manière de voir, les expé- riences de M. Coladon, pharmacien à Genève. « Celui-ci éleva, dit Edwards (1), un grand nombre de Souris blanches et de Souris grises ; il commença alors une longue suite d'expériences en accouplant toujours une Souris grise à un^ Souris blanche. Or, chaque individu provenant de ces unions était, ou entièrement gris ou entièrement blanc; point de métis, point de bigarrures, rien d'intermédiaire ». Ces expériences ont été confirmées en tous points par celles de M. Jean de Fisclier qui obtint, nous dit-il, jusqu'à 18,717 ])roduits. Jamais, d'après lui, on n'obtient de sujets panachés. Même résultat pour les Uals noirs et les Rats blancs, dont il aurait obtenu 27,310 jeunes. Ce fait n'est pas particulier aux Rats ou aux Souris ; il s'étend à tous les animaux albinos. « Sir R. Héron, dit Darwin (2), ayant pendant plusieurs années croisé des Lapins angoras blancs, noii's, bruns et fauves, n'a jamais trouvé, une seule fois, ces diverses nuances mélangées sur un môme individu, bien que souvent les quatre couleurs se trouvassent dans une même poi'tée». Scheidweillf»r cite (3) aussi les bêtes à laine, rappelant que les noires et les blanches, accouplées ensemble, ne donnent que des blanches ou des noires, rarement des bêtes tachetées. On pourrait multiplier ces exemples et parler, entre autres, des Tourterelles blanches et desTourlei'elles blondes qui ne produisent généralement que des blanches ou des blondes. 11 se rencontre cependant des exceptions. Ainsi, d'après le Jour- nal des Haras (4), <( une Vache blanche accouplée avec un Taureau brun foncé du Tyrol donne toujours des Veaux rouge clair ». Isidore Geoiïroy Saint-Hilaire a obtenu de l'union du Daim noir et du Daim (1) Races liuinainea, des caractères. \>. 2o, 1829. Oa U-ouvera encore le récit de M. Edwards dans les iMéin. de la Soc. d'Ethnologie de Paris, 1811, t. I, part. 1, pp. 21-22. (2) Variulions de'! Animiux et des Plantes, t. 2, p. 9'.). {'.i) In .lournal des Haras, 1848, t. XLV. Considérations sur les principes des croisements . (4) Même page. INTRODUCTION CXV blanc des petits variés (1). Chambon (2), Girou de Biizareingues (3), dit Godroii (4), rappellent tles faits identiques dans les espèces Ovine et Chevaline ;Masb (5) dans celle du Porc; Maupertuis (G), dans celle des Chiens ». M. Van Kenipen, le distingué naturaliste-collectionneur de Saiut- Omer, possède une Cane blanclie avec quelques plumes noir bleuâtre ; cette Cane est issue d'un Canard Labrador cf et d'un Canard mignon blanc 9. M. Eugène Hutïet, de Villers-Bretonneux (Somme), a obtenu d'un couple de Calfats, le màle étant blanc, la femelle étant grise, quatre jeunes dont deux blanc pur comme le père, un gris comme la mère, mais un dernier tacheté de gris et de blanc. M. Fontaine, propriétaire à Marcq-en-Barœul, près Lille, conserve empaillés trois métis de Tourterelles dont le dos est jaune tandis que le reste du plumage est blanc avec le collier noir bien marqué ; ils proviennent d'une Tourterelle blanche et d'une Tourterelle blonde. Dans le croisement du Bouc blanc d'Angora et de la Chèvre noire, observé par M. Bourlier, en Asie, la toison produite est marbrée de couleur fauve, ou ardoisée sur un fond blanc non pur (7). Est-il besoin de rappeler que le Furet et le Putois donnent des produits de couleur mélangée. M. le Di" KrœpeliU; qui expérimenta sur les Souris blanches et sur les Souris grises, ne paraît avoir obtenu de jeunes entièrement blancs ou entièrement gris qu'à la cinquième génération ; au début de ses expériences, il avait des petits tachetés de gris et de blanc (8). Quoiqu'il en soit, au dire du naturaliste, M. Jean de Fischer, que nous venons de citer, on n'obtiendrait jamais, dans les croi- sements d'espèces, de produits entièrement blancs ou entièrement d'une autre couleur, comme cela se passe dans le croisement d(»s races. Mais M. Jean de Fischer, à l'appui de son dire, ne cite (1) flist, gén et parlicul. des anomalies de l'organisatioti, t. I, p. 324. (Cit. pat' (iodron, De L'Espèce, t. 1, pp. 215 et 216). (2) Traité de l' Education des Moutons, t H, p. 2G7 et 21a. (3) De la génération, Paris, 1828, in-8", pi>. 120, 126, 307 et 308. (4) Ue l'Espèce, l. I, p. 216 (o) Der naturforscher, t. XV, p. 27. (6) Œuvres, 1753, in 12, t. II, p. 388. (7) Bull. Soc. Accl. 1858, p. 171. Rapport sur les Chèvres d\ingura, etc., par M. Bernis. (8) Zoologische Garten, 1884, pp. 58 et 39. CXVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE d'autre exemple, croyons-nous, que celui du Furet et du Putois qu'il rapporte à des espèces distinctes, opinion peu acceptée (1). Un point est encore à envisager dans les caractères des produits croisés. Le renversement des termes père et mère les modifie-t-il ? — Oui, s'il est vrai que le mâle influe sur certaines parties et la femelle sur d'autres parties, comme on vient de l'expliquer. Tout le monde sait que le Bardeau, issu du Cheval et de l'Anesse, diflère sensiblement du Mulet, issu de l'Ane et de la Jument. De ce fait on a conclu que l'interversion dans le r(Me des facteurs amenait des modilications dans la descendance. Aussi, beaucoup d'auteurs ont ils cru pouvoir détermioer le sexe des facteurs. Godron dit positivement (2) « qu'il est possible de déterminer a priori, par l'examen du bâtard, quelle est l'espèce à laquelle appartient son père, quelle est celle à laquelle se rattache sa mère ». Nous nous demandons si on peut étendre cette remarque à tous les hybrides? — Frédéric Cuvier (3), tout en reconnaissant que, si les phénomènes d'hybridation étaient plus nombreux, on pourrait peut-être apprécier l'influence de chaque sexe dans la fécondation, dit néanmoins « qu'il ne paraît pas que ce qu'on a cru pouvoir déduire en général à cet égard, ait rien de rigoureux ; et si, dans quelques cas, certains métis ressemblent plus à leur père qu'à leur mère, c'est le contraire dans d'autres : de sorte^ ajoutet-il, que la seule chose vraisemblable aujourd hui eu ce point est que l'influence des sexes est accidentelle et relative à l'état des indi- vidus ». Il nous a paru que lorsque les espèces sont bien pures chez les Oiseaux, (cette condition étant considérée comme indispensable), (1) Nous sommes entré dans ces quelques détails parce que M. Jean de Fischer se sert de ces phénomènes pour prétendre que l'Iiomme blanc et l'homme noir sont deux espèces distinctes, aUendu que de leur union sort un métis. — Nous nous detii.andons quel rapport il peut y avoir entre un homme blanc, de la race cauca- sienne, et un albinos? Comment donc M. de Fischer peut-il établir un parallèle et des rapprochements entre l'union de la race nègre et de la race caucasienne et l'union d'un animal albinos avec un autre qui ne l'est pas? Pour donner quelque vraisemblance à sa théorie, il faudrait au moins qu'il prouve (pie, de l'union d'un blanc albinos et d'un nègre, il naît un individu mi-partie albinos et mi-paitie nègre. Mais un tel exemple n'est pas à citer. Nous n'entrons pas du reste en discussion à ce sujet, puisque, nous l'avons dit, nous ne nous occupons point de l'homme dans nos études. {•2) Op. cit., p. 200. (3) Dict. de Levrault, art. J/r'/;.s\ INTRODUCTION CXVII le renversement des termes père et mère n'inllueuce point le produit quant à son plumage. A l'appui de notre dire, nous citons (p. 310 de ce livre) les faits suivants : 1° Deux mâles Euplocamun melanotus cf X Llneatus raynaudii $, semblables entre eux et semblables aussi à un autre mâle provenant d'un melanotus 9 et d'un rnijnauilii cf. Si quelques légères difïérences existent, elles sont plus sensibles entre les deux exemplaires du premier croise- ment qu'entre ceux-ci et l'exemplaire du second mélange ; 2° Un mâle demi-sang Thaumalea amhcrstiœ (f X Th. picta 9 ayant le l)lumage semblable à un Coq provenant, au contraire, d'une amhersliœ 9 et d'une picta cf. Mais d'autres cas, nous nous empressons de le reconnaître, peuvent venir à rencontre de cette manière de voir, que nous ne soutenons point d'ailleurs. Nous pensons, néanmoins, que des ornithologistes se sont trop hâtés lorsqu'ils ont voulu, à la simple inspection d'un hybride, rencontré à l'état sauvage, déterminer le sens des deux facteurs (1). Beaucoup de faits pourraient seuls nous renseigner sur cette intéressante question pour laquelle la lumière n'est pas encore faite ; nous ne sommes point à même de les produire à l'heure présente. Nous avons parlé des phénomènes de reproduction chez les hybrides et chez les métis ; nous avons étudié brièvement les caractères des uns et des autres ; dirons-nous quelques mots de leur sexualité ? On aurait remarqué que le sexe mâle domine chez les premiers ; nous croyons celte remarque juste. Parmi les hybrides d'Oiseaux observés à l'état sauvage, ou rencontre beaucoup plus de mâles que de femelles ; le fait est certain. Mais peut-être les femelles hybrides, dont le plumage, uniforme et sans éclat, n'attire point l'attention, passent-elles inaperçues ? La chose est possible. Cependant des observations recueillies par Bufïon, il résulte que le nombre des mâles Mulets est plus grand que celui des femelles. Dans les Oiseaux, dit-il, le nombre des mâles excède de beaucoup celui des femelles (2). Voici quelques chiffres cités par le grand naturaliste : « Le nombre des mâles dans ceux qu'il a obtenus du Bouc et de la Brebis, est comme 7 sont (1) Nous avons cité quelques exemples, p. 182, en noie. (2) Voy. p. 457, t. I (de l'édit. citée). CXVIII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE à 2 (1) ; dans ceux du Chien et de la Louve, ce nombre est encore comme 3 sont à 1 ; et dans ceux du Chardonneret et de la Serine, comme 16 sont à 3 (2) ». Quant à savoir si les Mulets mâles provenant de l'Ane et de la Jument excèdent le nombre des Mules, Bufïon prit bien quelques informations; mais aucune des réponses qu'il reçut, ne déterminait cette proportion. Toutes ces réponses, cependant, s'accordaient à faire le nombre des mâles Mulets plus grand que celui des femelles (3). Nous avons demandé à une personne, qui a élevé des hybrides de Faisans, ce qu'elle pensait à ce sujet; elle nous a répondu, assez vaguement d'ailleurs, que cela dépendait du couple et des espèces. Le même couple, qui donne une année plus de mâles, donnera peut-être plus de femelles une autre année (4). Ayant été en correspondance pendant longtemps avec un grand nombre d'éleveurs, qui expérimentaient pour notre compte ; ayant nous même obtenu de nombreux hybrides, nous aurions pu facilement nous mettre au courant de cette question, qui n'est point dépourvue d'intérêt. Mais, parmi les nombreux matériaux que nous avons rassemblés sur les hybrides, nous ne trouvons point de notes suflisantes pour nous permettre de traiter le sujet avec compétence. Nous le regrettons, car si Ton réunissait, sui- vant l'idée de Butïon (5), un grand nombre de faits sur cette question, « on pourrait expliquer ce qui reste de mystérieux dans la génération par le concours de deux individus d'espèce différente et déterminer les proportions etïeclives du mâle et de la femelle dans toute reproduction ». Nous nous rappelons cependant les faits suivants ; ils appuient presque tous les remanjues qui viennent d'être faites : Dans le croisement de Tnrtur risoria 9 X Colnmba livia cT, dont nous avons eu cinq produits, tous étaient mâles. M. Colcombet, de Saint-Etienne, ayant obtenu deux hybrides du même croisement, eut mâle et femelle. Donc 6 mâles sur 7 individus. Deux Pigeons hybrides de Ramier et de Pigeon ordinaire, que nous nous sommes procurés, étaient mâles. Dans le croisement (1) Bufïon ;i-t-il jamais obtenu ces hybrides? (2) Voy. p. 4G0 (mèuie ouvrage). [?,] T. III, p. 3. Supj). à l'HisL des Quailnijièdes. (4) Nous ignorons toutefois, nous nous empressons de le dire, si la personne (jui nous a envoyé le renseignement est à même de donner des indications sérieuses sur ce sujet, (5) Exprimée à la p. 457 du t. I. INTKODUCTIOX CXIX de Turtur risnria X Turtur auritus on a, croyôns-uous, bien plus de niàles que de femelles. Dans les journaux qui annoncent des iMulets de Chardonnerets et de Serin, il est presque toujours question de mâles ; on trouve cependant assez de femelles dans le commerce. D'une Louve et d'un Chien (chez M. Tardy), nous avons obtenu trois petits dont le sexe de deux jeunes a été reconnu : ils étaient mâle et femelle. Mais d'un Loup et d'uue Chienne (remis chez M. Malher, à Paris), vinrent neuf petits, dont 6 mâles et seulement 3 femelles. Si nos souvenirs sont exacts, d'une Colombe nuque perlée et d'uue Tourterelle ordiuaire, couple en cheptel chez M. Bulïet, ne sont sortis que des mâles. D'un mâle Kuplocamns melaiwtus et d'uue femelle K. raynaudn (chez M. de la Bounefond), on a obtenu 5 mâles et G femelles, ou l'inverse. Au sujet des croisements de races, nous ne saurions rien préciser ; Jious savons seulement que dans nos croisements de Coijs padoue (var. hollandaise à huppe bhinche) avec Poules de Cochinchiue sont nés un grand nombre de mâles. La constitution physique des hybrides est e. le mieux établie, oiïre-t-elle plus de résistance que celle des espèces pures? En un mol la force vitale des produits croisés est-elle supérieure à celle des individus normaux? Cette question peut encore retenir notre attention pendant quelques instants. Cardini répond que les hybrides vivent très longtemps pour la plupart. « L'âge du Cheval et de l'Ane, dit-il, ne va que très rarement au delà de quarante ans, et ces animaux produisent des Mulets dont quelques-uns sont parvenus à plus de quatre-vingts ans (1) ». Cardini fait ici allusion à un fait cité par Aristote et rappelle d'ailleurs en tous points ce que dit le Nouveau Dictionnaire '('Histoire naturelle [2). M. de Quatrefages paraît être de cette opinion : « On sait, dit,-il, que chez les Mulets une plus grande vigueur musculaire et une résistance plus longue à la fatigue coïncident avec la destruction des fonctions génératrices. Comme chez certaines plantes hybrides infécondes, ajoute-t il, mais à un degré plus marqué, il y a eu pour le Mulet rupture dans l'équilibre vital en faveur des organes (i) Dictionnaire d'Héppatique, 1848, p. 149. (2) Paris, 1818, t. XX. CXX DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE et des fonctions de la vie individuelle, mais au détriment des fonctions de reproduction, qui sont les fonctions de la vie de l'espèce ». Nous lisons, au contraire, dans Hérodote (1), que dans le pays des Scythes, les Chevaux soutiennent le froid, tandis que les Mules et les Anes ne le peuvent absolument. Il est vrai qu'Hérodote dit qu'ailleurs les Chevaux, exposés à la gelée, dépérissent, tandis que les Anes et les Mulets y résistent sans peine. Chez les hybrides d'Oiseaux, que nous avons possédés, nous avons toujours remarqué une très grande résistance et une très grande vigueur. Des auteurs ont prétendu que les produits hybrides sont faibles et délicats; cette manière de voir ne peut s'appliquer qu'à des exceptions. Ces dernières remarques terminent ce que nous avions à dire sur les hybrides, ne voulant entrer au début de ce livre que dans des considérations générales. — Nous allons maintenant passer à la nomenclature des faits que nous avons pu rassembler sur les croisements naturels. Mais nous n'oublierons pas de remercier en premier lieu, les personnes qui, en si grand nombre, nous ont fourni des indications et des documents à l'aide desquels nous avons pu poursuivre nos études sur l'hybridité. Nous remercions particulièrement les naturalistes qui ont bien voulu remettre entre nos mains, pour les examiner, les pièces hybrides dont ils pouvaient disposer. Nous publierons la liste des uns et des autres, en témoignage de reconnaissance pour ceux qui, facilitant considérablement nos moyens d'étude, ont permis de mettre en bonne voie, nous l'espérons, un travail d'un genre nouveau et depuis longtemps commencé. (1) Hérodote. {Choix des Historiens grecs. J. A. C. Berclion, 1837). Liv. IV, chap. XXVIII. LISTE DES MUSÉES PUBLICS ET DES COLLECTIONS PARTICULIÈRES dont les Direfleui's ou les Propriéliiiros ont été assez gracieux pour nous envoyer en eoniniunifation DES HYBRIDES SAUVAGES OXJ DKS OISEAUX RÉPUTÉS? COMME TELS (I) Collection de M. le lieut. -colonel Butler, Hening lleet Hall, Loweslolï, Sulïolk (Angl.): Un Francolinus vulgaris X Franc, pictus ^ . (Tète et cou mon tés) Collection de M. le comte Luca Cajoli Boidi, de Molare (Italie) (2) : Deux l'ercUx nibra X Per. sa.ratih (f 9 (moniées). Muséum d'Hist. nat. de Marseille (Hhône), par M. Marion, directeur: Eu difïérents envois : une Perdrix riibra X P. saxatilis (3) Et deux Frivfiilla montifringilln X F cielebs cT (pièces montées) Musée d'Hist. nat. de Grenoble (Isère) : En deux envois : deux Perdix rubra X Per- saxatilis (pièces montées) Musée de St-Gallen (Suisse), par M. Zooli- kol'er, préparateur, avec l'autorisation de M. le U' Biedcrmann, directeur: Une Perdix saxatis X /'. rubra cf (montée) (4). A reporter (1) Quelques hybriiles, obtenus en doincstirilé, mais en très petit nombre, figurent aussi sur cette liste. (2) M. le comte Luca Gajoli Boidi a eu la bonté de nous ofTrir fun de ces deux spécimens. (3) Nous ne croyons pas cet Oiseou bybride, mais seulement anormal. (4) Née en domesticité, mais mentionnée à cause de son importance. ex XII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE 6. Musée d'Hist. nat. de Lille (Nord), par MM. Gosselet, directeur, et A. de Norguet : En deux envois : un Tetrao tetrix X Tetrao uro- (jallus (^ (monté) Et deux Fi'ingiUa cœlebs X /•'. montlfrincfilla (montées) ( I ) 7. Musée d'Hist. nat. d'Arras (Pas-de-Calais) ;"ar M. le conservateur : Un Tetrao tetrix X Tetrao nrogallus çf (monté) 8. Musée zoologique de Stockholm (Suède), liar M. Smidt, directeur : Un Tetrao tetrix X T. urogallus cf (en peau) ; deux autres sujets de même origine (en ciiair); (2) et deux Tetrao- tetrix X Lagopus albu.s cT 9 (montés) 9. Musée zoologique de Christiania (Dane- mark), par M. le professeur Collett : En plusieurs envois : un Tetrao tetrix X T. urc- gallnuçf (en peau) et deux femelles (montées), deux Tetrao tetrix X Lagopns albus . . . . 10. Musée zoologique de Francfort-s-leMein (Prusse), par M. Adam Koch: Deux Tetrao tetrixX Tetrao urogallus ç^ (montés) 11. Musée d'Hist. nat. de Genève (Suisse), par M. le D' Bedot, directeur : En deux envois : un Tetrao tetrix X T. uro- gallus (^ (monté) Et une Fuligula ferina X F. nyroca (montée) . 12. Musée zoologique de Dresde (Saxe), par M. le D' A. H. Meyer, directeur : En deux envois : trois Tetrao tetrix X T. uro~ gallus, deux cT et une $ (montés); quatre Tetrao tetrix X Lagopus aibus,tvois (f et une 9 Liste précédente . . A reporter . . . . 29 < a CE 2 4 (1) L'origine que 1 on altriijue à l'un de ces échantillons nous parait douteuse. (2) Ces trois pièces nous ont été très gracieusement offertes. LISTE DES HYBRIDES REÇUS EN COMMUNICATION CXXIII 13. Musée d'York (Angleterrp), parM. TManauer : Kn deux emuis : deux Tetnio tetrlx X T. urn- (jdllus cf (inoiités) (1) et un Tetrao letri.r X Lagopus scoticus (f (mon lé) 14. Collection de M. van Kempen à St-Oiner (i^as-de-Calais : En din'érents envois : sept Trtrao tetrir X T. uroiiaUus, dont cinq (f et deux $ (2), trois Tetrao-tetrix X LfUjopus scoticus, dont deux cf et une $ (3) ; deux Tctrao tetrlx X Lagopus albus ç^ ; un Phasianus colcliichus X Pha- slanus reecesi ç^ Un Anas crecca X Mareca penelopc cT ; deux Anas bnsrhds X Dolila acuta cT (4); une Fuli- (fula ferma X F. nyroca; une Mareca jtenelope X Querqucdula formosa (5). (Tous ces oiseaux sont nion'és) 15. Musée zoologique de Breslau (Prusse), par M. le Directeur : En deux envois : Un Tetran tetrix X T. urogallus cT (monté) Deux Anas' boscftas X Cairina vwschuta cf (montés) IC). Musée de l'Université de Pavie (Italie), |)ar M. le professeur Pavesi : Un Tetrao tetrix X T. uronaliiis çP {monté) . . Deux Àiias bnschas X ('liaulel-asDuis streperus (f $ (montés) (6) Liste i)récédente . . A reporter. ^ . . . ItI .... 2 '-tli_/lTO fj \I1IV.^A1LV./I • • • • • • • • • • • • * Un Anas, boschas X Cairina moschatd $ ; une M Spatula dypeata X Daftla acuta (2); une Fulùiula ferinn X F. miroea .' 3 31 . Musée royal de Prague (Bohème), par M- le ' DM'ritch : Un Tetrao tetrix X T. uiofialins 9 (monté) 3). 1 32. Collection de M. le Comte J.-B. Camozzi, sénateur i- clias X Qurrqiicdula crecca (1); un Atms bnschas X Ànns obscura (tous montés). . . . a 3o. De M. Alexandre Doughty, de l^ivcrpool (Angleterre) : Un Tetrao' tetrix X Lcgopus scoticus (pièce 3(). montée) 1 Le Muséum of Science and Art d'Edim- bourg (JAOssc), i)ar M. le \)' H. H. Traijuier, Keeper of Nat. Hislory deparlemenl : Un Tetrao tclri.v X Lannpus scoticua cf (2) 37. (mon lé) ! Musée Zoologique de Tromso (iXorwège), par M. J. Sparre Schneider, directeur : Trois Tetnio tetrix X Lagnpus albm , dont deux (^ et une Ç (tous trois uiontés). . . . ^^ 38. Collection de M. J. H. Gurney, du Iveswick Hall, iXorwicli (Angleterre) : En plusieurs envois : un Tympanuclws aiueri- canus X Pediocate.s phnsianellus (en peau). . Un Anns boschas X Qucrquedula créera ^ (3) (monté et sous verre); deux FulUpda ferina X F. nijrocri cT (montées et sous verre) . . . Un Ligurinus cldorls X Carnnabina linota cf 1 3 3'.». (monté et sous ylobe) 1 Collection de feu M. Maingonnat, natura- liste à l*aris : Un l'Iiasianus eolehieus X Phnslanus S(e)itme- rinul r? (en ueau) 1 Lisie pri'cédente . . 92 17 * • ■ G A reporter 99 25 7 (1) Nous croyons cet Oi.se:iu mal déterminé. "* (2) Né assurément en captivité. (:i) Que nous pensons être plutôt un Ànas hoschnfi X Chaulelaamus sireperus. CXXVIII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE 40, 41 42. 43. 44. 4;5. l Collection de M.Turner,deSuU()nColdtielcl, près liiriiiingbaiii (Anylelcrre) : Un Tetrao ietrix X Phasianu.s colchicus cT (monté, faisant partie d'un groupe). . . . Collection de M. Hamon l'Estrange, do FHunstanlon Hall (Angleterre): Un Tetrao tetrix X l'hasianus coJchicusç^ (nionlé sous verre) De M. J. H. Nelson, de Redcar, Cleveland (Yorkshire), Angleterre: Un Tetrao tetrix X Pha.sianu.s vuUjaris (pièce montée) (1) Collection de M. D. Losh Torpe, de Carlisle (Angleterre) : Un Phasianus colchicus X Gallus doinesticiis (en peau) Collection part, de M. le prof. Doderlin: Une Perdrix cinera (varietas) Museo dei Vertebrati de Florence (Italie), par M. le coin. prol'. ilenrico (îiglioli, direct.: En plusieurs envois : une Colomba œnas X Tur- tur tenera (2) Deux Anas bouchas X Dafila acuta cf (3) ; une Mareca penclopeY. Querquedula. circia 9 (4). Vn Ligurinus chloris X Carduelis eleganscS' ; un Chrysomitris spinusXCarduelis elegans & (o); trois Fringilla monlifringilla X F. cœlebs^ dont deux o^ et une $; deux Hirundo urbica X H. rustica^ un Passer domesticus X P. italix cy (toutes ce*) pièces montées) .... Liste précédente . . A reporter. < z a ca o o u 99 104 U a -u a. < 28 8 7 15 (1) Nous avons fait l'aequisilion de cet Oiseau, très bien caractérisé. (2) Que nous croyons être plutôt l'hybride domestique, mais échappé, de la Coiunttni livia et de l;i Turltir risorius. (3) L'un de ces Oiseaux paraît un mélanisnie de bosclias. (4) Ce Canard a été reconnu depuis pour être uiiepenelope Q. (.ï) Oue nous pensons iiybride de hingilld canaria x Ciirduelis elêgans. LISTE DES HYBRIDES REÇUS EN COMMUNICATION CXXIX 46. Collection de M. Robert Fontaine, de Mar('(|-en-Harœul, près Lille (Nord) : Kn plusieurs envois: une Coin wbin liviaX Tnr- tus tenera (I) Un Liqurinus chlorisX Carduelis elcjjans, deux Ckrysomitris sitiimaX Carduelix elPf^mis cf (2) (tous montés) 47, 4S. KoninklijkZoolog-ish Genootshap (Natura artis magislra), Amsterdam, par M. le D' Kerberf, directeur : Kn plusieurs envois : un Anas peueinpe x Qwi'- quedula créera cf; quatre À. bouchas X Dafila acuta, dont trois -cf el une 9 ; deux Chaule- lasmus slrepeni.^ X Anasbo.schas c^; un Anas bosclias X Mareca penelope cf; un LUjuritius chlorisX Cannabina lino/a cj" (tous montés). Musée d'Hist. nat. de Darmstadt (Alle- magne) : Un Canard du genre Anas (en peau) (3) . . . 4'.». Collection de M. Ch. Royer, président des Beaux-Arts, à I^angres : Une Mareca penelope X Dalila acuta çf (4) (montée) 1)0. Muséum and Gallery of Liverpool, par M. Richard Paden, directeur : Une Mareca penelope X Dafila acuta cf (5) (uiontée) , . . Liste précédente A reporter. eu a u ■w 104 104 / l/ / t I 28 39 15 19 ■^ (1) Né en domesticité; (2) Même observation. (3) Origine inconnue (4) Celte pièce n'est qu'une penelope en muel, (5) Cet oiseau a été olîtenu en domesticité. ' X SucUeL^t. — 9. cxxx DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE :•>.■ \\ ■ ■fcj u < a 2 O ai a a CL en a tfi < X ■a < 1 51 . De M. Frédéric Pretyman, d'Orwell Park, Ipswick (Angleterre) : Un Ànasho.'ichasX l)((flla nnitnç^lviyHnl) (1 ), un À nasboschas X Querqueduld crecca $ (vivanle) (2). • 2 52. Musée de Douai (Nord;, par M. Gosselin, conservateur : Un A nas boscli as X Querqiied ula c i -eira cf ( mon té) . 1 53. Collection du Rév. hon. Lord Lilford, Lilford Hall, Oundle (Angleterre) : Un Anas boschas X Querquedula crecca (i)ièfc montée) 1 54. Indian Muséum, Calcutta (Indes Orientales), par M. Sclater, avec l'autorisation de M le superintendant : 1 Un Ànas bosclias X Chaulelasmus strepcrus çf (en peau) 1 55. Musée de l'Université de Cambridge (Angleterre), par M. le prof. Alfred Newton ; Un Anas boschas X Dafila acuta cf (3) (monté), deux Anas boschas X Dafila acuta cf (4) (on peau); un Anas acuta X Mareca penelope d^ (monté) 4 5G. Muséum d'Histoire naturelle de Rouen (Seine-Inférieure), par M. le D' Pennetier, directeur : Deux ïi[ias boschas X Chaulelasmus streperus 6 $ ; un Canard hiibrideC?) (dont la prove nancc n'a pu être établie) 3 39 . • 19 Liste précédente . . 104 2 A reporter. . . 104 2 51 19 (1) Nous eroyons cet liybritle produit plutôt par le croisement de VA. boschas X Dafila anula . \2) L'es deux Oiseaux nous uni été très gracieusement offerts. (3) Ce cio|sénient ne peul être accepté. Ce canard est un .4, boscfias X Ch . .•i?;f|)ems,, ou, moins probablement, un A. boschas X C^. crecca. \v'\^-^-^li>yCes^'ae\ix Canards sonf nés en domesticité. LISTE DES HYBRIDES REÇUS EN COMMUNICATION CXXXI 57. Le Musée national des États-Unis, à Washington, par M. J. Ridgway, curator dep. of Birds : Un Ànas Iwschaf! X .(nr/.s- ob.scuni z^ (monté) . 38. Collection particulière de M. le D^ Paul Leverkûhn, directeur des Bibliothèque et Institutions scientili<|ues du prince de Bul- garie, à Sofia : L'n Ânas boschas X A. obscura Q (l) (en peau). 61 ce là ta o o u 39. Muséum national de Hongrie, à Budapest, par M. von Madaraz (sur la demande de M. le chevalier Victor von ïshuzi : Un Ànas boschas X Spatiila dypeata (f (2) (monté) 60 Musée de l'École cantonale d'Aarau (Suisse), par M. le Directeur : ViuAnas boschasX. Cairina moschata cf (monté) . Musée de M. Ed. Hart. de Chrischurch, Hants (Angleterre) : Un Chaulelasmus streperus X Anas penelope (pièce u)ontée et sous verre) 62. De M. Richard M. Barringtou de Fassaroë, Bray, Co. VVicklow (Angleterre) : Un Chaulelasmus streperus X Anas penelope (pièce montée et sous verre) 63. Collection de la Société Zoologique de Rotterdam (Hollande), par M. van Bemme- len, directeur : Trois Fuligula nyrora X F. ferina (dont deux mâles e't une femelle (huit autres nés en captivité) Liste précédente . A reporter. . . . Q -5 OS a «3 < a u ■a < a: !d ai < 0. 104 104 ...il 2 31 2 j6S 19 19 (I) S^ins doute un albinisme û'obscura^^? {i) Paraît être un boschas domestique. CXXXII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE ■ 'H U < < «3 U m S o o u 'r. a < a Ul s u en < X O s -s u s: u (A < 0. 64. Collection de M. le comte Arrigoni degli Oddi, de Padoue (Italie) : Une Fuligula nyroca X F. ferina (montée). . . 1 65. Musée d'Hist. nat. de Belfast (Irlande), par M. J. Brown, direcleur : Une Fuligula fenna X F. crùtata (montée) . . • 1 66. Collection de M. Heinrich Adolf "Weiss- flog, à Anna])erg (Saxe), par l'inlorniédiaire du Musée zoologique royal de Dresde. Un Mergus albellua X Clangula glaucion rf (monté) 1 67. Herzogl. naturhistor. Muséums, Bruns- wick (Allemagne), par M. le prof. D"" Wilh. Blasius : Un Mergus albellus X Clangula glaucion cf (niont('') I y ■ * ■ v.^ M~^ ^ ^- f * « • • m • 9 • • • • • • • • • • • 68. Musée de l'Université de Copenhague (Danemark), par le Prof, l)'^ Cli. Lutken : Un' Mergus albellus X Clangula glaucion o^ Cmonfé) ... 1 y 1.1. J W 1..1 l'V,/>> • • > • •*•< •>( » • • •• 69. Musée royal du Hanovre (Allemagne), par la Direction : Une Gallinula chlovonus X Fulica atra (montée). I 70. Muséum of Science and Art, Dublin (Irlande), par M. J. Bail, directeur (sur la demande de M. Carpenter et de M. le D' Schaff, curateur) : Un Ligurinus chloris x Cannabïna linota . . . . . . 1 71 . Collection de M. J.-B. Nichols, d'Holmwood Dorking (Survey) (Angleterre) : Deux Ligurinus chloris X Cannabina linota cf (montés) 2 Liste précédente . . 104 2 68 19 •^x — -^ — — A reporter 104 2 7o 1 22 LISTK DES HYBRIDES REÇUS EN COMMUNICATION CXXXllI 74 10 72. Collection de M. Philipp. B. Mason, de Burton-on-Trent (Anglclerre) : Deux LigurifmschlnrixXCounabwalinotacf, un Carduelis elegansX Chrysomitris spinus cf(i) et un Carduelis elegans X Ligurmus chloris ci^ (tous montés et sous verre) 73. De M. J. Blackhouse, of fhe Nurseries (York) ; Un Ligurinus chloris X Carduelis elegans (2). , Du Rév. Macpherson, de Carlisle : Un jeune Carduelis elegans X Chrysomitris spinus (3), un Tardas nterula X Turdus targua tus (4) Muséum d'Histoire naturelle de Trieste (Autriche), par M. Antoine Valle, directeur adjoint : Un Fringilta cœlebs X F. inontifringilla $ (monté) . . . 76. Collection de M. le D'^ Ricardo Ferrari, de Trente (Autriciie) : Un Fringilla cœlebs X F. montifringilla & (monté) 77. Collection de M. Ad. Poggi , de Gênes (Italie) : Un Fringilla cœlebs X F. montifringilla & (monté) 78. Collection de M. Ernest E Thompson, à Torento (Canada) : Un Pinicola. enucleator X Carpadocus purpu- reus çf U ■< Z Liste précédente . A reporter. 104 Q 104 /o 75 1 22 33 (1) Que nous soupçonnons être une Fringilla canaria X Carduelis elegans échappée de quelque cage. (2) Son origine est ignorée. (3) Né en captivité. (4) Nous croyons que cet Oiseau est un mélanisme de merula. CXXXIV DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE 79. Musée royal de Turin (Italie), par M. le Comte T. Salvadori : Un Passer mon tamis X P. itali/e cf (monté). . 80. Collection de feu M. Lemetteil, à Bolbec (Seine-Inférieure) : Un Passer nwntamis x P. domesticus cf (monté). 81. Collection de M. R. Tancré , à Anklam (Poméranie) : Une Hirundo urbica X H. rustica (montée) . . 82. Collection de M. le prof. André Fiori, de Bologne (Italie) : Une Hirundo urbica X H. rustica (montée) 83. Konigliches Muséum fur Naturkunde, Berlin; jiar M. Paul Malschie (avec l'autori- sation de MM. les D" Môbius et Reichenow) : Une Hirundo urbica X H. rustica (montée) . . Un Turdus fuscatusX T.naumanni (1) (monté); un Gallus domesticus X Numida meleafjris (2) (monté) 84 . Museo civico di Storia naturale di Genova (Italie) : Douze Paradisea apodaX P. ragfiia^ia (en peau), dont neuf o^ et trois $ ai ■w 85. Collection de M. le D' Fischer-Sigwart, de Zofingen (Suisse) : Un Tetrao urogallus Xtetrix, o^ jeune, monté. Liste précédente . . Total . . . 1 104 106 75 73 12 33 32 En tout donc : 236 pièces (3). (1) Origine douteuse. (2) Né en domesticité. (3) D'autres Musées nous ont bienveillarament envoyé des éclianlillons d'espèce pure; ce sont les Musées de Houen, du Havre, de Caen de Gènes. Nous aurions aussi à nommer des collections particulières qui 'lous ont fait des envois très impor- tants; mais cette nomenclature nous entraînerait trop loin. LISTE ALPHABÉTIQUE DES PERSONNES AVEC LESQUELLES NOUS AVONS CORRESPONDU au sujet des Hybrides et dont les noms se trouvent cités dans ce volume (1) MM. AoASSiz, professeur à l'Université de Cambridge (Etats-Unis^ (Voy. Liste des Auteurs) (2). Agnew, Andrew, N., château de Loclinaw, Wigthonshire (Angleterre) Gi:3, fjH, 619 Aldiudge, W., de Londres 195, 202 Aldohrandi (Prince g.;, Porretta, prov. de Bologne . . . 764 Allen, J.-A., curator of the American Muséum of Natural History, New-York (Voy. Liste des Auteurs). Altum, W, directeur du Musée de l'Académie forestière d'Eberswalde, à Neustaat (Allemagne). \Voy. Liste des Auteurs). Alvin, T., Deptford (Angleteire) 150, 216 Aplin, O.V.,Bloxham, Oxon (Angleterre . . . 623, 770,801 (V. List. Aut.). Arrigom degliOddi^ D' comte, professeur à l'Université de • Padoue (Italie) .... 111, 113. 114, 194. 236, 249, 251, 2o2. 254, 256, 260, 294, 300, 477, 632, 633, 640, 686, 687, 719 784, 957,959,963,966 (Voy. en outre Liste des Auteurs). AsHDOWN, naturaliste à Hereford (Angleterre). 620 (Voy. Liste des Aut.). AsTHv, E., curateur du Musée de Douvres (Angleterre). . cxxv ( I ) Les six parties de cet ouvrage, ayant été, nous l'avons dit, publiées à de grands intervalles, nous avons déjà remercié, çà et là, plusieurs des personnes que nous nommons dans celte Liste générale. Parfois donc celte lisle fera double emploi; nous la ci-oyoïis néanmoins utile pour tr'ois raisons : 1" elle est alpbabéticjue; 2.° elle iii(li(iue les numéros des pages où nos correspondants sont cités; 3" elle les fait con- nailres tous. — Ainsi que l'entête le dit, n'y figurent cependant que les personnes citées dans ce premier volume. Nous ne pouvons, à notre regret, donner les noms de toulp.^ les personnes avec lesquelles nous avons correspondu, depuis an moins di.v ans, au sujet des hybrides et qui nous ont adressé des comnumications diverses sur cette intéressante question ; leur liste est beaucoup trop longue, beaucoup tro|) étendue pour que nous songions à la reproduire ici. Nos correspondants seront d'ailleurs remerciés dans nos publications ultérieures où nous ferons part de leurs communication-. (2) Lorsqu'une personne est auteur et que ses travaux sont mentionnés dans le cours de cet ouvi-age, on doit se reporter à la Lisle des Auteurs (dressée à la fin du vol.), pour obtenir le numéro de la page où son nom et son travail son cités. Dans la pr-ésente lisle nous n'indiquons, en généial, que des communications particulières. CXXXVI DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Baily, William, L.. architecte, 138, South 4"»^ street, Phi- ladelphie (Etats-Dnis) 197,272,273,769 Ball, J., (lirecleur du « Science and art Muséum », Edim- bourg (Ecosse) cxxxii, 748 Barnes, d'AImednasan, Deccan (Indes) 870, 871 Barrinoton, Fassaioe, Rray, Co., Wicklow (Anglef ). . . cxxxi, 961, 962 Bartlett, A.-D., directeur des « Zoological Gardens » de Londres 19ii, 369, 804. (Voy. Liste des Auteurs). Batchelder, CF., NuttalOrnithological Club, Cambridge, Mass. (Etats-Unis) (Voy. Liste des Auteurs). Bkaurefons DR, château de Cerisay 195, 239 BEr)OT,D'" directeur du Musée d'Histoire naturelle de Genève cxxii Beimer, naturaliste à Paris 9, 509 Beldinq, Stockton, Nevada County (Californie) 197, 246 Bell, A.-W., le Major, assistant adjudanl-gcnéral, Indes Orientales 870 Bell, George et lils, éditeurs, Londres . .• 196 Bell, Robert, Geological Survey, Ottava, (Canada. Bellecroix, Ernest, directeur de la Chasse Illustrée, 56, rue Jacob, à Paris 603 Bemmelen van, directeur du Jardin zoologique de Rotter- dam, cxxxi, 111, 197, 402, 695, 716 (Voy. en outre Liste des Aut.). Beneden van, château de Romelot-Modave (Belgique). . . 704 Béni. Carlo, Stia (Italie) 196,300 Benner, Franklin, Minneapolis (Etats-Unis d'Amérique) . 197 Berlepsgh von, Muenden (Hanovre) 197 Bertoldo, g. -M., D', Turin 751, 759, 760, 783, 784 Bierer, Cari., conservafor. Gotha 305, 401, 405 Biedermann de Sonnemrero, \y à Winterthein (Suisse) . cxxi, 495, 496 BiRKs, A. -H., ofl. comniissionner of Ihe Arakan division Akyab (Indes Orientales) 939 Blaaw, F.-E.,' s' Graveland (Noord-Holland) . . . 197,201,739,740,964 Blackouse, j., des Nurseries (York) (Angleterre) .... cxxxiii, 477 Blaine, h 43 Blanc, H., D% Lausanne, (Suisse) 43 Blanchard, Baphaél, D'. Secrétaire général de la Soc. zool. de France, rue du Luxembourg, 32, Paris . . . 713 Blasius, Henri, D'', Directeur du Musée royal d'Histoire naturelle de Brunswick (Allemagne), cxxxii, (Voy. List. Aut.). Blum, D', Conseiller de justice (Allemagne; 318 Bock, Otto, naturaliste, Berlin cxxv, 13, 477, 508. 529 BoiDi, Luca Gajoli, comte, de Molare, Province d'Alexan- drie (Italie) cxxi, 477, 491, 492, 493, 494 Bonjour, Samuel, 13, boulevard Delorme, Nantes .... 195, 302 Bonnefond (de la), château d'Aulhon, par Brizaud^ourg (Charent( -Inférieure) cxix LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXXXVII BoNO, Eugène, Portogruaro (Italie) 196, (Voy. List. Aul.). Bonvin-Chappuis, SioD (Suisse) 7, 440, 487 BooïH, W.-H., Ipswich (Angleterre) 19o, 199, 216, 232, 237 BoRGiou, Brancaleone, prép. au Mus. zool. de l'Univ. de Gênes (Italie) . " 196, 250, 491 BossiNSKY, François de, Secrétaire de Son Altesse royale le Prince Philippe de Saxe-Cobourg-Gotlia, Seilerstate, 3, Vienne (Autriche). . . cxxv, 477, 530, 532, 533 BouLENGER, A., British Muséum, Londres 43, 62, 195, 726 BouRGUET, Tournai (Belgique) lxxiv BouvKT (E.), de Saint-Servan lxxxix Bradford (duc de), Woburn Abbey, Angleterre . ... 940, 941 Brehm, Leïla (M'"), Allemagne 396 Bric.hton, James, 7, Constance Street, Saltaire, Yorkshire. 216 Brimley, h. -h., Ralegh, New-York (Etats-Unis) 197, 341 Brogi s., Directeur de la Revista italiana di scienze natu- rali. Sienne (Italie) 196 Brooks, h. -M., Essex Institute, Salem. Mass. (Etats-Unis). 247, 660, 663 Brown, Goode, acting secretary of Natural Muséum , Washington (Etats-Unis). 198 Brown .1 , Natural History and Philoso[)hical Society, Bel- fast (Angleterre) cxxxii, 162, 724 Browne, John, de Fox Warren Lodge, Byfleet (Surrey) (Angleterre) 753 Brùgger, Ch.-G., profes., Landesmuseums, Chùr (Suisse). 43, 196, 400 BruieiNNe, (l'abbé), vie. à Ste Véronique, Lièg'e (Belgique). 197, 369 Bûchner Eug., conservateur du Musée zool. de l'Acad. iuipériale des sciences, St-Pétcrsbourg (Russie). (V^oy.List. Aut.). BucKLEv, T. -E.. de Rossai, Inverness (Angleterre). 66, 933 (Voy. List. Aut.). Buffet, Eugène, Villers-Bretonneux (Souune) cxv BuLLER VValter, Wellington (Nouvelle Zélande). 290, 743,816 (V. List. Aut.). Bureau (Louis), Nantes (Loire-Inférieure) (Voy. List. Aut.). BuRNS, Franck, L. Benoyn, Penn. (Etats-Unis) 197 BuRTON, Walter, Wardour St, Oxford St. (Londres) ... 90, 613 Butler, Arthur, G., de Beckechan (Angleterre). 974, 975 (Voy. List. Aut.). Butler, Lieu tenant -colonel, Herringtleet Hall, Lowestoft (Sullîolk) Angleterre . . cxxi, 5, 477, 479, 480, 836, 869, 871 BùTTiKOFEH, J., conserv. du Musée de Lcide (Hollande). . 43, 66, 70, 774 Cabrera V. Diaz, 7, Plaza Nucva, Séville (Espagne). 759(Voy. List. Aut.). Calloni, Silvio, D', aide naturaliste au Musée zoologique, Pavia (Italie) 43, 196 Calpini, Louis, capitaine, Sion (Suisse) 7, 43 Cambridge, E.-Philipps, The Elms, Rrecon S. Wales (Angleterre) 560, 563, 620, (Voy. List, des Aut.). Cameraxo, E., Directeur du Museo zoologico, Turin (Italie). 196, 417 CXXXVIII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Camozi Vertova, comte J.-B., senatore del regno, Bergaine (Italie) !59, 62, 477, doj, 536, 557 Campbell, J. Machauglt, Kelvingrove Muséum, Glascow (Ecosse) 13, 43, 66 Camusso, Niccolo D., Novl-Ligure (Italie) 196, 251, 257, 266, 300, 639, 784 Caniot, Gustave, Lille (Nord)5 214,222 Carpenter, g. Herbert, Dublin (Irlande) cxxxii, 748 Carrucio, a., professeur, directeur de l'Institut zoolog. de l'Université de Rome, à Rome. . . . (Voy. List, des A ut.). Castang, Philipp, du Leadenhall Market, Londres. 44, 509, 681 , 708, 950, 951 Chapman, Franck M., assistant curateur du Musée d'Hist. nat. de New-York (Etats-Unis) ... 197 (Voy. List, des Aut.). Chase, Robert, W., esq. Southfield, Birmingham (Angle- terre) cxxv, 194, 233, 234, 241, 477, 613, 616, 618 Chatvin, Douvres (Angleterre) 196, 202, 207, 212, 215 Chirez, Lille (Nord) 214 Clarté, J., Baccarat (Meurthe-et-Moselle) 230,233 Cleaver, Leicester (Angleterre) 196, 234, 237 Corelle, prof. Giovani, Directeur du Musée de Rovereto. 973 Cocke, professeur, directeur de l'Institut zoologique de Strasbourg cxxvi CoLcoMBET, industriel. Saint-Etienne (Loire) cxxviii Cole. W., Pembroke Gardens, Keusington, Londres . . . 196, 201, 207 CoLLETT, professeur, directeur du Musée zoologique de l'Université de Christiana (Norvège) . . . c.xxii, 515, 53^, 540, 552, 574, 575 (Voy. Liste des Auteurs). CoLLOT, L., professeur de géologie, directeur du Musée de Dijon (Côte-d'Or) 195, 400, 401 CooPER, A., de Penze (London) 196,251,252 Conservateur (le) du Musée d'Arras cxxii CouES, Elliot, Smithsonian Institution, Wasliington. (Voy. Liste des Aut.). Courant, à Créteil (Somuie) lxxiii CouTELLEAU, abbé à Chazé Henry (Maine-et-Loire). . . . 195, 243 Cox, Walter, des Firs, Fiverton (Devon). . 760 (Voy. Liste des Auteurs). Crossly, T., Kendal (Angleterre) 199,217,232,237 CuRzoN, L., Londres 199 Dably, Saint-Germain-Ies-Corbeil 83 Dale, Frédéric, D"" de Scarborough (Angleterre) 195, 251, 252 Dalvero, V., Vérone (Italie) 511 Dareste, Camille D', Directeur du laboratoire de térato- logie à l'Ecole des Hautes Etudes, Paris, lxii, 132 (V. Liste Aut.). Davice, P.-C, hôtel « Victoria Gardens », île Vancouver (Amérique) 946 David, Armand, abbé, correspondant de l'Institut, 95, rue de Sèvres, Paris 195, (Voy. Liste des Auteurs). LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXXXIX D*.vis, George, St-AIduIe street, 16, Glowcester (Angle- terre) 196,214,263,287 Delaito, Ventenlino, sotto ispettore forestale, Feltre (Italie). 196, 511 Deschamps, Daniel, Ouilly du Houley, près Lisieux (Cal- vados) 195, 229, 233 Deutshinger, L., D^ Secrétaire de M. le prince Alain de Rohan, Sichrow, Bohème (Autriche) 477,508,310,535 Devvar, naturaliste. Edimbourg (Ecosse) 216, 217 Deyrolle. Emile, 46, rue du Bac, Paris 27,29,31,40,44 Directeur (le) du iMuséederEcolecantonaled'Aarau (Suisse). cxxxi Directeur (le) du Musée d'Histoire naturelle de Darmstadt (Allemagne) cxxix Directeur (le) du Musée royal du Hanovre cxxxii, 746 Directeur (le) du Musée zoologique de Breslau (Prusse) . cxxxiii Doderlin, professeur, Palerme (Sicile) lxxiii Dôderlin, Directeur du Musée d'Histoire naturelle^ Stras- bourg cxxvi, cxxviii, 624 Divers, Edward, professeur, vice-président de la Société asiatique du Japon, à Hongo-Tokyo 604, 603 DoRiA, M'% Directeur du Museo civico di storia naturale di Genova, (Italie) 13, 43, 196 DouGHTv, Alexandre, Renagur, Abertfoyle (Perthsire) et Liverpool ( Angleterre) cxxvii, 361, 367, 568, 569 Dresser, E., 310, Cannon street, I^ndres. . . cxxvi, 193, 246, 476. 363, 572. 574 580, 767 (Voy. Liste des Auteurs). Dubois A., conservateur du Musée d'Histoire naturelle de Bruxelles, xci, cxxiv, 27, 43, 197, 388, 606 (Voy. Liste des Aut.). DuER, Gérard, ancien résident au Japon et en Chine. . . 604, 605, 606 DuNCAN, J., peintre à Newcastle-on-ïyne (Angleterre) . . 613, 619 Dupuis A., Genève (Suisse) 196 DuTCHER, William, New-York (Etats-Unis). . . 138,194 (Voy. Liste Aut.) Eduardovitch, Frederick, Falz-Fein (Tauride) (Russie). . 14, 13, 43 Egsaurend, Johann, château de Jeltech (Allemagne). . . 91 Eiters, F., inspect. des Forêts du district de Brunswick (Allemagne) 197, 394 Emrleton, D', vice-président de la Soc. d'Hist. natur. de Newcaste-on-ïyne (Angleterre). . 111, 116, 126, 194, 199, 207 Eaiery, D', prof, de zoologie au Lycée et à l'Université de Bologne (Italie) 196 Fatio, Victor, D', Genève (Suisse) (Voy. Liste des Auteurs). Faudel, D', Directeur du Musée et secrétaire de la Société d'Histoire naturelle de Colmar (Alsace) .... 43, 543 Ferragm, Odoardo, ornithologiste. Crémone (Italie) . . . 196, 278, 331, 782, 785, 816 (Voy. Liste des Auteurs). Ferrari, Gustave, Calceramica (Autriche) 197, 231 GXL DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Ferrari, Ricardo. D^ Trente (Autriche) . cxxxiii, 194, 230, 239, 262, 263 FiNSCH, Otto, D^ Villa Tanne, Delmenhorst 386,387,419,827 FiORi, Andréa, professeur au Lycée de Bologne (Italie) . . cxxxiv,t94,281, 293, 298. FiscHER-SiGWART, D' H., Zoflugcn (Suisse). . 196, 941 (Voy. Liste Aut.). Fischer (Jean de), Montpellier (Hérault), cxv, cxvi (Voy. Liste des Aut.). FiuME DAL, Camillo, Badia, Polesine (Italie). 633 (Voy. Liste des Auteurs). Fletcher, Robert, Hanover (Etats-Unis) 219, 222 Fontaine, Ch., propriétaire à Marq-en-Rarœul, près Lille (Nord) cxv, 193, 222 235, 238 Fontaine, Robert, Marcq-en-Barœul, près Lille (Nord). . cxxix, 193,223, 231, 232, 627, 751, 752 Forest, Alphonse, naturaliste à Paris 195, 420, 421 Fowler, W. W., Ponfefract (Angleterre) 213,214,216,218 Frajelin, comte Gherards de Ramigsillo, Udine (Italie) . lxxiv Fream Morcom, g., 870, Norlh Park avenue, Chicago (Illinois) 639, 653, 684 Frecke Percy E., Dublin (Irlande) 196 Freeman, R., Hull (Angleterre) 217 Frey-Gessner, colonel, Aarau et Genève (Suisse) . . . (Voy. Liste Aut.). Friedrich. H., D', Dresnau, district de l'Elbe (Allemagne). 816 FRiTSCH,Ant.D', directeur du Musée de Prague (Allemagne), cxxvi, 92, 507 Funston, .1 -F., Liverpool (Angleterre) 196, 217, 234 Gadow, D', directeur du Musée zoologiyue et d'anatomie comparée de l'Université de Cambridge (Angle- terre). . 509 (Voy. Liste des Auteurs). Gantjotana, G., Quito, Amérique du Sud lxxi, lxxiii Gargiolli, Desiderio, Montifauna (Fiesole) (Italie) .... 196, 231, 235 Geoffroy-Saint-Hilaire, directeur du Jardin d'acclima- tation de Paris ... 177, 193, 217 (Voy. Liste des Auteurs). Gestro, R., D', Directeur-adjoint du Museo civico di storia naturale, Gênes (Italie) 196, 417, 420, 819, 829 GiGLioLi, Enrico, Hillyer, D^ professeur à l'istituto di studi superiori et directeur du Museo zoologico dei Vertebrati de Florence (Italie). . cxxviii, 13, 43, 112, 117, 121, 194,210, 215, 234, 241, 243, 259, 293, 402, 421. 510. 516 761, 779, 780, 781 (Voy. Liste des Auteurs). GiPOULON, aîné, Sauveture lxxiii, lxxiv Giovanni de Cobelle, directeur du Musée de Roverto. Godefroy-Lunel, direct, du Musée zoologique de Genève. 43, 112,156. 157 Gosselet, Directeur du Musée d'Hist. nat de Lille (Nord), cxxii, 194 264 GossELiN, Conservateur du Musée de Douai cxxx, 662 Graaf (DE), W., La Haye (Hollande 250 254 Grant, sir Arthur, Monymusk (.\ngleterre) 943, 944, 945 GRANT,Ogilvie,British Muséum (Natural history), Londres. 43(VList. Aut.). Gregory, Mac, InspecteurgénéraldeQueensland(Océanie). 423, 424, 826 LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXLI Grieg, James A., Conservateur du Musée de Bergen (Nor- wège). 43 (Voy. Liste des Ailleurs). Grunwald, junior, Walfratshausen (Bavière 511 513,514 538 GuicHARD, Jacques régisseur du domaine de Sivry-courty (Seine-et-Marne) 496, 497 GOnther IV, Direct, du British xMuseum (Natural History) Londres 607,612,712,804 GuRNEY, père, Norwich (Angleterre) 201, 207 GuRNEV, J.-H., jiin, Keswiclt-Haii, Norwicli (Angle- terre) . . cxxvii, 111, 128 152, 155, 194, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 208, 209, 240, 243. 277, 310, 367, 369, 371, 372, 373, 464, 465. 466, 476, 541, 545. 589, 590, 592, 619, 623, 640, 643, 652, 665, 675, 688, 692, 696, 708, 711, 713, 714, 715, 716, 722, 744, 773, 804, 805, 964. Haase, 0., Mittelstr., 51, Berlin 932 H^CKEL. prof, à l'Université d'Iéna (Autriche) lxxix Hamard, abbé, géologue, anthropoiogiste, Rennes (Ille-et- Vilaine) (Voy. Liste des Auteurs). OxENDEN Hammond, W., St-AlbauCourt, près Wingham, Kent (Angleterre) 194. 199, 200, 205, 200, 529 Hamon l'Estrange, Hunslanton Hall (Norfolk) (Angle- terre) cxxviii, 8, 90. 99. 476, 614, 618 Hamonville (d'), baron. Conseiller-général, château de Manouville, par Noviant-aux-Près (Meurthe-et- Moselle) 541, 619, 675, 682, 708 Handcock, John, Northumberland, Durham and Newcastle Muséum, à Newcastle upon-Tyne 43, 88, 111, 118,120, 126. 195, 201, 207, 268, 465, 543, 613, 637, 651, 613, 637, 651, 680 (Voy. Liste des Auteurs). Hardy, James, secrétaire-honoraire du Berwikshire Natu- ralises Club, Oldcambus, par Cockburnspath (Angleterre) 195, 394 462 (Voy. Liste des Auteurs). Hardy Manly, dealer in and shipper of raw furs and skins Brewer (Maine) (Etats-Unis) 6, 112, 137, 197, 470, 682, 708, 709 (Voy. Liste des Auteurs). Hart, Ed., Bow Muséum, Christchurch, Hauts (Angle- terre), cxxxi, 99,111,113, 118, 126, 128, 139, 143, 146, 155, 156, 613, 619, 631, 634, 654, 655, 666, 674, 686, 697, 698, 713, 722, 9.59 Hartert, Ernst, au zoological muséum de M. Rotschild, Tring (Angleterre). 196, 600, 610. 621, 622, 708 (V. Liste Aul.), Harting, J.-E., directeur du zoologist, Londres 489, 490, 509, 512, 770, 772 (Voy. Liste des Auteurs). Hartson, Joseph, Huddon-Rudiey (York) (Angleterre) . . 196, 201, 208 Hauptvogt, Ant., Instituteur, Aussig (Bohème) 407 Hauterive (d'), Paul, Erance 190 CXLII DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Hayward, S., Camdbridge (Angleterre) . . .' 196,202,208 Hazard, R -G., Peace Dale R. I. (Etats-Unis) 197, 273 Heensheet, Th., à Paletu (Indes-Orientales) 939 Hehbe, A-, Brieg (Allemagne; 197, 332 Hepe, Inspecteur des forêts à Putt (Allemagne) SIO, 511 Herman, député, Musée de Budapest (Hongrie) 919, 920 Hermann, succès, de M. Maingonnat, naturaliste, Paris. . 604 Hertwig, r., Professeur, directeur du Musée zoologique de Munich (Bavière) cxxiv, 617 Heuch, près Kiel (Allemagne) 239 Heude, R. P. missionnaire à Chang-Haï (Chine) li, lvii, 607 (Voy. en outre la Liste des Auteurs). HiCKS, Edmond, Liskeard, Cornwall (Angleterre) .... 195 HiLL, G.-W., Londres 196 HiLLYER, J.-H., Leicester (Angleterre) 212, 213, 229 HoRBS, (M''^), 23, Queen's Road, Northampton (Angleterre). 803, 804 HouLTON, Chas., de St-Helens, Lancashire (Angleterre) . . 193, 218, 224 HouLTON, D., Edimbourg (Ecosse) 193, 237 HousE,. Richard, Directeur du Muséum, Northumberland, Durham, Newcaste-on-Tyne (Angleterre) . . . 637, 638 HuNT, S.-Deny, King's Linn (Angleterre). . . . 196, 217, 232, 237, 2.31 Hygins, J , Ponlefract (Angleterre'! 214 Jagerskiold, L.-A., D^ de l'Université d'Upsala (Suède) . 928, 929, 936 Janson, Evv., Nat. hist., agent and Bookseller, 44, Great Russell St (London) 200 Jentinck, D', profess. s' Riyks Muséum van Naturlijke his- torié, Leiden (Hollande) cxxvi, 374, 634, 6o9, 683, 774 (Voy. Liste des Auteurs). JiFFiN, Thomas, Rédacteur du Carliste Journal, Carliste (Angleterre) 193, 228 Jupp. S., Worthing (Angleterre) 219 Kempen (van), St-Omer (Pas-de-Calais) cxv, cxxiii, 84, 83, 112, 171, 193, 394. 476, 307, 308, 522, 337, 341, 342, 362, 372, 373, 374, 602, 632, 630, e.'U, 713, 724, 742, 963, 964, 969 (Voy. en outre Liste des Auteurs). Kerbert, C.,D', directeur du Koninklijkzoologish. Genoots- chap, Amsterdam (Hollande). . cxxix, 194. 199, 206, 207, 630, 631, 631, 639, 644, 643, 646, 663. 669, 688, 689, 749 Keulmans, Artiste peintre, 13, York Terrace, Southend on see, Essex (Angleterre). . . . ,362, 726, 727, 761, 767, 774 KiRKLANu, J., Burton-on Trent (Angleterre) . . . 195, 231, 233, 234, 237 Klawieter, Anklam (Poméranie). . LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXLUI Klein (von). A., grand veneur, directeur du Jardin zoolo- gique de Copeniiague (Danemark) 197, 441, 487, 305, 509, 730. 751, 732 Kniz, James, J. f. de l'Pxole d'Art de Glasgow (Ecosse). 943, 944 Knop. a., D^ Kalsruhe (Allemagne) 43, 44, 112, 118, 441 KocH, Adam, Custosam. SenckenbergischeNaturforschende Gesellschaft. Frankurt-a-M. (Allemagne) . . . cxxii, 34, 43 KoLDE, C, hauptiehrer (maître principal), Langenbielen- in-Schl. (Allemagne) 19G, 240 KoRTCHAGUiNE, Alexandre,aide conserv. de la sect.ornithol. du Musée de Moscou (Russie) 513 Kralik, Ritter, von C, Mëgerswalden, Adolf (Bohème). . 44, 45, 54, 303, 306, 338, 343 Kramah, Josef, Pilzen (Bohème) 197, 352 Kreyge, Hanovre (Allemagne) 746 Krohn, J.-H.-B., Hambourg (Allemagne) 816 Krugër Vetthusen, Brandebourg (Allemagne) 197 KUSIKEL 91 Lacroix, A., 1, rue Clémence Isaure, Toulouse 9, 112, 118, 119, 171 (Voy. Liste des Auteurs). Lamr, John, 2, Muscovy Court, Londres 99, 622 Langley, s. -P., Secret. Musée nat. des E.-U., Washington. 197 La Perre de Roo (France) . lxxxiv, xcv, xcvi, (Voy, Liste des Auteurs) Larquier des Baxcels, D", Conserv. Musée zool. de Lau- sanne (Suisse) cxxiv, 196, 379, 380, 526, 699, 810 Lawrence, George^ N., New-York (Etats-Unis) 197, 325 Lemettkil, Bolbec (Seine-Inférieure) cxxxiv, 9, 27, 28, 29, 30, 32, 33, 34, 33, 36, 38, 39, 43, 44, 193, 232, 275, 277, 282, 476, 492, 772. 773, 774 (Voy. Liste des Auteurs). Levander, docteur K. M , de l'Université d'Helsingfors (Finlande) ^ 943, 938, 959 Leverkùhn, Paul, D^ directeur des Institutions scienti- tlques et de la Bibliothèque du prince de Bul- garie, à Solia. cxxxL 29, 111, 196, 477, 544, 686 (Voy. Liste Aut.). Lewis, W.-E., oologiste, Lox Box 333, East Liverpool (Ohio). 197 LiLFORD, Lord, Lilford hall, Oundie (Angleterre) cxxx, 563, 601, 975, 979 (Voy. en outre la Liste des Auteurs). LiNDNER, pasteur à Osterweich, à Harz (Allemagne) . . . 477,816, 979 (Voy. en outre la Liste des Auteurs). Lorenz, Ludwig von, D'. custos adjuncl du Musée d'His- toire naturelle de la Cour, Vienne (Autriche) . cxxv, 43, 197, 309, 315, 516. 521. Lorenz. Th., naturaliste, Moscou (Russie) 11,43,197,223, 224, 225, 309, 312, 736 (Voy. Liste des Auteurs) LoSH Thorpe, D., de Carliste (Angleterre) cxxvm. 476, 623, 758 CXLIV DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE LouGAL, marchand d'Oiseaux, 33, rue Chariot, Paris . . . 229,232,250,21)2 LuTKEN, Ch., D', directeur du Musée de l'Université de Copenhague . . cxxxii, 43, 112, 503 (Voy. Liste des Auteurs). Mackeley frères, Norwich (Angleterre). . . 199, 201. 208, 217, 232, 243 Macones, Joh., Ottawa (Canada) 197 Macpherson, Rev., Carlisle (Angleterre) cxxxiii, 111, 126, 128, 193, 201, 202, 409, 463, 738, 739, 740, 760, 964 (Voy. en outre Liste des Auteurs). Macpherson, A. Holte, Londres . . . 801, 803 (Voy. Liste des Auteurs). Madarasz, Julius von, Pesth (Hongrie), cxxxi, 698 (Voy. Liste des Aut.). Mahler, artiste peintre, Paris cxix Magnelli, préparateur au Museo dei Vertebrati, Florence (Italie) 230, 255, 401 Maingonnat, naturaliste, 37, rue Richer, Paris ...*.. cxxviij 84, 604 Malm, a. -H., direct, du Musée de Gothembourg (Suède) . 50, 66 (Voy. en outre Liste des Auteurs). Marchant, Louis, 31, rue Berbisey, Dijon . 400 (Voy. Liste des Auteurs). Maroé (L. de), Vendée lxxi Marcom, g. Freani, Chicago (Illinois) 589 Marion, correspondant de l'Institut, directeur du Musée d'Histoire naturelle de Marseille. . cxxi, 9, 194, 249, 497, 767 ]yiARMOTTAN, D', député, Passy (Seine) 9, 44, 271, 497, 516, 724 Martin, R., avocat. Le Blanc (Indre) 193 Martorelli, Giacinto, professeur, directeur du Museo civico di storia naturale de Milan (Italie) . . . 405, 819, 833, 984, 985 Voy. Liste des Auteurs). Mason, Philipp. B., esp. , Burton-on-Trent (Angleterre). . cxxxiii, 194, 199, 200, 202. 204, 210, 213, 229, 230, 231, 232, 233, 237, 241, 242, 243, 738 Mason, superintendant du Musée indien (Calcutta). . . . cxxx Matschie, Paul, du Muséum fiir Naturkunde de Berlin (Prusse), cxxxiv, 194, 293, 293, 361, 421 (Voy. Liste des Aut.). Maughan, Andrew, Dumbarton (Ecosse) 193, 202, 213, 216, 218 Maunsell, Mark, late captain to the Royal Dragons, OakleyPark,Celbridge,Co Kildare (Angleterre). 193, 369, 370. Mégnin, Paul, directeur de l'Eleveur, membre de l'Acadé- mie de Médecine à Vincennes . . lxxxvi (Voy. Liste des Aut.). Menzbier, professeur à l'Université, secrétaire de la Société des naturalistes de Moscou (Russie) 197, 303, 410, 453, 438, 463 (Voy. Liste des Auteurs), Mever, A.-B., D"', directeur du Kbnigliches zoologisches und anthropologisch-Ethnographisches Muséum de Dresde (Saxe) cxxii. cxxxii, 27, 520, 540, 574, 577, 586, 387, (Voy. Liste des Auteurs). LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXLV MiLLAis, J.-G., Highlanders Seaforth (Fort-George) (Angle- terre) .^ 116, 117, Sol, 622. 633, 640 (Voy. Liste des Auteurs). MiLLARD, G., de Wymangtiam (Angleterre) 908,909 MiT.LKu Christy, Robert, Priors Bromtield, near Chelmsford (Angleterre). . . 193, 476, 489, 490 (Voy. Liste des Auteurs). MiLLERSH, G.. Cheltenham (Angleterre) 217 MoBius, D% directeur du Konigliches Muséum fiir Natur- kund, Berlin cxxxiv, 194, 293, 29o MoRSCH, C, D', directeur de la zoologische Sammlunge, Musée de Prague 43 MoNTAGU Brown, pasteur à Rotlerdani (Hollande) .... 90, 94, 140 Morris, of Wheatlands, Clieaspeakebay Yatch club, Easton, Maryland (Etats-Unis) 684,683,727 MoscHEN, Lamberto, professeur, Rome . . 196 (Voy. Liste des Auteurs). MiiLLNER, prof., direcleur du Musée de Laihach (Autriche). 339 Nadaillac (de), mar(iuis, correspondant de l'Institut, au château de Rougeuiont, p. Cloyes (Eure-et-Loir). (V. Liste Aut.). MuRPHY, (capitaine Michael), Angleterre 941 Naupa, D% Linz (Autriche) 197. 397 Nazzonow, N., Musée zoologique de l'Université, Varsovie (Pologne) . . . .^ 371, 372 Nelson, J.-H., Redcar, Cleveland, Vorkshire (Angleterre). 941 Newbery, F. -H., (le la Glascow School of Art Glascow (Ecosse) 370 Newtox, sir Alfred, prof, à l'Université, Magdalene collège, Cambridge l'Angleterre) cxxx, 112, 193, 634, 639, 680, 724 (Voy en outre Liste des Auteurs). NicHOLS, J.-B., Holmwood, Dorking, Surrey (Angleterre), cxxxii, 194, 199, 201, 202, 407, 476, 340, 679, 693, 693, 749 NicouD, Louis, fabricant d'horlogerie, Chaux-de-Fonds (Suisse) 196 Norguet (de), a., Lille (Nord) cxxii, 194, 264 Noury, directeur et fondateur du Musée d'Histoire natu- relle, Elbeuf (Seine-Inférieure) 9, 27, 28, 31, 38, 39, 40, 43, 44, 193, 232, 282, 283, 317, 334, 404, 439 Ohl, H.-L , président de la Soc. ornith. de Hanau-sur-le- Mein (Allemagne^ 197, 286 Olphe Gaillard, ornithologiste, Hendaye (Basses-Pyrénées) . 1 12, 713 (Voy. Liste des Auteurs). Olsson, P, I)', directeur du xMusée d'Osbersund (Suède) . 310 Oudemaxs, A. -G., direct, du Kouinklijk z<»ol. bol. Genoots- chap, à La Haye 197, 234 Oustalkt, Docteur ès-sciences, aide naturaliste au Muséum, ancien président de la Soc z('ol. de France, 5ô, rue Bufïon, Paris. . xn, 43, 112, 117, 134, 141, 176, 193, CXLVl DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE 221, 222, 226, 240, 288. 290, 407, 411, 417, 444, 447. 350, 610, 696, 720, 726, 742, 744, 743, 746, 794 (Voy. Liste des Auteurs). Paden, Richard, directeur du Muséum and Gallery of Arts, Liverpool (Angleterre) cxxix, 636, 712 Palmer (le baron), directeur du Musée de l'Université Helsingfors (Finlande) 929 Parrot, C, D', Munich (Bavière). . . 104, 196 (Voy. Liste des Auteurs). Paton, directeur du Musée de Glascow (Ecosse) cxxiv, 370, 371 Pauer, Guiseppe, Via Roniana. n" 41, Florence (Italie) . . 196, 212 Paulstich, D"", realschullehrer, Hanau-sur-le-Mein . . . 197,242.286,374 Paulucci, (Madame la iiiar(]uise), château de Cesfaldo, Val d'Eisa (Italie) 196, 230, 234, 400, 40! Pavesi, Pietro, professeur à l'Universih' de Pavic, direc- teur du Cabinetto zoologico, Pavie (Italie). . . nxxiii, 323 (Voy. Liste des Auteursj. Peck, R., directeur du Muséum Naturforschenden. Gesells- chaft, Goerlitz (Allemagne) 43 Pecler, H. S. Hohnes. King'sT-angley, Hert. (Angl.). (Voy. Liste des Auteurs). Pelzeln (von), a., Musée impérial d'Histoire naturelle, Vienne (Autriche) 43, (Voy. aussi Liste des Auteurs), Pennetier, D', directeur du Muséum d'Histoire naturelle Rouen (Seine-Inférieure). . cxx-x, 193, .390, 667, 702, 937 967 Penot, Cb., aide naturaliste, Musée de Marseille. . . . 497 Peske, Scblawe (Allemagne) 197 Petit, Louis, naturaliste, 21, rue du Caire, Paris .... 601, 608 (Voy. Liste des Auteurs). Pétri (le chevalier), Louis, Ecole pratique d'agriculture de Pozzulo del Friuli, Udine (Italie) lxxxi Philipp (le D'), Santiago '.Chili) (Voy Liste des Auteurs). PiSTONE, Palerme (Sicile) 196, 242 PiTOT, Louis, naturaliste à Neuville, près Vire (Orne) . . 193, 240, 285 Planauer, h. -M., custos du Musée d'York (Angleterre). cxxiii,43 66 522 Pleske, Th., conservateur du Musée de l'Acadéuiie, Saint- Pétersbourg. 43. 197, 313, 327, 344 (Voy. Liste des Auteurs). Pœcile, Douiinico, Udine (Italie) lxxiii PoGGi, Ad., de Gènes (Italie) cxxxiii, 194, 230, 2.39, 263 Pretymann, Cap., Carlton South, Lincolnshire (Angleterre), cxxx, 949, 932 Pretv.ma.n, Frf'dérlc, Orwell Park, Ipswick (Angleterre) . cxxx, 476, 639, 640, 647 930 Prvor, Roderick 79, Grâce cleurcle street, Londres. . . 613, 618, 619 Rabaud, Etienne, Monlauban (Tarn-et-Garonne) 193 Radde. Gustave, D'. directeur de la Bibliothèque et du Musée d'Hist. naturelle de Titlis (Russie d'Asie) . 112, 711 (Voy. Liste des Auteurs). Ragsdale. g. -H., Ganiesville Cooke, Texas (Amérique). . 197 Raine, Robert, Angleterre 935 LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXLVIl Ramsay, Ed., curateur de l'Australian Muséum, Sydney Nouvelles Galles (Nouvelle Hollande) 198. 422, 472 (Voy. Liste des Auteurs). Raymond, fils, Angoulènie (Charente) 233 Redon Neyreneuf, Louis, secrétaire général de la Soc. Linnéenne de Lyon, place Sallionay 498 REICHENB4CH. SenckenhergischeNatur. Gesellscliaft. Frank- furt, A. M 43 Reichenau (von), W.. custos des Naturh. Mus. in Mainz, (Mayence) 43 Reichenovv, D% directeur de la collect. ornilli. du Muséum fiir Naturkunde de Berlin cxxxiv, 194, 293. 29o, 361, 363, 392, 421, 51 i. r)lo, 677, 710, 741 Renner .1., Ornithol. Vereins, Stargard (Poméranie) . . . 197,393 RÉvoLLE, L., directeur du Muséum, Grenoble (Isère) . . . cxxi Rev, E., l)'-. Il, Florsplatz, Leipzig (Allemagne) 43. 92, 197, o4l RiDGWA*', Robert, curator département of Birds Musée National des Etats-Unis, Washington cxxxi, 112, 118, 137, 197, 247, 292. 300, 320. 392, 421, 682, 683, 77;j (Voy. Liste des Auteurs). RoHAN (prince Alain de), Schirovv (Bohême du Nord) . . . 477. 508. 510 RoGERo.N, membre de la Société nationalf^ d'acclimatation de France, château de l'Arceau, près Angers. 948 948, 934 (Voy. Liste des Auteurs). Ro.MANESE, S.. D\ Levico (Italie) . . 191). 249 258, 259 RoNiHELD, secrétaire de S. A. R. le grand duc de Hesse- Darmstadt cxxv, 477, 307, 529 RoMiTA (de), D^ prof, à l'insfiluto tecnico, Rari (Italie). 194, 293, 296, 297, 783 Rothschild, Walter, prof, du .Musée Tring (^Angleterre) . 62 69. 511, 512, 600, 613, 618, 619. 622, 640. 708, 940, 969 RoYER^ Charles, président des Beaux-Arts, Langres . . . cxxix,112. 115, 476, 633, 634 RuDON. Ferd., D', Perleberg (Allen)agne) . 197, 394, 395 (Voy. Liste des Auteurs). RuGGERi, A., .Messine (Italie) 196, 212 RuHL, Emile, négociant, (Verviers Belgi(|ue) 197, 213, 216, 229. 232, 233 237. 241, 242 Sage. H.. Portland (Etats-rnis) 341, 684, 791 Salle, Barbezieux lxxiv Splter, Stephen, jun., architect et surveyor. à Pondwell, près Ryde (Angleterre) 193, 200, 213. 215. 268 Salvador!, Thomasso, comte directeur adjoint du Museo zool. de Turin (Italie) cxxxiv, 272.278 (Voy. Liste des Auteurs). CXLVIII DES HYBRIDES A l'ÉTAT SAUVAGE Salvin, Osbert, Hawks fold, Hoslemere. (Angleterre). . . 195 (Voy. Liste des Auteurs). Sanson, prof, de zootechnie à l'Ecole do Grignon xvi (Voy. Liste des Auteurs). Sargent, Liskeard (Angleterre). • 217 Saundebs, Howard, editor, of the Ibis, Angleterre. . . . 961 (Voy, Liste des Auteurs). SÀvATiER. abbé, curé-doyen de la Villedieu du Clain (Vienne). 491 ScHAFF. D', Angleterre 748 ScHAVVRZENBERG (S. A. le priuce Adolphe-Joseph de), châ- teau Frauenberg, par Libijie . . o43 (Voy. Liste des Auteurs). ScHLUTER, naturaliste, Hall, a. Saale (Allemagne) .... 608 Schneider, Gustave, Bàle (Suisse) 196 ScHULT, A., Fribourg 43, 396 ScHLiTT, Karlsruhe (Allemagne) 112, 117, 118 ScLATER, Henri, H., . Angleterre 961 ScLATER, W.-L., Indian Muséum, Calcutta (Indes Orien- tales) Gxxx, 669, 677 ScLATER, P.-L., secrétaire de la Société zoologique de Lon- dres, Hanover Square 112, 169, 290, 389, 660, 739, 740 (Voy. en outre Liste des Auteurs). Seais, J.-H., assistant au Muséum de l'Acad. des Se de Salem (Etats-Unis) .... 112, 137 (Voy. Liste des Auteurs). Seehohm, Londres (Voy. Liste des Auteurs). Selys Longchamps (baron Ed. de) membre de l'Académie des Sciences de Bruxelles, ancien président du Sénat belge, boulevard de la Sauvinière, Liège (Belgique) cxxvi, 111, 117, 133, 139 161, 194, 209, 226, 243, 244, 248, 249, 252, 253, 265, 271, 388, 409, 468, 477, 541, 543, 550, 572, 574, 579, 650, 651, 662 664, 667, 692, 693, 694, 700, 703, 713, 720, 721, 726, 955, 958, 959, 964, 980 (Voy. en outre les Listes des Auteurs). Sennett, Geo. B., Evis, Pa. (Etats-Unis). . 484 (Voy. Liste des Auteurs). Seringi, Otto, couite. Autriche 698 Sharpe, R.-B., D', Wilmington, Darlford Kent (Angle- terre) (Voy. Liste des Auteurs). ShOr, Karlsruhe (Allemagne) 118 Slater, Henry, H., Carlisle (Angleterre) . . . (Voy. Liste des Auteurs). Sleep, Jackhroock street. London 200, 204 Smart, G., naturaliste, Durham (Angleterre) 196, 199 Smith, G-, Denes naturaliste Larus house, Great Varmoulli (Angleterre) 195, 2C0, 204, 205, 233 Smidt F -A., direct du Museezoolog.de Stockolm (Suède), cxxii, 43, 501, .502, 505, 509. 515, 317. 544, 573, 910, 911, 927, 928 SoRDELLi, professeur, directeur adjoint du Museo civico di storia naturale, Milan (Italie) . 43, 112, 113, 117, 120, 147, 970 LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CXLIX Sparre-Sghneidkr, .1., directeur du Musée zoologique, Troniso (Norwège) cxxvu, 43, 574 Sprecher, Jacob, Coire (Suisse) 196,239,284,288 Sprengel 43 Stadlobert, Hicliard, taxidermiste à Marialiofï, Post Neu- marks, Steierniark (nohèiiie) o09. 513 Stephens, F., Santa Ysabel, Californie (Etats-Unis) . . . 481, 482 Stevens, comniissaire-priseur, Londres 196, 399 Stewaht, Willam, clerk of sénat, Univers, of Glascow (Ecosse) 560. 570 Stjernvall, Hugo, .).. docteur en ptiilosophie, Hirven- salmi (Finlande) 477, 504, 508, 516, 535, iî36, 572, OH, 912, 913, 928, 929, 930, 931, 936, 965, 966, 968 Stone, Witmer, conservateur de la section ornithologique de Philadelphie, (lermantown, Pa, (Etats-Unis). 339,392,705,769 Sure, J -VV., Acting Curator in charge of United States national Muséum, Washington (Etats-Unis). . 197 SwAYSLAND, W., Brighton (Angleterre) 19G 20l,S?07,217 ÏACZANOwsKi, prof ., directeur du Musée, Varsovie (Pologne). 12, 43 56, 572 (Voy. Liste des Auteurs). Tancré, R., Anclam (Poméranie) (Prusse) cxxxiv, 194, 293, 297, 213, 396, 446, 477 7«2, 816 Tardv, Chenil de la (^^harinoye, par Cerdon (Loiret) ... cxix Thiele, Société allemande protectrice des Oiseaux, Leipzig . 43 Thomas, Paul, Devonport house, New Maldeu, Surrey (Angleterre) lxxii Thompson, Ernest, E., naturaliste, 86, Homard St, Toronto (Canada) cxxxiv, 197, 267, 268, 477, 768, 769, 845 Thompson, William, secrétaire du Berwickshire Natura- list's Club, Northumberland (Angleterre) . . . 462, 463 ToRNHiLL, John (pour le duc de Bradford) 940 TiEMAN, Fr,, conservateur du Musée de Breslau, Silésie (Prusse) 43, 91, ^Voy. Liste des Auteurs). Tissi, Enrico, Sotto-ispettore forestale, Belluno (Italie) . . 196, 225, 236, 245, 288 TrxiER, à Sallon (Loir-et-Cher) Lxxm To.MKiNSON, Edw. p., ancien lieutenant R. N., Pasadura (Californie) 94 ToppAN, Georges L., 138, Jackson street, (Chicago (Etats- Unis). . • 197, 274 ToRRE (del), Francesco, Cindale del Frioli (Italie) .... 19i, 264 Traquair, h. -M., Keeper of Nat. hist. dép., Muséum, Edimbourg (Ecosse) cxxvii, 66 Tristam (rév.), Durham (Angleterre) 118, 126, 420, 651, 652 Tpotter (rév,), St Mury de Crypt Rectory, à Gloucester . 651, 652 CL DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE TscHusi zu ScHMiDOFFEN, le chevaliei' Victor (von), Hallein (Autriche) . 112, 197, 698. 70i, 7(Î9, 909 (Voy. Liste des Aut.). TucK, Julian (rév.), Postock Hectory Bury S' Edniund Sufïolk (Angleterre) " 476, 771, 772 ÏULBERG, Tycho, directeur du Musée zoologique, Upsala (Suède) cxxiv, 543, 554, 557, 574, 576 TuRGHETTi, Isolo Fuecchio (Italie) 196,251,252.279 TuRNER, aux Birches Sutlou Coldtieid, près Birmingham (Angleterre), cxxviii, 91. 99, 476, 613, 615, 616, 617, 618, 941 TuRNER, Hammondville, New-York (Etats-Unis) 197 Utterstrom. Hugo et Oskar, de Pajola (Suède) 936 Vàlle, Antoine, directeur-adjoint du Musée d'Histoire naturelle, de ïrieste (Autriche) cxxxiii, 194, 250, 259 V^ALLON, Roverto (Trentino) (Autriche) . . 250 (Voy. Liste des Auteurs). Varisco, a., prof D'', directeur du Museo zoologico, Ber- game (Italie) 196 252. 972 Veale W., Scarborough (Angleterre) 217 Vegaiiiller, pharmacien, Morat (Suisse) 196 Verrali., J.-H., Lewes (Angleterre) 195, 199, 202, 207, 224, 225, 231, 265 (Voy. Liste des Auteurs). Verrill, A.-H., Connecticut (Etats Unis) . 791 (Voy. Liste des Auteurs). Vian, président honoraire de la Société zoologi(iue de France. 4, rue des Capucins, Paris, ou à Bellevuo (Seine-et-Oise) 312. 469, 5il, 675, 682, 6'i3, 708 (Voy. Liste des Auteurs). ViLLERMET, Cliambéry (Somme) lxxi Vis (de) C.-W., curateur du « Queensland Muséum » (Autralie) 840 Wagg, E., Gros new Street, n" 77, Londres 911,947 Wagram (de), prince, avenue de l'Aima, 7, Paris . 83, (Voy. Liste Aut.). Waldung Zeil Tranchbury, le comte von, Moravie. ... 92 Wallace, Alfred, B., Parkstone, Dorsetshire (Angleterre). (Voy. Liste des Auteurs). VVard, Boland. naturaliste, Londres 941 Warthausen, R., D^ baron Kœning, château de Warthau- sen, Wurtemberg. . . . 196, .'350 (Voy. Liste des Auteurs). Waterman, Arthur, Londres 212,215,753,754 Weissflog, Heinrich-Adolf, Annaberg (Saxe) cxxvii, 731, 732, 733, 737 Westermann, direct, du Koninklijk zoologisch Genool- shamps, Amsterdam (Hollande). . 112, 114, 122, 173, 630, 644 Whitaker, J ., de Rainworth Logde, Manstield Notts( Angle- terre. . . . 194, 199, 204, 205, 228 (Voy. Liste des Auteurs). Whiteaves, J.-F.,actingdirector Geological Survey depart- ment, Ottawa (Canada) 137, 197, 684 LISTE DES PERSONNES QUI ONT CORRESPONDU AVEC NOUS CI.I Wicki:voort-Crommemn (van), diiecleur de la Société d'His- toire naturelle, Ilarirm (Hollande). . 111. 117, 133. KU, lii, 143, Ui, 136, 157. 197, 201, 249, 253, 614, 712 (Voy. Liste Aut.). WiEBKE, Antonin Wilhrni, llainhoiiri; (Allemagne). 43, (V. Liste des Aut.). WiEPKEN, Ï.-J., directeur du Musée ducal (roidoniljouri; (Allemagne) .112.142,696,737 VViGGiNS, John, de la a Mritish Goat Society » Angleterre, lxxxi, lxxxiv WiLKENS, D', Vienne (Autriche) WiNTELER. J , D', président de la So.ciélé ornithologicjuc d'Argovie, Aarau (Suisse) 196,243.440,463 VVooDTHROPE, R.-G., du Beugalore uniled service club, Bombay (Indes Orientales) . ... 939 WoRTHEN, A., naturalist-dealer, Warsaw, Illinois (Etats- Unis) 573,090,591,777 WuRM, \^^, l)% Bad Teniach. (Allemagne). . . (Voy. Liste des Auteurs). You.\G, professeur, directeur du Musée de l'Université Hunterian Muséum. Glascow (Ecosse) 569, 571 Zaroudnoï N , naturaliste d'Orembourg, au camp des Cadets, Pskow (Russie) 112, 118, 119, 197, 318, 652, 743, 775, 813, 814, 971 ZoLLiKOFER, préparateur au Musée de St-Gallen (Suisse) . cxxi,495, 496, 50!), 513, 945 Parmi ces noms, que de vides la mort u'a-t-elle point faits ! Cliaque mois, chaque semaine, les revues, les recueils périodiques, les journaux, nous apprennent dans leurs articles nécrologiques que beaucoup de ceux avec qui nous nous trouvions en correspon- dance, depuis dix ans à peine, ont tout à coup cessé de vivre. Nous eussions désiré indiquer par une croix les noms de nos aimables correspondants qui ne sont plus. Mais notre liste eût ressemblé à un vaste cimetière; puis il ne nous est point possible de connaître tous ceux que la mort a fauchés. Nous nous sommes donc abstenu de signaler à nos lecteurs les pertes que la science a faites; nous tenons, néanmoins, à nous souvenir de ceux que Dieu a déjà et si promptement retirés de ce monde. CLI[ DES HYBRIDES A L ETAT SAUVAGE Avertissement Nous avons fait déjà remarquer que cet ouvrage n'a pas été rédigé d'un seul jet; il se compose de six parties, écrites à des intervalles éloignés. Aucune modification n'a été apportée à leur rédaction; aussi trouvera-t-on nécessairement quelques redites: les idées générales, dont nous faisons précéder le livre, avaient déjà été indiquées çà et là lors de la publication séparée de chaque partie. Nous avons cru devoir, cependant, les rassembler et en donner un résumé complet en tète de tout l'ouvrage, dont elles sont destinées à éclairer le texte. Nous réclamons l'indulgence du lecteur. Un travail aussi consi- dérable et, à certains égards, aussi neuf que celui que nous lui offrons, présentera certainement des imperfections et des lacunes. Ajoutons que la nécessité de recourir sans cesse à des sources étrangères, imprimées ou manuscrites, — puisqu'il existe très peu de livres français traitant des hybrides (1), — a du, malgré nos soins les plus attentifs, amener quelques fautes de traduction. Le lecteur éclairé comprendra les difTicultés que nous avons dû vaincre, et voudra bien nous tenir compte de nos efforts. (1) D'environ HOO ouvrages ou articles de Revues, dans lesquels nous avons puisé des renseignements et que nous citons, (voy. la lAsie des Auteurs, pp. »7î) et suiv.), 2dO à peine sont écrits en français — plus de 8.jU sont écrits en langues mortes et plus particulièrement en langues étrangères diverses. — Nos correspondances avec les Naturalistes, (lettres que nous n'entreprendrons pas de compter vu leur grand nombre), ne sont point davantage écrites dans notre langue. PREMIERE PARTIE. Les Gallinacés. Dans rOrdi-e des Gallinacés, la famille des Phasianidés et celle des Perd ici nés nons ofïrent quelques exemples de croisements, mais ces croisements sont extrêmement rares. L'hybridation ne se manifeste d'une façon particulière que parmi les Tétraonidés; chez ceux-ci, les six espèces européennes contractent entre elles des alliances suivies de fécondité, le Tetrao tctrix et le T. urogallus se mélangent même très fréquemment. L'accouplement de ces deux Oiseaux a seul été constaté de visu. La double origine de tous les hybrides provenant des autres croisements n'a donc pu être établie que par des conjectures, tirées généralement de l'examen des caractères extérieurs. Mais les différences morphologiques que présentent certaines espèces étant très peu sensibles, il s'ensuit que la reconnaissance du produit est difficile à faire, d'autant plus que la coloration du plumage varie suivant les saisons. Aussi, plusieurs des faits que l'on cite restent très hypothétiques. Les diverses espèces de Tétraonidés ne se marient pas seulement entre elles; un type très caractérisé par sa queue en forme de lyre et sa grande agilité, le petit T. tetrix s'allie au genre Phasianus. De nombreux faits de ce croisement ont été observés en Angleterre dépuis une cinquantaine d'années, et tout dernièrement sur le continent européen. Cette particularité, digne d'être remarquée, trouve, pensons-nous, son explication dans l'importation d'une de ces deux espèces dans les cantons habités par la première. Ces cas d'hybridation entre deux espèces de genre très distinct sont uniques; tous les autres croisements féconds que nous allons examiner se sont, en effet, produits entre espèces rapprochées. Nous nommerons : lo Francolinus vulgaris X Fr. picta, 2" CaUipepla gambcii X Colinns californiens, 3° Perdix cinerea X P. rubra, 4*^ Perdix cinerea X P. saxatilis, 0° Perdix saxaUlis X P. rvJira, 4 A. SUCHETET 6° Tetrao tetrix X T. urogallus, 1° Lagopus scoticus X /.. mutus, 8° Lagopus alhus X L. mutus, 9° Gallas Sonner ati X G. bankiva, 10° Euplocamus Uneatus X E. melanotus, 11° Phasianus Reevesi X Pli. colchicus, 12° Ph. versicolor x Ph- Sœmmcringi, 13° Tetrao tetrix X Lagopus mutus, 14° Tetrao tetrix X Bonasa betulina, 15"^ Lagopus albus x B. betulina, 16° L. àlbus X B. betulina, 17" L. scoticus X T. tetrix, 18° L. albus X T. tetrix, 19° Tliaumalea picta X Phasianus vulgaris, 20" Euplocamus mjcthemerus X Ph. colchicus, 21" Ph. colchicus X T. tetrix, 22° Ph. vulgaris X Lagopus albus. Disons tout de suite que les croisements compris sous les numéros 3, M, 13, 14 et 22 ne sont pas suffisamment attestés; les croisements indiqués par les numéros 4, 5, 7, 12, 16 sont assez probables; sont authentiques les numéros 6, 18 et 21; paraissent également bien assurés les numéros 1, 10, 14, 17, 19 et 20 (mais le croisement qui porte le n° 10 a lieu plutôt entre variétés qu'entre espèces), enlin le n" 9 n'est pas prouvé et le n" 8 est assez problé- matique. Si l'on considère le grand nombre d'espèces dont se compose l'ordre des Gallinacés, le chiffre des croisements que nous indiquons paraîtra peu élevé; c'est cependant après avoir fait des recherches bibliographiques très étendues, après avoir interrogé beaucoup de naturalistes et fouillé les divers cabinets zoologiques, les musées ou les collections particulières, que nous avons pu l'établir. Mais il probable que le nombre de ces croisements s'augmentera à mesure que l'action de l'iiomme se fera sentir davantage, c'est-à- dire à mesure que les forêts se défricheront, que les champs se cul- tiveront, que l'aire des grandes chasses se rétrécira et que l'impor- tation de nouveaux gibiers deviendra plus fréquente. Il ne faut pas oublier, en eiïet, une remarque fort importante : c'est que les espèces que nous venons de nommer sont toutes comestibles et chcissées par l'homme. L'inégalité dans les sexes, suite inévitable de la destruction qui s'opère, le trouble apporté dans les mœurs de OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE J) ces Oiseaux par les chaugements que nous avons rappelés, peuvent certainement amener les mâles ou les femelles surnuméraires à contracter des alliances avec les nouveaux venus ou avec des espèces étrangères déjà existantes. On a rfième constaté des croisements entre des Gallinacés vivant à l'état sauvage et des Gallinacés vivant en domesticité, nous en dirons quelques mots à la fin de cette étude. Les hybrides, provenant des divers croisements que nous venons d'indiquer, se sont-ils propagés, ont-ils reproduit leur race? Nous pouvons alîirmer que non. Sont-ils pour cela stériles? D'après les expériences qui ont été faites, ils le sont pour la plupart lorsqu'ils se croisent entre eux, l'infécondité des mâles pouvant être établie comme règle générale. Mais les individus de sexe femelle, que l'on rencontre en très petit nombre, sont sans doute capables, en s'accouplaut avec les espèces pures, de donner des jeunes. Seulement ces produits, empruntant ainsi les trois quarts de leur sang à l'une des espèces mères, ne tardent point à faire retour au type prédominant et par là leurs caractères mixtes s'effacent peu à peu. Le feu professeur SevertzoAV aurait eu l'occassion de constater chez certains exemplaires appartenant au genre Tetrao de légères traces d'hybridation qu'il attribuait au mélange plusieurs fois renouvelé des espèces i:»ures avec les hybrides. La chose est vrai- semblable. Il ne faut cependant pas oublier que, du croisement direct de deux espèces, naissent parfois des produits dont les caractères sont presque exclusivement ceux de l'un des deux parents. Perdicinés Genre Francolinas Francolinus vulgaris et Fr. pictus. Le croisement de ces deux Oiseaux est mentionné par MM. Hume et Marshall (1). Ils racontent que le capitaine Butler tua six ou sept hybiides près de Deesa où ou a rencontré les deux espèces. Ces Oiseaux sont plus forts que les Paiuted Partridges (F. pictus) ; les flancs sont d'un brun très sombre, le bec est noir, les jambes et les pieds sont de couleur saumon. (1) Game Dirds of India, II, p. 25, 6 A. SUCHETET Genre Ovtyx Callipepla gambeli (1) et Colinus californicus (2). D'après une communication qui nous est faite par M. Manly Hardy de Brewer (États-Unis d'Amérique), la Gambello Quail et la Californica valley Quail s'entrecroiseraient. Le récent Hand-Book d'Elliot Coues sur les Oiseaux des régions arrosées par le Missouri ne parle cependant pas de ces croisements, quoique l'auteur décrive longuement les diverses espèces appartenant au genre Ortijx. M. Geo. B. Sennett a annoncé à la réunion du 21 février de la Linnœan Society of New York (3) qu'il venait d'obtenir un hybride bien marqué entre la Callipepla squamata et le Colinus virginianus, mais il n'indique pas si l'oiseau a été tué à l'état sauvage. Nous n'avons donc point fait figurer cet hybride sur notre liste; l'habitat es deux espèces n'est pas le même. Genre Perdix Perdix cinerea (4) et Perdix saxatilis (5). Bureau delà Malle a, le premier, parlé du croisement de ces deux espèces (6), le fait qu'il raconte est néanmoins resté assez probléma- tique comme on va le voir. Dans la partie du Perche où se trouvait son domaine, la Perdrix rouge, surtout la grosse Bartavelle ou Perdrix grecque, se trouvait en grande majorité, mais, en 1854, la Bartavelle rouge avait presque complètement disparu. Depuis plus de dix ans, le garde rapportait qu'on avait aperçu des Perdrix rouges avec des ailes de Perdrix grises. Il parvint un jour, sur les indications que lui donna Dureau de la Malle, à découvrir, dans le territoire de Calonard, situé entre deux grands taillis, des Perdrix qui parurent être le produit de la Bartavelle grecque femelle, avec un mâle de Perdrix grise, nommée la Roquette (7), étrangère aussi et originaire des Pyrénées-Orientales. (1) Ou Lophortyx gambeli. (2) Ou Tetrao californicus. (3) Abstract of Ihe Proceedings of the Linnœan Socitty, 7 mars 1890. (4) Ou P. cineracea ou Tetrao perdix ou encore Starna cinerea. (5) Ou P. grœca. (6) Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, p. 784, 18013. (7) La Roquette est probablement la variété damascena. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRES A L ETAT SAUVAGE 7 Le célèbre auteur de V Economie politique des Romains pensa que la Bartavelle, pressée par la violence de ses désirs, et ne trouvant plus dans le canton qu'elle habitait de mâle de sa race, avait con- tracté cette union avec le mâle de la Roquette. Dans son récit il s'est montré très sobre de détails et n'a point décrit les produits, aussi Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a-t-il remar- qué que Bureau de la Malle n'avait point justifié complètement son opinion (1). M. de Quatrefages trouve également les quelques ren- seignements qu'il a donnés tout à fait insuffisants (2). Par quelles circonstances, en effet, Bureau de la Malle a-t-il pu savoir que c'était précisément la Bartavelle qui avait joué dans ce croisement le rôle de la femelle et non celui du mâle? Qui sait encore si ces produits ne tiraient point leur origine de la Perdrix rouge? C'est à peu près le seul exemple que l'on ait cité; cependant M. Louis Calpini nous écrit de la Suisse qu'il a vu un spécimen provenant du croisement de P. cinerea et de P. saxatilis; s'il ne fait point erreur, ce sujet est conservé à Sion. Nous avons interrogé M. Bonoin-Ghappuis, de cette ville. Gelui-ci nous a répondu que deux spécimens avait été remarqués dans son canton. Perdix CINEREA et Perdix ruera (3) Aux yeux de tous les chasseurs ces deux Perdrix ont toujours passé pour des ennemis irréconciliables. Aussi Bulïon avait-il cru pouvoir s'exprimer ainsi à leur sujet : « Si l'on a vu quelquefois » un mâle vacant de l'une des deux espèces s'attacher à une paire » de l'autre espèce, la suivre et donner des marques d'empresse- » ment et même de jalousie, jamais on ne l'a vu s'accoupler avec la » femelle, quoiqu'il éprouvât tout ce qu'une privation forcée et le » spectacle perpétuel d'un couple heureux pouvaient ajouter au » penchant de la nature et aux influences du printemps. » Gette règle souffrirait-elle quelques exceptions ? — Un jour, en passant devant la boutique d'un marchand de gibier, un membre de la Société nationale d'acclimatation, M. Buwarnet, aperçut un sujet qui, dit-il (4), montrait des marques évidentes de son hybri- dation : « Son bec et ses tarses étaient rouges. Les plumes des # (1) Hist. gén. des Régimes organiques, IFI, p. 131. (2) RevuL' des Cours scientiliques, p. 128, 18G8-69. Voy. encore Comples-rendus de TAcad. des Se, XLIII, p. 784, 1850, où les mêmes réserves sont exprimées. (3) Ou P. rufa ou letrao rufus ou encore Caccabis rubra, (4) Bulletin de la Société d'Acclimatation, p. 345, 1874. 8 A. SUCHETET flancs, bien qu'un peu moins vives, étaient celles de l'espèce rouge. Les ailes, le dessus du corps étaient ceux de la race grise avec des tons un peu plus chauds. » Déjà un autre membre de la Société avait signalé ce fait, observé par lui dans le département de Maine-et-Loire, d'une couvée simul- tanée, dans le même nid, de trente à trente-cinq œufs par deux Perdrix, l'une grise, l'autre rouge (1). Cependant ces renseignements ne sont pas suffisants pour attester que le croisement de la P. rubra et delà P. cinereas. eu lieu réelle- ment et qu'il a été suivi de fécondité. M. Hamon le Stranger nous fait savoir que ces deux espèces habitent les mêmes champs à Hunstanton Hall (Angleterre) ; jamais aucun hybride n'a été ren- contré ni par lui, ni par les garde-chasse, quoique ses recherches aient duré plus de vingt ans. Perdix saxatilis et Perdix rurra (2) D'après Bailly (3), la Bartavelle s'accouple parfois dans les monta- gnes avec la Perdrix rouge. « Il résulte de cette alliance, dit cet auteur, des sujets qui, par la taille, les couleurs et les dispositions, tiennent le milieu entre les deux espèces, etc. » MM. Degland et Gerbe (4), après avoir examiné plusieurs de ces produits, ont constaté des dilïérences très notables sous le rapport du nombre et de l'étendue des taches du cou ; « chez un mâle que M. Devron a reçu de Grenoble, disent ces auteurs, le bord externe de la bande noire qui encadre la gorge est à peine festonné par de rares taches qui s'en détachent; sur deux autres mâles, l'un pro- venant aussi de Grenoble et envoyé par M. Bouteille, l'autre d'origine inconnue, les taches un peu plus nombreuses se dispersent assez loin sur les côtés et le devant du cou ; enfin deux femelles, dont l'une appartient au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, diffèrent si peu par le nombre et l'étendue des taches du cou des femelles de la Perdrix rouge, qu'on les rapporterait volontiers à cette espèce, si la double bande noire des plumes des flancs ne )es eu distinguait. » M. Bouteille a décrit (5) ces divers hybrides sous le nom de P. Labatiei. Après les avoir regardés comme une espèce distincte, (1) Voyez le Bulletin de 1861, p. 288. (2) Les notes que nous avions rassemblées sur ce croisement ayant été égarées en partie, nous ne pourrons être aussi complet que nous l'aurions désiré. (3) Ornithologie de la Savoie, 111, p. 187. (4) Ornithologie européenne, 11, p. 64. Paris, 1867. (5) Ornithologie du Dauphiné, p. 337. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRES A L ETAT SAUVAGE \) à l'exemple de tous les chasseurs du Daupliiné, puis après avoir changé d'avis, cet ornithologiste est revenu à sa première opinion, parce que, dit-il (p. 337 et 338), « si dans le voisinage des lieux qu'habite la Rochassière, on trouve quelquefois la Perdrix rouge, on n'y voit jamais la Bartavelle. » Le professeur Blasius a mis aussi en doute la valeur de cette prétendue espèce, « en se fondant sur ce qu'il n'a jamais pu l'obtenir dans son pays natal, et alléguant ce fait, que son auteur lui-même ne s'en est procuré qu'un seul exemplaire (1) ». La majorité des ornithologistes se prononce cependant en faveur de l'hybridité. A ce sujet, M.Lacroix, de Toulouse, nous écrit qu'il possède dans sa collection un hybride de la Perdrix rouge avec la Perdrix barta- velle ; il connaît un deuxième spécimen chez un de ses amis. Ces oiseaux ont été capturés à l'état sauvage, le premier dans les environs de Muray, 20 kilomètres sud de Toulouse, et le second près de Miremont (Haute-Garonne), sur la ligne du chemin de fer de Toulouse à Foix(Ariège), à 33 kilomètres sud-est de Toulouse. Ces captures ont été faites pendant les années 1869 et 1872 (2). Nous pouvons signaler deux autres exemplaires dans la collection de M. Lemetteil, à Bolbec (Seine-Inférieure). La collection du D*^ Marmottan doit aussi renfermer un hybride de Bartavelle et de Perdrix rouge, autrefois préparé par M. Bémer, naturaliste à Paris. Cet Oiseau avait été tué dans la Sarthe. Enfin un spécimen auquel on attribue une semblable origine se voit dans les galeries du Muséum d'Histoire naturelle de Marseille; il a été signalé, nous écrit M. Marion, directeur de ce Musée, dans VOrnitliologie de Jaubert et Barthélémy Lapommeraie; il avait été acheté mort sur le marché de Marseille. PeRDIX MONTANA. Bufïon (3) fait une race distincte de cette Perdrix « parce que, dit-il, elle ne ressemble ni à l'espèce grise, ni à l'espèce rouge, et qu'il est difficile d'assigner celle de ces deux espèces à laquelle elle doit (1) Voyez M. Olphe-Gaillard, Contributions à la Faune ornithologiqiie de l'Europe occidentale, fasc. xxxix, p. 8, mai 1886. (2) Dans son Catalogue raisonné dps Oiseaux observc's dans les Pyrénées fran- çaises, p. 17, M. Adrien Lacroix parle d'un autre liybride conservé dans le Musée d'histoire naturelle de Toulouse. Xous nous demandons s'il n'y a pas lieu ici à double emploi. (3) Œuvres complètes, V, p. 240. 10 A. SUCHETET se rapporter ». Il dit qu'on assure qu'elle se mêle quelquefois avec les Perdrix grises et il la soupçonne fort, mais sans pouvoir citer aucun exemple, de se mêler aussi avec les Perdrix rouges. Par ces raisons il est porté à la regarder comme une race intermédiaire. Nous pensons que la P. montana n'est qu'une variété de la Perdrix grise, comme l'indique M. Olplie-Gaillard (1), comme l'ont pensé aussi MM. Degland et Gerbe {'!). M. Thomasso Salvadori (3) l'a décrite ainsi : « tout entière couleur de châtaigne, excepté le cou et les jambes qui sont de la couleur du Lion, quoique un peu moins clairs. » En parlant de cet Oiseau, I.-G. Saint-Hilaire(4) s'est exprimé ainsi: « il y aurait, selon plusieurs ornithologistes, des métis de Perdrix grises et Perdrix rouges; la P. montana de quelques auteurs serait établie sur ces derniers métis, mais cette opinion est contredite par plusieurs faits. » Une récente notice de M. Louis Petit (5), considère de nouveau la P. montana comme une simple variété de la P. cinerea. Nous signa- lerons un exemplaire au Musée de Rouen et un autre au Musée de Marseille. Tetraonidés Genre Te trao Tetrao tetrix (6) et Tetrao urogallus (7) Presque tous les ornithologistes s'accordent à dire que le Tetrao urogallus 9, pour des raisons dont nous chercherons une explica- tion à la fm de ce chapitre, se croise en liberté avec le Tetrao tetrix ^ et donne naissance à l'Oiseau appelé Rackelhane (8). Celui-ci, presque toujours du sexe mâle, comme son nom semble l'indiquer, est très répandu. (1) Contributions a la faune ornithologique de l'Euroipe occidentale, fascicule XXXIX, p. 26, mai 1886. (2) Ornith. europ. (3) Fauna d'Italia. Parle seconda, Uccelli, p. 191. Milano. (4) Hist. des règnes organiques, III, p. 181. (5) Bulletin de la Société Zoologique de France, XIV, p. 216, 1888, (6) Autres noms : Lyrurus tetrix ou Urogallus nrinor. (7) OaUrogallus inijor . (8) Ses noms scientifiques sont les suivants : Urogallus minor punctatus Brisson; Tetrao hybridus Linné: Tetrao médius Fritsch; Tetrao tetrix interuie- rfiws Langsdortï; Tetrao urogallides Nilsson; T. hyhridus ex urogallo et tetrice Gloger; Tetrao urogallo-tetricides Sundevall; Lyrurus médius Brehm; Tetrao urogallus fiybridus Dresser; Tetrao tirogallo-tetrix Bogdanow. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 11 Il a été d'abord rencontré en Suède, dans le Smâland (ancienne province au sud de la Gotliie orientale) et le Vestergotland, où Rutenskiold tua deux exemplaires pendant le printemps de l'année 1744 (1). Nilsson(2) l'a signalé ensuite dans le district de Kalmar, (Gothie), dans le Roslagen, (partie de la province d'Uplande), et le et le Sôdermanland (ancienne province de la Suède, entre la Baltique, les lacs Malar et Hjelmar, la province d'Uplande et la Gothie orien- tale), ainsi que dans le nord du Wermland, près de Linkôpings, dans un endroit montagneux et sauvage. En Norvège, d'après le même auteur, il n'est pas rare aux alentours de Kungsberg; quelquefois il apparaît dans la partie nord de Sh'c'me. Le professeur Collett(3) dit même qu'un nombre considé- rable de ces Oiseaux sont tués chaque année dans les différentes parties de ce royaume; ceux qu'on apporte à Christiana viennent de Gudbrandsdal,d'Osterdal, des parties sud deTroudjeu stift (diocèse), et de Thelemarken, dans Christiansand stift. Le point nord le plus éloigné où ils ont été trouvés, et où ils peuvent être vus, dit cet auteur (4), est le Balsfjord, près Tromsô (69° 20'), cette localité étant l'extrême limite d'un des parents : le Tetrao tetrix. Blasius rapporte (5) que le Rackelhane se voit assez souvent dans les forêts du nord de la Russie. Sparmann (6) l'avait déjà signalé dans la Finlande et dans la Courlande (7), le prof. Germann dans la Livonie (8). On le tue aux environs de Saint-Pétersbourg (9), on l'ap- porte sur les marchés de cette capitale en grand nombre (10) ainsi qu'à Moscou. M. Lorenz, naturaliste de cette ville, aurait eu l'occa- sion d'examiner ainsi un grand nombre d'exemplaires pendant l'espace de quinze années (11). Un sujet du sexe féminin, conservé (1) Voyez son récit envoyé à l'Académie des Sciences de Stockholm : Kong, svenska Vetenskaps Academiens, V, p. 181, 182 et 183. (2) Skand. fauna, 18.o8. (3) Reinarks on tlie Ornitliolog)/ of northeren Norway. Videnskaps selskabet forhandlingei', l, p. 235 et suiv., 1872. (4) « The most northerly point at which it has been found or indeed can occur. » (o) Reise in europaïscliem Russland, in den Jahren iS'iO und /a;;/. Brauns- chweig, 1844. (6) Muséum Carlsonianum. Holmiœ, 1786. (7) Pour cette dernière contrée, voy. aussi Langsdorff in Comptes-rendus de l'Acad. des Sciences de Saint-Pétersbourg, 1811. (8) Voy. le docteur Meyer d'Ofïenbach. Magazin der Gesellschaft naturfors- chender Freunde in Berlin, p. 337 et suiv., 1811. (D) Voy. Bogdanow, op. cil., p. 36. (10) Voy. LangsdofT, Meyer, que nous venons de citer, et Teniminck {Hist. des Gallinacés, III, Paris, 1815). (11) Voy. Prof. Severtzow, in Mémoires des Naturalistes de Moscou, 1888. 12 A. SUCHETET au Musée de Dresde, provient du gouvernemeut de Wladimir (1), deux autres, de sexe mâle, d'Archangel(2). De temps à autre, nous écrit M. le professeur Taczanowski, le Rackelhane se montre en Pologne; deux exemplaires, qui sont conservés au Musée de Varsovie, viennent de la Lithuanie (gouver- nement de Minck). En Alleuiagne, il se rencontre plus rarement, aussi son origine hybride a-t-elle été longtemps contestée dans ce pays. On ne connais- sait guère encore, au commencement de ce siècle, qu'un exemplaire pris par Klein en 1756, dans le duché de Kaussuben, en basse Pomé- ranie (3), mais, depuis, cet Oiseau a été rencontré dans plusieurs contrées (4). Le physiologiste Wagner eut en sa possession un exemplaire provenant de la Bavière méridionale (5). M. A. B. Meyer a signalé, en 1881 et 1883 (6), deux autres sujets tués sur la frontière de la Saxe, dont l'un à Kost, près Sobotka (Bohème du Nord); il le mentionne encore aux environs de Dresde, (district de Rohrdorf) (7). Dans la principauté du prince Camille de Rohan, dit le Journal de chasse de Vienne (8), on tua non loin de Schrow, pendant le cou- rant des années 1880 à 1887, huit Rackelhanes, trois furent tués en 1880, 1881 et 1884 par le baron Elning, un autre en 1882, par le Kronprinz Rudolph (9), un cinquième en 1883 par le doc de Cobourg Gotha, et les trois derniers par le prince Alain Rohan, pendant les années 1885 et 1886; on trouva aussi, en 1887, un Rackelhane mort. Ajoutons qu'un dixième exemplaire fut abattu par le prince Rudolph dans la Bavière du Sud, aux environs de Gundens, en 1883. Mais c'est dans le Nord de la Prusse que le Rackelhane se rencontrerait le plus souvent; d'après leD^Wurm (10), (1) D' A. B. Meyer, de Dresde, Unser 4uer Rakel und Birkwild und seine Abarten. Wien, 1886. (2) D'' A. B. Meyer, op. cit. (3) Voyez le D-" Meyer, d'Onenbacli, loc. cit., 1811. (4) Pasteur Brehm, Handbuch der Naturgeschichte der Vugel Detitschlands, p. 507 et 508. Ilmenau, 1831 . {o) Yoyez Lehrbuch der Physiologie, p. 2(j. Leipzig, 1839. (6) Dans Mittlieil. ornithol. Ver. in Wien. (7) Mittheil. ornithol. Ver., p. 9, 1884. (8) Page 342, no 11,1887. (9) Cependant, dans Mittli. Ornith., 1883, et Jagd-Zeitung, même année, il est rapporté que le Kronprinz Budolph tua deux exemplaires remarquables dans une forêt qui avoisine la route qui conduit de Soijan Podol à Sobotka et qui, pensons- nous, fait partie de la principauté du prince Camille de Rohan. (10) Zool. Garten, p. 152, 1880. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 13 on en voit beaucoup dans leLivland; le baron von Kruduer a parlé (1) de quatre exemplaires tués dans cette contrée en 1883 et en 1884 (2) ; deux autres ont été nouvellement tirés au château de Trikaten (3). Signalons encore, dans l'est de la Prusse, un magnifique Rackel- hane tué à Ratzeburg, sur la place des Tetrix, par M. l'Inspecteur des forêts Nitche, et un deuxième tiré dans les montagnes de Brangiszko, par le fils d'un garde forestier (4). LeTyrol, la Carniole en iVutriche, l'Italie, la Suisse, nourrissent cet étonnant hybride. L'individu conservé au Musée de Bergame provient des Alpes qui avoisineut cette ville (5). Le spécimen décrit par M. Victor Gafié (6) fut tué près de Lengendfeld, dans l'Ober- krain. Les deux exemplaires du Musée de Gênes viennent du Tyrol italien (7). Un autre, couservéau Museo dei Vertebrati, de Florence, fut abattu sur le mont Tuttoga en Avril 1862 (8). On a signalé de nouveaux sujets dans le canton d'Uri, dans l'Oberland Saint-Gallois et dans le Valais (9). Dernièrement, le colonel H. de Salis faisait savoir (10) que deux magnifiques exemplaires, tués dans la vallée de Pratignan, avaient été envoyés dans la collection de M. Challandes. Enfin, le Rackelhane s'est montré en Ecosse, depuis l'introduction récente d'une des espèces mères, Varogalliis, qui avait presque complètement disparu (11). M. Campbell, de Glascow, nous signale entre autres un individu tué en 1869 à Sullzallam (Clackmannan Shire). Le premier hybride paraît avoir été tué vers 1842 dans les terres de Dunira (12). Encore peu d'observations ont été faites sur les mœurs du Rackel- hane. II se trouve, dit le pasteur Brehm, dans les lieux déserts, il (1) Jagd-Zeitung, p. 406, 1883. (2) Voyez p. 501 et o02. (3) Voyez Jagd-Zeitung, p. 500, 1888. (4) L'exemplaire de Ratzeburg a été envoyé à M. Bock, de Berlin, pour être empaillé. Jagd-Zeitung, p. 3i4, 1888. (3) Communication qui nous a été faite par M. Cannozzi. ((i) Jagd-Zeitung, p. 237, 1884. (7) Communication de M. le Marquis Doria, conservateur de ce Musée. (8) Nous devons ce renseignement à l'obligeance de M, Giglioli. (U) Voy. ïschusi. Les Alpes. Strasbourg, 1854. (10) Jahresbericht der N. G. Graub, VIIl, Chur, 1883. (11) Voyez Nilson, Skand. Fauna, 1858. De nombreuses indications ont été données, d'après cet auteur, dans VInstitut, XI, p 298. Voy. aussi le D"^ Wurm, Die deuls. W a Id'H il h lier. Zool. Garten, Frankfurt, 1880. (12) James Wilson, IS'oiice of Ihe occurence in Scotland of ilie Tetrao médius, etc. Proceedings of the royal Society of Edimburg, I, p. 395, 1842-1843. C'est Lord Breadalbane qui a introduit l'Urogalle en Ecosse, 14 A. SUCHETET aime les bruyères, et recherche, pendant l'hiver, les collines cou- vertes de genévriers. Langsdorff, de Saint-Pétersbourg, dit que les gens qui le vendent au marché le désignent sous le nom de nojieBaa luemepKa ou Tétras des champs, ce qui fait supposer, ajoute l'auteur, qu'il a une manière particulière de vivre et qu'il préfère les champs aux forêts (1). Sa nourriture paraît être semblable à celle de l'Urogalle et à celle du petit Coq de bruyère. Rutenskiôld, qui l'observa le premier, l'aperçut sur le baltz de rUrogallus, au milieu des Poules; il le vit aussi, mais plus rare- ment, sur les places où le Tétrix fait ses jeux d'accouplement. Nilsson, auteur très complet eu cette matière, dit que c'est surtout pendant le printemps qu'on le rencontre. A ce moment il pénètre sur les jeux des deux Coqs, quelquefois on en aperçoit plusieurs sur le même balz; d'après le célèbre ornithologiste, c'est dans les jeux du Tétrix qu'on le voit le plus souvent. Il se bat avec ce dernier, le chasse même; cependant il ne cherche pas à profiter de sa victoire et à s'emparer des Poules. Parfois, faisant irruption dans le jeu du grand Coq, il le poursuit aussi, car il a presque autant de force que lui et possède l'agilité du Tétrix. Lorsqu'il s'est rendu maître de la place, il saute sur les Poules urogallus. Pour lui il ne possède aucun balz, on ne le voit jamais avec ses semblables ou avec ses propres Poules ; il vit seul, dispersé çà et là (2). M. Frederick Eduardovitch, de Falz-Fein (Tauride), qui eut souvent l'occasion, pendant le séjour qu'il fit à Dorpat, de parler de cet Oiseau avec des personnes qui s'y intéressaient et qui avaient pu observer les Tétras en liberté, très abondants dans ce pays, nous écrit « que partout où l'on a vu le Rackelhane, on a rencontré que des individus détachés, mêlés avec les deux autres espèces, inva- riablement un à un; nulle part ces personnes ne l'ont observé comme espèce distincte peuplant une certaine localité. Quoiqu'il soit le point de mire de tous les chasseurs, parce qu'il est un véritable perturbateur, empêchant les accouplements régu- liers de se produire, on ne l'approche que très difficilement. Non seulement il est très sauvage, mais il est toujours en mouvement, sautant d'arbre en arbre à la poursuite des Coqs en jeu (3). (1) Op. cit., p. 507 et 308. (2) Depuis, cependant, dans une chasse que fit le prince Rudolph, celui-ci aperçut deux Poules hybrides qui vinrent se placer auprès d'un Rackelhane. (3) Voy. Skandinavisk Fauna. Foglarna. Andra baudet, Lund 18o8. Cette observation de Nilsson est confirmé par nos modernes. Voy. in Jagd Zeitung, p. 22.0, 188iJ, le prince Rodolphe qui écrit que le Rackelhane « change conslaniment de place» et dans le même journal (p. 237, 1884). M. Victor Galîé, qui dit avoir vu et tué, près de Lengenfeld, un Rackelhane qui « était très remuant. « Voy. aussi une observation du prince Sch waruniberg in Jagd-Zeitung, p. 037, 188'2. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE IS Gloger a écrit que le Rackelhane ne fréquentait pas les jeux de ïurogaUus parce que ses forces ne lui permettaient pas de combattre ce dernier. Le prof. Gollett dit aussi que cet hybride semble recher- cher la compagnie des Tétrix, le plus grand nombre des individus qu'il a observés ont été tués au milieu d'Oiseaux de cette espèce. Tschusi (1) raconte que des chasseurs aperçurent un Rackelhane s'abattre au milieu de Tétrix, et le baron A. V. Krudner rappelle dans le Jagd-Zeitung (2) que son père vit, il y a environ quarante ans, un Rackelhane se promener dans les champs avec un grand nombre de Tétrix. Il est encore fait mention dans ce journal (3), de Rackelhanes qui apparaissent de temps à autre sur les places d'amour du petit Coq Tétrix, où ils mettent le trouble. Enfin, d'après les personnes que M. Frederick Edùardovitch a consultées, au moment de la reproduction les Rackelhanes se réunissent toujours aux Tétrix. Cependant, dans le district de Stainz, pendant l'année 1862, le comte Lichnowsky tua, le 26 avril, un Rackelhane qui, par ses que- relles, avait, durant six années, bouleversé les balz des urogallus et était même resté vainqueur de la lutte contre trois Coqs de ces derniers. L'année précédente le prince Emile de Furstemberg avait tué, pendant la saison des amours, un Rackelhane à côté de quarante et une Poules iw'o^a^^W6' et de quarante Poules tétrix (i). M. Victor Gaffé parle également (5) d'un spécimen qu'il tua le 29 mars de cette année et qui chantait le plus souvent sur les balz de Vurogallus. Il ajoute même qu'observé depuis 1883, cet Oiseau combattait tous les urogallm cT, et qu'il fut vu fréquem- ment dans la société des Poules de ces derniers. Le Rackelhane fréquente donc les balz des deux Coqs comme l'avaient dit Rustenskiôld et Nilsson (6). Du reste tous les auteurs, (1) Histoire des Alpes. (2) 1884, p. 296. (3) Année 1883, p. 226. (4) Voy. un article de M. le (!■• W. Wurm dans Zool. garten, Fraacfurt, p. 176, 1880. (o) Journal de chasse de Vienne, p. 237 et 238, 1884, (6) Tschusi fait remarquer que les Tétrix, auprès desquels s'abattit le Rackelhane mentionné plus haut, étaient en train de chanter, que celui-ci les chassa par sa pré- sence, après quoi il se mit à chanter lui-même, tout en restant indillérent pour les Poules, car on sait, ajoute l'auteur, que les hybrides sont en général inféconds. Cette infécondité ne les empêche point cependant de les cocher; nous avons vu des Oiseaux hybrides se montrer très ardents près de femelles et s'accoupler avec elles. Il est fait mention dans l'article de Collet d'un individu « that it was shot in its spil on breeding haunt of CapercaiUie. » Nilsson, on se le rappelle, avait dit queleRackelhanesautait sur les Foules de Vurogallus lorsqu'il parvenait à chasser ce dernier de son baltz. 16 A. SUCHETET s'accordent généralement à dire que le Rackelhane ne se rencontre que dans les endroits où vivent les deux espèces de Tétras (1). Il n'y a que quelques exceptions à citer : Un exemplaire femelle conservé au Musée de Dresde, tué en décembre 1884, à cinq lieues de cette ville, se trouvait dans un endroit où Vnrogallus paraissait manquer et où les Tétrix sont pareillement rares. Déjà, deux ans auparavant, un Rackelhane mâle avait été tué dans le même endroit (2). M. le contrôleur Steinbreuner a encore remarqué que trois Rackelhanes avaient été rencontrés dans le Thaunus où, depuis très longtemps, on ne remarquait plus d'iwogallus. Mais, comme le fait très bien observer Jiickel (3) une femelle Urogalle, manquant de mâles dans son canton, a pu se diriger vers Thaunus, puis s'accoupler avec un Tétrix. Ce naturaliste a souvent remarqué, dans la forêt de Nuremberg, que les Poules urogaUus, au moment des amours, s'en vont au loin. Les diverses circonstances que nous venons de rapporter nous font donc penser que le Rackelhane a une double origine. On ne l'aper- çoit, en effet, que dans les endroits fréquentés par les Urogalles en même temps que par les Tétrix, il n'a pas de baltz propres, il se mêle à des Poules étrangères, on ne le voit pas en compagnie de ses propres Poules, enfin les exemplaires tués sont généralement mâles. Cette double origine nous est du reste indiquée par d'autres circons- tances encore plus décisives. C'est ainsi que M. le premier lieutenant C. V. Krœner fit savoir à Nilsson que, pendant une matinée de l'année 1828, alors que l'enseigne Kerkëpa assistait, dans le canton de Lampis, à un jeu du petit Coq, et que déjà deux Tétrix cT avaient été tués par lui, une Poule du Grand Coq s'abattit subitement à quatre-vingts pas de l'affût de l'enseigne. Celui-ci la vit, à son grand étonnement, cochée par des Tétrix, tandis que d'autres Coqs, aban- donnant leurs Poules, l'entouraient et se disputaient entre eux. 11 faisait à ce moment presque jour et aucune méprise n'était possible. Deux jours après on tuait sur le même baltz un Coq Tétrix et une Poule Urogalle en accouplement, la même Poule, probablement, qui avait été vue l'avant-veille ; ces deux Oiseaux étaient abattus du même coup et on put s'assurer que la Poule appartenait bien à (1) Nilsson, Gloger, Tschudi, Scbinz, Brehm, Gould, etc. (2) Voyez Meyer in Mittheilungen des ornithologischen Vereins in Wien, p. 19, 1884. (3) La Nauraannia, p. 108-109, 1855. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 17 l'espèce urogallus; elle pesait six livres et demie et le Tétrix trois livres seulement (1). En outre, Nilsson raconte qu'entre Frosa et Skersta, dans le sud de Wisocken, existe un petit village près de la route nommée Orsiiva, où tous les paysans sont chasseurs. Le Tétrix est très nom- breux dans ces parages, l'Urogalle beaucoup plus rare; presque tous les ans on y tue le Rackelhane et la croyance des paysans est que cet Oiseau provient réellement du petit Coq et de la Poule de Vuro(jallus. Ceux-ci ont vu, du reste, et tué les Poules du grand Coq sur les jeux du Tétrix ; l'un d'eux, Nil HauserdOrsava, aperçut, lui- même un Tétrix sauter sur une Poule du grand Coq. Nilsson ajoute enfin qu'on peut être certain de trouver une Poule urogallm dans l'endroit où on a tué un Rackelhane, tandis qu'on ne trouve pas de Poules tétrix sur les baltz de Varogallus (2). Nous lisons chez d'autres auteurs des assertions semblables. Gloger, par exemple, rapporte qu'un chasseur de Kalmarlaen lui a assuré avoir vu un Tétrix cT cocher une Poule urofjaUus; tous les chasseurs, dit Gloger, sont unanimes à reconnaître que les poules de cette dernière espèce arrivent fréquemment sur les baltz des Tétrix. Ce n'est donc pas, disons-le en passant, « le mâle Tétras lyre qui, à défaut de femelle de son espèce, s'accouple avec celle de son congénère » comme l'ont écrit MM. Degland et Gerbe (3), mais la femelle Urogalle qui, faute de mâle, recherche les tétrix et vient dans ce but sur leurs baltz. Nous trouvons un nouvel exemple de ce fait dans les Mitthei- lungen des ornithologischen Vereins (4). Il est raconté que, sur la route qui conduit de Svijan Podol à Sabotka s'étend sur les deux côté une forêt dont les broussailles sont richement peuplées par les Tétrix ; les Tétras urogalles se trouvent, au contraire, à une dis- lance de quelques lieues de la forêt dans une grande plaine cultivée. Or depuis l'époque où, dit-on, une Poule Urogalle s'égara dans la forêt habitée par les Tétrix, on rencontre chaque année des Rackel- hanes. Déjà nous avons eu l'occasion de faire remarquer que, depuis l'introduction récente en Ecosse de Vurogallus dans les endroits où existait le tétrix, on aperçoit maintenant l'hybride de ces deux (1) Ce récit se trouve dans Sckancl. Fauna, édit. de 1858, p. 84 et 85. On le trouve aussi tout au long dans Lloyd, Game birds, \). 105 et 100, en note, 1807. (2) Skand. fauna, 1858. (3) Ornith. Europ. (4) Wien, 1883, p. 105. 18 A. SUCHETET espèces, « ce qui n'avait point lieu autrefois, » fait observer M. Wilson (1). Mais le fait le plus probant, peut-être, est celui que le prof. Collett a raconté (2). Des œufs pris dans le nid d'une Poule urogallus mis sous une Poule domestique, donnèrent une couvée de petits Rackelhanes ; cette Poule avait donc été cochée par un Coq tétrix. Aussi le plus grand nombre des ornithologistes se sont montrés partisans de l'hybridité chez le Rackelhane ; ceux qui considèrent cet Oiseau comme une espèce véritable sont bien rares. Voici du reste la liste plus ou moins complète des auteurs qui ont admis l'origine mixte de cet Oiseau. En premier lieu, G. A. Rutenski()ld(3), qui parle d'après les chasseurs du Smâland et du Vestergôtland(4); puis Linné qui s'exprime ainsi : Species hybrida a prœcedenti {iirogallo) et sequenti specie [tetrice). « Ipse liane vidi (5) », Ensuite, le Baron de Gleichen (6); Sparrmann (7), chez lequel on trouve: « Tetrao hybridus, magnitudo feminœ majoris T. urogalU. Originem ex T. tetrice ac T. urogallo matre trahere creditur ». Le D^" Latham, qui parle d'après ce dernier (8). Cependant, dans Allgemeine Uebersicht der Vôgel(d), un avis contraire parait être donné, mais peut-être par l'éditeur ? Johan Beseke(lO), Bechstein (M), Wildun- gen (12); A. Reztius (13), Nilsson (14). Celui-ci apporte un grand nombre de faits très probants. L'abbé Bonnaterre (15), Frïes (10), (1) Proceedings of tlie royal Society of Edinburgh, I. p. 395, 1842-43. {È) Forhandlinger Videnskaps selskabet. Christiana, 187:2. (3) Kongl. swenska Vetenskaps Academiens, V, p. 181, 182 et 183, 1744. (4) On trouve encore son récit dans Der Kœnigliclien Schwedischen Académie des Wissenschaften abandlungen aus der Natur., etc. Hambourg et Leipzig, liv. V. 1751. (5) Fauna suecica, n° 201, 1761. (6) Découvertes les plus récentes dans le Règne végétal, CI, d'après Abhand. der kônigl. scbwed. Acad. der Wissensch., VI, p. 113. (7) Muséum Carlsonianum. Holmise, n» 15, 1786. (8) Supplément to the gênerai synopsis of Birds, p. 214, London, 1787, et Index ornithologicus II, Londini, 1790. (9) Voir IV, p. 669. Rurnberg. (10) Beytrage zur Naturgeschite der V'ôgel Kiirlands, p. 69, Mitau und Leipzig, 1792? (il) Geinein Natur. Deutsch. p. 497 et suiv. Leipzig, 1793. (12) Neujarhsgeschenk fur 1795, p. 50, cité par Burdach et Bronn ; nous n'avons pu nous procurer cet ouvrage. (13) Faunœ suecicœ a Carolo a Linné, p. 208, Lipsiai, 1800. (14) Ornithologia suecica, Pars prior, p. 302 et 303, 1817 et Skandinavisk Fauna (diverses éditions). (15) Tableau encyclopédique des trois règnes de la natîire. Ornithologie, ^e partie, p. 195 et 196, Paris, 1823. (16) Tidskrift for Jâgare, p. 54 et suiv. Stockholm, 1832, cité par A.B. Meyer, p. 58. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 19 Naiimann qui s'est convaincu par ses propres observations et ses longues reclierclies (1). Le d'' Constantin Gloger dans une remarque que l'on trouve dans l'ouvrage de Naumanu, puis dans Volhtdndiges Handbuch der NaturgesclucJUe der Vogel Europas (2) et dans le Jour- nal fiir Ornithologie (3) où le docteur s'étend encore assez longue- ment sur le même sujet. John Gould (4); R. Wagner (5) qui fait savoir que son opinion s'est formée d'après les écrits de Naumann et de Gloger (6). Yarrell (7); Temminck, seulement dans la quatrième partie de son Manuel d'Ornitliotogie paru en 1840, car dans l'édition de 1820 il déclarait, dans l'erreur les ornithologistes partisans de l'hybridité; les observations étendues de Nilsson l'ont ensuite fait changer d'opinion (8). J. H. Blasius (9); Pritchard (10) et G. S. Morton (11) qui citent tous deux Bechstein, Jaëckel proba- blement (12); James Wilson (13); Tschusi(14); H. Stevenson (15) ; le Di' Wurm (16); Isidore Geoiïroy-Saint-Hilaire qui parle d'après Naumann et Gloger (17); le professeur Rudolph Wagner (18) Sundevall (19); L. Lloyd (20); C. D. Degland et Z. Gerbe (21) Adolf Karl MûUer (22); Victor Fatio (23); de Quatrefages (24) (1) Nat.urgeschichle der Viigel Dexitschlands. (j. Theil, p. iW4 et suiv. Leipzig, 1833. (2) 1. ïheil, p. 312 et suiv. Breslau, 1834. (3) Mars 1854, p. 129 et suiv. (4) Birds of Enropa. IV, London, 1837. (5) Traité de Physiologie, p. 183, 1838. (C) Lehrbuch der Physiologie, 1. Ablli., p. 12 et 2G. Leipzig, 1839. (7) British birds, IL p. 361. (8) Voyez p. 318, édit. de 1840. (9) Reise in europàischem Russland iti den Jahren iS'iO und I8it. 1. Tlieil, p. 2G0. Braunsclnveig, 1844. (10) Researches, n" 42, p. 40. (11) The american Journal of sciences, III, p. 203, 1847. (12) La Naumannia, voy. pp. 108-106. Francfort-siir-le-Mein. (13) Proceedings of the royal Society of Edinburgh, I, p. 395, 1842-43. (14) Les Alpes, p. 374 et suiv. Strasbourg, 1857. (i;;) Zoologist, p. 6244, 1858. (16) Journal fur Ornithologie, n" 43, p. 21, 1860. (17) Histoire des Règnes organiques, III, ]>. 165. Paris, 1862. (18) Der Zoologische Garten, Franckfurt, 1»63, p. 82. (19) Svenska foglarna, 1866. (20) The gaine birds aud wildfowl ofSweden aud Norway, p. 104et suiv. London 1867. (21) Ornithologie européenne, 11, p. 48 et suiv. 1867. {2.2) Zool. Garten, p. 100, 1867. (2:i) Bulletin Soc. vaudoise des se. naturelles, IX, n» 5S, p. 5 à 9, 1868. (24) Revue des Cours scientifiques, 1868-1869, p. 122. âO A. SUCHETET Collett (1); Brehm (2); Dresser (3); le D'" W. Wurm (4); le prince Scliwarzenberg (5); Pf. Jackel (6) ; le prince Rudolph, cjui a tué lui-même plusieurs exemplaires (7); le D^ A. B. Meyer, de Dresde (8); Victor Gaffé (9); le baron V. A. Krudner (10); Bogdanow (il); der Weidmann n^ 35, 1881, et le Journal de Chasse de Vienne, p. 340, où l'on fait mention d'un individu tué par le prince Clary : le même journal, année 1884, p. 296, 327, 366, 434, etc., où, à divers endroits, on trouve des articles de M. Sterger, de M. B. et de M. Gaffé; M. Wiebke (12); A. Dubois (13), le feu pro- fesseur Severtzow (14) de Moscou; C. Parot (15). Enfm, M. Lorenz, de cette ville, qui publie en ce moment un ouvrage sur les Tétras et leurs hybrides (16). La plupart de ces auteurs et presque tous les ornithologistes que nous avons consultés, donnent au Rackelhane le Tétrix pour père, rUrogalle pour mère ; quelques-uns, cependant, tout en reconnais: saut la double origine de cet Oiseau, pensent qu'il peut tout aussi bien provenir du croisement inverse ou même des deux croisements(17). Les naturalistes qui voient, au contraire, dans le Rackelhane, une (1) Fôrhandlidger Videnskabs Selskabet, Christiania, p. 155, 1877 et aussi dans Nyt Magazin for Nalurvidenskaberne, p. 155, 1877. (2) Oiseaux, trad. par Gerbe. (3) History of the Birds of Europa, London, 1871-22. (4) Zool. Garlen, p. 175, 1880 et 115, 1884, ainsi que dans Bas Averwild, dessert Naturgescliichte, Jagd undPflege, Wien, 1885, p. 184 à 195 et Der Auerhalinjàger, p. 27 à 29, Wien, 1888. (5) Jagd-Zeitung, p. 657 et 658, 1882. (6) Zool. Garlen, p. 103, 1881. (7) Milth. orn. Ver. Wien, 1883, p. 105 et 106 et dans plusieurs autres numéros, ainsi que dans Jagd Zeitung 1883, p. 125 et 1887, p. 342. (8) Mitt. ornith. Ver. Wien, 1880. 1881 et 1884, et notamment dans son bel ouvrage Unser Auer Rackel und seine Abarten, Wien, 1888, où il donne les descriptions et les figures d'un grand nombre d'exemplaires. (9) Jagd-Zeitung, p. 237, 1884. (10) Même journal, même année, p. 296, et 1885, p. 502. (11) Conspectus aviiom imperii Rossici,tasc\culus I,p. 35 et 36, Saint-Pétersbourg, 1884. (12) Journal fiir Ornithologie, p. 394 et suiv., 1885. (13) Faune des Vertébrés de la Belgique, II, p. 36 à 50. (14) Nouv. Mém. de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou, XV, p. 161 et 162, 1888. (15) Monatsschrift des deuts. Vereins, n" 3, p. 87, 1890. (16) Cette publication ne sera achevée, nous écrit-il, que l'hiver prochain. (17) Nous ne pensons point nous tromper en nommant les docteurs Gloger,Wurm et Meyer, ainsi que M. Wielke, le prof. Bogdanow, le docteur Fatio, et le prince Schwarzemberg, Yarrel, Stevenson. Plusieurs auteurs n'ont point fait connaître leur opinion. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 21 espèce véritable ou une variété sont, nous l'avons dit, peu nombreux ; il en est de même de ceux qui n'ont pas voulu se prononcer. Ce sont principalement Brisson, qui lait mention du Rackelhane sous le nom de Coq-de-Briiyères piqueté, Urogallns niinor punctatus (1), et probablement Bulïon, qui à l'article Petit tétras à queue pleine semble en parler incidemment, mais d'une manière confuse et qui ne permet pas de saisir si c'est bien l'hybride qu'il veut désigner (2). Pennant (3), qui se contente de dire que le langage de Linné est obscur ! Dans notre siècle, G. H. Langsdortï (4) s'exprime d'une façon très nette; après s'être procuré plusieurs exemplaires il s'est convaincu, dit-il, que le Rackelhane n'est ni une variété ni une production de deux espèces dilïérentes, mais une espèce particulière qu'il nomme Tétras intermédiaire ou Tetrao [tetrix] intermedius.Le D"" Meyer d'Ofienbach est moins affirmatif, néanmoins il pense que le Rackelhane constitue une véritable espèce (3). Le pasteur Brehm (6) est de cet avis. Lesson ne donne aucune explication (7). Viennent ensuite : Schinz (8) qui laisse la chose indécise ; le D'" J.-B. Jaubert, qui critique les raisons données par Gloger (9), puis met en doute l'existence de l'hybridité, sans toutefois se pro- noncer d'une façon définitive (10); Ernest Faivre, qui écrit, sans paraître bien au courant de la question, que les exemples que l'on cite méritent confirmation (11). Godron, qui pense que le Rackel- hane n'est qu'une variété du Tétrix parce que, dit-il, il ne s'en distingue que par une taille un peu plus forte, et son plumage est le même. James Starck, lequel, dans une communication lue à la Société Zoologique de Londres (12), établit la curieuse hypothèse suivante : « le 'tetrao médius n'est point un hybride, il n'est point non plus une espèce distincte, mais plutôt un mâle précoce (immature). » Enfin, récemment, le colonel H. de Salis (13), qui (1) Ornithologia, I, p. IDl, Paris, 1700. (2) Voy. Œuvres cnmplHes. V, p. 11)1 et 192, édit. de 1841.. (IJ) Àrclic Zoulogy, II, p. 314, London, 1785. (4) Mém. de l'Acad. Imp. des Sciences de St-Pétersbourj;, III, p. 28G et suiv., 181 1 . (.')) Magazin der Gesellschaft naturforschender Ficunde zu Berlin, .3. Qiiartal, p. 337 et sniv., 1811. ((j) Handbuch der Naturgeschichte der Vugel Deutschlands. Ilmenau, 1831. (7) Manuel d'Ornithologie, II, p. 191. Paris, 1828. (8) Europàische Faiina, I, p. 277, 1840. (9) Journal fiir OrniUiologie, 1854. (10) Revue et Magazin de zoologie, de Guérin-Menneville, (2), VIII, p, 97, 1836. (11) De la viabilité des espèces et ses limites, p. 119. Paris, 1868. (12) Proceedings, p. 13, Part XIII, 1845. (13) Jahresbericht der N. Graub., VIII, Chur. 1880. ZZ A. SUCHETET pense que le Rackelhaue est une véritable espèce, avouant cepen- dant qu'il ne peut le démontrer. Les raisons données par ces auteurs sont presque toutes sans valeur, nous allons le voir, car la plus grande partie des Rackel- hanes qui ont été observés sont des mâles adultes qui difïè- rent notablement de Vurogallus et du tetrix. Dans cette liste d'opposition nous n'avons point nommé Leisler, parce que nous n'avons pu nous procurer son ouvrage (1), mais nous pensons qu'il doit être compté parmi les adversaires de l'hybridité chez le Rackelhane. Faisons ici remarquer que ces derniers donnent, en général, peu de raisons pour soutenir leur opinion, tandis que des naturalistes de grande valeur et partisans d'une double origine, ont multiplié les leurs. Nous avons parlé longuement des circonstances qui laissent à penser queleTétrix est le père du Rackelhane ; nous n'avons rien dit de celles qui peuvent, au contraire, faire croire qu'il en est la mère. Les ornithologistes qui admettent l'origine T. vrogaUns ç^ et T. tetrix 9 se sont surtout fondés sur les caractères qui différencient les individus. Si presque tous les Rackelhanes mâles (2) ont un type uniforme, quelques-unes, cependant, offrent des différences dans la forme et le plumage; aussi a-t-on cru pouvoir dire que ces diffé- rences étaient dues au renversement des termes père et mère. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit ailleurs, le renversement des deux facteurs ne change point toujours le produit. Chez les hybrides, Amherstiœ picta, par exemple, une différence, môme notable, dans la forme et dans le plumage de l'hybride, n'indique point le rôle des deux parents. Mais des observations du genre de celles que nous avons citées ont une toute autre valeur et nous devons reconnaître que plusieurs indications de cette nature ont été données en faveur de la paternité de l'Urogalle. Nous les avons principalement trouvées dans l'ouvrage de Lloyd(3). Ainsi, d'après M. Falk, les Rackelhanes suivent les Tetrix aussi bien pendant le Lek que pendant les autres époques de l'année, on ne les trouve que très rarement parmi les Urogalles, pour cette raison probable, ajoute M. Falk, qu'ils préfèrent la compagnie des Oiseaux avec lesquels ils ont été élevés. Pendant l'année 1830, (1) Beit. zu Beclistein's Naturg., Heft 2, p. 196. (2) Ou mieux Rackelhanar (en suédois), mais nous pensons que le nom de Rackelhane, Irès usité, peut être francisé et emprunter la marque du pluriel. (3) Tlie Game Birds ami Wild Foici -of Sioeden and Norway, p. lOu et suiv. London, 1867. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 23 M. Holm aperçut une couvée de ïétrix parmi lesquels se trouvaient deux liybrides. L'un, que l'on crut femelle, fut tué pendant la saison de la chasse; le second, un mâle, qui fut de nouveau aperçu pen- dant l'automne dans la même couvée, fut tiré le printemps suivant. Ces jeunes oiseaux vivaient dans les chasses réservées de M. Hohn, où on avait laissé un grand nombre d'urogallus cT. Quand à Lloyd, il avoue que « c'est un sujet qu'il ne saurait éclaircir. » Pour notre part, nous sommes porté à voir le plus souvent, dans le Rackelhane, le produit du T. tetrix ^f avec T. urofjallus 9. Les causes qui déterminent des croisements aussi fréquents sont- elles connues? Plusieurs auteurs ont cherché à les expliquer, Nilssou, par exemple. En Suède, dit-il, où la chasse est libre dans certains endroits, tout paysan, grand ou petit, est chasseur et chasse quand bon lui semble. Chacun tue autant qu'il peut sans se soucier de l'avenir; il ne pense à retirer quelque profit que pour le présent. Or, le Coq urofjallus se laisse tirer facilement pendant le temps de l'accou- plement ; lorsqu'il est en amour les paysans sont à peu près sûrs de le tuer. Le petit Coq tetri.v, plus agile, est, au contraire, difficile à approcher, aussi devient-il très abondant dans certains endroits où disparaît le grand Coq. Les Poules urogalles surnuméraires se trouveraient ainsi portées à rechercher le Coq tétrix faute de mâles de leur espèce. Une preuve en faveur de cette opinion, poursuit Nilssou, c'est que, dans le Herjedalm et dans beaucoup d'endroits du Nord de la Suède, le Rackelhane augmente en proportion du nombre des chasseurs; ceux-ci sont devenus plus nombreux qu'autrefois et le Rackelhane est devenu de moins en moins rare. Pour l'Allemagne, où le Rackelhane se voit moins fréquemment qu'en Suède où en Norvège, Nilssou cherche une autre explication. La chasse est soumise à certaines lois, elle est confiée à des personnes habiles qui la font avec méthode, celles-ci se gardent de trop détruire, et les Poules surnuméraires deviennent l'exception. Gloger (1) a voulu aussi étudier cette question, il est même entré dans de nombreux détails. Pour lui, ce sont principalement les jeunes Coqs urogallus qui, chassés par leurs aînés de la place du baltz, deviennent les pères des hybrides en s'accouplant avec des Poules du Tétrix. D'après le savant ornithologiste on s'est convaincu de ce fait en Suède et en (1) Journal fur OrniUiologie, 1854. 24 A. SUCHETET Norvège par des observations très exactes et poursuivies longtemps. Les jeunes Coqs urogallus, continue-t-il, sont en effet plus forts que les Coqs tetrix, et, excités par une longue privation, ils ne tardent pas à devenir les seigneurs du baltz de ces derniers. Telle est, d'après lui, la règle générale qui donne lieu à l'hybridation des deux espèces; ce n'est que par exception qu'elle se produit dans le sens inverse. Si. par exemple, dans un endroit quelconque trop de Coqs uro(jallus sont tués (ce qui arrive plus facilement que les Coqs tetrix, bien plus rusés), les Poules urogalles, privées alors de leurs Coqs se rendent aux appels des Tetrix qui chantent dans le voisinage. Elles sont naturellement les bien venues. Cette opinion avait déjà été émise par Gloger dans : Vollstcindiges Handbnch der Naturgeschichte{\). On croit, disait-il que le Rackelhane ne se rencontre que dans les endroits où les Coqs urogalles ont été tués en grand nombre ou dans les petits districts, où ils ont été complètement détruits, etc. Gloger s'étendait très longuement sur ce chapitre. Une note du directeur du Journal qui suit le récit de Gloger (p. 133) fait remarquer que chez les Tétras, comme chez plusieurs autres Gallinacés qui vivent en polygamie, les mâles ne recherchent pas d'ordinaire les Poules, mais ils leur indiquent la place où elles doivent se rendre pour les parades d'amour. Ce sont donc les Poules c[ui, en quelque sorte, vien- nent s'offrir elles-mêmes. Rien donc d'impossible, ajouterons-nous, à ce qu'une Poule urogalle s'abatte dans le jeu d'un Coq tetrix et ne recherche ses avances puisque les mâles Urogalles se laissent tuer plus facilement que les Coqs tetrix. Nous croyons cette explication bien préférable à la première ; cependant la remarque que les jeunes Coqs sont chassés par les vieux aurait été faite, d'après Falke, par tous les chasseurs d'Uro- galles (2). Ces jeunes mâles n'osent s'approcher des Poules et regardent à distance un spectacle qui les excite. Ils seraient ainsi poussés à contracter des alliances étrangères? Enfin, M. E. Dresser écrit (3) que le Rackelhanese voit surtout aux endroits où les mâles de Vm^ogallm ont été tués. La question n'est donc pas résolue. Mais arrivons à la description de ce curieux hybride. Certains ornithologistes, bien peu nombreux du reste, ont prétendu que les caractères du mâle, dont nous parlerons seulement pour commencer, sont très variables. A en croire M. Falke (cité par Lloyd), sur vingt Rackel-Hanar, il n'y en aurait pas deux semblables. (1) 1834. (2) Cité par Lloyd. (.3) Proceedings of the Zool. Society, 1876, p. 345. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 23 MM. Degland et Gerbe ont également dit qu'il était diiïîcile de rencontrer deux individus semblables à cause de la grande variabilité des couleurs. Nous pensons qu'il y a là erreur, à moins donc que ces auteurs n'aient voulu simplement parler de ces différences qui existent quelquefois entre les exemplaires d'une même espèce. Le Rackel- hane cf adulte, sauf de rares exceptions, forme un type bien carac- térisé, auquel il est facile de ramener la plupart des individus que l'on rencontre. Ainsi Naumann (1) fait savoir qu'un des mâles qu'il décrit ressemble parfaitement aux quatre exemplaires vus par Leisler, ainsi qu'aux sept exemplaires dont le D"" Meyer a donné une description (2). Sept autres individus conservés à cette époque dans diverses collections, soit eu Allemagne, soit ailleurs, présentaient les mêmes caractères. John Gould dit qu'il a eu l'occasion de cons- tater le peu de diversité qui existe entre les divers Rackel-Hanar ; il ne croit point que ceux examinés par M. Yarell différaient les uns des autres par leur structure interne. Le spécimen tué dans les terres de Demira, en Ecosse, se rapporte en tous points aux spéci- mens que l'on trouve en Norvège (3). Tous les caractères du T. médius, dit le prof. Severztow (4) sont extrêmement constants, sans variations individuelles; ils sont tous identiques. Ce qui est sin- gulier, remarque encore Brehm, c'est que le plumage du Rackelhane est régulier, c'est-à-dire qu'il ne varie pas d'un individu à l'autre. Enfin le prince Rudolph, qui a eu entre les mains, soit en chair, soit empaillés, une assez grande quantité de Rackel-Hanar, dit qu'il n'a jamais constaté des différences plus essentielles que chez les espèces pures. Nous-même, qui avons pu examiner quinze Rackelhanes dans diverses collections et qui en possédons un exemplaire, nous n'avons trouvé que des Rackel-Hanar tj/pus, et les renseignements qui nous sont parvenus de différents Musées d'Europe nous ont confirmé dans cette opinion. Nous pouvons citer l'individu conservé au musée de Gôrlitz, qui est conforme, par sa grandeur et sa couleur, aux descriptions qui ont été données sur les Tetrao médius parles auteurs anciens, tels que Brehm, Naumann, etc. ; les deux exemplaires du Musée de Francfort, qui correspondent parfaitement avec la des- (1) Nahtr der Vogel Dentsclilands, 0. Tlieil. (2) Magasin der Gesellschaft naturf. Freunde zu Berlin, 1811. (3) Voy. la communication de James Wilson à la Société royale d'Edimbourg* Proceedings, I, p. 393, 1842-43. (4) Mém. des Nat. de Moscou. 26 A. SUCHETET cription donnée par Naumaun; le sujet qui orne la collection de la Société d'Histoire naturelle de Colmar et qui se rapporte à la diagnose de Schinz ; le Rackelhane de VUfftcio ornithologico de Florence (Museo dei Vertebrati), appartenant à la forme typique, ainsi qu'un individu semblable du Maseo cixico de Trente ; puis, pensons-nous, les exemplaires des Musées de Giessen,Darmstadt,Tubingue, Bergen, Leide, etc. Toutefois, nous l'avons dit il se rencontre plusieurs exceptions ; déjà le prince Rudolph avait signalé (1) deux exemplaires qui s'éloi- gnaient du Rackelhane typus(2); M. Paul Leverkiihn nous écrit de Strasbourg qu'il existe dans le mnsée de cette ville un spécimen provenant de la Forèt-Noire, qui offre des analogies avec ce type; le Baron von Krudner a parlé (3) d'un sujet assez petit tué à Ranzen (Livland), et qui, d'après la description qu'il en donne paraît s'éloigner du type ordinaire du T. médius. Dans son bel ouvrage (4), le Dr A. B. Meyer a rassemblé plusieurs exemples de ces excep- tions. Le feu professeur Severtzow (5) a également mentionné des types de Tetrao tetrix, présentant seulement quelques légères traces d'hybridation, il a supposé, comme nous l'avons dit en commen- çaut, que ces individus provenaient du croisement d'espèces pures avec des hybrides en train de faire retour à l'une des deux espèces mères? A part ces exceptions, lesRackelhanes cf adultes que l'on tue fré- quemment, tout en offrant de légères différences entre eux, peuvent être ramenés le plus souvent à un type dont les caractères princi- paux varient peu. Nous avons réuni ici un grand nombre de descriptions du Rackel- hane cT qui ont été données depuis un siècle et demi, nous avons ajouté à ces divers renseignements les diagnoses plus ou moins (1) Mitt. orn. Ver. Wien, p. lOo, 1883. (2) Voici en grande pari le leur description: Bec fort gris jaune, cou bleu foncé, poitrine à reflets violets, le dessous foncé avee peu de plumes brillantes. Sur les ailes un miroir blanc. — Au croupion des taches blanches. Les couvertures supérieures du croupion sont longues et marbrées de blanc. — Croupion forme de TUrogalle, les dernières plumes échancrées. Le dos à la façon de l'UrogalIe, coloré brun. Les yeux bruns. — 2' exemplaire: Bec jaune de TUrogalle, cou gris de ce dernier, poitrine verte, le dessous brillant, grisâtre avec beaucoup de plumes brillantes, pas de miroir blanc sur les ailes. Croupion tout noir, très court; comme chez les poules, les dernières plumes sont échancrées. Dos à la manière de l'UrogalIe, coloré brun,, yeux bruns (cet exemplaire diflère complètement du Backelhane typus). (3) Jagd-Zeitung, p. oOl et 502, année 188ij. (4) Unser Auer-Rackel und liirkwild und seine Abarten. Wien, 1888. (o) Nouv. Mém. des Nat. de Moscou, 1888. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 27 complètes d'individus non encore décrits. Afin de faciliter les rappro- chements, nous avons mis eu regard, à la snite les unes des autres, les parties dons nous donnons la description. La comparaison à établir entre les divers spécimens deviendra donc très facile, et on pourra examiner si lesRackel-Hanar présentent des dilïérencestrès sensibles ou si, plutôt comme nous le pensons, il est possible de les ramener le plus souvent à une forme typique. La plupart de ces descriptions ont été faites d'après nature, nous donnerons des extraits de celles qui ont été publiées successive- ment par Rutenskiold, Klein, Brisson, Linné, Pennant, Johann Beseke, Bechsteiu, Langsdorff, leD-" Meyer, d'Olïenbach (1), Nilsson, Temminck, le pasteur Brehm, Naumann (2), Gloger, Schinz, Gould, Tschusi,le prof. Collett, Malm, Degland et Gerbe, Brehm, le prince Rudolph, Victor Gaffé, le D^ A.-B. Meyer, de Dresde (3), le feu professeur Severtzow, auxquels nous ajouterons les descriptions plus ou moins complètes : i° d'un individu que nous possédons eu peau ; 2" de trois autres individus que l'on voit dans les galeries du Muséum d'Histoire Naturelle de Rouen ; 3° d'un exemplaire conservé dans la riche collection ornithologique européenne de M. Noury, à Elbeuf-sur-Seine ; 4'^ d'un autre tué à Arkangel et dont M. A. Dubois, conservateur du Musée Royal de Bruxelles, a bien voulu nous envoyer la description ; 5° d'un septième conservé au Musée de Lausanne; 6» d'un huitième faisant partie de VUfficio ornithologico (tel Miiseo zoologico dei Vertebrati, de Florence ; 1° d'un neuvième appartenant à M. Lemetteil, de Bolbec (S.-Inf.) ; 8" d'un dixième conservé au Musée de Genève ; 9" de trois individus du Muséum d'Histoire naturelle de Paris ; 10" d'un quatorzième offert cet hiver au Musée de Bergen, par M, Lardai; 11" d'un quinzième que nous avons vu chez M. Deyrolle, à Paris ; 12o de trois autres individus appartenant au Musée de Leyde ; 13<> d'un dix-huitième spécimen que l'on voit au Musée de York ; 14° d'un dix-neuvième, tué en Ecosse, à Sullzallan, en 1869, et envoyé au Kelvingroce Muséum de Glascow en 1871 ; de deux autres de la Collection Marmottan ; 13° enfin, de deux derniers conservés au Musée de (1) Nous ignorons si la description du D'' Meyer, d'Offenbacli, a été faite d'après un grand nombre d'exemplaires ; on pourrait le supposer, toutefois il parait ressortir d'un passage qu'il n'a vu que deux exemplaires. (2) Nilsson et Naumann ont décrit plusieurs exemplaires. Nous ne nous occupe- rons point de tous. (3) Le D'' A.-B. Meyer. de Dresde, décrit un grand nombre de sujets, nous ne parlerons que de sa description générale du T. médius typus. Za A. SUCHETET Strasbourg, et sur lesquels M. Paul Leverkûhn a bieu voulu nous envoyer quelques indications. Aspect général : Le plumage du corps, qui est presque d'une seule couleur lustrée et très peu variée, le rapproche du Télrixf Langsdorff); par sa couleur noire brillante il ressemble tout-à-fait au tetrix (Johann Beseke); il ressemble au Tétrix (Linné); par sa forme et sa couleur il ressemble aux deux espèces, néanmoins plus au Tétrix qu'à rUrogalle, un observateur peu exercé le prendrait par consé- quent, pour un grand Coq tétrix d'une couleur un peu sombre et à la queue coupée {Naumann) ; colore varie variât in variis {Sparmann); il ressemble à un Tétrix dont la tête serait plus grande et la queue plus carrément coupée (Tschiisi); son plumage est noir à reflets bleus (/rf.); sa couleur métallique est le violet-pourpre (exempt, du Musée de Hergen) (1) ; type du T. tetrix (un exemplaire du Musée de Strasbourg) ; il tient le milieu entre les deux espèces dont il provient [Brehm)', couleur du Tétrix (Musée rfeIt^«(/('); à peu près strictement entre les deux pour les caractères plastiques et pour la coloration, seulement la couleur des reflets métalliques sur le noir de son plumage, qui sont violets, diffère des reflets verts de Vurogallus et des reflets bleus du tetrix (Severtzow] ; (tous les exemplaires que nous avons vus tant empaillés que dessinés présentent ces carac- tères); par sa couleur il ressemble plus au tetrix qu'à Vurogallus {Collett){2) ; il ressemble plus au Tétrix qu'à l'Urogalle (exemplaire de M. Lemetteil); comme couleur ils ressembleat plus au Tétrix [les 3 exemplaires du Musée de Rouen) intermédiaire entre les deux espèces, mais l'aspect est plutôt celui de l'Urogalle (exemplaire de la collection Noury) ; alternativement il se rapproche plus de l'un que de l'autre suivant le père qui lui a donné naissance (Gloger); néanmoins Gloger constate que pendant longtemps on a trouvé la plupart des Rackelhanes semblables les uns aux autres. Taille, dimensions et forme : Corps à peu près comme celui d'une vieille Poule urogalle (Rutenskidld) ; magnitudo feminœ urogalli (Linné,Fauna suecica); Pennant répète Linné. Pour la grosseur il res- semble au Coq de bruyère (Bcchstein); il n'atteint pas la grandeur de Vurogalkis, mais il est plus grand que le Tétrix cT, il tient justement le milieu entre ces deux Oiseaux (Naumnnn); il est plus grand que le tetrix et plus petit que Vurogallus $ (Tschusi); la taille est au (1) D'après la photographie qui nous est adressée, sa forme le rapproche de Jrogalle. (2) Cité par M. James Alpreig, curator. Bergen Muséum (Norvège). OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 29 moins celle d'une vieille Poule urogalle (exemplaire du Musée de Genève); il tient le milieu entre le Tétrix et l'Urogalle par sa forme et sa grandeur [Johann Beseke); taille plus forte que celle de Vuro- gallus $ {exemplaire de M. Lemetteil); intermédiaire comme forme et comme couleur entre les deux espèces (exempl. de M. Deyrolle); par sa grandeur il tient le milieu entre le grand Coq et le Tétrix {LangsdorlJ); à peu près strictement intermédiaire entre les deux pour la taille [Severtzow); à peu près aussi grand que VUrogaUus femelle (les trois exemplaires du Musée de Leide); taille d'une belle belle Poule urogalle {les trois exemplaires du Musée de Rouen); taille d'une belle Poule urogalle {collection de M. Noury) (4). Sa longueur ordinaire est d'environ 2 pieds 3 niches (Lloyd); taille 55 cent, {exemplaire d'Arkangel); 69 à 77 centimètres de long {Brehm); sa longueur depuis le bout du bec jusqu'à celui de la queue est de 2 pieds 2 pouces (Langsdor/f); longueur 2 pieds 6 pouces, mesure de Paris, largeurs pieds 5 pouces {D^ Meger, d'0/J'enbach); longueur 28 pouces, largeur 44 à 45 pouces {Naumann) ; longueur 2 pieds 3 pouces, largeur entre les ailes 3 pieds 3 pouces (Nilsson); longueur totale 698"!'^ {Malm.); ab extremo nostri ad caudaB et digiti medii exitum 2''4"', Paris, {Klein, Stem.Avi); longueur totale 10&^^{exempL du Musée de Bergen); depuis le bec jusqu'à l'extrémité de la plus longue plume rectrice 75,5, jusqu'à la plus courte 12 {Exempl. décrit par A. Gajjé). TÊTE, DIMENSIONS : Un peu plus grande que celle du Tétrix {Bechstein); plus grosse que chez le Coq tétrix (Naumann); plus grande que celle du Tétrix cT {Tschusi) ; intermédiaire entre les deux {les trois exemp. du Musée de Rouen); intermédiaire entre les deux {collection de M. Noury) ; longueur de la tète, 100°i'^ {exempl. Musée de Bergen). TÈTE, COLORATION : Coiiime celle du Tétrix {Bechstein'?) ; d'un brun foncé lustré {Langsdorff) ; d'un noir à reflets bronzés et pourprés [Temminck); noire avec un reflet bleu d'acier tirant sur le violet {Naumann); noire avec des reflets métalliques et pourprés (Yarrell) ; d'un pourpre sombre, les plumes tachetées de blanc {Gould); d'un reflet pourpre et bronzé selon la lumière {Nilsson); tête bigarrée gris et noir {un autre exemplaire); d'un noir brillant {Tschusi); d'un noir bleuâtre à reflets {Degland et Gerbe); un autre (4) Il est encore dit dans le Jagd-Zeitung de 1888, p. 244, en parlant du Rackelhane tué à Ratzeburg, que sa conduite sur les places d'amour était tout-à-fait celle d'un Tétrix. On ajoute qu'il ressemble plus par son plumage à cet Oiseau qu'il ne res- semble à Vurogallus. 30 A. SUCHETET exemplaire adulte : d'un noir à reflets orangés et pourprés [Degland et Gerbe) ; à reflets pourprés (Brelim); habituellement noire avec un beau reflet violet ou pourpré (Gloger); noire à reflets pourprés violacés {notre exemplaire) ; le dessus est pointillé de gris et couvert de fines ondulations en zigzags (pasteur Brehm); tête brune à reflets pourprés {un exemplaire d'Archangel (Russie); d'un noir profond à reflets métalliques {exemplaire de M. Lemetteil); comme coloration ressemblent beaucoup plus au Tétrix qu'à l'Urogalle, tête brune, presque noire {les 3 exemplaires du Musée de Rouen) ; la tète et les joues brun-noir avec un brillant de violet métallique {D'^A . B. Meyer) ; les plumes des joues ont plus ou moins les pointes blanches {id.); tète noire avec bel éclat violet ou pourpré {Gloger) ; d'autres, au contraire, (chez lesquels la ressemblance avec le Tétrix est plus accentuée), ont la tête plus noire, brillant d'un bleu d'acier {Gloger). Signe caractéristique : Au-dessus des yeux, la peau est dénuée de plumes et pourvue de petits mamelons charnus d'un rouge très vif, ce qui forme un demi-cercle rouge ; au moment de l'accouple- ment, ces petites verrues, qui sont fines, allongées et plates, devien- nent plus apparentes et se colorent davantage ; la bande a relativement une étendue moindre que celle du vieux Coq Tétrix {Naumann)] deux taches rouges {Rutenskiôld); au-dessus de chaque œil une tache d'un pouce de long sans plumes (?); plaque rouge au dessus de l'œil {Musée d'York); la tache au-dessus de l'œil comme chez le Tétrix, grande et d'un rouge très vif, remplie de petites verrues {Nilsson); au-dessus des yeux une petite bande nue papil- leuse rouge {Degland); notre exemplaire paraît être privé de cette petite tache rouge au-dessus des yeux que beaucoup d'ornitholo- gistes ont constatée, peut-être une détérioration en est-elle la cause, l'Oiseau n'ayant point été monté. Ou sait, du reste, d'après les observations de Nilsson qui a possédé des Rackelhanes en captivité, que cette plaque verruqueuse diminue dès le mois de mai. Au Musée de Rouen, sur trois exemplaires, deux seulement ont cette plaque, le troisième en est dépourvu ; elle est moins grande que chez le tétrix ; pla que papilleuse au-dessus des yeux, rouge vif (coll. Noury). L'œiL : L'iris est brun de noix {Langsdorff) ; brun clair, le bord des paupières gris foncé {D^ Meyer, d'Offenbach) ; sourcils rouges ( Temminck) ; l'iris est d'un brun foncé, la paupière est sans cils, très r ouge (Naumann) ; iris brun {Nilsson) ; l'œil brun foncé {Brehm). Bec, forme : Semblable à celui du Tétrix, sans courbure {Rutens- kiôld) ; le bec étendu et un peu moins courbé que chez le Coq ou le OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 31 petit Coq de bruyère? {Meyer, d'Offenbach); beaucoup plus petit, plus faible, mais plus redressé que chez VurogaUus et beaucoup plus grand, plus fort et plus élevé que chez le tcirix {Nauniann); la mandibule supérieure bombée, la pointe un peu courbée, pas autant que chez le grand Coq de bruyère, mais le bec plus fort et plus long que celui du Tétrix (Nilsson); intermédiaire entre celui des deux Coqs {les trois exemplaires du Musée de Rouen) ; bec plus fort que chez le Tétrix {Tschusi); le bec, depuis la pointe jusqu'aux coins de la bouche, un pouce et demi (LangsdorfJ) ; le bec, un pouce et demi de long (Meyer d'Offenbach) ; rostrum ex angula 1" 1" (Klein) ; bec fortement développé 4, 3 (exempl. décrit par V. Gaffé). Bec, couleur : Nigerrimum (Klein) ; noir (Langsdorff) ; noir (Temminck) ; couleur de corne, noir à la partie antérieure (pasteur Brehm); couleur de corne (Gould); noir (Schinz) ; noir, mais le dessous plus ou moins pâle (Nilsson); noir (prince Kudolph, d'après deux exemplaires tués en 1880 et 1881) ; noir (Brehm) ; bec noir bleuâtre (Degland et Gerbe) ; bec noir de corne foncée (exempl. de M. Deyrolle) ; couleur de corne foncée sur toute la mandibule supé- rieure, les bords beaucoup plus clairs (notre exemplaire) ; bec gris noir, plus clair à la pointe de la mandibule supérieure et à la naissance de l'inférieure, la coloration claire s'étend plus ou moins (.1. B. Meyer); chez deux exemplaires du Musée de Rouen, la couleur de corne est très foncée, chez le troisième elle est plus claire ; tout le bec noir, en dessous plus ou moins de jaunâtre (G/of/er) ; bec noir (coll. Noury). Gorge : Plumes longues, en forme de barbe, beaucoup plus prononcées que chez le viQwxtetrix, mais moins que chez Two^aZ/ws, (Naumann); plumes un peu allongées (Temminck); la gorge a un épi [Schinz) ; l'avaut-gorge noir avec un reflet bleu d'acier tirant sur le violet ; sous la gorge toutes les plumes entourées et tachetées de gris blanchâtre (Naumann) ; plumes de la gorge plus longues que celle du tétrix, plus courtes que celles de l'Urogalle (Degland et Gerbe) ; sous la gorge, quelques plumes comme chez l'Urogalle, mais moins longues (exempl. de M. Deyrolle) ; gorge noire avec reflets violacés ou pourprés suivant le jour, peu de plumes longues (notre exemplaire) ; un des exemplaires de Rouen a des plumes sous la gorge. Cou, dimensions : La longueur et l'épaisseur du cou de VurogaUus (Rustenskiold) ; plus gros que chez le Coq Tétrix (Naumann) ; inter- médiaire entre les deux Coqs (les trois exemplaires du Musée de Rouen) ; intermédiaire entre les deux (collection Noury). 32 A. SUCHETET Le cou, coloration : De la couleur du Tétrix (Rustenskiôld) ; colluiïi iridis colorum ex nigro {Klein, Stem. Av.); semé de petits points rougeàtres (Brisson): colli color est in urogallo {Linné, Faiina suecica) ; de la couleur du Tétrix [Beclutein) ; à reflets pourprés et bronzés {Temminck) ; d'un pourpre sombre {Goidd) ; d'un reflet pourpre et bronzé selon la lumière {Nilsson); noir brillant {Tschusi), cou pourpre, {Musée d'York); habituellement noir avec un beau reflet violet ou pourpré (Gloger) ; d'un noir bleuâtre à reflets {Dcgland) ; un autre mâle adulte, cou d'un noir à reflets orangés et pourprés {id.); noir brillant à reflets pourprés violacés {notre exem- plaire) ; les côtés saupoudrés de gris et parfois tachetés de blanc {Drehm) ; cou d'un violet magnifique reflétant la pourpre, laissant voir du vert lorsqu'on s'approche de la lumière {exempl. décrit par M. Victor Gaffé) ; violet, d'un superbe éclat au soleil {exempt, tué par le prince Clary) ; cou brun à reflets pourpres {exemplaire d'A rkangel) ; cou d'un noir prof ond à reflets métalliques (e.rem^îlan'e (/e il/. le/ne^fc//) ; noir avec un bel éclat violet ou pourpré {Gloger); chez d'autres, cou plus noir, brillant d'un bleu d'acier (/(/.) ; les côtés du cou plus ou moins verdàtres, suivant la lumière (Z)'"^.-/?. Mcyer). Cou, PARTIE SUPÉRIEURE : D'uu bruu foncé lustré {Langsdorff) ; profondément noir avec un éclat d'acier {Naumann); tacheté de blanc {Gould) ; à reflets pourpres et bronzés très accentués {Nilsson) ; brun noir, tacheté de gris {D. A.-B. Meyer) ; noir avec des reflets bronzés violacéS;, parsemé de petites taches grises très fines {notre exemplaire). Cou, DEVANT : La couleur chatoie entre le violet et le pourpre, et est fortement brillante; cet éclat particulier, bleu, rouge ou pour- pre foncé, dit Naumann, est aussi vif que l'éclat du vert de Vurogallus et contribue à orner vivement l'Oiseau ; il chatoie néan- moins dans une couleur de bronze cuivré. La partie inférieure du col est d'une couleur lustrée changeant en violet {Langsdorff) ; le devant du cou violet pourpre {Schinz) ; à reflets pourpres {Brelim); brun noir avec un brillant de violet métallique {D^ A.-B. Meyer); noir avec des reflets violacés {les trois exen^plaires du Musée de Rouen) ; noir avec des reflets violacés {notre exemplaire). Poitrine et flancs : Pectore nigro, parum ex albo maculato {Klein) ; semée de petits points rougeàtres {Brisson) ; la poitrine et la partie supérieure du ventre sont variées de taches blanches, les côtés sont d'un brun noirâtre, variés de points très fins roussâtres {Langsdorff) ; les côtés tachetés de brun avec quelques grandes OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 33 taches blanches aux extrémités, la partie postérieure de la poitrine uoire avec beaucoup de taches blanches {Mci/er, trofj'i'uhach); d'un noir à retlels bronzés et pourprés, flancs variés de grandes taches hkmches{Temmincky, la partie inférieure et supérieure de la poitrine et les flancs noirs d'un éclat faiblement bleuâtre, parsemés de nom- breux petits points brunâtres au bout des plumes et aux barbules, surtout sur le milieu de la poitrine, par-ci par-là parsemée de blanc ou tachetée de blanc (IS'aumann) ; poitrine habituellement uoire avec un beau reflet violet ou pourpré (Gloger) ; quelques taches blanches sur la poitrine (cV/.); poitrine d'un pourpre sombre ou violet pourpré (Goiild) ; poitrine violette {cxenip. fie M. Dcijrolle); d'un reflet pourpré et bronzé selon le 'jour {Ni Isson); les côtés bigar- rés gris et noir iNilsson) ; poitrine violette {prince Rudolpli, deux exemplaires tués en JSSO et '1S8I) ; brune à reflets pourpres {exenipl. (IWfhancjel) ; avec des reflets violacés {exemplaire de rufficio ornitho- loyico (le Florence) ; poitrine et partie antérieure du sternum d'un noir profond à reflets métalliques {exemplaire de M. Lemetteil) ; flancs d'un noir de suie {id.) ; la poitrine violette avec un brillant de métal {A.-B. Meyer, d'Ofjenbach) ; noire, avec un bel éclat violet ou pourpre (Gloger) ; reflets métalliques violacés {collection Noury) ; le plumage de la poitrine d'un violet magnifique reflétant le pour- pre et laissant voir le vert lorsqu'on l'approche de la lumière, {exemp. décrit par M. Victor Gaffé)', poitrine violette brillant au soleil d'un superbe éclat {exempl. tué par le prince Clanj). Ces diiïérences s'expliquent en ce que la limite du devant du cou et de la partie supérieure de la poitrine qui le suit immédiatement ne sont pas assez limités. Noire avec un bel éclat violet ou pourpre {Gloger). Ventre : Quelques taches blanches sur le dessous du corps {Brisson) ; les plumes du bas-ventre noires ; la partie supérieure du ventre variée de taches blanches, les côtés d'un brun noirâtre, variés de points très fins et roiissÀtves {Langsdorff) ; tachetés de brun avec quelques grandes taches blanches aux extrémités {Meyer, d'Offenbach); le ventre d'un noir mat, l'abdomen varié de grandes taches blanches (Temminck) ; noir d'un éclat d'acier faiblement bleuâtre, parsemé de nombreux petits points brunâtres au bout des plumes {Naumann) ; noir mat {Schin::) ; les côtés noirs tachetés de blanc ainsi que le ventre {id.); le ventre d'un reflet pourpre et bronzé selon le jour {Nilsson) ; sur le milieu du ventre on trouve quatre ou cinq petites taches blanches (id.); ventre noir brillant barré de blanc {Tschusi) ; noir (Brehm) ; abdomen noir, nuancé çà et 34 A. SUCHETET là de blanc {Degland); autre exemplaire, abdomen d'un noir mat, bas- ventre d'un blanc sale {Degland) ; bas du ventre blanc ssile{e.remplaire de M. Lemetteil) ; un peu de blanc au milieu de l'abdomen qui est brun pointillé de blanchâtre sur les flancs {exemplaire d'Arkangël) ; ventre très noir, d'un brillant plus ou moins violet, le milieu du ventre parfois blanc, la partie postérieure avec du blanc {A.-B. Meyer); flancs finement pourprés d'un gris cendré (id). Dos : Prout tetraonis (Klein) ; tout le dessus du corps est tacheté de blanc (Bechstein) ; les plumes qui couvrent la partie supérieure du dos sont noires et variées de très petits points blancs et roussâtres qui sont à peine perceptibles, le dos est noir varié de brun (Langsdorff) ; le dos gris noir entouré et tacheté couleur de rouille, et la partie postérieure noire avec quelques taches blanches (Meyer, d'Ojfenbach) ; chez un second sujet on voit seulement une longue ligne blanche à la tige des plumes (id.) ; le sommet du dos est d'un noir brun parsemé de petits points noirs innombrables d'un brun clair comme du sable, qui se rangent quelquefois en zigzags (Naumann) ; dos d'un noir lustré parsemé de très petits points et de zigzags cendrés et bruns (Temminck) ; dos finement tacheté (ou poudré) de gris cendré (Gloger) ; noir brillant tacheté de gris (Schinz) ; noir lustré bleu (Nilsson) ; le bas du dos noir violet poin- tillé de blanc et chatoyant (Tscliusi) ; dos noir, semé de points et de ligues grises très fines, en zigzags (Brehm) ; noir varié de roussàtre (Degland et Gerbe) ; noir à reflets orangés et pourprés autre exem- plaire (id.) ; d'un noir de suie, sablé de très fines stries gris perle au manteau (exemplaire de M. Lemetteil) ; brun presque noir, pointillé de roux et de blanchâtre (exemplaire d'Arkangël) ; finement pourpré d'un gris cendré (Gloger). Epaules : Les plumes du dessous des épaules sont blanches (LangsdorfJ); même signalement chez notre exemplaire; épaules d'un noir brun parsemé de petits points innombrables d'un brun clair comme du sable qui se rangent en zigzags (Naumann) ; la région des épaules est blanche, mais ceci ne se montre qu'à l'état de repos des ailes, et rarement, comme une petite tache triangulaire (Nau- mann) ; une petite tache blanche à l'épaule (Gould) ; les épaules noires (Nilsson) ; absence de tache blanche aux épaules (Langsdorff); une tache blanche sur l'épaule (i)!" A. B. Meyer) ; de même sur notre exemplaire; absence de tache à l'épaule [les trois exemplaires de Rouen). Ailes, conformation et dimensions : A l'état de repos, elles OISEAUX HYBRIDES RENCONTRES A L*ÉTAT SAUVAGE 3o n'atteignent avec leur pointe qu'un peu au-delà de la racine de la queue, elles sont concaves, en forme de jatte ; étendues elles sont arrondies par devant et, à cause des l'égimes primaires, étroites, fendues comme les doigts; vers l'extrémité les tiges sont très recourbées à l'intérieur (Naumann) ; la troisième ou la quatrième rémige est la plus longue, la première de deux pouces et demi plus courte que la quatrième («/.); d'une pointe de l'aile à l'autre 73°™ [exempl. tué par le prince Clary); largeur du vol, 103 (exempl. décrit par M. V. Ga/fc); la première penne un peu plus courte que la septième, la deuxième comme la sixième et la troisième comme la cinquième, la quatrième est lapins longue (Nilsson) ; 31^'nm (^Malni); ailes 29,5 ^/m (u/i exemplaire du Musée de Strasbourg); 30 ^1^ {un autre exemplaire); l'étendue des ailes d'un bout à l'autre est de 3 pieds 5 pouces {LangsdorfJ) ; lougueui' des ailes de leur naissance jusqu'à leur extrémité, 14 pouces 1/2 (Naumann); les ailes 33 centi- mètres {exemplaire d'Arkangel) ; l'aile 321'^'^ [exempl. du Musée de Bergen). Ailes, coloration : Semées de petits points rougeâtres (Brisson) ; noires avec des points gris et des lignes en zigzags (Schinz) ; noires, quoiqu'un peu moirées de brun, le lustre comme le dos, le dos, plus bleu (Nilsson) ; moirées d'un brun noir et gris (Brelim); d'un brun noirâtre, parsemées de petites tacbes roussâtres peu apparentes, rassemblées en zigzags (Degland et Gerbe) ; ailes brunes (Musée d'York); d'un brun foncé (Tscivusi); noir brun, gris blanc et brun châtain avec des zigzags (Meyer, d'Offenbach) ; il existe une tache blanche plus ou moins visible dans le creux de l'aile et une autre à moitié ronde à la naissance de l'aile (Nilsson) ; il y a sur l'aile une tache blanche (Tschusi); on voit une plaque blanche au pli de l'aile (De^/Za/u/); lorsque l'aile est ployée,il se forme un© tache blanche (LangsdorfJ) ; une tache blanche au poignet de l'aile (exemplaire de M. Lemetteil) ; un large miroir blanc sur l'aile, sou- vent caché quand l'aile est fermée (IJ^'À. B. Meyer) ; les ailes ont la couleur de celles de l'Urogalle, quoique dans le haut elles soient un peu plus foncées (cxemp. décrit par M. V. Gaffé). Les plumes scapulaires sont rayées transversalement et en zig zags de brun et de roussàtre de la même manière que le Coq urogallus; les deux premières grandes plumes de l'aile sont brunes, les autres sont de la môme couleur; mais leur côté extérieur est bordé irrégulièrement de points blancs ; leur tige est brunâtre. Les plumes moyennes sont jusqu'à la moitié blanches à leur racine, ce qui, lorsque l'aile est pliée, forme une tache blanche de cette couleur. 36 A. SUCHETET leur bout est brun et terminé par un petit bord blanc, une partie de leur côté extérieur est varié de brun et roussâtre, de la même manière que les plumes scapulaires ; les longues plumes de l'aile du dessous sont gris cendré et lustré (LangsdorfJ) ; les pennes alaires sont brunes et ont le bord de la barbe blanc { Tschusi) ; les scapulaires et les secondaires blancbes à leur extrémité, les rémiges brunes," sur les bords d'un blanc grisâtre (Gould); les rémiges secondaires marquées vers le milieu d'une légère bande d'un blanc sale et à la pointe d'une même couleur (Brehm); les scapulaires noires, variées de roussâtre et bordées de blanc à l'extrémité {Degland et Gerbe) ; rémiges brunes, à baguette blancliâtre, les primaires variées de blanc et de roux de rouille sur les barbes externes, les secondaires blanches et maculées de brun de la base au milieu, ensuite tachées de roux et bordées de blanc à l'extrémité {Deijland et Gerbe, autre exemplaire); les rémiges primaires d'un brun pâle, la barbe blan- che en dehors ; les rémiges secondaires sont bordées de blanc à la ^o'miQ {D"^ A.-B. Meyer). Les couvertures des ailes : Sont rayées transversalement et en zig-zags de brun et de roussâtrede la même manière que l'Urogallus (Langsdorfl) ; plumaB sub alis albas [Klein] ; les couvertures d'un noir brun, parsemé de petits points innombrables d'un brun clair comme du sable qui se rangent quelquefois en zigzags (Naumann) ; autre exemplaire bigarrées d'un brun noir et de blanc (id.); noires et parsemées de points roux et blancs (Tschusi); les couvertures supérieures des ailes sont noires, variées de roussâtre [Degland et Gerbe); autre exemplaire, grandes couvertures supérieures terminées de blanc [id.); couvertures alaires d'un uoir de soie, sablées de très fines stries gris perle [exemplaire de M. Lemetteil); couvertures des ailes brunes avec des points et des zigzags roux, rougeâtre, et plus ou moins bordés de blanchâtre [exemplaire d'Arkaugel); les cou- vertures inférieures blanches et grises, parsemées de marques noires (Z)r A. B. Meyer). Queue, conformation et dimensions : Longueur, à peu près celle de Vuragollus. Cauda non furcata aut divisa (A'/^m, Stem. Adi.); cauda bifurca, structura est in urogallo [Linné) ; queue fourchue (Pennant) ; fourchue, mais plus faiblement que chez le Coq de bruyère [Bechstein) ; queue en éventail à la manière de l'Urogalle (Johann Beseke) ; dix-huit plumes, lesquelles étant déployées forment un éventail ; les deux extérieures de chaque côté sont les plus longues, elles ont huit pouces et demi de longueur, le bout un peu tourné en dehors, ce qui rend la queue en quelque façon four- OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 37 chue ; les autres vers le milieu en diminuant jusqu'à la septième et huitième de chaque côté ; les dernières sont les plus courtes et n'ont que 7 pouces \jl de loni!,ueur ; les deux du milieu augmentent un peu (LangsdorfJ); queue hifurquée composée de dix-huit plumes (Meycr d'0/j'enback) ; presque fourchue et découpée (pasteur Brehm) ; plus courte que chez les deux espèces (Naumann) ; elle est un peu fourchue, car la découpure atteint à peine un pouce ; les rectrices sont de longueur égale, leur hout est comme coupé avec le bout de la tige s'avauçant un peu et les coins un peu émoussés, semblables à ceci^ ^ iNnumann). Nous avons remarqué cette particu- larité sur plusieurs rectrices de l'exemplaire qui est entre nos mains. Queue bifurquée, les rectrices les plus extérieures sont aussi contournées en dehors, mais pas autant que chez le Tétrix cf {('.rein plaire du Musée de Genève) ; queue un peu bifurquée {Sehinz) ; bihde (Brehm) ; queue bifurquée avec les rectrices lesplus extérieures, quelquefois contournées en dehors {Degtaiidel Gerbe); queue bifur- quée, toutes les rectrices du côté droit contournées en dehors, deux ou trois seulement du côté gauche {notre exemplaire); la forme de la queuecomme celledu Tétrix cT consistant en dix-huit plumesgrandes et bien formées, les plumes de côté sont 1 pouce 3/4 plus longues que les huit du milieu qui sont à peu près pareilles (Nilsson) ; queue plus carrément coupée que chez le Tétrix cT {?'•!>(■/« "•'«0; queue faible- ment fourchue {exempt, du Kelvimjrove Muséum, Glascow) ; légère- ment fourchue {Tseliusi); queue fourchue {l's trois exemplaires de Leide); dix-huit rectrices [Yarrell); les deux plumes extérieures de chaque côté ont 8 pouces 1/i de longueur, les autres, vers le milieu, diminuent jusqu'à la 7^ et 8« de chaque côté, ces dernières sont les plus courtes et n'ont que 7 ponces 1/2 de long {Langsdorff); plumes de la queue au nombre de dix-huit, les plus extérieures un peu courbées en dehors {exenipl. décrit par M. Victor Gaffé): les rectrices extéi'ieures de la queue mesurent justju'à la pointe 8 pouces 1/2, celles du milieu 7 1/2 {Meyer d'Offenhacli) ; la queue mesure 15" {pasteur Brehm) ; longueur de la queue 8 à 9 pouces, les plumes du milieu sont ])lus courtes d'un pouce {Naumann); la 1'^ rémige 2 pouces 3/4 plus courte que la 4" {id.); la queue 9 pouces 1/2 [iMlsson); cauda9", caudaB pennœ 18 {Klein) ; queue 18 à 20 plumes ; les rectrices du dehors sont plus longues de 6"™ et plus ou moins recourbées en dehors {A.-B. Meyer); (pieue un peu fourchue {Musée d'York) ; les rectrices latérales beaucoup plus longues que les médianes, ce qui donne à la queue une forme très fourchue diffé- rant de celle du Tétrix en ce que les rectrices externes ne sont pas 38 A. SUCHETET contournées, bien qu'elles paraissent avoir une propension à se retourner. Les sous-caudales sont moins frangées de blanc, et une blancbe comme cbez le tétrix, et ne dépassent pas les rectrices {exemplaire de M. Lemetteil) ; queue bifurquée, les rectrices les plus extérieures sont assez contournées en dehors, mais pas autant que chez le mâle tétrix [Musée de Genève) ; la queue étant ouverte ressemble à un éventail {les trois exemplaires du Musée de liouen) ; dix-sept plumes, en éventail {Coll. Noury) ; longueur des rectrices extérieures 24,5, rectrices inférieures 20 {exempl. décrit par A. Gaffé). Queue, coloration : Comme couleur ressemble à Vurogallus, les plumes sont finement tachetées en dessous comme les plumes de cet Oiseau {Rutenskiôld) ; caud;e pennae 18 nigrae sub cauda pennœ ex nigro et albo variae {Klein) ; queue noire, le croupion et les petites couvertures du dessus de la queue sont noirs, variées de brun, les grandes couvertures brunes... les couvertures du dessous noires tachetées de blanc {Langsdorff) ; la queue est noire, avec bordure blanche à l'extrémité (/^""i/^^^/^^r, d'Offenbach); la queue noire avec les rectrices intermédiaires frangées de blanc à l'extrémité (Gloger) ; les couvertures du dessous blanches et noires, avec le bout blanc {pasteur Brehm): les couvertures de dessous blanches et noires, au bout hlnnches (notre exemplaire) ; couvertures supérieures brun noir très accentué, parsemé de petits points brun noir {Xaumann); couvertures supérieures brun noir parsemé de petits points brun gris {notre exemplaire); les couvertures inférieures de la queue, noires vers l'eudroitoù les plumes commencent, blanches au bout, beaucoup ont à leur tige une raie noire presqu'à la pointe ; ces parties sont donc blanches dans l'ensemble, avec des taches noires, néanmoins le blanc domine {Naumann) ; les rectrices sont profondément noires, d'un éclat bleu très faible, et couvertes toutes, presqu'au trois les plus extérieures, à la moitié de la racine, de taches blanches irrégulières comme chez Vurogallus ç^ {Naumann); la partie inférieure de la queue a un aspect gris noir, etc. {id.) ; croupion noir brillant, tacheté de gris, la queue noire {Schiu:); la queue noire {Nilsson); le croupion noir {id.); couvertures inférieures noires avec des larges taches blanches aux extrémités, la queue noire, quelques plumes au centre légèrement blanches à l'extrémité {Gould) ; queue noire, les plumes les plus centrales et celles qui sont le plus en arrière bordées de blanc à la pointe. Toutes deux à leur racine, et surtout les dernières, quelquefois jusque vers le milieu, avec quelque peu de blanc couvert. Les pennes, en général, brun obscur et tachetées à l'extérieur d'une couleur blanchâtre et OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 39 d'un jaune de rouille ; les plumes de la queue blauches , iutérieu- renieut uoires (Gloijcr); les plumes du dessus de la queue et celles du milieu ont un tout petit bord blanc {Nilsson); croupion noir violet pointillé de blanc et chatoyant, queue noire {Tschusi}; deux pennes médianes bordées de blanc (/r/.); les pennes alaires sont brunes et ont le bord de la barbe blanc (id.) ; queue noire, quelque- fois bordée de blanc à l'extrémité des rectrices {Brehm}; rectrices noires, terminées de blanc, à l'exception des deux médianes {Di'i/laml) ; autre oxemplairc, rectrices uoires, les deux médianes bordées de blanc à l'extrémité {id.) ; six plumes médianes bordées de blanc à leur extrémité [notre exemplaire) ; rectrices noires finement liserées de blanc au bout {exemplaire de M. Lemetteil) ; queue noire, sous-caudales noires, mais largement terminées de blanc; rémiges brunes marbrées de blanchâtre sur la barbe externe {exemplaire d'Arkamjel); 18 à 20 plumes, une partie tachetée faible- ment de brun à la base, marquetée plus ou moins de blanc (^1. B. Mener) ; les plumes sous le croupion sont noires à leur base et blanches à leur extrémité ; lorsqu'elles sont pliées les unes sur les autres, le noir devient plus ou moins visible, les plus grandes sont d'un brun plus accentué et marquées plus fortement, parfois elles sont bordées de blanc {id.)\ queue noir brun {les trois exemplaires de Rouen); les rectrices de la couleur de celle de l'Urogalle {eoll. Noury) ; couvertures supérieures, couleur de l'Urogalle {id.). Tarses et pieds, forme, dimensions : la proportion du corps conservée, les pattes comme celles de l'Urogallus {liustenskiôld) ; digitus médius 3' {Klein); les pattes et les pieds pour la grosseur et la forme comme ceux de l'urogallus {Beehstein); le doigt médian à peine recourbé, le pouce fortement recourbé (Dr Meyer, d'Offen- bach); aspérités des doigts très longues {Temminck); les ongles longs et plats {pasteur Brehm); relativement à la grandeur du corps, les tarses sont plus grandes que chez Vurogallus {Naû^mann); les ongles longs et très bien courbés {lYilsson); les doigts larges et plus longuement frangés sur les côtés que chez les deux autres espèces {Tschusi); la distance depuis le genou jusqu'au bout de l'ongle du grand doigt du milieu est de 6 pouces {Lanysdor/f); le doigt médian, l'ongle compris, mesure 2 pouces 3/4 (?); la patte 2 pouces 2/8, le doigt médian 3 pouces {^Hlsson); tarses épais qui le rapprochent de l'Urogalle {exemplaire de M. Lemetteil) ; largeur du tarse 6,3, doigt médian, 7,2 {exempl. décrit par A. Gaffé). Tarses et pieds, différents caractères et coloration : Pedes villosi ad primum usque articulum digitorum {Klein) ; les jambes 40 A. SUCHETET sont semées de petits points rougeâtres (Brisson) ; elles sont cou- vertes de plumes fmes, brunes ou grisâtres, jusqu'à l'origine des doigts (Lang.sdorff) ; les tarses sont couverts de plumes fines jusque sur les doigts, ces plumes gris-noir sont à leur origine parsemées de petites taches longues gris sale {notre exemplaire) ; les doigts sont bruns et garnis de cliaque côté d'appendices écailleux pectines (Langsdorff); mêmes caractères chez notre exemplaire; les ongles sont noirâtres (Lanf/sdorff) ; les ongles sont d'nn noir brun très foncé (notre exemplaire) ; les tarses sont recouverts de plumes d'un gris brun clair (/)r Meyer, d'Offenbaeh); les tarses sont fortement emplumés jusqu'aux doigts et ce revêtement est si long dans le bas qu'il cache le pouce jusqu'à l'ongle (Xaiimann) ; la couleur des doigts gris brun, les ongles brun noir [id.) ; les pattes sont recou- vertes d'un duvet long et épais, surtout dans le bas ; ces plumes légèrement blanches au-dessus du talon (id.) ; plumes des jambes blanc grisâtre et brun mélangés [Gould) ; pieds noirs [id] ; pattes fortement em plumées ( Tschusi) ; ongles noirs (exempl. de M. Deyrolle) ; les jambes sont noires avec de petits points blancs moins nombreux à la cuisse (Tehusi); les plumes qui recouvrent les pattes sont blanches (id.); les plumes des tarses d'un gris noir (Brehrn); les jambes d'un brun pâle tacheté de blanc sale, les doigts des pieds frangés (D^' A.-B. Meyer) ; les plumes des tarses d'un gris brun, strié de blanc [Degland et Gerbe) ; bas des jambes blanchâtre, plumes des tarses d'un cendré brunâtre, pointillé de blanchâtre (exemplaire d'Arkangel) ; tarses emplumés, les plumes sont brunes, beaucoup plus claires et même blanches dans le haut de la jambe (les trois exemplaires du Musée de Rouen, ainsi que l'exemplaire de M. Deyrolle) ; tarses fortement emplumés, de la couleur de rUrogalle (exemp. de la coll. Noury). Nilsson, l'ornithologiste suédois qui, nous l'avons dit, a le plus contribué à faire reconnaître l'hybridité chez le Rackelhme, a possédé vivants chez lui plusieurs de ces Oiseaux. Il a donc pu observer les changements qui s'opéraient dans leur plumage. II nous a laissé des renseignements intéressants que nous reproduisons en partie (1) : Du 5 au 8 mai commençait à disparaître le plumage luisant de l'hiver; à la moitié de ce mois, le changement était en pleine activité, l'écaillé des pattes était tombée et il existait une tache (1) La traduction française qui nous a été faite de ce passage ne précise point si Nilsson a voulu parler d'un seul exemplaire ou de plusieurs ; elle ne dit pas non plus si les observations de Nilsson ont été répétées pendant plusieurs années. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 41 nue près des yeux; les plaques des sourcils étaieut diminuées sensiblement. Peadanl tout l'été, du reste, l'Oiseau changeait de plumes; d'abord toml)iieQt les plumes du corps, puis celles de la queue; le 17 juillet, il se trouvait sans ([ueue. Mais, dès le 5 août, la nouvelle queue atteignait déjà ([uehiues pouces de longueur. Pendant le mois de septembre, la livrée d'hiver se terminait et s'embellissait de jour en jour. Le 6 mars, le lustre du cou et de la poitrine était splendide à cause de ses reflets violacés et pourprés ; la plaque verruqueuse au-dessus des sourcils était rouge et gonflée; au mois d'avril, l'Oiseau, dans toute sa beauté, commençait son jeu d'accouplement. Voix du Rackelhane : Le Rackelhane chante sur les arbres ou par terre (1) ; sa voix n'a jamais été vantée. Le D"" Latham (2) trouve son chant plus grave, plus rude que celui du Wood Grouse, dont il se rapproche, mais souverainement désagréable; M. Œdmann (3) ne l'apprécie pas davantage : son cri désagréable, dit-il, est sem- blable à celui de la Grenouille. D'après feu M. Grill, un homme d'une grande compétence en histoire naturelle, dit Lloyd (4), la troisième note de son chant d'amour ressemble au grognement du Cochon. Rutenskiôld (5), tout en constatant que son chant n'a aucune ressemblance avec celui des deux espèces mères et qu'il est difficile à décrire, le compare néanmoins (qu'on nous pardonne l'expression), au bruit que fait une personne qui rote continuelle- ment. De temps à autre, écrit le D^' Meyer, d'Ofïenbach, le Tétras médius fait entendre un cri pleureur, très fort, il n'a pas d'autre cri. Rechstein reconnaît aussi ce son pleureur et constate que le Rackelhane n'a ni le cri du Coq de bruyère, ni celui du petit Coq. Nilsson, qui a conservé en volière, pendant près de six ans, un Rackelhane vivant, parle de son cri comme d'un grognement; il ajoute : « absolument comme s'il voulait le vomir. » Il s'étend longuement sur ce sujet lorsqu'il parle des Rackelhanes vivant en liberté et dont le cri, en dehors de l'époque des amours, est farr f'arr farr — farr farr farr. Feu M. Grill (6), en parlant du chant d'amour des Rackelhanes qui restent dans les forêts, dit qu'il ressemble beaucoup à celui de Vurogallus. Ses deux premières (I) Voy. Jagd-Zeiliinjr. page 22;i, ISSIÎ, ot p. 237, 1884. (i) Supplément ta Ihe gênerai synopsis (il paraît parler d'après Sparrmann). (3) Act. Upsal, V, p. 75, cité par Nauinann, op. cit. p. 317, en note. (4) Game birds, p. 109 (ij) Kongl. swe. Vet. Acad. (0) Voy. Lloyd, op. cil. 42 A. SUCHETET notes « Kndppinger et Klunken » renferment néanmoins plus de modulations, mais, au lieu de « Sisniinjcn », la troisième ou dernière note produit un son appelé Rackla, de là probablement, ajoute-t-il, son nom de Rackel. Le prince Rudolpb, qui a eu l'occa- sion d'entendre le chant d'amour du Rackelhane, en parle comme d'un chant étrange, mais étant toujours le môme, très caractéristique, ne variant poiut. Les notes se suivent avec exactitude, plus vite que chez l'urogallus et sans interruption, le ton est aussi beaucoup plus clair que chez les deux autres espèces(l). Enfin, M. Victor Gafïé dit que le cri d'amour des Rackelhanes consiste en un grognement diflicile à décrire, mais dont le rythme fait plutôt penser au Schildhalm qu'à l'Urogalle. Peu de naturalistes ont disséqué des Rackel-Hanar, l'anatomie de cet Oiseau est à étudier. Le D'Meyer, d'Ofïenbach (2), a cependant fait remarquer que la trachée artère du mâle n'est pas courbée comme chez riirof/ai^ws-, mais elle est droite. Wildungen (3), avait déjà fait cette observation. L'estomac du Rackelhane tué par M. Victor GafEé (4) contenait une quantité de cailloux. Plusieurs auteurs ont donné des figures du Rackelhane. Klein (o) a représenté les doigts de cet Oiseau, pi. XXXVIII ; Temminck (0) a figuré le bec, pi. IX, n° 3. Ou trouve des dessins ou des figures coloriés représentant tout l'Oiseau dans les ouvrages de Sparr- mann (7) ; l'abbé Ronnaterre (8) ; Leisler (9) ; Naumann (10) ; Nilsson(ll);Gould(12);Sundevall(13); Dresser(14); A. R.Meyer(lo); enfin on verra encore, dans Synopis of the Newcaslte Muséum une (1) Voy. Mitt. orn. Ver. Wien. (2) Op. cit. (3) Cité par le D' W. Wurm. Zool. garten, p. lo2, 1880. (4) Décrit in Jagd-Zeitunii, 1884, p. 2.37-238. (5) Steinmata avium, Lipsite, 1759. (6) Hist. nal. génér. des Pigeons et des Gallinacés, t. 111. (7) Muséum Carlsonianiim. Holmitç, 1786. (8) Tableau encyclopédique des trois règnes de la nature. Ornithologie. Paris, 1823 (1res mauvaise figure, probablement d'après Sparrmann), pi. 188, flg. 10. (9) Beilrage zu Bcckstein's Natu7'geschic/itc. Taî. 2., cilé par Naumann (oj>. cit.), p 303. (10) Naturgeschichte der Vljgel Deutschlands, G. Tlieil, pi. liiO, figure coloriée. (11) Dans plusieurs éditions de Skandiavisk. Fauna. (12) British birds, vol. IV ; la figure en couleur est de taille naturelle. (13) Svenska Flogarna, pi. XXXIV, fig. 1, la figure est coloriée. (U) Birds of Europa, pl.489, f. 1. (15) Lnser A^ier Rackel und. Birkwild, un grand nombre de figures, notamment des exemplaires différents du Rackelhane typus. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 43 figure gravée par Robert Beewick, d'après un dessia fait par son frère, Thomas Beewick. Des dépouilles du Rakelliane sont conservées dans beaucoup de Musées et de collections particulières ; nous nommerons d'après les communications bienveillantes qui nous ont été adressées par MM. les docteurs ou professeurs Adam Kock, R. Peck, A. Dubois, James A. Grieg, H. Giglioli, Faudel, Calloni, J. Sparre Schneider, von Loreiiz, Boulenger, Sordelli, E. Rey, Fr. Tieman, Briigger, Noury, M'^ G. Doria, J. Biisikofen, A. von Pelzeln, H. Blaine, Lemetteil, Rechenbach, H. M. Plattaner, Taczanowski, Campbell, Liitken, Calpini, F. Smidt, Grant, Reichenau, Théel, Godefroy- Lunel, Handcoke, Oustalet, Sprengel, Th. Pleske, A. Knop, et aussi d'après les renseignements puisés dans les ouvrages ou mémoires de Suudvall, A.-B. Meyer, von Tschusi, Fr. v. Hauer, G. Niorh, Eimer, D^ Attum, Ch. Keller, Collett, de Salis, Lloyd, Malm, Bogdanow, Wiebke, V. Gaffé, W. Wurm, etc. : Eu Suède, le Musée Zoologique de Stockolm ({ui posséderait soixante-deux exemplaires, le musée de Gothembourg, et le Musée d'Upsala; en Norvège, la collection de l'Université de Christiana, le Muséum de Bergen ; en Riissie, le Musée zoologique où, d'après M. Pleske, on conserve sept exemplaires ressemblant tantôt à Vurogallus, tantôt au tetrix (1), le Musée de Moscou (2) ; en Pologne, le Musée de Varsovie, trois individus, dont deux pro- venant de la Lithuanie; en Allemagne, les Musées de Giesseu, de Francfort, de Breslau, de Mayence, de Gorlitz, de Darmstadt, de Braunschweig, la collection de l'Académie forestière d'Eberswalde, qui contient trois vieux mâles et un jeune coq; l'Institut zoologique de Tubingue, le Cabinet d'Histoire naturelle de Carlsruhe, le Musée de Dresde, où il existe un grand nombre d'individus, décrits par le Di'A.-B. Meyer, lacollection de M. W. Wiebke, qui renfermeégalement plusieurs exemplaires ; celles du D^ E. Rey, à Leipzig, de M. Schutt, à Fribourg ; eu Alsace-Lorraine le Musée de Strasbourg, et la collection de la Société d'Histoire naturelle de Colmar ; en Autriche, les Musées de Vienne, de Prague, de Laibach et de Trente ; la collection de S. A. le prince Clary, et le Musée de chasse de Franenberg, où l'on voit un exemplaire tué par le prince Adolphe (1) Cité par A-B. Meyer, op. cit., p. 58. (2) Vers 1792, il existait un exemplaire dans la collection de .Tohn-Deseke. Voy. son ouvrage sur 1rs Oiseaux de la Courlande. Mitau et Leipzig, p. G9. On voit aujourd'hui dans une autre collection delà Courlande, celle du D' nied. II. M., un Coq empaillé dont la description a été faite dans Jagd-Zeitung, p. 500, Vienne, 1881 . 44 A. SUCHETET Joseph de Schwarzenberg et un autre provenant, croyons-nous, de l'élevage de M. Kralik; eu Italie, les Musées de Florence, de Pavie, de Milan, de Gènes, de Turin (1); en Suisse, ceux de Lausanne, de Zurich, de Genève, de Coire, et les collections de Sion, du capitaine Vouga de Castaillard, de M. Challandes, à Berne; en Danemark, le Musée zoologique de l'Université de Copenhague; en Hollande, le Muséum van natuurUj/ce Historié de Leiden ; en Belgi([ue, le Musée royal de Bruxelles (trois exemplaires); en Angleterre, le British Muséum de Londres, le Musée de Northumberland-Durham and Newcastle-on-Tyne, celui d'York, celui de Glascow, la collection de lord Wodehouse de Kimberly (2) et celle de M. Wbitaker; en France, enfin, le Muséum d'histoire naturelle de Paris, celui de Rouen, le Musée Noury, d'Elbeuf, le Muséum d'Arras, les collec- tions de M. Lemetteil, à Bolbec, de M. Deglaud, à Lille, du D'' Marmottan, à Passy (3), de M. Deyrolle à Paris, (jui possèdent un ou plusieurs exemplaires. La Rackel-Hona La description de la femelle présente certaines difficultés; peu d'exemplaires ont été rencontrés, soit ([u'on les confonde avec les deux femelles d'espèce pure qui présentent entre elles de grandes analogies, soit plutôt que le sexe mâle domine chez le Rackelhane comme chez tous les autres hybrides, Brisson, qui considérait le Rackelhane comme appartenant à une véritable espèce, avait donné une description de la femelle, mais une description trop courte et trop vague i)our qu'on puisse la reconnaître. Langsdorfï a indiqué ses caractères d'une façon plus précise et beaucoup plus détaillée. Toutefois est-il qu'il se serait absolument mépris. D'après Temminck (4), sa description se rapporterait plutôt au jeune mâle qui ressemble plus ou moins dans sa première année à la femelle, comme c'est le cas dans toutes les espèces de ce genre; le D^ Meyer, d'Olïenbach, avait déjà fait la même remarque. Le pasteur Brehm, et même Naumauu, le grand ornithologiste (1) M. le D'' A. Knop, de Carlsruhe, nous fait savoir ([u'il connaît un exemplaire chez M. Wilting, à Innsbruk (Tyrol). (2) En outre, M. Philip Cartaug nous écrit de Londres gu'il vient de recevoir trois spécimens, dont un lui est envoyé de Russie. (3) La collection du h' Marmottan est aujourd'hui réunie au Muséum d'hist. naturelle de Paris. • (4) Hist. des Gallinacés, p. 136. OISEAUX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 45 allemand, n'auraient pas été plus heureux. D'après le docteur A. B. Meyer, de Dresde, le premier décrit comme RacUel-Hona une Poule de Tétrix, et Naumann a commis la même erreur eu reproduisant, sur un dessin qui orne son ouvrage, la soi-disant femelle du pasteur Brehm. La description donnée par Fries(l) serait plus satisfaisante. Nous avons vu dans l'ouvrage de Sundevall (2) une figure coloriée de la Rackel-Hona. Un exemplaire femelle se trouve au musée de Prague, celte Poule fut élevée par M^^eivraiik^ d'Adolf en Boiiéme (3), un autre exemplaire est conservé au musée de Zuricii. Pendant une chasse que le prince Rudolph fit en 1883, il vit à une distance de vingt pas tout au plus, près d'un Rackelhane, s'ahattre deux Poules dont la couleur rougeàtre lui fit connaître aussitôt qu'il n'avait devant lui, ni des Poules Urogalles, ni des Poules Tétrix. Le cri d'appel de ces Poules était si différent de celui des deux parents qu'il en fut frappé et il ne douta plus qu'il se trouvait en présence de Poules hybrides (4). Le D^" A. B. Meyer (5), parle d'une femelle de Rackelhane tuée dans les environs de Dresde, dans le district de Rohrdorf, en décembre 1884. Le docteur a pu comparer trois femelles; celles-ci ne se ressemblaient pas sur tous les points et ne tenaient pas justement le milieu entre les deux espèces. M. Anto- nin Wiebke, dans une réunion de la Société oniithologiqiie tenue à Vienne en 1884, fit savoir qu'il avait reçu dans ces dernières années, de la part de ditïérents ornithologistes, des Poules de tétrix annoncées comme des Poules de Rackelhane (6). On nous a oftert à nous-même une femelle dont la description nous a laissé des doutes sur son hybridité. Nous croyons donc pouvoir dire que, sauf quelques exem- plaires, la plupart des individus que l'on conserve dans les collec- tione sont fort douteux, ainsi que ceux dont on a donné la descrip- tion. L'hybride femelle de deux espèces dont les Poules ont de grandes ressemblances sera toujours difficile à déterminer. Comme nous l'écrit avec beaucoup de raison M. Frédéric Eduardovitch, les femelles du Rackelhane que l'on rencontre se perdent dans la (1) Tidskrift for jagare, Stockholm, cité par A. B. Meyer, de Dresde, p. o4-57. (2) Svenska Flogarna. (3) Communication de M. le docteur C. Moesch. (i) Voy. Mittheil. ornithoi. Ver. Wien, 1883, i). 108. Voy. aussi Jagd.-Zeilung, même année, p. 225. [o) Même revue, année i8R4, |). 19. (6) Voy. Journal fiir Ornithologie, 1885. 46 A. SUCHETET masse, on les prend tantôt pour des femelles du petit Coq, tantôt pour des femelles du grand Coq. Quoiqu'il en soit, nous reproduirons plusieurs diagnoses qui nous ont été envoyées ou qui ont été faites dans divers ouvrages, tout en reconnaissant que la plupart sont sans valeur. Aspect général : Gris, varié de taches noires, ressemble assez à la femelle du Tétrix(B/'/s.son); tout lecorps est d'un brun noirâtre, tacheté et varié de plusieurs couleurs (LangsdorlJ) ; un observateur peu exercé la prendrait pour une forte Poule tétrix ordinaire {Naumann) ; le plumage doit être varié de petites raies noires transversales sur un fond roussâtre (suivant des données plus ou moins certaines reçues par Temminck); d'un jaune de rouille avec des bandes noires transversales, d'un éclat plus clair à la gorge (pasteur Breinn); elle se distingue assez facilement de la Poule urogalie par sa queue fendue, et de la Poule du tetri.r par sa grandeur et sa couleur (Ij; lafemelle du Rackelhane ressemble tellement au Tétrix femelle qu'on pourrait facilement la confondre avec elle (Naumann); ressemble à la femelle du T. uragolhis, mais elle est plus petite [exemplaire du Musée d'York); elle ne diffère pas considérablement de la Poule tétrix, quand elle est jeune on doit surtout la prendre pour cette dernière [Lloyd); elle ressemble tantôt à la femelle de l'UrogalIe, tantôt à celle delaLyrure des bouleaux (/^/v'/î/?i); couleur rougeàtre (p/'/Hcc Radolph); partie inférieure du corps brun-jaune plus ou moins intense, les plumes ont des bordures blanches larges et brunes plus ou moins régulièrement formées (D'^' A.-B. Meyer). Taille : A peu près de la grandeur de la Poule du petit Tétras {Langsdorff');e\\e tient le milieu pour la grandeur entre les femelles du Tétrix et de l'UrogalIe (2); beaucoup plus grande que la Poule tétrix (lYaumann); bien plus petite que le mâle (t.loyd); tantôt ressemblant à la Poule tétrix à s'y méprendre, tantôt à la Poule urogalie (Gloger); les femelles en général sont prises pour des Poules tétrix (id.); longueur 21" seulement sur 34" de hw^e (pasteur Brelim); uu autre exemplaire, longueur 22 pouces (id.)\ sa longueur n'excède pas de beaucoup 1 pied 9 pouces (Llogd); un quart plus petite que le mâle [exemplaire du Musée de Zurich). TÊTE, coloration : Raies transversales rousses et noires, sur le côté de la tête et au menton existent des plumes rayées de noir et de blanc, formant des taches irrégulières de cette couleur (1) Remarque du D' Gloger, in Naumann. (2) D'après les données plus ou moins certaines adressées à Temminck. OISEA.UX HYBRIDES RENCOiNTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 47 (Langsdorff); tète jaune de rouille avec des raies noires en travers [Nilssoii); brun jaune avec des bandes noires larges et des taches blanchâtres jaunes sous les yeux, un peu plus foncées sur les joues et en-dessous les pointes des taches noirâtres (/)/■. .1. B. Meijev). Bec, coiNFORMATiON ET DIMENSIONS : Un pouce, et à partir des narines, 6/8 [NiUsoii); le bec gros et droit, mais le dessus plus bombé que celui de la Poule du grand Coq de bruyère ; {id.) le bec brun noir {A. B. Meijer); moitié plus court que celui du mâle {exempl. Musée de Zurich). Gorge : Il existe à la gorge des plumes rayées de noir et de blanc, formant des taches irrégulières de cette dernière couleur {Langs- dorff') ; les plumes de la gorge plus longues que celle de la Poule urogalle (Nilsson). Cou : Ondulé comme la femelle tetrix {exemplaire du musée de Zurich); raies transversales rousses et noires [Langsdorff) ; beau- coup de plumes sur les côtés, brunes variées et bordées d'un noir violet très éclatant et lustré, de la même couleur que celle du Coq de bruyère à queue fourchue {id.) ; le cou jaune de rouille avec des raies noires en travers {Nilsson) ; brun jaune avec des bandes noires larges et des taches blanchâtres jaunes {A. B. Meyer) ; les cotés du dessus noir brun avec des bandes en travers, et des bordures gris blanc, la bande en travers subterminale est jaune brun, rompue par des petites raies foncées [id.). Dos : Beaucoup de plumes sont brunes variées et bordées d'un noir violet très éclatant et lustré, de la même couleur que celles du Coq de bruyère à queue fourchue {Langsdorff) ; sur le dos beau noir bleu avec des taches de rouille {pasteur Brehm). Aile, dimensions: A partir de sa naissance, 11 pouces 2/8 (^'^7s6■on); un autre exemplaire, 10 pouces 6 lignes {id.). Aile, coloration : Les couvertures des ailes sont noires, variées de petites raies transversales grisâtres et rousses, quelques-unes sont le long de leur milieu blanches, ce qui forme des raies longi- tudinales blanches, les grandes plumes de l'aile sont brunes, le bord extérieur est varié de blanc, leur tige est de cette même couleur, les plumes moyennes de l'aile ressemblent assez à celles du mâle, elles sont blanches à leur origine, leur bout est brun, rayé transversalement de noir et terminé d'un bord blanc {Langs- dorff) ; les pennes ? brun foncé en dehors, à leur extrémité bigarrées de brun rouge {Nilsson) ; sur les ailes on voit deux bandes blanches 48 A. SUCHETET (pasteur Brehm); les épaules sont tachetées de blanc (.1. B. Mcijcr); les petites couvertures des ailes en partie marquées de petits points lins et noirs, la partie inférieure des ailes d'un jaune gris d'argent kl.); les rémiges des ailes sont colorées comme chez la femelle (Tétrix ?)avec des bordures blanchâtres {exenipl. du musée de Zurieh); miroir blanc sur l'aile [id.). Poitrine : Colorée comme la $ Tétrix (exempt, du musée de Zurich)', plumes noires rayées transversalement de petits points blancs : la tige de la plupart des plumes sont le long de leur milieu blanches, ce qui forme des raies longitudinales Itlanches (Langsdorif). Ventre : Le bas-ventre est brun foncé (Langsdorff); on aperçoit sur le fond blanc du ventre des bandes brunes (Brehm) ; le dessous du corps tacheté de noir et de blanc et de jaune rouille, le bout des plumes orné d'un large bord blanc (Nilsson), les côtés gris d'argent devenant noirs vers la queue (excmpl. Musée de Zurich). Queue, DIMENSION et conformation: elle est composéede 18 plumes, dont 10 du milieu sont beaucoup plus courtes et ne surpassent guère trois pouces et demi de longueur, tandis que les trois inté- rieures de chaque côté augmentent l'une après l'autre jusqu'à 5 pouces 1/2, étant à leur bout tournées en dehors, ce qui rend la queue très fourchue et si ressemblante à celle d'un mâle de Coq de bruyère, qu'il est très difficile et pardonnable de croire au premier coup d'oeil que cet Oiseau est une variété du mâle du petit tétras (Langsdorff) ; queue moins fourchue que le \\vk\Q (suivant des données plus ou moins certaines envoyées ci Temminck); ouverte dans le haut, les rectrices du milieu 1/2 pouce plus courtes que les extérieures, toutes très larges et bien garnies, le bout pointu (Nilsson) ; un autre exemplaire, les plumes de la queue, les 10 les plus courtes, longueur 6 pouces, les plumes extérieures les plus longues, 7 pouces (A'//i\so/*); la Rackel-Honapeut être distinguée des Poules urogalles et tétrix par la forme de sa queue, qui, étendue un peu, est presque carrée, au lieu de présenter la forme ronde de la Poule urogalle, et la faible fourchette de la Poule tétrix (Lloyd) ; le croupion forme une faible saillie, presque droite en dedans (A.-B. Meyer) ; la queue est tantôt à peine découpée, tantôt au contraire elle l'est très profondément (Gloger). Queue, coloration : Les couvertures du dessus de la queue et les côtés sont noirs, variés de petites raies transversales, grisâtres et rousses, les couvertures du dessous sont blanches, les plumes de la OISEAIX HYBRIDES RENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 49 queue sont variées à leur racine de couleur rousse et terminées à leur bout de uoir et d'uu hord blauc étroit [Larujsdor/j) ; la queue est noire avec des rellets jaunes de rouille ; sur les cotés de la queue existent des bandes brunes [pasteur Brelim); queue moitié plus courte que celle du mâle (A'xf'/H])/. f/u musée de Zurich); les plumes du croupion noires et bigarrées en travers d'un jaune de rouille et gris blanc, les couvertures du dessous de la queue jaune rouille, avec des raies en travers jaune rouille et de larges points blancs, les rectrices sont brun rouge, à la naissance rouge pâle et rayées (?); sur le croupion et la queue des bordures larges se changeant en gris-clair, avec un mouchetagenoir, ainsi ces parties prennent une teinte grise {A.-B. Meyer) ; croupion brun-noir tacheté d'un brun clair rougeàtre avec une lisière, de liserés blancs aux rectrices ; le dessous du croupion plus pâle; les endroits de l'anus noirâtres avec des bordures blanc sale et des bandes en travers, petites couvertures sur le croupion blanc, grandes brun-clair, bordées de noir et avec des pointes blanches larges {A.-B. AJeyer); les plumes du dessous de la queue sout plus blanches que chez le mâle, celles du dessus sont noires avec des bordures brunes [exempl. du Musée de Zurich). Jambes et pieds : Ressemblent, ainsi que les doigts et les ongles, à ceux du mâle, excepté qu'ils sont beaucoup plus petits [Langs- dor/f) ; les ongles plus courts que ceux de la Poule urogalle et pointus [Nilsson); le duvet des pattes bigarré gris sombre [id.); le plumage des pieds brun pâle avec marque claire, les pieds brun noir (?) ; la patte deux pouces, le doigt du milieu 3 pouces 2/8 ; plumage des pieds plus clair que chez le mâle [exempt, du Musée de Zurich) ; les ongles moitié plus courts que ceux du mâle [id.]. Cri d'appel de la Rackel-Hona : M. le comte Cerfitz Beckfries aurait entendu ce cri. 11 le dit moins fort que celui de la femelle de rUrogalle et plus fort que celui de la Poule du tétrix, mais il ne saurait dire auquel des deux cris il ressemble le plus (1). Des dessins ou figures coloriées représentant des femelles de Rackelhane se trouvent dans Naumann (2j et dans Nilsson (3); Lloyd (4) a donné la disposition de la queue comparée aux queues de la Poule urogalle et de la Poule tétrix, d'après un dessin qui (1) Lloyd, op. cit., p. 111. (2) Op. cit.. pL CLVI. (3) Skand. fauna, pi. IV, dessin de M. V, Wright, (4) Up. cit. 50 A. SUCHETET lui fut envoyé par M. Malm, alors directeur du Musée de Gothem- bourg; Sundevall (1) a donné un portrait en couleur représentant tout l'Oiseau ; le D^ A.-B. Meyer, de Dresde, une très belle planche coloriée. On voit des exemplaires empaillés, mais plus ou moins authen- tiques, dans les Musées de Colmar, de St-Pétersbourg, de Lausanne, de Neufchàtel, de Stockholm, de Christiania, de Gothembourg, de Dorpat, de Vienne, de Munich, de Dresde et de Zurich, dans les collections de M. Henke, à Soupsdorf, de M. Walsckke à Anna- berg (2), du comte de Mengden, au château de Mozahn (Livland) (3), etc. (4). Jeunes males. Nous n'avons que fort peu de renseignements à donner sur les jeunes du Rackelhane. 11 en existe un dans la collection de l'Acadé- mie forestière à Neustadt d'Eberswalde (5). D'après le D^" Wurm (6), cet individu se trouve dans son habit de transition, il porte des plumes de couleur de rouille claire, lammelées de noir, tout le plumage est déjà très mélangé de noir (7). Nilsson a décrit un autre spécimen, dont le cou, le dos, le croupion sont de cou- leur gris-cendré fortement ombrée, les épaules et les ailes aussi fortement ombrées, mais d'un brun de rouille. Tels sont, dit Nilsson, les jeunes sujets. Citons encore un jeune mâle qui fut trouvé par M. Collett sur le marché à gibier de Christiana, le 3 octobre 1870. Rackelhanes en captivité. Nilsson posséda en captivité trois Rackelhanes. Le dernier, né pendant le printemps de 1834, mourut âgé de près de six ans. Ainsi Nilsson put faire des remarques sur les mœurs de cet Oiseau. Presque toute la journée, raconte l'ornithologiste suédois, ce Rackel- hane restait sur son perchoir, ayant les yeux fermés, quelques plumes hérissées, et laissant tomber sa queue. Malgré sa longue captivité il était demeuré sauvage; il devenait méchant lorsque de (1) Op. cit., pi. XXXIV, fig. 2. (2) Pour ces deux collections, voy. A-B. Meyer, op. cit. Ç.i) Ciié p. le baron A. v. Krudener, in Jagd-Zeitung,p. 296. (4) Deux femelles viennent d'être vendues à Londres par M. J.Whitaker, esq. (5) Communication de M. le D'' Attum. (6) Voy. Zool. Garten, 1880, p.JTG. C'est d'après Alsun que parle M. Wnrm. (7) Skand. fauna. OtSKAl X HYBRIDES UENCONTRÉS A l'ÉTAT SAUVAGE 51 petits Oiseaux s'appro